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Titre original :  M993X.5.794 | A New Era of Railroading | Print | Anonyme - Anonymous

Provenance : Lien


Le succès des partis politiques fut toujours tributaire des contributions financières de partisans. Au cours des années 1850 et 1860, les chefs politiques eux-mêmes manquaient souvent d’argent. Les affaires et les partis devinrent inextricablement liés à l’État. L’homme d’affaires montréalais sir Hugh Allan était non seulement un partisan du Parti conservateur, mais également le principal créancier de sir John Alexander Macdonald :

Bien qu’il réussît par son astuce à obtenir ce qu’il voulait des gouvernements, l’influence politique d’Allan s’exerçait en grande partie dans les coulisses […] Conservateur toute sa vie, il versa quelque $400 000 lors de la campagne fédérale de ce parti en 1872, cherchant alors à obtenir le contrat du chemin de fer [canadien] du Pacifique ; son avocat déclara que les programmes conservateurs favorisaient tellement les intérêts d’Allan qu’une contribution trois fois plus élevée aurait été justifiée. Les contributions aux campagnes électorales ne constituaient qu’une des façons de manipuler les hommes politiques […]

Le fait de diriger la deuxième banque en importance au Canada augmentait le pouvoir politique d’Allan. La Banque des marchands du Canada prêta aux provinces du Manitoba et de Québec ainsi qu’à la ville de Winnipeg. Les hommes politiques qu’il appuyait se voyaient nommés par le bureau central de la banque avocats des succursales régionales ; l’ancien ministre des Finances John Rose devint l’avocat de la banque à Londres. Le futur premier ministre John Joseph Caldwell Abbott disposait en 1866 d’une provision annuelle de $1 000 à titre d’avocat de la banque à Montréal. Sir Charles Tupper et sir John Alexander Macdonald devinrent avocats spéciaux de la succursale de Winnipeg en 1883.

 

Aux élections de 1872, les conservateurs de Macdonald remportèrent la victoire avec une faible majorité contre les libéraux. L’année suivante, à la Chambre des communes, le libéral Lucius Seth Huntington accusa les conservateurs de malversations dans l’attribution d’un énorme contrat :

Huntington allégua à la chambre des Communes que le gouvernement de sir John Alexander Macdonald* avait accordé à la compagnie de sir Hugh Allan, dont les bailleurs de fonds étaient américains, le contrat de construction du chemin de fer transcontinental canadien en échange de contributions à la campagne électorale des conservateurs en 1872. Macdonald soupçonna le conservateur Asa Belknap Foster, ancien associé de Huntington dans le chemin de fer des Cantons de l’Est, d’avoir joué un rôle clé dans la divulgation de certaines pièces à conviction.

 

Ce qui distinguait les allégations des compensations usuelles entre le milieu des affaires et le gouvernement au pouvoir, c’était l’envergure de l’affaire, comme on l’explique dans la biographie de Macdonald :

Macdonald n’avait fait qu’une promesse [à Allan] : la présidence de la compagnie fusionnée du chemin de fer du Pacifique, dès qu’elle serait constituée. Mais il existait d’autres engagements dont Macdonald ne savait encore rien. À l’été de 1872, Cartier avait promis à Allan que son groupe aurait la charte et la majorité des actions moyennant le versement de contributions supplémentaires, au total plus de 350 000 $, à la caisse électorale. Quand Allan se décida à révéler la somme à Macdonald, celui-ci ne le crut pas tant elle lui paraissait fantastique. À l’automne, il écrivit à Cartier pour en avoir confirmation. Ce dernier confirma, plus ou moins.

 

Le coup avait été sévère et la controverse, qui devint connue sous le nom de scandale du Pacifique, mena à la chute des conservateurs en novembre 1873. Le nouveau premier ministre libéral, Alexander Mackenzie, considéra le scandale comme une conséquence naturelle de la politique des conservateurs :

Mackenzie et les libéraux se retrouvaient donc au pouvoir.

Le scandale du Pacifique provoqua et cristallisa la méfiance des libéraux à l’endroit des fortes concentrations de richesse et de l’influence qu’elles pouvaient avoir sur l’État. Déjà portés à privilégier le libre-échange et l’initiative individuelle, ils soulignèrent, naturellement, que le scandale supposait un rejet des règles de la concurrence et une affirmation de la puissance des monopoles. À compter de 1874, leur hostilité aux monopoles et à la concurrence inéquitable transparut régulièrement dans leurs lois.

 

Pour en savoir plus sur Macdonald et le scandale du Pacifique, veuillez consulter la sous-section Consolider la fédération : Cartier et l’économie canadienne, dans notre ensemble thématique relatif à sir George-Étienne Cartier, et les biographies énumérées ci-dessous.

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