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THOMAS, WILLIAM, architecte, ingénieur et aquarelliste, né vers 1799 dans le Suffolk, Angleterre, fils de William Thomas et d’une prénommée Ann ; le 17 septembre 1826, il épousa à Birmingham, Angleterre, Martha Turin, et ils eurent quatre fils et six filles ; décédé le 26 décembre 1860 à Toronto.

Dans l’Amérique du Nord britannique, William Thomas se distingue parmi les architectes de sa génération à cause du caractère remarquable de ses réalisations. Mais il présente un autre intérêt du fait que sa carrière offre l’occasion unique d’établir un lien entre les nombreux travaux préparatoires qu’il fit en Angleterre et les édifices qu’il conçut au Canada, ces derniers étant plus accomplis et beaucoup plus importants que les premiers. D’autres architectes comme John George Howard*, George Browne*, Frederic William Cumberland* et Thomas Fuller* arrivèrent au pays beaucoup plus jeunes que Thomas, 3e sorte que leurs travaux antérieurs nous sont inconnus. Thomas, lui, arriva en pleine maturité.

Peu après la naissance de William Thomas, sa famille s’établit à Chalford, dans le Gloucestershire, où son père fut aubergiste au Clothier’s Arms. William et ses trois frères entrèrent tous dans les métiers de la construction. John, le plus jeune, fut d’abord apprenti chez un maçon ou un graveur, étudia quelque temps sous la direction de William au début des années 1830 et eut quelque succès comme architecte ; toutefois, il a surtout laissé sa marque comme l’un des sculpteurs les plus prolifiques de l’époque. Quant à William, il fut apprenti chez John Gardiner, menuisier-charpentier de la région, de 1812 à 1819.

Quelque temps après avoir reçu son brevet d’apprentissage, Thomas alla s’installer à Birmingham où, en 1826, il épousa Martha Tutin. Il fut peut-être l’élève de Richard Tutin, constructeur devenu architecte et, apparemment, parent de Martha. En 1829, Tutin et Thomas s’associèrent, mais il se séparèrent probablement dès l’année suivante. En 1832, Thomas quitta Birmingham pour aller s’établir non loin de là, à Leamington, station thermale en vogue dans le Warwickshire. Il y fit une carrière diversifiée : d’abord représentant d’un promoteur, il en vint à promouvoir et à exécuter ses propres projets de spéculation immobilière et conçut de nombreux édifices pour ses clients. L’échec d’une banque de la ville, en 1837, l’obligea peut-être à poser sa candidature comme arpenteur municipal – il fut arpenteur intérimaire en 1838–1839 – et hâta sans aucun doute la faillite qui le frappa en 1840, de même que la plupart des spéculateurs immobiliers de Leamington. Thomas avait ouvert une succursale à Birmingham, mais comme une dépression générale se faisait sentir en ce début des années 1840, les architectes étaient peu sollicités.

Pendant qu’il était en Angleterre, Thomas dressa les plans d’une gamme remarquable de constructions : des maisons, des églises, des magasins, une serre, des bains publics ainsi que des ponts de fer et de pierre. Cependant, il construisit surtout des logements pour la classe moyenne de Leamington, en se livrant à la spéculation. On sait qu’il dessina les plans des maisons de ville de la Beauchamp Terrace à compter de 1831 et ceux de deux chapelles en 1834. L’année suivante, il se consacra à deux impressionnants ensembles résidentiels : le Lansdowne Circus, groupe de maisons jumelées et de villas de style georgien pur (ornées pour la plupart de porches de fonte et de balcons surmontés de toits en forme d’auvent), disposées en fer à cheval et, à côté, le Lansdowne Crescent, terrasse curviligne où s’élevaient, sur des terrains aménagés, des maisons de ville reliées entre elles et construites dans un style tout à fait classique. Pour réaliser ce second ensemble de résidences, Thomas s’était associé et porté acquéreur de l’emplacement, il avait fourni les plans et confié à d’autres la construction des maisons situées sur certaines parcelles du terrain en exigeant que leurs façades soient conformes à ses plans. Il employa une méthode assez semblable pour faire construire dans les rues Brandon Parade et Holly Walk (contiguës au Lansdowne Circus et au Lansdowne Crescent) une dizaine de villas de style néo-grec et néo-gothique. Avant sa faillite, Thomas habita l’une de ces villas, Elizabethan Place : on peut encore y lire la date de construction, 1836, et ses initiales. La manière de Thomas, dans sa maturité, se caractérise par des regroupements bien dosés de petits volumes, encadrés par des ornements. Victoria Terrace, Pump Room and Baths, édifice polyvalent entrepris à Leamington en 1837, était l’un des points d’attraction de la ville et l’œuvre la plus grandiose de Thomas en Angleterre.

À Duddeston (Birmingham), Thomas construisit l’église anglicane St Matthew en 1839–1840. Cet édifice rectangulaire en brique, où se mariaient le gothique primitif et le néo-gothique rayonnant, et où un clocher de trois étages faisait saillie à l’extrémité ouest, allait servir de modèle à Thomas pour nombre de ses églises canadiennes. Au cours des mêmes années, il construisit aussi à Birmingham une somptueuse boutique de drapiers, Warwick House. Une aquarelle de Thomas nous restitue cet édifice abondamment décoré, qui fut bombardé lors de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait d’une construction de quatre étages, à sept travées : au rez-de-chaussée, de gracieux piliers encadraient d’immenses vitrines ; au premier et au deuxième étage, d’énormes colonnes faisaient saillie, tandis que le dernier étage était richement mansardé. Appliquée aux édifices commerciaux, cette formule obtint du succès, et Thomas devait s’en servir de nouveau au Canada pour l’une de ses réalisations les plus connues. Jusqu’à ce moment, par sa sphère d’activité, son esprit entreprenant et les styles qu’il employait, Thomas avait poursuivi une carrière essentiellement parallèle à celle de John Nash, l’architecte à la mode qui avait tant contribué à donner à Londres un nouveau visage pendant le premier quart du xixe siècle, même si la carrière de Thomas avait été modeste et s’était déroulée en province.

En décembre 1842, Thomas mit sous presse une plaquette intitulée Designs for monuments and chimney pieces, espèce d’annonce publicitaire discrète qui parut à Londres l’année suivante. Ce livret, qui rassemble 41 lithographies comprenant 46 modèles de style grec, composite, gothique et élisabéthain, rappelle combien l’éclectisme prévalait en architecture à la fin de la période georgienne et au début de l’époque victorienne. Comme la plupart des architectes, Thomas se sentait libre de choisir parmi les divers styles inspirés du passé celui qui convenait à la fonction et à l’emplacement de chaque édifice. Ainsi ses églises étaient généralement de style gothique, ce qui faisait ressortir immédiatement leur fonction religieuse et leur lien avec la foi profonde du Moyen Âge.

En avril 1843, Thomas quitta l’Angleterre pour Toronto. On ignore pourquoi exactement, au début de la quarantaine, il décida d’émigrer avec sa femme et ses huit enfants et choisit d’habiter cette ville. Sa faillite, survenue trois ans plus tôt, de même que le manque de travail, influa sans doute sur sa décision, mais l’ambition joua probablement plus que tout. Toronto qui comptait plus de 15 000 habitants entrait dans une période d’expansion rapide, et seulement trois architectes y exerçaient leur profession : c’était donc un endroit attirant pour un architecte industrieux. Le journal que tint Thomas pendant sa traversée de l’Atlantique en 1843 révèle qu’il était un observateur attentif et bien informé. Il y apparaît aussi comme un père patient et aimant, un homme chaleureux et sympathique. Doté d’un solide sens de l’humour, il était très sociable et aimait jouer aux échecs et aux cartes, faire la conversation, chanter et danser. Thomas s’installa avec sa famille au 5 de la rue York et ouvrit un bureau au 55 de la rue King Est, dans le principal quartier commerçant de la ville. Apparemment, sa première commande importante à Toronto fut la conception des plans de la Commercial Bank of the Midland District, rue Wellington. Conçue en 1844 et construite un an plus tard, elle était l’une des premières banques de style néo-grec de l’Amérique du Nord britannique, et sa façade demeure l’un des meilleurs exemples de ce style à Toronto. La seule autre banque dont on sait que Thomas fut l’architecte, la Banque de l’Amérique septentrionale britannique, à Hamilton (1847–1849), a été démolie.

Toutefois, c’est grâce à ses églises que Thomas se fit d’abord une solide réputation. Il en aurait conçu en tout plus de 30, dont 12 à Toronto seulement. La première, l’église anglicane St Paul de London, qui fut érigée de 1844 à 1846, était une construction en brique rouge (avec une façade de brique blanche), dans le style gothique rayonnant. L’année de son achèvement, William Henry Smith* la décrivit comme « la plus belle église gothique du Haut-Canada » ; en 1857, elle devint cathédrale [V. Benjamin Cronyn*] et, dans les années 1890, on l’agrandit en y ajoutant des transepts.

Avant que l’église St Paul ne soit achevée, Thomas entreprit son édifice religieux le plus ambitieux : la cathédrale catholique St Michael, la plus grande église de Toronto à l’époque, qui fut construite de 1845 à 1848 en brique blanche, alors à la mode. Le long flanc de l’église, qui partait de la rue Bond et allait jusqu’à la rue Church, du côté nord de la rue Shuter, surplombait la place McGill avant que des immeubles n’y soient construits. L’église St Michael était aussi de style gothique rayonnant, mais le plan en était cruciforme, et elle était à la fois plus imposante et plus décorative que l’église St Paul. Les fidèles ne purent pas payer immédiatement la construction du clocher et de la flèche dessinés par Thomas ; ceux-ci furent ajoutés plus tard, avec les lucarnes, par la société de Thomas Gundry et Henry Langley*. Thomas dessina aussi, dans le style néo-Tudor, les plans du palais épiscopal de Mgr Michael Power* ; cet édifice fut construit rue Church, juste au nord de la cathédrale, en 1845.

Thomas fut particulièrement favorisé par les congrégations presbytériennes et surtout par celles qui furent créées par suite de la scission de 1844 [V. Robert Burns*]. À Toronto seulement, on lui doit l’église Knox (Église libre d’Écosse), rue Queen (1847–1848) ; l’église de la congrégation presbytérienne unie du révérend John Jennings*, rue Bay (1848) ; et l’église Cooke (Église libre d’Écosse), rue Queen (1857–1858). Mais il travailla pour beaucoup d’autres confessions de la ville : ainsi on lui doit l’église Methodist New Connexion, rue Temperance (1846) ; l’église Unitarian, rue Jarvis (1854) ; l’église congrégationaliste Zion, angle des rues Bay et Adelaide (1855–1856), et l’église German Evangelical Lutheran, rue Bond (1856–1857). Toutes ont été démolies, parfois remplacées.

Même si, en 1849, Thomas ne remporta pas le concours organisé pour les plans de l’église anglicane de Toronto, il obtint en 1851–1852 des congrégations anglicanes de Guelph et de Hamilton des commandes qui aboutirent à la construction d’églises d’une importance considérable. L’église St George, de Guelph, commencée en 1851, était non seulement l’une des premières églises néo-romanes de l’Amérique du Nord britannique, mais aussi l’une des premières conçues selon un plan asymétrique. Trois travées de pierre, dont une tour d’angle qui formait un porche à l’intersection des rues Wyndham et Québec, furent ajoutées à l’église originale, en bois. Dessinés par Thomas en 1856, les plans du reste de l’église, qui prévoyaient notamment un intérieur élégant, ne furent jamais exécutés, et, plus tard, l’église fut démolie. À Hamilton, où il avait ouvert en 1849 un bureau qu’il confia peut-être à son fils William Tutin, Thomas commença à travailler sur la Christ’s Church (aujourd’hui la cathédrale anglicane) en 1852. Du point de vue structural, c’était son œuvre la plus audacieuse : cette construction en pierre, qui suivait un plan basilical, avait une haute nef portée par des piliers, un toit ouvert en bois qui était décoré, un éclairage à claires-voies, des nefs latérales et un chœur aux éléments bien définis malgré ses dimensions réduites. En employant ces caractéristiques, Thomas était probablement l’un des premiers à appliquer dans la province les principes du néo-médiévisme ritualiste, prôné en architecture par l’Ecclesiological Society d’Angleterre, même s’il n’était absolument pas doctrinaire dans ses plans d’église. Seulement deux travées et le chœur furent construits, ce qui représenta des ajouts importants à l’église de bois de style néo-classique bâtie en 1842, d’après les plans de Robert Charles Wetherell. L’effet d’ensemble était incohérent, ce qui valut à cet édifice le surnom d’« église bossue ». Cette construction fut terminée de 1873 à 1877, Thomas était aussi parfaitement en mesure de concevoir des églises plus simples, et il en subsiste au moins trois : l’église anglicane St Georges-on-the-Hill, construite en 1847 à Etobicoke (Toronto), l’église Free Presbyterian (maintenant Grace United), construite en 1852 à Niagara (Niagara-on-the-Lake) et l’église presbytérienne MacNab Street, construite en 1856 à Hamilton. Parmi elles, l’église de Niagara est particulièrement attrayante. Exécutée principalement dans le style roman, elle comporte des encorbellements et des bandes de pilastres massifs qui semblent moins étriqués que ceux de ses églises gothiques conventionnelles.

Les plans que fit Thomas pour une autre église presbytérienne de Hamilton, St Andrew (rebaptisée St Paul en 1874), sont les plus réussis, et l’église est encore aujourd’hui en bon état. On commença de la construire en 1854 et, comme on disposait d’un important budget, on la fit en pierre, avec un intérieur élaboré. Le clocher, audacieux et massif, est soutenu par des arcs-boutants à angle prononcé, tandis que certaines parties, comme l’entrée et les pignons, sont enrichies de sculptures denses. La flèche octogonale est apparemment la seule flèche de pierre qui existe en Ontario. L’intérieur impressionne aussi à cause de la richesse des décorations, sculptées dans du bois de couleur sombre. Même si elle fut ruineuse pour la congrégation, cette église ne cessa jamais de susciter l’admiration : en 1901, le Canadian Architect and Builder considérait encore qu’elle méritait d’être « étudiée par les architectes » parce que « la construction [était] authentique » et qu’un élément essentiel du but [poursuivi] était le travail consciencieux ».

Thomas fut presque constamment occupé à concevoir une série d’édifices importants pour divers centres de l’Amérique du Nord britannique. On lui doit par exemple l’édifice abritant le Fireman’s Hall et le Mechanics’ Institute, à Toronto (1845) ; l’édifice logeant le palais de justice du district, l’hôtel de ville et le marché, à Niagara (1846–1848) ; la prison du district de Talbot, à Simcoe (1847–1848) ; la House of Industry of Toronto (1848) ; le palais de justice du comté de Kent, à Chatham (1848–1849) ; l’édifice regroupant le St Lawrence Hall, les galeries et le marché de Toronto (1849–1851) ; l’hôtel de ville et le marché de Peterborough (1851) ; l’hôtel de ville et le marché de Guelph (1856–1857) ; la maison de la douane de Québec (1856–1860) ; l’hôtel de ville et le marché de Stratford (Ontario) (1857) ; la prison municipale (maintenant appelée prison Don) de Toronto (1859–1864) et, à Halifax, le palais de justice du comté de Halifax (1858–1862). Tous ces édifices existent encore, sauf ceux de Peterborough et de Stratford ainsi que l’édifice abritant le Fireman’s Hall et le Mechanics’ Institute de Toronto. La plupart de ces commandes lui furent accordées par suite de concours, et les édifices présentent des traits communs : une longue façade symétrique posée sur une base massive, un frontispice en saillie surmonté d’un fronton souvent soutenu par des colonnes imposantes. Cependant, Thomas ne gagna pas toujours les concours auxquels il se présenta : ainsi, en 1859, il perdit celui qui portait sur les édifices du Parlement, à Ottawa.

Parmi les édifices publics conçus par Thomas, le plus connu est sans doute le St Lawrence Hall, à Toronto, qui, avec ses galeries et son marché originaux, formait les édifices St Lawrence. Œuvres de Henry Bowyer Joseph Lane, l’hôtel de ville et le marché qui se trouvaient auparavant à cet endroit furent détruits dans l’incendie de 1849, et Thomas reçut immédiatement le mandat de les remplacer. Pour ce faire, il s’inspira largement des plans pour refaire la façade des anciens édifices qu’il avait soumis avec succès lors d’un concours ouvert en 1845 (ces plans, cependant, n’avaient jamais été exécutés). Les édifices St Lawrence avaient la forme d’un I : le St Lawrence Hall donnait sur la rue King, le marché sur la rue Front et les galeries, d’une longueur de 200 pieds, reliaient les deux. Le St Lawrence Hall abritait des magasins au rez-de-chaussée, des salles de conférence au premier étage, et, au second, une salle de réunion plus propice aux concerts, bals, causeries et autres événements semblables que ce que pouvaient offrir les hôtels locaux ou l’ancien hôtel de ville et l’ancien marché. Plus vaste et plus raffiné que son modèle, Warwick House (construite par Thomas à Birmingham près d’une décennie plus tôt), St Lawrence Hall demeure, dans le style classique, l’édifice le plus élégant de Thomas. Le marché et les galeries ont été remplacés, mais le St Lawrence Hall, rénové, est encore un point de rassemblement important.

Les édifices construits plus tôt par Thomas à Niagara et à Chatham sont tous deux de style géorgien tardif et presque aussi sobres que le St Lawrence Hall, mais la plupart de ses autres édifices publics ont été conçus dans une version résolument victorienne du style néo-Renaissance. Ces constructions, qui sont délibérément de proportions et d’une texture lourdes, dégagent une impression de puissance, ce qui reflète leur association avec la loi, l’administration publique et le commerce. Elles se caractérisent par des masses importantes, des surfaces rugueuses et des transitions abruptes. Parmi les derniers édifices publics de Thomas, c’est le palais de justice du comté de Halifax qui met le mieux en valeur ces caractéristiques. Le trait dominant de cette construction de grès est son frontispice lourdement texturé, des bandes de pierres contrastantes étant placées à chaque niveau jusqu’aux fortes consoles qui soutiennent le fronton, d’allure simple. Les trois splendides clefs de voûte, sculptées en forme de têtes barbues à l’air sévère, alternent avec des médaillons à tête de lion, ce qui caractérise bien la phase ultime – et la plus vigoureuse – de la manière de Thomas.

Thomas dessina aussi les plans d’écoles publiques, que l’on commençait seulement, au Canada, à considérer comme des entités architecturales distinctes. Après avoir fait les plans de l’Union School de London (1849), décrite deux ans plus tard dans un rapport gouvernemental comme étant « de loin la plus belle école de la province », il dessina ceux de deux autres écoles à Toronto. En 1851, le premier conseil scolaire élu de la ville, présidé par le docteur Joseph Workman*, lança un concours de plans d’école. Le plan de Thomas fut utilisé en 1852–1853 pour les écoles des rues Park et Louisa. Elles étaient de style Tudor, alors populaire pour les institutions car il assurait une aération et un éclairage abondants et il offrait une apparence agréable, le tout pour un montant raisonnable. Ces trois écoles ont été démolies. En 1853, Thomas se vit confier la responsabilité des plans d’un édifice qui abriterait la grammar school et l’école publique du comté, à Goderich.

Le monument en forme de colonne érigé en l’honneur de sir Isaac Brock* à Queenston Heights (1853–1856) est considéré à juste titre comme l’œuvre la plus flamboyante de Thomas. D’une hauteur de 185 pieds, il s’appuie sur une base richement ornée de trophées et gardée par des lions sculptés. Une statue colossale de Brock se tient sur un riche chapiteau dessiné par Thomas lui-même et non pas tiré des ordres classiques. Des clôtures, un pavillon et des marches, terminés en 1859, mettent le monument en perspective. Thomas avait présenté une maquette en pierre de ce monument à l’Exposition universelle de Paris, en 1855.

En Angleterre, Thomas avait surtout dessiné des maisons, et l’on en trouve de nombreux exemples au Canada. À Toronto, on lui doit les plans d’une belle rangée d’habitations, appelée Wellington Terrace, construite rue Wellington en 1847, mais maintenant démolie. Par contre, dans la rue Church, derrière la cathédrale St Michael, subsistent trois unités d’un autre groupe, construit en 1848. En 1860, le Halifax Reporter estimait que Hamilton devait à la firme de Thomas « la plupart des très belles résidences particulières qui s’offr[aient] à la vue dans toutes les directions ». Parmi les réalisations attribuées à Thomas qui subsistent dans cette ville, signalons Undermount (dans la rue John), dessinée en 1847 pour John Young* dans le style italianisant, et deux villas gothiques : la résidence du pasteur presbytérien (à l’angle des rues Herkimer et Park), terminée en 1854, et Inglewood (sur le chemin Inglewood), construite pour Archibald Kerr à peu près à la même date. La Wilderness House (1848–1851), construite pour Aeneas Kennedy, fut détruite en 1853. Thomas dessina aussi une villa à London pour Lawrence Lawrason*. Sa résidence torontoise, Oakham House (1848), construction gothique sise rue Church, existe encore, mais, il ne reste, de la maison originale, que les murs, et des ajouts ont remplacé l’aile où se trouvait son bureau, rue Gould ; sa maison de style italianisant, construite en 1859 dans la rue Mutual, a été détruite. On sait aussi qu’il construisit à Toronto des maisons pour au moins six hommes d’affaires importants, dont John McMurrich*. Parmi les dernières constructions résidentielles de Thomas que l’on connaît, il y a la maison bâtie à St Catharines en 1859–1860 pour William Hamilton Merritt*, laquelle existe toujours.

Thomas réalisa en outre bon nombre d’édifices à la fois commerciaux et résidentiels. Les premiers furent probablement les édifices Adelaide, rue Yonge (1844), à Toronto, modifiés en 1853 et démolis par la suite. En 1846, William Henry Smith décrivit des magasins dessinés par Thomas et en construction rue King, comme étant « les plus beaux édifices du genre au Canada et égal[ant] tout ce que l’on [pouvait] voir en Angleterre ». Certains de ces magasins furent endommagés lors de l’incendie de 1849 et d’autres furent démolis plus tard, mais quelques-uns subsistent, quoique, en général, ils aient été modifiés. Thomas conçut aussi deux constructions plus élégantes, de style italianisant, pour d’importants commerces de marchandises sèches : le magasin de Robert Walker et de Thomas Hutchinson, rue King, construit en 1847 (baptisé Golden Lion en 1849) et celui de la Ross, Mitchell and Company, construit à l’angle des rue Yonge et Colborne aux environs de 1856. Tous deux ont été démolis. En cette époque où l’économie canadienne connaissait une croissance vigoureuse, au moins trois autres sociétés torontoises, dont la Bryce, McMurrich and Company, commandèrent des plans à Thomas, qui dessina aussi des magasins à Port Hope et à Hamilton.

En janvier 1857, ses affaires étant florissantes, Thomas prit officiellement comme associés deux de ses fils, William Tutin et Cyrus Pole, qu’il avait formés, et sa société prit le nom de William Thomas and Sons. Elle allait bientôt connaître un nouvel essor. Les plans de l’église Knox à Toronto avaient tant impressionné des visiteurs venus de l’église presbytérienne St Matthew de Halifax que, quand celle-ci fut détruite dans un incendie, en 1857, ils demandèrent à la société de Thomas de dresser les plans de la nouvelle église : construite rue Barrington en 1858–1859, elle existe toujours. Ces travaux amenèrent la société à Halifax, où Cyrus Pole ouvrit un bureau en 1858. La même année, elle gagna le concours ouvert pour le palais de justice du comté, ce qui lui valut sans doute d’être choisie, après l’incendie de 1859, pour reconstruire une grande partie des immeubles commerciaux, à l’extrémité nord de la rue Granville [V. George Lang*]. La William Thomas and Sons dessina les plans d’au moins 12 édifices de quatre étages, soit plus de la moitié des nouvelles constructions, et presque tous furent terminés à la fin de 1860. Ce groupe est remarquable, non seulement à cause du nombre et de la variété des commandes (exécutées simultanément pour huit clients différents), mais à cause de l’allure qu’il donna à la rue, demeurée telle quelle depuis. De ce groupe, les propriétés contiguës appelées édifices Palace présentent une apparence uniforme et constituent le plus grand ensemble du même genre. Quant au reste des constructions, les architectes Thomas leur donnèrent de l’unité par l’utilisation de la pierre (venue de différentes carrières de la Nouvelle-Écosse), par l’harmonie entre les différentes hauteurs et par des rythmes qui se répètent. Tous les édifices, sauf un, avaient des devantures ornées de fonte, ce qui les classe parmi les premières constructions de ce genre en Amérique du Nord britannique. En 1860, Cyrus Pole Thomas s’était rendu aux Architectural Iron Works de Daniel D. Badger, à New York, pour choisir les devantures et les finitions intérieures ; certains de ces éléments furent reproduits plus tard dans la somptueuse publication de Badger, Illustrations of iron architecture [...].

Thomas avait connu une ascension rapide au Canada et s’était fait un certain nombre de relations, à Toronto et ailleurs. Préoccupé de rendre les arts accessibles au public, il joua probablement un rôle de premier plan dans la fondation de la Toronto Society of Arts en 1847 ; il en fut élu le premier président et présenta ses dessins d’architecte aux expositions tenues par la société en 1847 et 1848. Il continua dans une certaine mesure à se tenir au courant de l’architecture anglaise en achetant des publications et en visitant en 1851 l’Exposition universelle de Londres, où son frère John présentait des sculptures. Quand John George Howard se rendit en Angleterre, en 1853, Thomas le remplaça comme ingénieur municipal et fut chargé de superviser les travaux de l’Esplanade de Toronto. Il forma aussi certains architectes de la génération suivante, notamment ses fils et William George Storm*, qui devint un architecte de premier plan à Toronto, d’abord comme associé de Frederic William Cumberland, puis à son propre compte.

Il est difficile de déterminer quel rôle les fils de Thomas jouèrent dans son entreprise au cours des dernières années. Les œuvres subséquentes de William Tutin, qui s’installa à Montréal vers 1863, sont à la fois plus assurées et plus flamboyantes que celles de son père. Quant à Cyrus Pole, qui travailla à Montréal avant de s’établir à Chicago, il s’attribuait le mérite du travail accompli par la société à Halifax. De toute façon, il est raisonnable de penser que, pendant les dernières années de William Thomas, tous trois se répartissaient le travail. Souffrant d’une « maladie longue et persistante », ce dernier dut se rendre en Angleterre en 1858. À voir les efforts que faisait la société pour obtenir de nouvelles commandes et recouvrer les comptes en souffrance, on devine que cette maladie et son traitement constituaient un fardeau financier. La concurrence se faisait de plus en plus forte : en 1859, Toronto comptait 16 architectes, et bon nombre d’entre eux étaient au fait des méthodes de construction et des styles les plus récents. L’ancienneté de Thomas était néanmoins reconnue et, en 1860, il fut élu président de l’Association of Architects, Civil Engineers and Provincial Land Surveyors of the Province of Canada, fondée l’année précédente.

Thomas mourut du diabète le 26 décembre 1860, selon les registres du cimetière. Il laissait dans le deuil sa femme et six de leurs dix enfants. Il fut inhumé dans le lot familial du cimetière St James, au pied d’une belle pierre tombale de style grec qu’il avait sans doute conçue. Dans sa notice nécrologique, le Globe souligna qu’on se souviendrait de lui en raison des « aimables qualités qui l’ [avaient] rendu cher à un grand cercle d’amis » ; quoique conventionnelle, cette remarque semble vraie. Un portrait, un buste et une photographie de Thomas le montrent comme un homme engageant. En outre, à une époque où les commandes importantes portaient de plus en plus sur des édifices publics, il fallait de la diplomatie pour réussir : la concurrence entre architectes était intense, et les négociations avec les comités de construction, souvent difficiles.

Grâce à son expérience, à son ambition et à sa personnalité, Thomas fut un architecte de tout premier plan qui eut la clientèle la plus importante en Amérique du Nord britannique. Apparemment, il se vantait de pouvoir concevoir des immeubles d’envergure qui pouvaient être construits à un coût raisonnable. Au moment où le Haut-Canada connaissait une grande vague de prospérité, Thomas et une poignée d’architectes, dont William Hay* et Kivas Tully*, se montrèrent capables de donner aux communautés en pleine expansion des édifices importants : des églises qui exprimaient leur foi, des bâtiments municipaux qui montraient leur fierté et leur confiance en l’avenir, des édifices commerciaux et des résidences qui révélaient leur fortune croissante.

Thomas fut un architecte aux talents variés qui, suivant le goût de son temps, employa divers styles, dont certains d’une manière si personnelle que l’on reconnaît sans mal sa touche. L’esthétique prédominante du mouvement pittoresque, qui mettait l’accent sur la variété et la richesse des effets visuels, était particulièrement importante pour lui. Par ailleurs, la tradition georgienne, plus ancienne et attachée à la compacité, à l’équilibre et à la régularité, l’avait profondément marqué aussi. Pareil conservatisme de style n’étonne pas chez quelqu’un qui immigra dans la colonie au milieu de sa vie et qui suivit les nouveaux courants architecturaux de la Grande-Bretagne seulement en lisant des publications et en faisant de rares voyages dans sa terre natale. Ce qui est le plus remarquable, c’est que, contrairement à d’autres architectes de sa génération qui travaillèrent dans l’Amérique du Nord britannique, Thomas évolua et conserva son indépendance. Ainsi, dans les dix dernières années de sa vie, il aborda la construction de grands édifices avec une confiance nouvelle, employa de la fonte et interpréta à sa manière le style italianisant. Cependant, même s’il ne cessa pas de progresser, les contraintes financières imposées par certains clients, la gamme limitée de matériaux et la pénurie d’ouvriers spécialisés contribuèrent sans aucun doute à donner à son architecture la note de sévérité qui y apparaît.

William Thomas, qui avait déjà contribué de façon majeure à créer les quartiers résidentiels de Leamington, modifia, plus tard, l’horizon des villes canadiennes, de Halifax à London, avec une série d’églises et d’édifices publics. George P. Ure, dans The Handbook of Toronto [...], déclara que « son grand talent professionnel et son goût juste avaient grandement contribué à l’embellissement et à l’amélioration » de Toronto, surtout. La notice nécrologique du Globe ajoutait : « Nous lui devons certains des plus élégants édifices dont notre ville peut se vanter. » Tant par ses contributions à l’avancement de l’architecture que par l’étendue et la qualité de ses réalisations, il mérite le jugement de Thomas Ritchie qui le considère comme « l’un des fondateurs de la profession d’architecte au Canada ».

Neil Einarson

Les esquisses et les plans exécutés par William Thomas, qu’on peut trouver encore aujourd’hui, sont : un projet de bureau des douanes, Toronto (APC, RG 11, A1, 5, no 7353) ; le palais de justice, l’hôtel de ville et le marché de Niagara (AO, Picture coll., D 1572–1575, et MS 542, E-35) ; le quai et l’esplanade, Toronto, 1853 (AO, J. C. B. et E. O. Horwood coll. (non catalogué) ; la prison Don, Toronto, 1857 (CTA, CRC 606, 1888) ; une maison pour Henry John Boulton*, 1856 (Univ. of Toronto, Thomas Fisher Rare Books Library, mss coll. 25, architectural plans) ; les modifications pour l’hôtel de ville de Toronto, 1851 (MTL, J. G. Howard papers, sect. iii, architectural plans, nos 416–417) ; l’église St George, Guelph, Ontario (MTL, Henry Langley papers, architectural plans, nos 191–196) ; et un agrandissement du Knox College, Toronto, 1856 (MTL, W. H. Pim papers). En Angleterre, le Warwickshire County Record Office (Warwick) et le Birmingham City Museums and Art Gallery conservent des esquisses d’un certain nombre d’édifices que Thomas a construit dans ce pays. Les esquisses et les plans d’autres projets canadiens et anglais sont reproduits dans les catalogues de la Toronto Soc. of Arts, Toronto Society of Arts : first exhibition, 1847 [...] ([Toronto, 1847]), nos 140, 154, 170, 173, 294, 297, 305, et second exhibition, 1848 [...] ([Toronto, 1848]), nos 101, 120, 124–125, 127. Des illustrations des travaux de Thomas se trouvent dans son ouvrage Designs for monuments and chimney pieces (Londres, 1843).

La MTL conserve un portrait à l’huile représentant Thomas.

AO, MS 74, Thomas à W. H. Merritt, 15 sept. 1859 ; MU 296 ; RG 22, sér. 302, William Thomas.— APC, RG 11, A3, 129, no 22949.— CTA, RG 1, A, 1844, 1846, 1849–1850, 1855 ; B, 1849.— HPL, St Andrew’s-St Paul’s (Presbyterian) Church file.— PANS, MG 4, St Matthew’s Presbyterian Church (Halifax), minutes, 1857–1860 ; MG 100, 104, nos 23, 230–236.— St James’ Cemetery and Crematorium (Toronto), Record of burials.— St Michael’s Cathedral Arch. (Toronto), William Thomas, receipt, 16 juill. 1845 ; Charbonnel à Thomas, 18 févr. 1859.— Toronto Board of Education Records and Arch. Centre, Public school board minutes, 1850–1854 : 146, 151–152, 158–159, 181, 183, 187, 189, 209, 220.— The battle of Queenston Heights : being a narrative of the opening of the War of 1812, with notices of the life of Major-General Sir Isaac Brock, K.B., and description of the monument erected in his memory, John Symons, édit. (Toronto, 1859).— Canada, Parl., Doc. de la session, 1867–1868, no 8 : 259–260.— Canada, prov. du, Assemblée législative, App. des journaux, 1851, app. KK, « Town of London » ; Executive Committee for the Paris Exhibition, 1855, Canada at the Universal Exhibition of 1855 (Toronto, 1856), 35.— « Description of the new buildings on Granville Street », Halifax Reporter, 1er nov. 1860.— « Inauguration of Sir Isaac Brock’s monument at Queenston », Journal of Education for Upper Canada (Toronto), 12 (1859) : 162.— [C. P. Mulvany], « County and town of Peterborough », History of the county of Peterborough, Ontario [...] (Toronto, 1884), 215–372.— Report of the past history, and present condition, of the common or public schools of the city of Toronto (Toronto, 1859), 45.— W. H. Smith, Canada : past, present and future, 1 : 31.— Topographical plan of the city of Toronto, in the province of Canada, Sandford Fleming, compil. (Toronto, 1851).— Acadian Recorder, 26 août 1858.— Banner (Toronto), 7 août 1846.— British Colonist (Halifax), 1er sept. 1857, 25 oct., 29 nov., 1er, 10 déc. 1859, 12 janv. 1860.— British Colonist (Toronto), 11 févr., 29 août, 2 sept. 1845, 29 oct. 1847.— Canadian Free Press (London, Ontario), 10 avril 1849.— Chatham Gleaner (Chatham, Ontario), 26 déc. 1848.— Globe, 27 déc. 1860.— Gloucester Journal (Gloucester, Angl.), 12 janv. 1861.— Illustrated London News, 27 juin 1847, 30 août 1862.— Novascotian, 20 juin 1859.— Royal Leamington Spa Courier (Leamington, Angl.), 12 janv. 1861.— Times and Commercial General Advertiser (London), 27 févr. 1846.— Weekly Despatch (Peterborough, Ontario), 2, 9 janv. 1851.— W. H. Smith, Smith’s Canadian gazetteer ; comprising statistical and general information respecting all parts of the upper province, or Canada West [...] (Toronto, 1846 ; réimpr., 1970), 100, 194.— Alfred Sylvester, Sketches of Toronto, comprising a complete and accurate description of the principal points of interest in the city, its public buildings[...] (Toronto, 1858), 70.— Toronto directory, 1846–1847 ; 1856 ; 1859–1860.— [G. P. Ure], The hand-book of Toronto ; containing its climate, geology, natural history, educational institutions, courts of law, municipal arrangements, &c. &c., by a member of the press (Toronto, 1858), 238, 251–255.— Eric Arthur, Toronto, no mean city ([Toronto], 1964).— D. D. Badger, Illustrations of iron architecture, made by the Architectural Iron Works of the city of New York (New York, 1865 ; réimpr. sous le titre de The origins of cast iron architecture in America, W. K. Sturges, édit., New York, 1970).— W. E. Barnett et al., St Lawrence Hall (Toronto, 1969).— Janet Carnochan, History of Niagara [...] (Toronto, 1914 ; réimpr., Belleville, Ontario, 1973), 212.— Concerning the Saint Paul’s Presbyterian Church and congregation, Hamilton, Ontario, 1854–1904 (Hamilton, 1904).— N. G. Einarson, « William Thomas (1799–1860), of Birmingham, Leamington Spa and Toronto » (thèse de m.phil., Univ. of Essex, Colchester, Angl., 1981).— Katharine Greenfield, The pilgrim’s guide to Christ Church Cathedral ([Hamilton, Ontario, 1963] ; copie à la HPL).— Heritage Trust of N.S., A sense of place : Granville Street, Halifax, Nova Scotia (Halifax, 1970).— Johnson, Hist. of Guelph.— Marion MacRae et Anthony Adamson, The ancestral roof : domestic architecture of Upper Canada (Toronto et Vancouver, 1963) ; Cornerstones of order.— MacRae et al., Hallowed walls.Robertson’s landmarks of Toronto, 4 : 215, 311.— Toronto in the camera ; a series of photographic views of the principal buildings in the city of Toronto (Toronto, 1868), 4, 15, 22–24.— « Association of Architects, Civil Engineers and P.L. Surveyors of the Province of Canada », Board of Arts and Manufactures for Upper Canada, Journal (Toronto), 1 (1861) : 14, 130–131.— Thomas Ritchie, « The architecture of William Thomas », Architecture Canada (Toronto), 44 (1967), no 5 : 41–45.— « St. Paul’s Church, Hamilton, Ont. », Canadian Architect and Builder (Toronto), 14 (1901) : 27–28.— Kivas Tully, « Architectural history of Toronto », Toronto Architectural Eighteen Club, Catalogue (Toronto), 1 (1901) : 10.

Bibliographie générale

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Neil Einarson, « THOMAS, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/thomas_william_8F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
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