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FR:UNDEF:public_image_official_caption Julian Byng, 1st Viscount Byng of Vimy by Philip Alexius de László, oil on canvas, 1933. NPG 3786. 
Image courtesy of the National Portrait Gallery, London, UK. Used with a Creative Commons Licence. 
https://www.npg.org.uk/collections/search/portrait/mw00982/Julian-Byng-1st-Viscount-Byng-of-Vimy

Provenance : Lien

BYNG, JULIAN HEDWORTH GEORGE, 1er vicomte BYNG, officier dans la milice et dans l’armée, gouverneur général et commissaire de police, né le 11 septembre 1862 à Wrotham Park, Barnet (Londres), fils de George Stevens Byng, 2e comte de Strafford, et de sa seconde épouse, Harriet Elizabeth Cavendish, fille de Charles Compton Cavendish, 1er baron Chesham ; le 30 avril 1902, il épousa à Londres Marie Evelyn Moreton (1870–1949), et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 6 juin 1935 à Thorpe Hall, Thorpe-le-Soken, Angleterre, et inhumé tout près, à Beaumont-cum-Moze.

Julian Hedworth George Byng naquit dans une famille aristocratique héritière d’une solide tradition militaire. John Byng*, son arrière-arrière-grand-oncle, était amiral dans la marine royale pendant la guerre de Sept Ans, et sir John Byng, son grand-père, servit à titre de général de l’armée britannique durant les guerres napoléoniennes. George Stevens Byng appartenait à l’aristocratie terrienne, mais ne disposait que de moyens modestes pour subvenir aux besoins de ses 13 enfants, dont Julian était le benjamin. Ce dernier reçut son éducation à la maison jusqu’à son entrée à l’Eton College en 1874, à l’âge de 12 ans. Élève peu doué, Julian, après avoir fréquenté cette école pendant quatre ans, n’avait atteint que la dixième année. (Il y acquit un surnom, Bungo, qu’il conserverait toute sa vie.) Son père n’ayant pas les moyens de lui acheter un brevet dans l’armée régulière, Julian devint lieutenant en second dans la 2nd Middlesex Militia le 12 décembre 1879 ; il accéda au grade de lieutenant le 23 avril 1881. Entre-temps, l’unité avait été rebaptisée le 7th Battalion of the King’s Royal Rifle Corps. En 1882, le prince de Galles, ami de son père, offrit à Julian un poste d’officier subalterne dans son propre régiment de cavalerie, le 10th Hussars, alors cantonné en Inde. Il accepta avec joie, reçut sa commission en janvier 1883, puis, deux mois plus tard, rejoignit le 10th Hussars à Lucknow. C’était un régiment très onéreux, mais Byng trouva moyen de bonifier son maigre revenu en achetant des poneys, qu’il entraînait pour le polo et revendait avec profit.

En décembre 1883, après dix années de service en Inde, on ordonna le rapatriement du 10th Hussars. Le régiment s’embarqua à Bombay (Mumbai) le 6 février 1884 ; il fut cependant redirigé vers l’est du Soudan, où il demeura un mois pour réprimer une rébellion contre les intérêts britanniques. Byng eut droit à une mention dans les dépêches pour ses actions durant une bataille ardue, le 13 mars à Tamai, au cours de laquelle son cheval fut abattu. Le mois suivant, le 10th Hussars atteignit enfin l’Angleterre, où on le rattacha à l’Aldershot Command. Byng y avait pour tâche de former des soldats et de dresser les nouveaux chevaux. Le 20 octobre 1886, on le nomma adjudant (officier d’état-major auprès du commandant) et, peu après, il dirigeait le régiment, expérience précieuse pour un jeune homme ambitieux. Le 4 janvier 1890, Byng devint capitaine et, en 1893 et 1894, il termina une formation de deux ans au Staff College de Camberley. Il rejoignit ensuite le 10th Hussars, alors cantonné en Irlande, et y demeura jusqu’au retour de son unité à Aldershot en juin 1897. Peu après son arrivée, Byng quitta le 10th Hussars pour devenir adjudant de la 1st Cavalry Brigade ; il accepta rapidement une nouvelle charge, celle d’adjudant général adjoint par intérim de l’Aldershot Command. Une année plus tard, il bénéficia d’une promotion au rang de major.

En 1899, après l’éclatement de la guerre des Boers, Byng fut envoyé en Afrique du Sud. Il arriva le 9 novembre et reçut le commandement d’un nouveau régiment de cavaliers d’irréguliers coloniaux, le South African Light Horse. Peu habitués à la discipline militaire, ses hommes savaient toutefois travailler avec les chevaux et s’adapter à toutes les situations. Doté lui aussi d’une excellente faculté d’adaptation, Byng gagna rapidement leur loyauté et réussit, par un entraînement intense, à former un régiment d’excellente qualité. Dès l’été de 1900, selon son biographe, Jeffery Williams, « le sang-froid de Byng au combat était devenu légendaire dans le Light Horse, et sa sollicitude à l’égard de ses hommes lui avait valu leur dévouement ». Mentionné cinq fois dans les dépêches, il obtint le grade de lieutenant-colonel honoraire (promotion sans augmentation de salaire) en novembre 1900, puis de colonel honoraire en février 1902 et enfin de lieutenant-colonel le 11 octobre de la même année.

En mars 1902, Byng reçut un congé de trois mois pour rentrer au pays et épouser Marie Evelyn Moreton, dont il avait fait la connaissance dans un dîner en 1897. « Éblouissante et sculpturale, écrirait Williams, Evelyn avait un sens de l’aventure et un flair pour l’inhabituel. » Elle était la fille de Richard Charles Moreton, ancien adjoint au maréchal des cérémonies pour la reine Victoria ; enfant, elle avait vécu à Ottawa quand son père était vérificateur auprès du gouverneur général lord Lorne ]. Julian et Evelyn s’épousèrent le 30 avril 1902 et, après des vacances en France, retournèrent en Afrique du Sud au moment où la guerre se terminait. On rappela Byng en Angleterre, puis en Inde, où il prit le commandement du 10th Hussars. Le malheur les frappa alors tous les deux : Evelyn subit des fausses couches que les médecins locaux traitèrent mal. À la grande déception du couple, il lui serait désormais impossible d’avoir des enfants. En janvier 1904, Julian se brisa et se disloqua le coude droit durant un match de polo. Craignant que la blessure ne mette un terme à sa carrière militaire, il retourna avec Evelyn en Angleterre, où il se plia à plusieurs mois de pénible convalescence.

Au cours de la décennie suivante, Byng obtiendrait une série de postes aux responsabilités de plus en plus importantes. En 1904, il mit sur pied une école de cavalerie à Netheravon et, l’année suivante, après être devenu colonel et, à titre temporaire, brigadier-général, il prit les commandes de la 2nd Cavalry Brigade de l’armée. De 1907 à 1909, il dirigea la 1st Cavalry Brigade à Aldershot, puis, en quittant cette unité, il fut promu major général le 1er avril 1909. Le 9 octobre 1910, on lui confia la direction de l’East Anglian Division de la Territorial Force, responsable de la défense du pays. La division regroupait plus de 500 officiers et au delà de 17 000 hommes, tous bénévoles à temps partiel, soutenus par un petit nombre d’officiers et d’instructeurs de l’armée régulière. Les Byng établirent une résidence à Great Dunmow, dans l’Essex, où Julian développa des amitiés avec des éditeurs et des écrivains de Londres qui étaient ses voisins. Il apporta également son aide au mouvement des scouts et devint le premier commissaire de l’organisation pour le nord de l’Essex.

En mai 1912, Byng accéda au grade de colonel des 3rd Hussars et, en septembre, se rendit avec Evelyn au Caire, où il prit les commandes des forces britanniques d’Égypte le 30 octobre. La garnison locale de 5 000 hommes, chargée de la protection du canal de Suez, se composait de quatre bataillons d’infanterie, d’un régiment de cavalerie, de deux batteries d’artillerie et d’unités administratives ; Byng avait aussi sous son commandement d’autres soldats dans l’est de la Méditerranée, notamment la garnison à Chypre. Quand la Première Guerre mondiale éclata, au début d’août 1914, il agit rapidement pour protéger le canal et les chemins de fer d’État égyptiens contre le sabotage et faire interner les étrangers ennemis. Le 12 août, le secrétaire d’État à la Guerre rappela Byng en Angleterre pour qu’il prenne la tête de la 3rd Cavalry Division et, au début de septembre, il s’embarqua pour la mère patrie avec Evelyn.

La division de Byng fut affectée au 1st Corps et entra rapidement en action en Belgique dans la première bataille d’Ypres, qui eut lieu en octobre et novembre 1914. Comme le dirait l’historien Cyril Bentham Falls, la 3rd Cavalry Division était « appelée à répétition pour réparer des situations affreuses, à la dernière minute et dans les conditions les plus défavorables », et elle apporta un soutien décisif à la victoire des Alliés dans cette bataille. En avril 1915, Byng assuma temporairement le commandement du Cavalry Corps et, un mois plus tard, durant la deuxième bataille d’Ypres [V. Albert Mountain Horse* ; sir David Watson*], non décisive, il devint commandant attitré du corps et fut promu lieutenant-général à titre temporaire. Même s’il demeurait enthousiaste en apparence, Byng était profondément affecté par les horreurs de la guerre moderne. En 1935, John Buchan, un de ses plus proches amis, écrirait : « J’ai rarement lu quelque chose d’aussi touchant que ses lettres du front, dans lesquelles il parlait des terribles pertes pendant les batailles d’Ypres. »

Byng revint à Londres en juillet 1915 pour être créé chevalier commandeur de l’ordre de Saint-Michel et Saint-Georges par le roi George V. Un mois plus tard, il fut envoyé dans la péninsule de Gallipoli pour y diriger le 9th Corps, et arriva à la baie de Suvla (Anafarta Liman) le 24 août. Byng constata rapidement que la position des Britanniques était désespérée et, au bout d’une semaine, ordonna à son personnel de préparer un plan d’évacuation. Quand l’ordre d’évacuer arriva finalement, au début de décembre, l’opération d’envergure et dangereuse se déroula sans pertes de vies humaines et animales ni de matériel. Cette réussite attesta le leadership de Byng, caractérisé par une planification minutieuse et la confiance en ses troupes pour l’exécution précise des tâches. « En plus de ses compétences techniques, écrirait Williams, les qualités de son esprit et de son tempérament étaient [alors] apparues au grand jour. » En mars 1916, on décerna à Byng le titre de chevalier commandeur de l’ordre du Bain (daté du 1er janvier) pour ses services à Gallipoli, et il passa les deux mois suivants à la tête du 17th Corps à la crête de Vimy.

À la fin de mai 1916, Byng reçut l’ordre de remplacer le lieutenant-général Edwin Alfred Hervey Alderson* aux commandes du Corps d’armée canadien. Perplexe devant cette affectation, Byng écrivit à un ami : « Pourquoi m’envoie-t-on chez les Canadiens ? Je ne connais aucun Canadien. Pourquoi ce coup monté ? Ça me désole de quitter mes vieilles troupes au moment où nous étions en train de nous battre comme des déchaînés et de tuer des Boches. Cependant[,] c’est comme ça. On me confie ces gens, et je ferai de mon mieux. » Le nouveau poste, qui s’accompagnait d’une promotion au rang de lieutenant-général, présentait des possibilités et des défis incomparables. D’un côté, alors que des divisions du Corps expéditionnaire britannique étaient régulièrement transférées ici et là dans diverses unités, le Corps d’armée canadien, qui comportait trois divisions, auxquelles s’ajouterait bientôt une quatrième, constituées de troupes canadiennes dirigées par des officiers canadiens et britanniques, ne connaissait pas une telle fluidité. La cohésion qui en résultait se révélerait un avantage crucial au moment où Byng préparerait ses hommes au combat.

D’un autre côté, le Corps d’armée canadien avait été le terrain de jeu de nombreux soi-disant notables canadiens, entre autres des membres du gouvernement conservateur de sir Robert Laird Borden. Sir Samuel Hughes*, ministre de la Milice et de la Défense, avait joué un rôle central dans cet état de fait, principalement en nommant des amis du parti munis de commissions honorifiques, plutôt que d’une véritable expérience militaire, pour mener à bien des tâches normalement assumées par des membres chevronnés du Corps d’armée canadien. Deux de ces personnes étaient l’entrepreneur ontarien John Wesley Allison, colonel honoraire responsable des achats de fournitures pour le Corps expéditionnaire canadien (qui admettrait plus tard avoir profité d’un contrat d’obus), et le lieutenant-colonel John Wallace Carson, promoteur minier de Montréal, qui devint, à titre de responsable des approvisionnements pour le Corps expéditionnaire canadien au Royaume-Uni, représentant personnel de Hughes. Le plus grand bénéficiaire de ce système peu orthodoxe restait toutefois Hughes lui-même. Non seulement se prenait-il pour le chef civil du ministère de la Milice et de la Défense, mais aussi pour le commandant du Corps expéditionnaire canadien outre-mer. Pour embellir cette affectation, un autre bon ami de Hughes, sir William Maxwell Aitken*, contribua largement à sa promotion au rang de major général.

Byng n’entretenait aucune des prétentions de Hughes. Au début de juin 1916, le major général Malcolm Smith Mercer*, commandant de la 3e division canadienne d’infanterie, perdit la vie dans la bataille du mont Sorrel [V. Roderick Ogle Bell-Irving*]. Hughes s’empressa d’ordonner à Byng de le remplacer par son propre fils, Garnet Burk Hughes. Byng refusa tout aussi prestement et nomma le brigadier-général Louis James Lipsett*, commandant expérimenté de la 2e brigade de la division, qu’il promut au grade de major général. « Mettre ces hommes splendides sous le commandement de protégés politiques n’est, à mon sens, pas loin [d’un acte] criminel », écrivait Byng à un ami. Fin août, la division, dont les hommes se surnommaient eux-mêmes les « Byng boys », quitta le saillant d’Ypres pour la Somme, en France, où les forces britanniques étaient engagées depuis le 1er juillet [V. Francis Thomas Lind*]. En septembre, la bataille de Courcelette [V. Francis Clarence McGee* ; James Cleland Richardson*] entraîna plus de 7 000 pertes chez les Canadiens, et ce nombre s’éleva à plus de 24 000 quand l’offensive de la Somme prit fin, deux mois plus tard.

En janvier 1917, Byng reçut l’ordre de s’emparer de l’ensemble de la crête de Vimy, que les Allemands avaient réussi à conserver malgré les assauts répétés des Français en 1915. On lui donna quelque temps pour préparer la bataille. Le plan d’attaque de Byng, conçu avec une précision rigoureuse, était prêt au début de mars. Derrière le front, on créa une réplique du champ de bataille, afin que les unités de réserve puissent répéter leurs tâches à de nombreuses reprises jusqu’à ce que chaque unité du corps connaisse parfaitement sa mission et ses objectifs, ainsi que ceux des unités voisines de gauche et de droite. Toutes les nuits, sous le couvert du bombardement des positions allemandes par l’artillerie, les soldats canadiens s’exercèrent à avancer à travers les barbelés jusqu’aux lignes ennemies. Les quatre divisions canadiennes étaient alignées en ordre numérique de gauche à droite et devaient commencer leur attaque ensemble à cinq heures trente du matin. Chaque unité devait progresser jusqu’à une position précise en suivant un horaire strict, puis s’arrêter et se regrouper avant d’aller plus loin. Simultanément, l’attaque devait être coordonnée avec des barrages d’artillerie conçus pour atteindre plusieurs objectifs, notamment la destruction des défenses de barbelés qui protégeaient les lignes allemandes.

Le bombardement d’artillerie préparatoire commença le 20 mars, dura près de trois semaines et frappa les positions allemandes avec plus d’un million d’obus. Dans le noir, le 9 avril, les Canadiens se déplacèrent vers leurs positions avancées, prêts à donner l’assaut avant l’aube. L’attaque de la crête de Vimy commença à cinq heures trente du matin, « avec le grondement de tonnerre des 983 fusils et mortiers qui soutenaient les Canadiens », écrirait Gerald William Lingen Nicholson, historien officiel du Corps expéditionnaire canadien. Byng croyait pouvoir obtenir un succès complet en moins de deux jours. Il en alla autrement. Les objectifs intermédiaires ne furent pas tous atteints selon cet échéancier, et Byng avait peut-être sous-estimé la farouche résistance des Allemands. À la fin de l’après-midi du 14 avril, la pointe nord de la crête de Vimy, dernière position à conquérir, passa enfin aux mains des Canadiens. En tout, le corps avait gagné 4 500 verges, capturé 54 armes lourdes allemandes, 124 mitrailleuses, 104 mortiers de tranchée et 4 000 prisonniers. Les pertes avaient été considérables : 10 602 victimes chez les attaquants, dont 3 598 tuées. La crête, cependant, appartenait au Corps d’armée canadien de Byng, qui la garderait jusqu’à la fin du conflit. Soulagé et ravi, Julian écrivit à Evelyn : « Grâce à Dieu, personne n’a perdu la tête et les bons vieux Canucks se sont comportés comme de vrais soldats disciplinés. »

L’attaque de la crête de Vimy constitua la dernière mission importante de Byng avec le Corps d’armée canadien. Il avait décliné à deux reprises l’offre de sir Douglas Haig, commandant du Corps expéditionnaire britannique, de conduire l’une de ses cinq armées, mais il ne put refuser quand Haig lui ordonna, en juin 1917, de prendre les commandes de la 3rd Army, après l’avoir promu général à titre temporaire. (Le lieutenant-général sir Arthur William Currie, commandant de la 1re division canadienne d’infanterie, le remplaça à la tête du Corps d’armée canadien.) À la mi-octobre, l’armée de Byng reçut la mission de mener les forces britanniques dans une attaque à Cambrai, au nord de la France. Contrairement au territoire contesté à Vimy, ce champ de bataille se trouvait dans une plaine, et la ligne de front n’avait pas été testée. Ayant tiré des leçons de Vimy, Byng conçut encore une fois un plan minutieusement détaillé qui incluait des répétitions pour ses troupes derrière le front. Celui-ci comportait des éléments nouveaux : l’aviation couvrirait l’avance et l’utilisation massive de chars d’assaut soutiendrait les troupes sur le terrain. Pour conserver un élément de surprise, il n’y aurait pas de bombardement d’artillerie. Les chars devaient mener la charge pour ouvrir des passages dans les zones de barbelés, afin de permettre à l’infanterie, suivie par des régiments de cavalerie, d’avancer rapidement et d’affronter les Allemands. L’assaut, prévu pour le 20 novembre 1917, serait soutenu indirectement par les forces britanniques et canadiennes aux prises avec l’ennemi à la troisième bataille en cours à Ypres, mieux connue sous le nom de Passchendaele.

Huit jours à peine avant l’attaque prévue, toutefois, Haig mit fin subitement à l’offensive de Passchendaele, et des unités de réserve essentielles au plan de Cambrai furent envoyées en Italie. Il ordonna néanmoins de livrer la bataille. Avant l’attaque de Vimy, les unités canadiennes de Byng avaient pu répéter leurs rôles pendant plusieurs semaines, alors qu’à Cambrai, celui-ci ne disposa que de deux jours pour préparer ses hommes, à cause du court intervalle entre le moment où Haig donna l’autorisation d’attaquer et la date de la bataille. Byng aurait pu protester, mais il ne le fit pas. L’assaut débuta à l’aube du 20 novembre et remporta, au début, un grand succès, les troupes de la 3rd Army parvenant à avancer de trois à quatre milles sur un front de six milles. La progression ne dura pas. Les forces allemandes, renforcées par de nouvelles réserves, stoppèrent l’élan des Britanniques et, à la fin du mois, elles avaient reconquis la plus grande partie du terrain pris par les troupes de Byng. L’éclatante victoire de Byng à Vimy ne se répéta pas à Cambrai. Néanmoins, son utilisation novatrice des forces aériennes et terrestres dans une attaque concertée était sans précédent chez les Britanniques, et servirait de modèle pour les stratégies des batailles pendant la Deuxième Guerre mondiale. Avant que les hostilités ne cessent, au début de décembre, Byng avait été élevé au grade de général (le 23 novembre).

En janvier 1918, on agrandit la zone de responsabilité du Corps expéditionnaire britannique sur le front de l’Ouest, sans toutefois accroître le nombre d’hommes de manière significative. Byng et les 14 divisions de la 3rd Army furent chargés de défendre 28 milles sur le front du nord de la France. Ce printemps-là, les Allemands lancèrent une offensive massive qui avait pour objectif de mettre un terme à la guerre. Au début, celle-ci connut du succès, mais les Allemands, épuisés, y mirent fin le 17 juillet. Le 8 août, la 4th Army, menée par les troupes canadiennes de Currie, accompagnées de troupes australiennes, entreprit une contre-attaque à Amiens, qui perça les lignes allemandes. Dans la campagne des Cent Derniers Jours, qui exigea tant de sacrifices [V. Hugh Cairns* ; Archibald Ernest Graham McKenzie* ; Charles James Townshend Stewart*], les Allemands furent repoussés vers leur propre territoire. Les hommes de Byng s’engagèrent totalement dans cette offensive à l’issue de laquelle, le 11 novembre 1918, jour de l’armistice, la 3rd Army perdit plus de 115 000 hommes, tués, blessés ou portés disparus.

Après la guerre, Byng, alors âgé de 56 ans, retourna en Angleterre, où il résida avec Evelyn à Thorpe Hall, manoir situé à Thorpe-le-Soken, dans l’Essex, qu’ils avaient acheté à l’époque où il était posté en Égypte. Il travailla un temps au ministère de la Guerre. On lui offrit la possibilité de diriger le Southern Command, mais il déclina la proposition. En juillet 1919, on le pressentit pour la présidence du United Services Fund, qui assurait un soutien diligent aux anciens combattants et à leurs familles. Byng accepta à condition que le fonds soit indépendant du gouvernement et des forces militaires, ce qui impliquait qu’il devait démissionner de l’armée pour accepter ces nouvelles fonctions. Sous sa gouverne, l’organisme fut, comme tous ceux qu’il dirigerait, administré de manière rigoureuse. Son personnel ne se composait que d’un secrétaire et deux commis qui veillaient à la coordination, soutenus par un grand nombre de bénévoles à travers le pays.

Au mois d’août, Byng fut élevé à la pairie en tant que baron Byng de Vimy et Thorpe-le-Soken, et reçut une indemnité de 30 000 £ du Parlement en reconnaissance de ses services militaires ; à son tour, le Canada le nomma général honoraire de la milice canadienne l’année suivante. En 1921, le ministère des Colonies suggéra la nomination de Byng au poste de gouverneur général du Canada, pour succéder au duc de Devonshire [Cavendish], dont le mandat de cinq ans arrivait à son terme. Surpris, le gouvernement conservateur d’Arthur Meighen* accueillit l’idée avec froideur. Sir Robert Laird Borden, que Meighen avait remplacé en 1920, n’avait pas aimé le prédécesseur de Devonshire, le duc de Connaught [Arthur*], qui avait tenté de modeler les politiques canadiennes au début de la guerre en faisant jouer son influence en qualité de feld-maréchal. Borden avait insisté pour que le successeur de Connaught soit un civil, et Meighen et lui estimaient que Devonshire avait été un gouverneur général modèle.

Pour apaiser Meighen, qui craignait l’interférence d’un autre personnage militaire, Winston Churchill, secrétaire d’État aux Colonies, lui envoya une liste de candidats. Churchill recommanda le baron Desborough ou le comte de Lytton. Les Canadiens approuvèrent Desborough, mais celui-ci refusa la nomination, et ils ne voulaient pas de Lytton. Meighen accepta alors la proposition de Byng, qui s’était engagé, longtemps auparavant, à accepter l’offre si elle lui arrivait. On annonça sa nomination le 3 juin 1921. Le 2 août, Byng reçut sa commission de gouverneur général et commandant en chef du dominion du Canada. Il reçut également la grand-croix de l’ordre de Saint-Michel et Saint-Georges du roi George V, qui conseilla à Byng de ne pas s’inquiéter de son manque d’expérience vice-royale. « Vous serez exactement comme un roi dans votre royaume », lui assura Sa Majesté, ce à quoi un Byng souriant répondit : « Oh non, Sire. Il est plus probable que je serai seulement Byng dans mon Byngdom. »

Byng et sa femme arrivèrent à Québec le 10 août, une journée plus tôt que prévu, et le lendemain matin, Meighen et le premier ministre de la province de Québec, Louis-Alexandre Taschereau*, les accueillirent au Canada. Byng prêta le serment d’office dans l’édifice du Parlement, où le gouvernement fédéral servit un déjeuner en son honneur. Roger Graham, biographe de Meighen, rapporterait les propos de Byng au premier ministre : « Je n’ai jamais fait quelque chose comme ceci, vous savez, et je m’attends à faire des erreurs. J’ai fait des erreurs en France, mais quand c’est arrivé les Canadiens m’ont toujours sorti du trou. C’est ce sur quoi je compte ici. » Le lendemain matin, le groupe arriva à Ottawa et fut reçu sur la colline du Parlement. William Lyon Mackenzie King*, chef de l’opposition libérale, nota dans son journal : « La journée était radieuse, et une foule immense était présente. » Une garde d’honneur composée de soldats rentrés au pays souhaita la bienvenue au gouverneur général.

À Rideau Hall, résidence officielle du gouverneur général, Byng rejoignit le personnel qu’il avait choisi avant de s’embarquer pour le Canada. Arthur French Sladen, son secrétaire particulier, et le capitaine Oswald Herbert Campbell Balfour, son secrétaire militaire, avaient servi sous le commandement du duc de Devonshire ; le lieutenant-colonel Humphrey Waugh Snow était vérificateur. Créant un précédent, Byng insista pour qu’il y ait une présence canadienne dans sa maison : le major Henry Willis-O’Connor devint son aide de camp et le major Georges-Philéas Vanier* du Royal 22e Régiment fournit également ses services. Sur le plan social, Ottawa, dont la population dépassait à peine 100 000 âmes, possédait une petite élite tissée serrée dont les membres tendaient à traiter Rideau Hall comme leur parcelle d’Angleterre bien à eux. Ils ne tardèrent pas à considérer lord et lady Byng, qui avaient élargi la liste de leurs invités, avec une certaine méfiance : au fond, Byng n’était que baron, et tout nouveau de surcroît, tandis que ses deux prédécesseurs immédiats étaient des ducs. Changement bienvenu, toutefois, les Byng offraient de fréquents déjeuners et soupers à de petits groupes de parlementaires de tous les partis, qui leur donnaient l’occasion d’apprendre beaucoup sur le Canada. Ils s’intéressèrent également au hockey ; en 1925, Evelyn donnerait une coupe à la Ligue nationale de hockey, le trophée Lady Byng, attribué chaque année depuis au joueur de la ligue qui manifeste le meilleur esprit sportif.

Une importante responsabilité du gouverneur général consistait à visiter les différentes régions du pays et d’y être vu. Byng et sa femme, voyageurs expérimentés, accomplirent cette tâche avec enthousiasme. Durant le mandat de celui-ci, ils firent quatre grandes tournées de l’Ouest canadien, empruntant le train vice-royal et, pour les côtes et les Grands Lacs, le service de bateaux à vapeur. Ils passèrent aussi du temps au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, dans les campagnes de la province de Québec et dans les Maritimes. Gai et sans prétention, Byng jouissait d’une grande popularité auprès des Canadiens. Dans une région rurale de l’Alberta, par exemple, il rencontra un cultivateur qui savait que le gouverneur général était en visite et qui, ne reconnaissant pas Byng, lui demanda à quoi ressemblait « le vieux détestable ». Byng lui répondit : « Oh, il n’est pas mal dans l’ensemble. » Il le pria ensuite de venir voir par lui-même dans une réception le lendemain. À la réception, il demanda au cultivateur surpris et amusé : « Alors, le vieux détestable est-il si mauvais, après tout ? » Byng témoignait souvent de l’estime envers les Canadiens ordinaires. En juillet 1923, en compagnie d’Evelyn, il visita Sydney, en Nouvelle-Écosse, à un moment où les ouvriers de l’acier et les mineurs de charbon, en grève, s’étaient en fait rendus maîtres de la ville. Craignant des violences, le gouvernement fédéral conseilla à lord et lady Byng de ne pas s’y rendre, mais ils défièrent la consigne, refusèrent la protection policière qu’on leur recommandait et reçurent l’accueil joyeux d’une foule immense de grévistes. Pendant son passage en Nouvelle-Écosse, Byng rencontra même les chefs syndicaux James Bryson McLachlan et Daniel Livingstone, et leur promit que s’ils garantissaient de mettre fin à l’arrêt de travail des mineurs de charbon, il donnerait son appui au retrait de la police provinciale de la région (l’entente ne dura pas, parce que le syndicat international des grévistes démit McLachlan et Livingstone de leurs fonctions).

La tâche principale de Byng consistait, au bout du compte, à travailler avec le gouvernement en place. Même s’il s’était entretenu avec Meighen plusieurs fois après son arrivée, Byng eut peu de temps pour faire connaissance avec le premier ministre avant que les libéraux de King ne battent son parti aux élections générales du 6 décembre 1921. L’assermentation du nouveau gouvernement eut lieu le 29 et, trois jours plus tard, après avoir reçu les souhaits cordiaux du gouverneur général à l’occasion du Nouvel An, King nota dans son journal : « Je crois que nos relations seront très plaisantes, joyeuses et mutuellement profitables. » En février 1922, Byng, qui venait d’assister à une réunion des Boy Scouts à Toronto, demanda au premier ministre s’il serait approprié que le gouverneur général joue un rôle de premier plan au sein du mouvement au Canada. King lui répondit par l’affirmative ; plus tard, il nota que Byng se montrait convaincu de la valeur du mouvement scout pour encourager le patriotisme.

Au cours des quatre années suivantes, King et Byng se rencontrèrent souvent pour discuter des affaires étrangères et des liens impériaux. Même si le gouverneur général agissait traditionnellement à la fois en tant que souverain du Canada et représentant du gouvernement britannique, Byng établit un important précédent en refusant de jouer ce dernier rôle. Il soutenait qu’il serait plus pertinent que les Britanniques aient un diplomate au Canada et que le Canada possède son propre représentant de niveau ministériel à Londres. L’attitude du gouverneur général plut à King, qui insistait sur le fait qu’à titre de dominion autonome, le Canada n’avait pas besoin de la supervision de la Grande-Bretagne. « Il était intéressant, nota King en avril 1925, de voir à quel point lord Byng comprenait clairement ces [principes] essentiels. »

Peu avant la fin du mandat de Byng, il y eut un changement dans sa relation habituellement cordiale et coopérative avec le premier ministre. Aux élections générales du 29 octobre 1925, les conservateurs de Meighen remportèrent 116 sièges, les libéraux 99 et les progressistes représentant les intérêts des agriculteurs [V. Thomas Wakem Caldwell] en obtinrent 24 ; la majorité échappa donc de peu aux tories à la Chambre des communes. King avait perdu son propre siège ; Byng de même que plusieurs autres s’attendaient à ce qu’il démissionne de la chefferie du parti, mais il ne le fit pas. Il dit plutôt à Byng que son caucus avait insisté pour qu’il s’adresse à la Chambre et qu’il croyait pouvoir demeurer en poste avec le soutien des progressistes. Byng accepta ce plan d’action, tout en prévenant le premier ministre qu’il ne devait « en aucun cas demander une dissolution avant que M. Meighen ait d’abord eu la chance de montrer s’il était ou non en mesure de gouverner ». King accepta cette condition. La Chambre reprit ses travaux le 7 janvier 1926 ; King surveillait depuis la tribune des visiteurs. Peu après, à l’issue d’une élection partielle, il obtint un siège et parvint à rester en fonction tout le printemps avec l’appui des progressistes.

Durant la session, toutefois, la nouvelle d’un important scandale éclata au grand jour : quelques membres du ministère des Douanes et de l’Accise, dont Jacques Bureau, ancien ministre, avaient comploté avec des contrebandiers pour importer des marchandises des États-Unis au Canada. En février, la Chambre des communes adopta une proposition du député conservateur Henry Herbert Stevens* de mettre sur pied un comité parlementaire spécial pour enquêter sur l’affaire. Lorsque le comité fit rapport en juin, Meighen et les conservateurs déposèrent une motion de censure contre le gouvernement. Essayant désespérément d’éviter le vote, King tenta de faire entendre à Byng, le 26 juin, que la dissolution du Parlement était la seule chose à faire. Le gouverneur général rappela au premier ministre sa promesse de ne pas demander une dissolution avant d’avoir donné à Meighen la chance de gouverner. King lui fit remarquer qu’au cours des cent dernières années, aucun souverain britannique ou représentant du souverain n’avait rejeté une telle demande de la part d’un premier ministre. Byng répliqua que jamais un premier ministre n’avait demandé une dissolution pour éviter un vote de censure et pressa King de s’abstenir de faire une demande en sachant qu’elle serait rejetée. Malgré tout, le 28 juin, King demanda officiellement que le Parlement soit dissous. Byng refusa et King démissionna sur-le-champ, laissant le Canada sans gouvernement.

Dans l’après-midi, Byng demanda à Meighen s’il pouvait former un gouvernement ; après avoir consulté Borden, Meighen retourna à Rideau Hall juste avant minuit pour annoncer qu’il le ferait. Sa situation était précaire. Un député promu au cabinet devait démissionner et se faire réélire, mais si Meighen ou tout ministre qu’il nommait le faisait, les chances du gouvernement de remporter un vote en Chambre étaient compromises. Meighen démissionna de son siège, mais trouva un expédient en nommant six de ses collègues (William Anderson Black, Hugh Guthrie, sir George Halsey Perley, sir Henry Lumley Drayton*, Robert James Manion* et Stevens) ministres par intérim, afin qu’ils puissent conserver les leurs. Les conservateurs gagnèrent trois votes, y compris la motion de censure contre l’ancien gouvernement King, mais le 2 juillet, une motion libérale remettant en question la validité du gouvernement « par intérim » l’emporta par une seule voix. Meighen avait eu sa chance, s’était essayé et avait perdu. Byng accepta sa demande de dissolution, et on déclencha des élections générales pour le 14 septembre 1926.

L’affrontement qui s’ensuivit prit un ton particulièrement amer. Meighen, qui méprisait King, espérait que le scandale des douanes et les points habituels de la plateforme tory lui assureraient la victoire, tandis que King, qui détestait Meighen, qualifiait la décision du gouverneur général de lui refuser la dissolution d’interférence avec l’autonomie du Canada. Byng, qui ne pouvait faire de déclaration publique durant la campagne à cause de sa position, avait la conviction d’avoir fait la bonne chose. L’expert constitutionnel Eugene Alfred Forsey* donnerait raison à Byng dans son étude de 1943, The royal power of dissolution […], qui fait autorité. De plus, en 2005, Herbert Blair Neatby, principal biographe de King, reconnaîtrait que, « sur le plan constitutionnel, Byng avait eu raison et King avait eu tort ». Sur le plan politique, toutefois, King avait remporté la bataille. Les libéraux conquirent 116 sièges et les candidats libéraux-progressistes remportèrent 10 circonscriptions, donnant à King une majorité suffisante contre 91 conservateurs et 10 progressistes. Meighen, qui avait perdu son propre siège, démissionna de son poste de premier ministre et, peu après, de la direction du Parti conservateur.

Lord et lady Byng, qui devaient rentrer en Grande-Bretagne plus tôt dans l’été, retardèrent leur départ jusqu’à ce que les élections soient passées. Ils avaient alors accompli leur tâche. Le 27 septembre 1926, King accompagna Byng au Parlement et à la chapelle du Souvenir de la tour de la Paix à Ottawa, où le gouverneur général posa la première pierre de l’autel du Souvenir. King lui fit ensuite ses adieux à la gare. Dans son journal, il nota que Byng avait eu « un beau départ », mais il ajoutait : « C’étaient des adieux étranges. J’étais fort content quand ce fut terminé. » Les Byng quittèrent le Canada à Québec. King ne les accompagna pas là-bas, dépêchant plutôt deux ministres pour représenter le gouvernement.

De retour en Angleterre, Byng, qui devint vicomte en octobre 1926, se trouva sans emploi pour la première fois depuis son entrée dans l’armée longtemps auparavant. Pendant les deux années suivantes, Evelyn et lui se consacrèrent à leurs intérêts variés et profitèrent de la vie à Thorpe Hall. Pendant un certain temps, Byng apporta son soutien au Haut-Commissariat du Canada à Londres en contribuant à élaborer un plan pour encourager l’émigration vers le Canada. En juin 1928, le secrétaire d’État à l’Intérieur lui demanda conseil au sujet de la nomination d’un nouveau commissaire en chef pour la Metropolitan Police de la ville, puis décida peu après que Byng lui-même était le meilleur candidat pour occuper le poste. Byng refusa à plusieurs reprises, mais finit par accepter, et on annonça sa nomination le 2 juillet. L’automne suivant, après avoir reçu un héritage de l’oncle maternel d’Evelyn, les Byng achetèrent une maison à Londres, au 4, Bryanston Square. Byng remplissait son rôle de commissaire en chef à partir de cette résidence et de celle de Thorpe-le-Soken, et tenait des réceptions chez lui avec Evelyn. Le couple trouva aussi le temps de voyager à l’étranger.

Le 26 juillet 1930, pendant la visite de Georges-Philéas Vanier à Thorpe Hall, Byng subit une crise cardiaque. En octobre de l’année suivante, il démissionna de son poste de commissaire. En avril 1932, après un voyage au canal de Panama, Evelyn et lui accostèrent à Victoria, puis entreprirent une longue tournée au Canada. En octobre, Byng fut promu au rang de feld-maréchal, honneur qui eut pour lui plus de signification que tout autre. Au début de 1935, pendant un voyage en Californie, Byng subit un léger accident vasculaire cérébral et, à la fin de mai, de retour en Angleterre, il se plaignit de douleurs à l’abdomen. Les médecins conclurent qu’il lui fallait une opération chirurgicale majeure, mais que son cœur, trop fragile, ne pourrait la supporter. Le vicomte Byng de Vimy mourut tôt le matin du 6 juin 1935. Ses obsèques eurent lieu deux jours plus tard. Des foules se pressèrent à Ottawa et à Montréal pour assister aux cérémonies commémoratives, et on récita des prières en son honneur dans des églises de tout le pays.

Né dans une famille aristocratique mais peu fortunée, Julian Hedworth George Byng commença sa carrière militaire à titre d’officier subalterne dans un régiment de milice ordinaire. Rapidement, grâce aux liens d’amitié entre son père et le prince de Galles, il reçut cependant une commission de lieutenant dans un régiment de cavalerie prestigieux en Inde. Ainsi débuta une succession de promotions : il servit au Soudan, en Afrique du Sud, en Angleterre et en Égypte avant la Première Guerre mondiale, puis fut appelé à commander la 3rd Cavalry Division britannique sur le front de l’Ouest et réussit à épargner au 9th Corps un désastre à Gallipoli. Son talent de leader, sa planification soignée, ses répétitions détaillées, ses opérations synchronisées et sa confiance inébranlable en ses subordonnés furent à de nombreuses reprises reconnus par de nombreux collègues. Toutes ces qualités se manifestèrent à la crête de Vimy, où il conduisit le Corps d’armée canadien à sa plus grande victoire. À titre de commandant de la 3rd Army britannique, son utilisation novatrice de l’infanterie, des chars d’assaut et de l’aviation dans une stratégie unifiée ne connut qu’un succès modeste à Cambrai ; elle fournit toutefois un modèle pour les attaques durant la Deuxième Guerre mondiale. Pendant son mandat de gouverneur général, Byng et sa chère épouse Evelyn jouirent d’une immense popularité auprès des Canadiens grâce à leur bienveillance sincère et à leur généreuse amabilité, traits de caractère peu communs chez les précédents occupants de Rideau Hall. La vie et la carrière de Byng témoignent de son remarquable talent de meneur d’hommes.

Robert Craig Brown

BAC, « Journal personnel de William Lyon Mackenzie King », 12 août 1921 ; 1er janv., 3 févr. 1922 ; 26 janv. 1924 ; 1er avril 1925 ; 15, 27 sept. 1926 : www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/politique-gouvernement/premier-ministres/william-lyon-mackenzie-king/Pages/journal-mackenzie-king.aspx (consulté le 10 mai 2017).— R.-U., Parl. Arch. (Londres), BLU/1 (Papers of Ralph David Blumenfeld, corr.) /4/BY.14, BY.15, BY.18.— D. J. Bercuson et J. L. Granatstein, Dictionary of Canadian military history (Toronto, 1992).— R. C. Brown, « Cavendish, Victor Christian William, 9e duc de Devonshire », DBC, XVI.— [M. E. Byng], Vicomtesse Byng de Vimy, Up the stream of time (Toronto, 1945).— Tim Cook, At the sharp end : Canadians fighting the Great War, 1914–1916 (Toronto, 2007) ; Shock troops : Canadians fighting the Great War, 1917–1918 (Toronto, 2008).— Cyril Falls, « Byng, Julian Hedworth George », rév. par Jeffery Williams, ODNB.— E. A. Forsey, The royal power of dissolution of parliament in the British Commonwealth (Toronto, 1943).— Nikolas Gardner, « Julian Byng : Third Army, 1917–1918 », dans Haig’s generals, I. F. W. Beckett et S. J. Corvi, édit. (Barnsley, Angleterre, 2006), 54–74.— L. A. Glassford, « Meighen, Arthur », DBC, XVIII.— Roger Graham, Arthur Meighen : a biography (3 vol., Toronto, 1960–1965), 2.— J. L. Granatstein, « King, (William Lyon) Mackenzie (1874–1950) », ODNB.— H. B. Neatby, « King, William Lyon Mackenzie », DBC, XVII.— Nicholson, CEC.— Vimy Ridge : a Canadian reassessment, Geoffrey Hayes et al., édit. (Waterloo, Ontario, 2007).— P. B. Waite, « Meighen, Arthur (1874–1960) », ODNB.— Jeffery Williams, Byng of Vimy : general and governor general (Londres, 1983).

Bibliographie générale

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Robert Craig Brown, « BYNG, JULIAN HEDWORTH GEORGE, 1er vicomte BYNG », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 sept. 2020, http://www.biographi.ca/fr/bio/byng_julian_hedworth_george_16F.html.

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Auteur de l'article:    Robert Craig Brown
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Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2020
Année de la révision:    2020
Date de consultation:    20 septembre 2020