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Titre original :  Charles Le Moyne de Longueuil

Provenance : Lien

LE MOYNE DE LONGUEUIL, CHARLES, baron de LONGUEUIL, le deuxième à porter ce titre, officier dans les troupes de la Marine, gouverneur de Montréal, administrateur intérimaire de la Nouvelle-France, né à Longueuil (Québec) le 18 octobre 1687, fils de Charles Le Moyne* de Longueuil, baron de Longueuil, et de Claude-Élisabeth Souart d’Adoucourt, décédé à Montréal le 17 janvier 1755.

Charles Le Moyne de Longueuil embrassa très jeune la carrière des armes. À l’exemple de son père et de plusieurs autres membres de la famille Le Moyne, il alla apprendre le métier des armes en France, où nous le retrouvons à Rochefort en décembre 1705, servant à titre de garde-marine. Revenu au Canada, il obtint, le 18 juin 1712, une expectative de lieutenant. Un an plus tard, le roi lui accordait son brevet. Officier « fort réglé dans sa conduite » et appliqué, il était promu au rang de capitaine le 13 mai 1719, après six ans de service à titre de lieutenant. Le 28 avril 1726, son père, alors administrateur intérimaire de la Nouvelle-France, le nommait commandant du fort Niagara (près de Youngstown, N.Y.), poste recherché par les officiers militaires canadiens, comme d’ailleurs tous les postes des pays d’en haut à l’époque, pour les revenus d’appoint que leur apportait la traite des fourrures. En 1729, à la suite de la mort de son père, survenue le 7 juin, il héritait du titre de baron de Longueuil. Finalement, après avoir servi 14 ans à titre de capitaine, Charles Le Moyne était promu, le 1er avril 1733, major des troupes du gouvernement de Montréal, en remplacement de François de Gannes de Falaise. L’année suivante, Louis XV, pour le récompenser de 31 ans de « bons et fidèles services », le faisait chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

En juin 1739, le major de Montréal était chargé par le gouverneur général Charles de Beauharnois d’aller en Louisiane prêter main forte au gouverneur de cette colonie, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, oncle du baron de Longueuil, dans sa lutte contre la tribu des Chicachas. Composée d’un détachement de 442 hommes dont 319 Indiens, l’expédition réussit à pacifier les Chicachas, grâce au capitaine Pierre-Joseph Céloron de Blainville qui, le 22 février 1740, par une attaque hardie les intimida suffisamment pour les amener à demander la paix.

De retour à Montréal à l’été de 1740, Charles Le Moyne y demeura jusqu’en mai 1743 alors qu’il remplaça à la lieutenance de roi de Trois-Rivières Louis Liénard de Beaujeu que la maladie empêchait de remplir cette fonction. II revint à Montréal en mars 1748 à titre de lieutenant de roi chargé du gouvernement de Montréal, en attendant la nomination d’un successeur au gouverneur Josué Dubois Berthelot de Beaucours, mis à la retraite à cause de son âge avancé. Le 23 mai 1749 le roi l’avisait de sa nomination au poste très important de gouverneur de Montréal, fonction qui, dans la hiérarchie militaire canadienne de l’époque, venait après celle de gouverneur général. De plus, Montréal était le centre du commerce des fourrures, la porte d’entrée des pays d’en haut et le centre névralgique de toutes les expéditions militaires se dirigeant vers les pays d’en haut et la Louisiane.

Le 25 mars 1752, à la suite de la mort du gouverneur général La Jonquière [Taffanel], Charles Le Moyne, à titre de gouverneur de Montréal et de plus ancien officier de l’état-major, fut chargé par l’intendant Bigot* de l’administration de la Nouvelle-France, en attendant la nomination d’un nouveau gouverneur. Il profita de l’occasion pour demander au roi de le confirmer dans cette fonction, tout comme son père l’avait fait 27 ans auparavant, mais le roi ne put y donner suite car, déjà avant le décès de La Jonquière, il avait nommé, le 1er janvier 1752, le marquis Duquesne*. Durant les quatre mois que dura l’intérim, Le Moyne réussit, avec l’aide des habitants de Montréal, à convaincre le ministre Rouillé d’abandonner le projet de suppression de l’Hôpital Général de Montréal que venait de prendre en mains la mère d’Youville [Dufrost*]. À l’arrivée de Duquesne, au mois d’août 1752, il reprit les fonctions de gouverneur de Montréal qu’il exerça jusqu’à sa mort survenue le 17 janvier 1755.

Charles Le Moyne de Longueuil avait épousé à Saint-Ours, le 29 avril 1730, Catherine-Charlotte, fille de Marguerite Legardeur de Tilly et du défunt Louis-Joseph Le Gouès de Grais, capitaine dans les troupes de la Marine, et belle-fille du défunt Pierre de Saint-Ours* et du défunt Charles Le Moyne de Longueuil, premier baron de Longueuil, en présence de nombreux représentants de la noblesse canadienne. De ce mariage naquirent, entre 1721 et 1739, 18 enfants dont 6 survécurent à leur père : 2 garçons, officiers dans les troupes de la Marine, et 4 filles. Il leur laissa à sa mort un héritage important composé d’une maison sise rue Saint-Paul à Montréal, d’une ferme sur l’île Sainte-Hélène, de 11 681# 10s. en biens meubles dont 5 103# 10s. en argenterie, 1 104# 5s. en « or dur », 1 075# en mobilier, 566# en lingerie et 284# en vêtements, 34 animaux évalués à 436# et 2 esclaves noirs « prisés » à 500# chacun.

Homme riche, membre de la noblesse et de l’élite militaire de la Nouvelle-France, Charles Le Moyne de Longueuil est l’exemple type de ces fils de grandes familles canadiennes qui purent accéder en Nouvelle-France aux plus hautes fonctions et, par ricochet, à la richesse, grâce à leur rang, au prestige de leur « beau nom » et au patronage qui, en Nouvelle-France comme dans la métropole, jouait un rôle de premier plan dans l’attribution des postes vacants au service du roi.

André Lachance

AN, Col., B, 87, ff.32ss, 40v. ; 89, f.78 ; 103, f.21v. ; Col., C11A, 98, ff.86, 345, 350 ; 101, f.125 ; Col., D2C, 222/2, f.25 ; Col., E, 203 (dossier Germain), 290 (dossier Le Moyne de Longueuil, Charles II).— ANQ-M, Greffe de L.-C. Danré de Blanzy, 12 mars 1755 ; Greffe de Pierre Raimbault, 29 avril 1720 ; Registre d’état civil, Notre-Dame de Montréal, 20 octobre 1687, 19 janv. 1755.— Une expédition canadienne à la Louisiane en 1739–1740, RAPQ, 1922–1923, 156ss.— Tanguay, Dictionnaire.— Frégault, François Bigot, II : 53ss.— A. Jodoin et J.-L. Vincent, Histoire de Longueuil et la famille de Longueuil (Montréal, 1889), 231ss.— P.-G. Roy, Les gouverneurs de Montréal (1642–1760), Cahiers des Dix, VII (1942) : 116s.

Bibliographie générale

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André Lachance, « LE MOYNE DE LONGUEUIL, CHARLES, baron de LONGUEUIL (1687-1755) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/le_moyne_de_longueuil_charles_1687_1755_3F.html.

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Auteur de l'article:   André Lachance
Titre de l'article:   LE MOYNE DE LONGUEUIL, CHARLES, baron de LONGUEUIL (1687-1755)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   21 octobre 2014