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Un regroupement d’opposition exista au sein de l'Assemblée du Haut-Canada avant la guerre de 1812 ; trois de ses membres, Joseph Willcocks, Abraham Markle et Benajah Mallory, se rallièrent aux Américains pendant ce conflit [V. La trahison et la désaffection]. Le récit du passé politique du Haut-Canada s’amorça avec les rétrospectives de William Lyon Mackenzie, publiées dans le Colonial Advocate (Toronto) en 1833. Dans un portrait déformé, l’auteur décrivit Robert Nichol comme un pion opportuniste de l’exécutif. D'autres détracteurs de ce dernier affirmèrent que ses actions n’étaient que l’expression politique de sa déception personnelle ; leur perception était cependant réductrice :

[A]près avoir été réélu dans la circonscription de Norfolk en 1816, Nichol arriva à l’inauguration de la septième législature (1817–1820) avec une attitude toute différente envers le gouvernement, et envers Gore en particulier. Dès le premier jour, soit le 4 février 1817, il afficha résolument ses couleurs en présentant une motion qui exigeait que le lieutenant-gouverneur reconnaisse « à la chambre [du Haut-Canada] des droits et privilèges aussi vastes que ceux de la chambre des Communes de Grande-Bretagne ». Mais il fallut attendre la fin de la session pour mesurer le sérieux de son opposition. Suivant une tactique alors courante dans les assemblées populaires, il profita de ce que Gore demandait d’affecter des crédits supplémentaires aux dépenses gouvernementales pour provoquer un examen plus global de la situation de la province. Sous sa direction, l’Assemblée se transforma en comité plénier. Nichol déposa des propositions qui, entre autres choses, qualifiaient les réserves de la couronne et du clergé d’« obstacles insurmontables à la formation d’une colonie où les communications seraient faciles ». La restriction de l’immigration, surtout en provenance des États-Unis, fut chaudement discutée. Le 7 avril, deux jours après que Nichol eut lancé son offensive contre le gouvernement et la politique impériale, Gore, consterné, prorogea l’Assemblée [...]

C’était en recourant à la rhétorique traditionnelle des whigs du xviiie siècle qu’il critiquait le gouvernement [...] [L]orsque Nichol cessa d’être le grand représentant du gouvernement à l’Assemblée pour en devenir le principal adversaire, il maîtrisait suffisamment le langage whig pour en tirer la plus solide justification au renvoi des ministres irresponsables et des gouverneurs impopulaires sans se montrer rebelle par des attaques contre la couronne.

 

Pour en savoir davantage sur la politique réformiste dans le Haut-Canada, nous vous invitons à consulter les biographies suivantes.

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