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Titre original :  Thomas Edward Kenny - Beekman Web Site

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KENNY, THOMAS EDWARD, homme d’affaires et homme politique, né le 12 octobre 1833 à Halifax, fils aîné d’Edward Kenny* et d’Ann Forrestall ; le 2 octobre 1856, il épousa à New York Margaret Jones Burke (Bourke), fille de Michael Burke (Bourke), et ils eurent 13 enfants ; décédé le 26 octobre 1908 à Halifax.

Thomas Edward Kenny naquit chez le marchand irlando-catholique de Halifax le plus riche et le plus puissant. Vers 1855, après avoir étudié au Stonyhurst College en Angleterre et au collège Saint-Servais de Liège, en Belgique, il rentra en Nouvelle-Écosse afin de s’intégrer à l’entreprise familiale spécialisée en transport maritime et vente en gros de marchandises sèches. Apparemment chargé de la direction de l’affaire vers 1870, il en devint l’associé principal dès que son père prit sa retraite, en 1876, se trouvant ainsi à la tête d’un actif de un million de dollars. En outre, vers 1875, il était copropriétaire de 18 navires dans lesquels il avait investi au moins 100 000 $, ce qui suffisait à en faire « l’un des plus gros [...] armateurs de [Halifax] ». Toutefois, avant la fin des années 1870, les transporteurs maritimes virent leurs bénéfices diminuer, car le déclin de l’économie mondiale les obligeait à se contenter d’un fret beaucoup plus bas. Kenny vendit alors un à un ses navires et réinvestit son capital dans l’industrie manufacturière, surtout au début des années 1880. Il joua un rôle de premier plan dans la fondation, à Halifax, de la Nova Scotia Sugar Refinery Limited et de la Nova Scotia Cotton Manufacturing Company. Actionnaire et administrateur de ces deux sociétés, il fut un temps président du conseil d’administration de la seconde. Cependant, malgré ses intérêts dans le transport maritime et l’industrie manufacturière, il demeurait surtout grossiste en marchandises sèches.

Fils d’un ancien sénateur et ministre du cabinet fédéral, Kenny évolua lui aussi sur la scène politique canadienne. Partisan de la Confédération et de la Politique nationale de sir John Alexander Macdonald*, il se laissa convaincre de défendre les couleurs du Parti conservateur en 1887 et fut élu député de Halifax à la suite de son beau-frère, Malachy Bowes Daly. À Ottawa, il limita généralement ses interventions aux dossiers d’un intérêt immédiat pour Halifax – par exemple lorsqu’on songea à améliorer les installations du terminus ferroviaire de l’Intercolonial et à relier la Nouvelle-Écosse à l’Europe par un service de vapeurs modernes. Grâce à ces mesures, estimaient les hommes d’affaires de la ville, Halifax deviendrait le principal port hivernal du pays, titre revendiqué de plus en plus désespérément à mesure que l’économie locale s’enlisait. Les efforts que Kenny déploya ne servirent presque à rien et n’engendrèrent que déception, ce qui explique peut-être son refus lorsqu’on lui offrit un siège au cabinet fédéral après la mort de son concitoyen sir John Sparrow David Thompson* en 1894. Aux élections de 1896, il se classa premier dans le secteur urbain de sa circonscription, mais subit la défaite parce que le secteur rural, exaspéré par un quart de siècle de misère et de dépopulation, vota massivement contre lui.

Malgré ses batailles soutenues contre des adversaires politiques tels Alfred Gilpin Jones, Kenny n’avait pas perdu sa popularité dans les milieux d’affaires : c’était en effet un homme riche et sympathique. Il appartint durant des années à la Chambre de commerce de Halifax et contribua à la formation de nouvelles entreprises, dont la Eastern Trust Company. À compter de 1870, il tira principalement son pouvoir et son prestige du fait qu’il était président de la Banque des marchands d’Halifax. Son père avait contribué à la fondation de cette institution financière, la principale de la ville, et lui-même y avait placé la plus grande partie de sa fortune. Peu après qu’il eut accédé à la présidence, la banque entreprit d’ouvrir des succursales partout dans les Maritimes. Puis, vers 1885, en réaction à une vague de faillites commerciales dans cette région, Kenny choisit d’orienter le mouvement d’expansion vers l’ensemble du Canada et les Caraïbes [V. David Hunter Duncan]. Dès le début du xxe siècle, une bonne partie des capitaux essentiels à la croissance de la banque provenait de l’extérieur de Halifax. En 1907, on transféra donc à Montréal le siège social de ce qui était devenu la Banque royale du Canada. Kenny en fut président jusqu’à sa mort, mais bien avant cela, il avait perdu tout pouvoir réel au profit d’un groupe d’entrepreneurs des provinces centrales que dirigeait Herbert Samuel Holt*, son futur successeur.

Quand Thomas Edward Kenny mourut, la presse de Halifax salua en lui un géant des affaires renommé pour sa « dignité, [s]a grâce et [son] hospitalité ». Sa fortune, estimée à plus de 430 000 $, alla presque toute à sa femme et à ses enfants. La plupart d’entre eux vivaient à l’étranger et avaient renoncé aux affaires pour s’allier à l’establishment militaire de l’Empire. La mort de Thomas Kenny marqua donc doublement la fin d’une époque : la famille Kenny cessa d’appartenir à l’élite commerciale de Halifax, et aucun Néo-Écossais n’exerça plus d’autorité, même nominale, sur la Banque royale, établissement destiné à devenir l’un des piliers du monde financier canadien.

David A. Sutherland

Baker Library, R. G. Dun & Co. credit ledger, Canada, 12 : 706, 770 (mfm aux AN).— Halifax County Court of Probate (Halifax), Estate papers, no 6703.— Daily Echo (Halifax), 26, 28 oct. 1908.— Evening Mail (Halifax), 26, 28 oct. 1908.— Maritime Merchant (Sackville, N.-B., et Halifax), 12 nov. 1908.— Morning Chronicle (Halifax), 4 déc. 1880, mai–juin 1896.— Morning Herald (Halifax), 28 janv., 3 févr. 1887, 10 févr. 1891.— Almanach, Belcher’s, 18601900.— Annual Financial Rev. (Montréal), 1 (1901)9 (1909).— Banque royale du Canada, Fiftieth anniversary of the Royal Bank of Canada [...] 1869–1919 (Montréal, 1920).— Canada, Chambre des communes, Débats, 18871896.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898).— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 2.

Bibliographie générale

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David A. Sutherland, « KENNY, THOMAS EDWARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/kenny_thomas_edward_13F.html.

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Auteur de l'article:   David A. Sutherland
Titre de l'article:   KENNY, THOMAS EDWARD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   21 septembre 2014