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CABOT (Caboto), JEAN (Giovanni), explorateur italien, qui dirigea des voyages de découverte de Bristol en Amérique du Nord en 1497 et en 1498, mort en 1498 ( ?).

On ignore et le lieu et la date de naissance de Giovanni (ou Zuan) Caboto, ordinairement connu sous le nom de Jean Cabot. Le plus ancien document historique où il est question de lui indique qu’il fut naturalisé citoyen de Venise en 1476, en vertu d’un règlement qui accordait ce privilège aux étrangers ayant résidé à Venise sans interruption pendant 15 ans ou plus. La résolution du Sénat vénitien, datée du 28 mars 1476, se lit ainsi (traduction) : « Qu’un privilège de citoyenneté, tant intérieure qu’extérieure [quae intus et extra], soit accordé à Ioani Caboto, selon la coutume, du fait qu’il réside à Venise depuis quinze ans ». Cette décision, qui confirme peut être une décision prise antérieurement, entre novembre 1471 et juillet 1473, donne à entendre que Cabot était à Venise depuis le mois de mars 1461, et peut-être même plus tôt. Pendant son séjour à Londres en 1497–1498, on disait de Cabot tantôt qu’il était vénitien, tantôt qu’il était « un autre Génois, comme Colomb », et quelque 60 ans plus tard des auteurs anglais lui attribuaient, probablement sur la foi du témoignage de son fils Sébastien, une origine génoise. Bien qu’il ne figure pas sur les registres génois du xve siècle, le nom de famille Caboto parait dans les archives de Gaète à partir du xiie et il y est encore question d’un Giovanni Caboto en 1431. La famille quitta peut-être Gaète pour Venise à la suite de prescriptions aragonaises après 1443, ou encore d’un tremblement de terre en 1456. Rien ne semble justifier l’opinion de certains auteurs modernes selon laquelle Jean Cabot était d’origine vénitienne, anglaise ou catalane.

Certains documents des archives de Venise, dont les dates se situent entre le 27 septembre 1482 et le 13 janvier 1485 (imprimés dans R. Gallo, 1948) révèlent que Giovanni Caboto (Jean Cabot), marchand, était le fils de feu Giulio Caboto et qu’il avait un frère, Piero, que sa femme Mattea était vénitienne, et qu’en décembre 1484, il avait au moins deux fils. Ces documents ont trait à des transactions immobilières effectuées à Chioggia et dans trois autres paroisses, et, en 1551, Sébastien Cabot était encore en communication avec le Conseil des Dix au sujet des biens qu’il avait à Venise. Le privilège royal accordé à Jean Cabot en Angleterre, en 1496, mentionne par leurs noms ses trois fils, sans doute dans l’ordre chronologique ; ce sont « Lewis » (Louis, c’est-à-dire Ludovico), Sébastien et Sancio. S’il s’agit des « fils » mentionnés mais non nommés dans les archives de Venise, les deux premiers au moins ont dû naître avant le 11 décembre 1484.

De 1461, ou même avant, au 13 janvier 1485, il est prouvé que Jean Cabot a résidé à Venise. Quant à l’emploi qu’il fit des 11 années qui suivirent, durant lesquelles il dut élaborer son projet de voyage vers l’Ouest jusqu’aux Indes, les témoignages sont indirects et équivoques. Des Italiens qui eurent l’occasion de causer avec lui à Londres en 1497 apprirent qu’il avait pratiqué le commerce des épices au Levant ; il prétendait même s’être rendu jusqu’à La Mecque. Ils notèrent qu’il était « un marin expérimenté » et qu’il avait fait des cartes et des globes ; leurs comptes rendus de ces conversations révèlent qu’il était au courant du récit de Marco Polo sur l’Extrême-Orient et des nouvelles découvertes faites au nom des souverains du Portugal et de l’Espagne. Des documents déposés aux archives de Valence (Epist. vol. 496) révèlent qu’un Vénitien du nom de Jean Cabot Montecalunya (« johan caboto montecalunya venesia ») habita Valence depuis le milieu de l’an 1490 jusqu’en février 1493, probablement, et qu’il prépara des plans d’amélioration du port, plans qu’il présenta au roi Ferdinand au cours de deux entrevues. Bien que l’épithète « montecalunya » ait défié toute interprétation, il est fort probable qu’il s’agissait bien là de Jean Cabot l’explorateur, encore que ce ne soit pas nettement établi. Accepter cette hypothèse, c’est supposer aussi qu’il était à Valence lorsque, en avril 1493, Christophe Colomb traversa la ville pour se rendre à Barcelone et faire part aux souverains espagnols du succès triomphal de son voyage vers l’Ouest. Pedro de Ayala, adjoint à l’ambassade d’Espagne à Londres, écrivait le 25 juillet 1498 que Cabot avait, avant de passer en Angleterre, cherché à obtenir de l’aide à Lisbonne et à Séville pour son propre projet (Archivo General en Simancas, Estado, Tratados con Inglaterra, leg. 2, f.196 ; un résumé en anglais figure dans le PRO, CSP, Spanish, 1485–1509, no 210). Nous ignorons s’il formula ces demandes avant ou après le voyage de Colomb ; l’insuccès de ces démarches s’explique peut-être du fait que le Portugal rejeta et que l’Espagne accepta les propositions de Colomb et ses affirmations quant à ses découvertes. Mais si Jean Cabot assista vraiment au retour de Colomb au printemps de 1493, la lecture qu’il fit du récit de Marco Polo le porta peut-être à ne pas ajouter foi aux dires de Colomb, qui prétendait avoir atteint le Cathay, et à supposer plutôt que la route maritime vers l’Ouest jusqu’en Asie restait à découvrir.

Avant la fin de 1495 Jean Cabot arrivait en Angleterre muni d’un plan pour atteindre le Cathay par l’Ouest, mais à des latitudes plus hautes – et, partant, par une route moins longue – que celle de la zone des vents alisés qu’avait empruntée Colomb. Au sujet des objectifs de Cabot et des moyens par lesquels il se proposait de les atteindre, ainsi que de l’expérience et des raisonnements qu’il apporta à l’élaboration de son projet, nous n’avons que des témoignages indirects puisque, à cet égard, il ne nous est parvenu aucun écrit de sa main ni aucun texte dont il soit l’auteur. Des témoignages de sources diverses, mais qui se recoupent, mènent à des conclusions hypothétiques qui sont logiquement rattachées les unes aux autres ainsi qu’aux divers projets d’exploration de l’Atlantique au cours des deux dernières décennies du xve siècle. Sous réserve de leur modification par de nouvelles preuves ou de nouveaux témoignages, ces conclusions nous permettent de reconstituer les mobiles de Cabot et d’expliquer ses allées et venues.

Les expéditions portugaises qui, au cours du xve siècle, partaient à la recherche d’îles dans l’Atlantique occidental n’ont pas prouvé qu’elles avaient découvert de nouvelles terres. Depuis 1480 et même avant, des explorateurs anglais venus de Bristol (par exemple Croft et Jay) partirent assez régulièrement en quête de l’île de « Brasil », que les cartes de l’époque situaient quelque part à l’ouest de l’Irlande ; et, à une date antérieure à 1494, leurs recherches aboutirent à la découverte d’un continent que l’équipage qui accompagnait Cabot devait reconnaître comme celui qu’il avait aperçu lors de son premier voyage sur les côtes de l’Amérique du Nord en 1497. Les hommes de Bristol cherchaient des pêcheries et non une route commerciale vers l’Asie orientale ; mais si Cabot, avant la fin de l’an 1495, avait appris en Espagne ou au Portugal que les gens de Bristol avaient fait une découverte, cette nouvelle ayant pu être transmise par des marins de commerce, on s’expliquerait alors son passage en Angleterre dans l’espoir d’obtenir un appui officiel et une base d’opérations. Bristol, le port anglais situé le plus à l’ouest, pouvait fournir, pour un voyage de découverte d’un passage vers l’Ouest à ces latitudes, des matelots qui connaissaient bien les vents et la navigation. Au pis, la terre qu’ils avaient découverte se révélerait peut-être une île qui pourrait servir de station dans un voyage vers le Cathay ; mais, il pouvait bien s’agir de la pointe nord-est de l’Asie, que l’expédition pourrait longer en direction sud-ouest jusqu’au pays du Grand Khan, dans la zone tropicale, bien à l’ouest des terres découvertes par Colomb. De sorte que la conception qu’avait Cabot de la configuration des terres, lorsqu’il se rendit en Angleterre au plus tard en 1495, et l’idée qu’il s’en faisait certainement à son retour du voyage de 1497, ayant « découvert [...] le pays du Grand Khan » et l’ayant reconnu sur une distance de 300 lieues d’ouest en est, devaient certainement correspondre à celles qu’on retrouvait dans les mappemondes établies ultérieurement par Contarini-Roselli (1506) et Ruysch (1508).

Le 21 janvier 1496, Gonsalez de Puebla, ambassadeur d’Espagne à Londres, adressait un rapport (qui n’existe d’ailleurs plus) à ses souverains, qui répondirent le 28 mars, en faisant allusion à ce qu’il avait dit au sujet d’un homme du genre de Colomb qui était arrivé là dans le dessein de persuader le roi d’Angleterre de se lancer dans une autre entreprise comme celle des Indes (A.G.S., Estado, Tratados con Inglaterra, leg. 2, f.16). Le 5 mars 1496, Cabot recevait des lettres patentes du roi Henri VII pour un voyage de découverte à partir de Bristol. Les longues démarches qui aboutirent à une entente sur les termes de ce privilège royal avaient dû commencer quelque temps auparavant, bien qu’elles n’aient pas pu précéder de loin l’envoi de la lettre de Puebla. La thèse selon laquelle Cabot aurait dirigé ou suscité des voyages antérieurs à partir de Bristol, peut-être dès 1491, repose sur trois documents. Dans sa lettre de juillet 1498, Pedro de Ayala écrivait que « au cours des sept dernières années », les hommes de Bristol avaient envoyé des navires à la recherche de l’île du Brésil et des Sept-Cités « conformément au caprice (ou au jugement) de ce Génois » (« con la fantasia desto Genoves ») ; si Jean Cabot était à Valence en 1490–1493, on ne doit voir dans ces mots d’Ayala que l’interprétation subséquente, par Cabot, des objectifs des voyages de Bristol et non son association ou sa participation à ces voyages. La mappemonde établie par Sébastien Cabot en 1544 (et qui se trouve maintenant à la Bibliothèque nationale de Paris), s’accompagne de légendes imprimées dont la huitième fixe à l’année 1494 l’atterrissage de Jean et de Sébastien Cabot dans la région de l’île du Cap-Breton ; bien que la carte et ses légendes renferment sans doute des renseignements fournis par Sébastien, le père de celui-ci, lorsqu’il était à Londres en 1497–1498, qualifia son atterrissage de 1497 de « nouvelle découverte », sans faire mention d’un voyage fructueux antérieur à celui-là. La date qui figure dans la légende de la carte de 1544 est très probablement une erreur d’impression, l’imprimeur ayant sans doute mal lu les quatre derniers chiffres de « 1497 » écrits en chiffres romains (IIII au lieu de VII). Enfin, en 1580, John Dee apposa la date « vers l’année 1494 » à sa note sur la découverte « des Terres Neuves », par Robert Thorne et Hugh Eliot, marchands de Bristol (BM, Cotton MS Aug. I.i.1). Cette mention d’un voyage fructueux qui aurait eu lieu à partir de Bristol avant celui de Cabot est peut-être authentique, car Dee puisa ses renseignements dans les documents du fils de Thorne ; cependant, les copies existantes de ces documents ne précisent pas l’année de cette découverte, et il faut croire par conséquent que la date a été ajoutée par Dee, qui l’aurait peut-être tirée de la carte de Sébastien Cabot et ne s’appuierait pas sur un témoignage antérieur. Dans l’ensemble, on a lieu de penser que Jean Cabot ne fit aucun voyage vers l’Ouest avant d’avoir obtenu son privilège au mois de mars 1496. Au surplus, celui-ci ne fait nulle mention d’un voyage de découverte antérieur entrepris par Cabot, alors que ses lettres patentes subséquentes, celles de 1498, font mention du voyage fructueux de 1497 qui avait précédé la délivrance de ces lettres.

La demande de lettres patentes fut présentée au roi Henri VII le 5 mars 1496 par « John Cabotto, citoyen de Venise » et ses trois fils (PRO, P.S.O. 2, 146). Les lettres patentes, portant la date précitée, autorisaient Cabot, ses fils, leurs hoirs et leurs fondés de pouvoir à naviguer, avec cinq navires, « vers toutes les régions, les pays et les mers de l’Est, de l’Ouest et du Nord », les excluant ainsi de la zone des découvertes faites par les Espagnols dans les Antilles. Ils étaient toutefois habilités à « découvrir et repérer, dans n’importe quel coin du monde, toutes îles, contrées, régions ou provinces peuplées de païens ou d’infidèles et qui jusqu’ici étaient inconnues de tous les chrétiens » ; si Cabot découvrait des terres nouvelles dans la zone que lui assignait la clause précitée, il lui était par conséquent permis de reconnaître les côtes jusque dans les latitudes où se situaient les découvertes d’autres nations. Les titulaires de ces lettres patentes devaient prendre possession de toutes terres ainsi découvertes au nom du roi et ils jouissaient aussi d’autres privilèges ; aucun autre sujet du souverain ne pouvait fréquenter les terres découvertes par les titulaires de ces lettres patentes sans la permission de ceux-ci.

En 1496, en vertu de l’autorité que lui conféraient ses lettres patentes, Jean Cabot quitta Bristol avec un seul navire, mais il dut bientôt rebrousser chemin par suite d’une brouille avec son équipage, de la pénurie des vivres et du mauvais temps. On en trouve la preuve dans une lettre sans date, écrite vers la fin de 1497 ou le début de 1498 par le négociant anglais John Day ; cette lettre est adressée à un correspondant espagnol qu’il salue du titre d’ « Almirante Mayor » et qui, on a de bonnes raisons de le croire, semble bien être Christophe Colomb. La lettre de Day est aussi le seul document qui établit la découverte antérieure du « Brasil » par des gens de Bristol ; on y relève aussi un récit circonstancié du voyage fait par Cabot en 1497. Les autres preuves relatives au résultat de ce voyage se trouvent dans trois lettres écrites, à la même époque, par des étrangers qui étaient alors à Londres (le 23 août 1497, Lorenzo Pasqualigo à ses frères, établis à Venise ; le 24 août 1497, un correspondant milanais anonyme au duc de Milan ; le 18 décembre 1497, Raimondo de Soncino au duc de Milan), ainsi que dans un passage d’une chronique de Bristol écrite par Maurice Toby (en 1565 ou par la suite), et dans les mappemondes de Juan de la Cosa (1500) et de Sébastien Cabot (1544). Malgré certaines contradictions, les renseignements recueillis à ces sources permettent d’établir une relation cohérente de ce voyage.

Jean Cabot partit de Bristol le 2 mai (c’est la date qu’indique Toby ; « vers la fin de mai », selon Day ; et vers la mi-mai, selon Pasqualigo) à bord d’un petit navire appelé le Matthew (Toby), avec 20 personnes à bord (Day) – 18, selon Soncino – , y compris un équipage de marins de Bristol, au moins deux marchands de Bristol (d’après Toby, qui leur attribue la découverte et ne mentionne pas Cabot), un Bourguignon et un barbier génois, tous deux compagnons de Cabot. Doublant la pointe sud de l’Irlande, il parcourut 700 lieues (Pasqualigo) –100 lieues, selon le Milanais anonyme – en 35 jours, grâce à un vent est-nord-est, avant d’apercevoir la terre (Day) ; deux ou trois jours auparavant il avait essuyé une tempête et constaté, à la boussole, une déclinaison de deux points (22º1/2) ouest. Il aperçut la terre le 24 juin, fête de saint Jean-Baptiste (Toby et la carte de 1544) ; un retour de 35 jours en arrière donne le 20 mai comme date de départ. Dans une contrée boisée, voisine du point qu’il avait vu, Cabot descendit à terre, ne vit personne malgré les signes d’habitation, et prit officiellement possession de ce territoire. Ce fut son seul atterrissage ; après avoir suivi la côte sur une distance de 300 lieues (Pasqualigo) d’ouest en est, pendant un mois, il partit « du cap continental le plus rapproché de l’Irlande », à 1800 milles à l’ouest de Dursey Head (Day). Un bon vent le ramena en 15 jours sur les côtes de Bretagne (Day), puis à Bristol le 6 août (Toby). Il se présenta à Henri VII, à Londres, avant le 10 ou le 11 août, date où les livres de comptes du roi font mention d’un paiement de £10 « à celui qui a découvert la nouvelle Île. » Dès le 23 août, jour où Pasqualigo rédigea sa lettre, Cabot était de retour « auprès de son épouse vénitienne et de ses fils à Bristol », où il loua une maison rue St. Nicholas, dans le quartier de St. James’s Back.

Ce que Cabot raconta de sa découverte et l’impression qu’il produisit ainsi à la cour d’Angleterre défrayèrent la chronique de l’époque. Le continent découvert était « le pays du Grand Khan » (Pasqualigo), « bien au-delà du pays du Tanais » (Soncino) ; d’autres y voyaient l’île des Sept-Cités (le Milanais anonyme et Day) ; il produisait du bois du Brésil et de la soie, et la mer regorgeait de morue (Soncino et Day). Cabot, dit Pasqualigo, « s’est vu attribuer le titre de Grand Amiral, on lui rend d’insignes honneurs, ses vêtements sont de soie et les Anglais le poursuivent furieusement.» Il avait fait une mappemonde et un globe indiquant où il était allé (Soncino) ; dès le début de 1498 John Day avait en sa possession une transcription de la carte et il avait envoyé à l’« Almirante Mayor », en Espagne, « une copie de la terre qui a été découverte » (probablement une carte indiquant les côtes reconnues par Cabot) désignant « les caps de la partie continentale et les îles » ; et une autre version de la mappemonde de Cabot se trouvait, dès juillet 1498, entre les mains d’Ayala, qui supposait que le gouvernement de l’Espagne en avait reçu une copie.

L’identification de l’endroit qu’il avait aperçu le 24 juin 1497 et des côtes reconnues par Cabot pendant les 30 jours subséquents est une question fort controversée. La mappemonde de La Cosa fournit sans doute, dans sa représentation de l’Amérique du Nord, des renseignements sur le premier voyage que fit Cabot, en 1497, et peut-être aussi (ce qui est beaucoup moins sûr), sur son deuxième voyage, celui de 1498. Les lettres de Day et d’Ayala montrent comment ces renseignements ont pu arriver jusqu’à La Cosa. Dès le milieu de l’année 1498, au moins un exemplaire de la mappemonde de Cabot avait été reçu en Espagne, de même qu’une « copie des terres » envoyée par Day, dont probablement un croquis indiquant les noms de lieux et les distances. Tous ces originaux sont maintenant disparus, et une certaine prudence s’impose lorsqu’on cherche à reconstituer la géographie de Cabot au moyen de la carte de La Cosa. La carte comprend deux sections distinctes : le Nouveau Monde y est dessiné, à une échelle plus grande que l’Ancien, d’après les découvertes récentes et fragmentaires, puis complété au moyen d’interpolations hypothétiques et théoriques. L’échelle n’étant pas uniforme, il est impossible de raccorder les latitudes de part et d’autre de l’Atlantique ou les distances indiquées sur la carte à celles que Cabot est censé avoir consignées dans le journal de bord. Comme les originaux qui ont servi de modèles, les tracés de La Cosa se fondent sur des relèvements au compas ; aussi, pour orienter vraiment cette partie de la carte, doit-on la tourner vers la gauche de quelque 22 degrés. L’exemplaire qui nous est resté semble être une copie, d’où la généralisation des tracés et la corruption générale des noms de lieux, dont quelques-uns sont devenus, au cours des ans, partiellement ou complètement illisibles. La carte est tracée en entier de la même main et malgré les efforts qu’on a pu faire pour la rattacher à une époque ultérieure, son contenu révèle qu’elle remonte bien à l’an 1500 ou un peu plus tôt.

Il est généralement admis que, sur cette carte, la partie de la côte nord-américaine qui va d’est en ouest et est marquée de cinq drapeaux anglais reflète la reconnaissance côtière faite par Jean Cabot en juin-juillet 1497, encore qu’elle puisse fort bien inclure des renseignements recueillis lors du voyage de 1498. Des 22 accidents qui y figurent, le cap le plus à l’est est désigné Cauo de ynglaterra, un autre plus à l’ouest Co de lisarte (Lézard ?) et un golfe situé à l’ouest de ces caps, mar descubierto por inglese. On constate des divergences d’interprétation sensibles chez ceux qui ont cherché à identifier la côte ainsi tracée (la plupart, avant la découverte, en 1956, du compte rendu détaillé de ce voyage établi par John Day). On a prétendu, de divers côtés, qu’il s’agissait de la rive nord du golfe Saint-Laurent, de la côte sud de Terre-Neuve, des côtes orientales de Terre-Neuve et du Labrador, de la Nouvelle-Ecosse et de Terre-Neuve, voire de la côte ouest du Groenland.

La carte de La Cosa admet d’emblée, et c’est là le point essentiel, que Cabot reconnut un littoral orienté à peu près sud-sud-est et faisant face à la pleine mer, ce qui semblerait exclure les eaux entourées de terres du détroit de Belle-Isle et du golfe du Saint-Laurent. Day dit bien que Cabot longea la côte d’ouest en est, et son « cap le plus rapproché de l’Irlande » peut s’identifier avec le Cauo de ynglaterra de La Cosa. La longueur du trajet côtier – 900 milles (Pasqualigo) en un mois (Day) – doit donc se mesurer depuis le point de départ, au Cauo de ynglaterra, jusqu’à l’endroit où Cabot aperçut pour la première fois la terre que Day (ainsi que le Milanais anonyme) appelle l’île des Sept-Cités et qu’il situe à environ 45º1/2 de latitude nord. Pasqualigo et le Milanais anonyme font mention de deux îles aperçues par Cabot lors de son voyage de retour vers l’Angleterre ; et Day identifie le cap d’où Cabot est parti comme étant le « Brasil » découvert par les hommes de Bristol ; il parle des eaux poissonneuses de cette région qu’il situe vers 51º1/2 de latitude nord, c’est-à-dire à la hauteur du cap Bauld. Or on ne saurait concilier cette latitude avec la durée d’un voyage côtier qui aurait commencé a un point d’atterrissage situé à 45º1/2 de latitude et avec le tracé de La Cosa.

Ces détails indiquent qu’au retour le point de départ de Cabot fut soit le cap Race soit le Cap-Breton. Le cap Race est plus facilement conciliable avec la découverte des gens de Bristol et le tracé de La Cosa (malgré le y : verde qui figure dans l’océan, peut-être selon une tradition cartographique, à l’est du Cauo de ynglaterra). En revanche, le cap Breton permet d’identifier les deux îles aperçues lors du voyage de retour ; mais ce cap est indiqué comme étant le lieu d’atterrissage (Prima tierra vista) sur la mappemonde de 1544, dont l’autorité est peut-être suspecte. Même si l’on réduit sensiblement les 900 milles de reconnaissance côtière en tenant compte du fait que Cabot devait rester en vue de la terre, un long voyage côtier devrait commencer à la côte du Maine pour se terminer au cap Race et encore plus au sud-ouest pour aboutir à l’île du Cap-Breton. Si l’on rapproche le témoignage de la carte de La Cosa des autres preuves documentaires, il est plus facile de supposer que le voyage côtier se fit depuis un point d’atterrissage dans le Maine ou le Sud de la Nouvelle-Écosse jusqu’au cap Race. Mais cette hypothèse appelle une réserve : l’incertitude quant à l’authenticité et à la précision des diverses sources. Elle cadre néanmoins avec les concepts géographiques qui inspirèrent tant le plan du premier voyage de reconnaissance de Jean Cabot que ses projets de nouvelles explorations de la route du Cathay, fondés sur sa croyance qu’il avait découvert « une partie de l’Asie ».

En décembre 1497, Cabot exposa ces projets au roi, à Londres. Soncino dépeint l’enthousiasme que suscita, chez les marins de Bristol, la perspective d’exploiter les riches pêcheries de cette nouvelle région ; mais Cabot, ajoute-t-il, « a des projets plus vastes encore, car il se propose de reconnaître la côte depuis l’endroit où il y a atterri, pour se rendre de plus en plus à l’est [c’est-à-dire en direction ouest, vers l’est de l’Asie], jusqu’à ce qu’il ait atteint une île qu’il appelle Cipango, située dans la région équinoxiale d’où viennent, croit-il, toutes les épices et toutes les pierres précieuses du monde. » Ces paroles rappellent nettement la description que donne Marco Polo du Cipangu et de l’archipel oriental ; et l’association d’idées est renforcée dans la lettre de Day, écrite vers la même époque et faisant parvenir au destinataire « l’autre livre de Marco Polo et une carte de la terre qui a été découverte. » De même Ayala, après avoir examiné les comptes rendus du voyage de 1497, déclarait à ses souverains que « ce qu’ils ont découvert ou ce qu’ils cherchent [c’est-à-dire dans le voyage de 1498] appartient déjà à Vos Altesses puisqu’il s’agit du cap qui est dévolu à Vos Altesses aux termes de la convention conclue avec le Portugal » – allusion sans doute à Cuba, que Colomb avait pris pour un cap ou une peninsule du Cathay.

Cabot se proposait donc de longer la côte, en direction sud-ouest, depuis son premier point d’atterrissage jusqu’au royaume du Grand Khan. Les préparatifs en vue de cette nouvelle expédition permettent de supposer qu’il avait l’intention d’établir une « colonie » ou un comptoir, soit sur la côte du Cathay, soit à un point intermédiaire en cours de route ; cette station devait être occupée par des « malfaiteurs » ou des prisonniers fournis par le roi ; quelques moines italiens devaient aussi faire partie de l’expédition. Le 3 février 1498, des lettres patentes du roi autorisaient « John Kaboto, Vénitien », à réquisitionner six vaisseaux anglais jaugeant 200 tonnes ou moins pour les emmener « à la terre ou aux îles récemment découvertes par ledit John », et à emmener, hors du royaume, ceux des sujets du roi qui voudraient être du voyage. La composition de la flotte est indiquée dans une chronique de Londres dont diverses versions, tirées d’un texte original rédigé en 1509 ou plus tard et maintenant perdu, nous ont été transmises. Il y avait cinq navires ; l’un était équipé par le roi et peut-être loué aux marchands londoniens Lancelot Thirkill et Thomas Bradley, qui semblent avoir pris place à bord, tandis que les quatre autres étaient des navires de Bristol armés par des marchands de Bristol et de Londres dont nous ignorons l’identité. Parmi les autres compagnons de Cabot, trois noms seulement figurent dans les archives : John Cair « qui s’en va dans l’île nouvelle » (paiement inscrit dans les registres de la Maison du roi, 8–11 avril 1498), Messer Giovanni Antonio de Carbonariis, ecclésiastique milanais (lettre d’Agostino de Spinula au duc de Milan, 20 juin), et « un autre frère Buil » (lettre d’Ayala, 25 juillet). Les navires avaient des provisions pour un an et transportaient des cargaisons de marchandises. L’octroi d’une pension annuelle de £20, qui devait être imputée sur le compte des douanes et des subsides de Bristol (13 décembre 1497) et d’une « récompense » de 66s 8d (8–12 janvier 1498) témoigne de la faveur dont jouissait Cabot auprès du roi ; le mandat visant le premier paiement de la pension fut délivré le 22 février 1498.

Il n’existe aucune relation du deuxième voyage de Cabot, et on ne peut reconstituer la suite des événements que d’après des allusions puisées ici et là. Selon le chroniqueur de Londres, les navires quittèrent Bristol au début de mai : dès le 25 juillet, Ayala avait appris qu’un des vaisseaux, avarié dans une tempête, avait dû rallier un port d’Irlande. Un passage écrit par Polydore Vergil (en 1512–1513) donnerait à entendre qu’il s’agissait du navire de Cabot et que celui-ci aurait continué son voyage par la suite : « John [Cabot] partit cette même année et mit d’abord le cap sur l’Irlande. Puis il continua son voyage vers l’Ouest. On croit qu’il n’a trouvé de nouvelles terres nulle part sauf au fond de la mer, où il a fini par sombrer avec son navire [...] étant donné qu’après ce voyage on ne l’a plus jamais revu » (The Anglica Historia of Polydore Vergil, A.D. 1485–1537, traduit par D. Hay (Royal Hist. Soc., Camden ser., LXXIV, 1950), 116–117). Bien que la pension de Cabot ait été versée, pas nécessairement à lui-même, pour chacune des deux années 1497–1498 et 1498–1499 (de la Saint-Michel à la Saint-Michel), on peut considérer comme acquis qu’il n’est jamais retourné en Angleterre, où l’on n’entendit plus jamais parler de lui.

À la mi-septembre 1498, on n’avait reçu à Londres aucune autre nouvelle de l’expédition ; il est très probable, cependant, que si Cabot disparut, par contre, au moins un des autres navires termina le voyage et que la nouvelle en parvint en Angleterre et en Espagne. Les preuves, tant positives que négatives, sont faibles et fragmentaires, mais, réunies, elles constituent un témoignage important. À l’été de 1501, l’équipage portugais de l’un des navires de Gaspar Corte-Real obtint d’indigènes, probablement sur la côte de Terre-Neuve, « un fragment d’une épée dorée », vraisemblablement de fabrication italienne, et deux pendants d’oreilles vénitiens en argent ; or, de toutes les expéditions que l’on sait avoir antérieurement visité cette région, soit celle des marins de Bristol, avant 1494, celle de Cabot en 1497 (qui cette fois-là ne vit aucun habitant), puis celle de Cabot en 1498, c’est bien cette dernière qui semble la source la plus probable de ces objets. Apparemment, le 8 juin 1501, le gouvernement espagnol avait déjà eu vent de l’expédition de Cabot et de sa direction. Ce jour-là, en effet, les souverains accordèrent des lettres patentes à Alonso de Ojeda en vue d’un voyage d’exploration le long des côtes continentales de la mer des Antilles, du Sud au Nord, à partir de Cabo de la Vela, en Colombie, endroit que Ojeda avait atteint, en compagnie de La Cosa et de Vespucci, lors d’une traversée vers l’Ouest effectuée depuis Trinidad en 1499. Il avait maintenant pour mission de « suivre la côte que vous avez trouvée et qui s’étend de l’est à l’ouest, semble-t-il, car elle va vers la région où, avons-nous appris, les Anglais font des découvertes ; et d’aller y planter des poteaux portant les armoiries de Leurs Majestés [...] afin de mettre un terme aux explorations des Anglais dans cette direction ». En juillet 1498, Ayala, « ayant constaté la direction qu’ont prise les navires et la durée du voyage », avait prévenu son gouvernement du dessein de Cabot de longer la côte en direction sud-ouest jusque sous les tropiques ; et les lettres patentes d’Ojeda donnent à entendre qu’au moins un des vaisseaux anglais s’était avancé soit dans la mer des Antilles, soit assez loin vers le Sud, le long du littoral nord-américain, pour alarmer les Espagnols. On ne saurait fixer absolument l’étendue de cette pénétration. S’il en existe une preuve cartographique, il faut la chercher dans le littoral dessiné par La Cosa pour la mar descubierto por inglése à l’extrémité ouest de sa « côte anglaise », en direction générale ouest-sud-ouest jusqu’à la hauteur de Cuba. La présentation classique du dessin est peut-être attribuable à la généralisation du copiste et l’absence de noms de lieux n’exclut pas la possibilité que le dessin se fonde sur l’expérience acquise. Bien des historiens ont, de fait, associé ce tracé au voyage de 1498, voyant dans certains de ses détails des lieux géographiques connus (le cap Cod, la rivière Hudson, la rivière Delaware, la Floride). Le plus qu’on puisse dire, c’est que si La Cosa a consigné dans cette carte les résultats d’un voyage d’exploration, cette expédition est sans doute, plus que toute autre, celle que dirigea Cabot en 1498.

Au cours du xvie siècle, la réputation de Jean Cabot fut éclipsée par celle de son fils Sébastien à qui l’on en vint à attribuer, de façon générale, la découverte de l’Amérique du Nord, dont son père était l’auteur. Cette méprise, que Sébastien ne chercha nullement à corriger avant sa mort, survenue en 1557, provenait en partie de la confusion entre l’expédition dirigée par Jean Cabot en 1498 et le voyage entrepris subséquemment par Sébastien pour le compte de l’Angleterre, en partie de l’ambiguïté de certains des documents les plus anciens (y compris ceux qui émanent de Sébastien) relatifs aux voyages des Cabot, et en partie aussi de l’ignorance d’autres sources. Ainsi, le passage de la chronique de Londres qui raconte l’expédition de 1498 parle de son chef comme d’un simple « Vénitien », en qui John Stow, dans The chronicles of England from Brute unto this present yeare of Christ, 1580 (Londres, 1580) et Richard Hakluyt, dans Divers voyages touching the discoverie of America (Londres, 1582), voient Sébastien Cabot, bien que Hakluyt ait reproduit, également dans ses Divers voyages, les lettres patentes délivrées à Jean Cabot et à ses fils en mars 1496. Jusque vers le milieu du xixe siècle, les historiens pouvaient encore attribuer à Sébastien la direction des deux expéditions de son père, identifiant celle de 1498 avec le voyage fait par Sébastien dans les régions arctiques et raconté par celui-ci à Pietro Martire entre 1512 et 1515 et à Ramusio en 1551. Les documents espagnols, vénitiens, milanais et anglais découverts au cours du xixe siècle ont permis à Henry Harrisse (1882 et 1896) de rendre à Jean Cabot le mérite des expéditions de 1497 et de 1498 et à G. P. Winship (1900) d’examiner de nouveau la chronologie de ces événements et de dégager les buts et le trajet du voyage entrepris indépendamment par Sébastien, voyage qui, selon lui, eut lieu en 1508–1509.

Bien que certains historiens du xxe siècle rapportent les affirmations de Sébastien au sujet de son propre voyage a celui de 1498, les vues exprimées par Winship, puis adoptées et amplifiées par J. A. Williamson et R. Almagià, sont assez généralement acceptées. Elles établissent, de fait, un rapport logique et progressif entre les concepts géographiques et les objectifs des trois voyages. Ainsi que le révèlent sans aucun doute les rares documents qui existent, Jean Cabot partit en 1498 dans le dessein de longer, en direction sud-ouest à partir du lieu qu’il avait découvert en 1497, la côte qu’il croyait être celle de l’Asie orientale. Si, comme la chose semble probable, lui-même ou ses compagnons ont exécuté ce dessein, ils n’ont découvert ni le Cathay ni le moindre passage maritime vers l’Ouest. Que cette « découverte intellectuelle de l’Amérique » ait pu résulter directement du voyage de 1498, cela est fort possible (comme l’indique Williamson), étant donné que les récits subséquents de voyages anglais vers l’Ouest « ne disent plus que l’Asie se trouve de l’autre côté de l’océan. » En 1508, Sébastien Cabot cherchait un passage par le Nord autour de ce continent qui lui barrait la route maritime vers le Cathay.

Il n’existe pas, que l’on sache, de portrait contemporain de Jean Cabot ; un tableau stylisé de lui-même et de ses trois fils a été peint par Giustino Menescardi en 1762 sur le mur de la Sala dello Scudo, dans le Palais des dues, à Venise. Parmi les monuments érigés en Angleterre et au Canada, en 1897, pour marquer le quatrième centenaire de sa découverte, se trouve la Tour commémorative de Cabot à Bristol.

R. A. Skelton

Les sources manuscrites ou imprimées sont extrêmement nombreuses, mais elles sont réunies dans les divers ouvrages cités ci-dessous. Les meilleures collections générales au sujet des Cabot sont celles de Biggar (1911) et de Williamson, et au sujet de Sébastien Cabot, celle de Toribio Medina. De nouveaux documents ou groupes de documents importants ont été publiés par Ballesteros-Gaibrois, Gallo, Vigneras et Pulido Rubio.

R. Biddle, A memoir of Sebastian Cabot (Philadelphia and London, 1831 ; London, 1832).— Henry Harrisse, Jean & Sébastien Cabot (18 82).— Francesco Tarducci, Di Giovanni e Sebastiano Caboto : memorie raccolte e documentate (Venezia, 1892) ; trad. angl., H. F. Brownson (Detroit, 1893).— S. E. Dawson, The voyages of the Cabots in 1497 and 1498, MSRC, XII (1894), sect. ii : 51–112 ; II (1896), sect. ii : 3–30 ; III (1897), sect. ii 139–268.— Henry Harrisse, John Cabot, the discoverer of North America, and Sebastian Cabot his son (London, 1896).— G. E. Weare, Cabot’s discovery of North America (London, 1897).— C. R. Beazley, John and Sebastian Cabot (London, 1898).— G. P. Winship, Cabot bibliography, with an introductory essay on the careers of the Cabots based on an indépendent examination of the sources of information (London, 1900).— H. P. Biggar, The voyages of the Cabots and of the Corte-Reals to North America and Greenland, 1497–1503 (Paris, 1903) ; Precursors (1911).— Williamson, Voyages of the Cabots (1929).— Ganong, Crucial maps, I.— G. E. Nunn, The mappemonde of Juan de La Cosa : a critical investigation of its date (Jenkintown, 1934).— Roberto Almagià, Gli italiani, primi esploratori dell’ America (Roma, 1937).— Manuel Ballesteros-Gaibrois, Juan Caboto en España : nueva luz sobre un problema viejo, Rev. de Indias, IV (1943) : 607–627.— R. Gallo, Intorno a Giovanni Caboto, Atti Accad. Lincei, Scienze Morali, Rendiconti, ser. VIII, III (1948) : 209–220.— Roberto Almagià, Alcune considerazioni sui viaggi di Giovanni Caboto, Atti Accad. Lincei, Scienze Morali, Rendiconti, ser. VIII, III (1948) : 291–303.— Mapas españoles de América, ed. J. F. Guillén y Tato et al. (Madrid, 1951).— Manuel Ballesteros-Gaibrois, La clave de los descubrimientos de Juan Caboto, Studi Colombiani, II (1952).— Luigi Cardi, Gaeta patria di Giovanni Caboto (Roma, 1956).— Arthur Davies, The "English" coasts on the map of Juan de la Cosa, Imago Mundi, XIII (1956) : 26–29.-L.-A. Vigneras, New light on the 1497 Cabot voyage to America, Hisp. Amer. Hist. Rev., XXXVI (1956) : 503–506 ; The Cape Breton landfall : 1494 or 1497 ? Note on a letter by John Day, CHR, XXXVIII (l957) : 219–228.— Roberto Almagià, Sulle navigazioni di Giovanni Caboto, Riv. geogr. ital, LXVII (1960) : 1–12.— Arthur Davies, The last voyage of John Cabot, Nature, CLXXVI (1955) : 996–999. –D. B. Quinn, The argument for the English discovery of America between 1480 and 1494, Geog. J., CXXVII (l 961) : 277–285.— Williamson, Cabot voyages (1962).

Bibliographie générale

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R. A. Skelton, « CABOT, JEAN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cabot_jean_1F.html.

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Auteur de l'article:   R. A. Skelton
Titre de l'article:   CABOT, JEAN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
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Date de consultation:   19 décembre 2014