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LA ROCHEFOUCAULD DE ROYE, JEAN-BAPTISTE-LOUIS-FRÉDÉRIC DE, marquis de ROUCY, duc d’ANVILLE, officier de marine, né le 17 août 1709, fils de Louis de La Rochefoucauld, marquis de Roye, lieutenant général des galères, et de Marthe Ducasse ; il épousa le 28 février 1732 Marie-Louise-Nicole de La Rochefoucauld dont il eut un fils et deux filles ; décédé à la baie de Chibouctou, N.-É., le 27 septembre 1746 et inhumé à l’île Georges dans le port de Halifax, ensuite à Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton), et finalement en France.

Jean-Baptiste-Louis-Frédéric de La Rochefoucauld de Roye fut pourvu le 7 décembre 1720 de la survivance de la charge occupée par son père, mais celui-ci n’étant mort qu’en 1751, le fils n’eut jamais l’occasion de l’exercer. Il fut fait duc d’Anville, par brevet du roi, le 15 février 1732. En 1734 il servait à bord d’une galère mais le corps des officiers des galères étant alors près d’être supprimé, d’Anville fut transféré dans la « marine des vaisseaux » avec son grade et, en janvier 1745, il fut nommé lieutenant général des armées navales. Il ne semble pas qu’il ait jamais reçu de véritable formation maritime et il n’était nullement qualifié pour mener l’expédition dont il reçut le commandement l’année suivante.

Après la chute de Louisbourg aux mains de William Pepperrell et Peter Warren en juin 1745, on confia au duc d’Anville la mission de tenter de reprendre la citadelle, de défendre le Canada contre une éventuelle attaque anglaise et, dans la mesure du possible, d’entreprendre des opérations contre les établissements anglais d’Acadie et de Terre-Neuve. Pour réaliser cet ambitieux programme, on avait prévu une escadre de 54 vaisseaux ; d’Anville fut secondé par les chefs d’escadre La Jonquière [Taffanel] et Constantin-Louis d’Estourmel. L’armement de cette flotte fut laborieux et l’appareillage n’eut lieu que le 22 juin 1746. Contrariée par les vents, l’escadre n’arriva en vue des côtes d’Acadie que le 10 septembre pour y être dispersée le 13 par une violente tempête qui causa de sérieuses avaries à certains navires qui furent ainsi contraints de regagner la France. Entré à Chibouctou le 27 septembre, d’Estourmel y apprit que le duc était mort le matin même à trois heures « d’une attaque d’apoplexie dont il avait été saisi le 25 au matin, se promenant sur son gaillard ». D’Estourmel prit alors le commandement mais, le 30, se blessa grièvement en tentant de se suicider et passa ses pouvoirs à La Jonquière. Le triste état de l’escadre, malmenée par les éléments et dont les équipages étaient de plus décimés par une épidémie, amena La Jonquière à renoncer à l’attaque d’Annapolis Royal (N.-É.). Un relevé des pertes datant du 15 octobre donne, sur un effectif total de 7 006 matelots et soldats, 587 morts et 2 274 malades. Quatre transports partirent pour le Canada, le 10 octobre, sous l’escorte de la Renommée, commandée par Guy-François de Coëtnempren de Kersaint ; les autres appareillèrent pour la France deux semaines plus tard.

L’expédition fut un échec total, qui s’explique par plusieurs raisons dont la malchance n’était pas la moindre. Cet échec souligna cruellement la faiblesse de la marine française et par conséquent les difficultés auxquelles on se heurtait pour venir au secours des colonies françaises d’Amérique du Nord. Tout cela était la conséquence logique de l’état d’abandon dans lequel on avait laissé la marine française depuis la mort de Louis XIV : les navires étaient en nombre insuffisant et les officiers ainsi que les hommes d’équipage, ne naviguant presque plus depuis des années, manquaient d’entraînement.

Étienne Taillemite

AN, Marine, B2, 328 ; B4, 59 ; C1, 161.— La Chesnaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse (3e éd.), VII : 336.— Lacour-Gayet, La marine militaire sous Louis XV (1910), 177, 194–196, 200–202.— Troude, Batailles navales de la France, I : 309.

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Étienne Taillemite, « LA ROCHEFOUCAULD DE ROYE, JEAN-BAPTISTE-LOUIS-FRÉDÉRIC DE, marqu’s de ROUCY, duc d’ANVILLE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/la_rochefoucauld_de_roye_jean_baptiste_louis_frederic_de_roucy_3F.html.

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Auteur de l'article:   Étienne Taillemite
Titre de l'article:   LA ROCHEFOUCAULD DE ROYE, JEAN-BAPTISTE-LOUIS-FRÉDÉRIC DE, marqu’s de ROUCY, duc d’ANVILLE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   25 octobre 2014