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O’CALLAGHAN, EDMUND BAILEY (on trouve parfois Baillie), médecin, député, journaliste et archiviste, né à Mallow en Irlande probablement le 27 février 1797, décédé à New York, N.Y., le 29 mai 1880.

Edmund Bailey O’Callaghan étudia la médecine tout d’abord à Dublin en 1820 puis à Paris. Il arriva à Québec en 1823. Il y continua ses études médicales et fut admis à pratiquer en 1827. C’est surtout à cause de son engagement politique qu’il attira l’attention ; en effet, dès ses premiers mois à Québec, il commença. à travailler ardemment à faire reconnaître la présence irlandaise dans la vie politique et religieuse de la capitale. Membre, puis secrétaire (1829–1833), de la Society of the Friends of Ireland, membre fondateur (1830) du Quebec Mechanic’s Institute et président (1833) de la Quebec Emigrant Society, il semble avoir consacré tous ses efforts à réconcilier les Irlandais et le parti de Louis-Joseph Papineau. Il se fit également le promoteur d’une école pour les catholiques anglophones dans le quartier Près-de-Ville ; et, en qualité de secrétaire du comité de régie de l’église St Patrick, il fut l’un des principaux fondateurs de la paroisse irlandaise de Québec.

S’étant ainsi assuré à Québec « une existence honorable », selon le Canadien du 17 mai 1833, O’Callaghan prit la décision de déménager à Montréal et d’accepter la rédaction du Vindicator and Canadian Advertiser, propriété du célèbre libraire patriote Édouard-Raymond Fabre*. Il en fut le rédacteur pendant 54 mois. En même temps il continua de participer activement aux affaires des Irlandais : il s’inscrivit à la section montréalaise de la Society of the Friends of Ireland, et fut élu membre du comité de régie de l’école normale de Montréal. En 1834, il se laissa convaincre par Papineau de se présenter dans le comté de Yamaska où il fut élu grâce à l’appui de son chef. En chambre, il se fit l’un des défenseurs les plus fougueux et les plus ardents du parti patriote. Il était en fait le bras droit de Papineau. Après la mort de Louis Bourdages* le 20 janvier 1835, il remplaça ce dernier comme président du comité des griefs. Puis, à l’ouverture de la session de 1836, lorsque les députés « papineautistes » se présentèrent à la barre du conseil habillés à la mode canadienne, en étoffe du pays, O’Callaghan fut parmi ceux qui se firent le plus remarquer par l’originalité de leur costume. Depuis plusieurs années, son langage et ses écrits n’attiraient pas moins l’attention : Orateur passionné, démagogue même, il avait la riposte violente et la plume acerbe et satirique. Lord Aylmer [Whitworth-Aylmer*] surtout et lord Gosford [Acheson*] avaient eu à subir l’ardeur de ses emportements irlandais. Aussi n’est-il pas étonnant de voir la horde du Doric Club saccager les bureaux du Vindicator le soir du 6 novembre 1837.

O’Callaghan avait incité ses concitoyens à la révolte. « Agitation ! Agitation ! » avait-il écrit à l’automne de 1837, « que l’on détruise le revenu, que l’on dénonce les oppresseurs ! Tout est légal quand les libertés fondamentales sont en péril. » Mais lorsque l’émeute éclata à Montréal (et contre lui !), il partit aussitôt avec Papineau pour la vallée du Richelieu et, une fois sa tête mise à prix, il gagna les États-Unis. Dans la suite, même s’il entretint une correspondance assez suivie avec des chefs canadiens tels que Louis-Joseph Papineau, William Lyon Mackenzie*, Édouard-Raymond Fabre et Louis Perrault, il ne remit jamais les pieds en territoire britannique.

Après un séjour à New York, O’Callaghan s’établit à Albany en avril 1839. Il y pratiqua la médecine jusqu’en 1846 et fut membre de l’Albany County Medical Society. Au cours de cette période, il se consacra avec ardeur à l’étude de l’histoire. Entre 1842 et 1844 il publia plusieurs articles dans The Northern Light, un journal qui desservait les intérêts de la classe ouvrière. Sa maison devint le rendez-vous des lettrés et des savants de la région. En 1848 il abandonna la médecine pour accepter le poste d’archiviste de l’état de New York. Pendant les 22 ans qui suivirent, il se dévoua avec une inlassable énergie à l’édition des documents de l’époque coloniale. Ses principaux ouvrages sont : History of New Netherlands [...] (18461848) ; Jesuit relations of discoveries and other occurrences in Canada and the northern and western states of the union, 1632–1672 (1847) ; A list of editions of the Holy Scriptures, and parts thereof, printed in America previous to 1860 (1861) ; The register of New Netherland ; 1626 to 1674 (1865). Il édita, entre autres, les 11 premiers volumes des Documents relative to the colonial history of the state of New-York [...] (18531861), qui constituent une source précieuse pour l’histoire de l’état de New York et ont de l’importance en histoire du Canada du fait que c’est la plus ancienne publication de documents français (traduits en anglais) concernant le conflit au sujet de la frontière entre la Nouvelle-France et le New York ainsi que la rivalité à propos de la région de l’Ohio et des pays d’en haut. On lui doit aussi The documentary history of the state of New-York (18491851) et le Calendar of historical manuscripts in the office of the secretary of state, Albany, N. Y. (18651866). Il fit aussi une introduction contenant l’histoire de New York de 1691 à 1775 dans le Journal of the Legislative Council of the colony of New York [...] (1861).

En 1870, le maire Abraham Oakey Hall de New York l’engagea à entreprendre l’édition des procès-verbaux du conseil de ville de la métropole. O’Callaghan déménagea donc à New York. Avant de mourir, il avait réussi à préparer le texte de 15 volumes. Malheureusement, à cause de restrictions budgétaires, ceux-ci ne furent jamais publiés. Ils sont maintenant la propriété dé la New York Historical Society.

Grave, maigre, et pâle, sans élégance aucune, O’Callaghan n’avait au physique rien d’attrayant. Les électeurs de Yamaska l’avaient surnommé Docteur « qu’a la gale ». Mais, selon Joseph-Guillaume Barthe*, c’était un bilingue d’une haute érudition, qui avait la parole facile et abondante, le regard vif. Sa bibliothèque était particulièrement fournie et il possédait une vaste culture. En 1830, à Sherbrooke, il avait épousé Charlotte Augustina Crampe, née en Irlande vers 1800. Elle décéda le 17 juillet 1835 à la suite d’une affection pulmonaire. Elle avait mis au monde un garçon qui ne survécut que quelques jours. O’Callaghan épousa en secondes noces, aux États-Unis le 9 mai 1841, Ellen Hawe, qui lui donna un fils, décédé lui aussi en très bas âge.

Jacques Monet

Les principaux ouvrages d’Edmund Bailey O’Callaghan sont : History of New Netherlands ; or, New York under the Dutch (2 vol., New York, 1846–1848) ; Jesuit relations of discoveries and other occurrences in Canada and the northern and western states of the union, 1632–1672 (New York, 1847) ; Laws and ordinances of New Netherlands, 1638–1674 ; compiled and translated from the original Dutch records in the office of the secretary of state (Albany, N.Y., 1868) ; A list of editions of the Holy Scriptures, and parts thereof, printed in America previous to 1860 (Albany, 1861) ; The register of New Netherland ; 1626 to 1674 (Albany, 1865).

Parmi les ouvrages qu’il édita, mentionnons : Calendar of historical manuscripts in the office of the secretary of state, Albany, N.Y. (2 vol., Albany, N.Y., 1865–1866) ; The documentary history of the state of New-York (4 vol., Albany, 1849–1851) ; Documents relative to the colonial history of the state of New-York, procured in Holland, England and France, by J. R. Brodhead, agent [...] (15 vol., Albany, 1853–1887), I–XI ; Journal of the Legislative Council of the colony of New York [...] 1691 [...] 1775 ; published by order of the Senate (2 vol., Albany, 1861).

APC, FM 24, B50 (Papiers O’Callaghan).— State Historical Society of Wisconsin, Perrault papers.— L’Opinion publique (Montréal), 10 juin 1880.— Vindicator and Canadian Advertiser (Montréal), 1833–1837.— J.-G. Barthe, Souvenirs d’un demi-siècle ou mémoires pour servir à l’histoire contemporaine (Montréal, 1885), 386.— Fauteux, Patriotes.— Gérard Filteau, Histoire des Patriotes (3 vol., Montréal, 1938–1939).— F. S. Guy, Edmund Bailey O’Callaghan ; a study in American historiography (1797–1880) (thèse de {{ph.d.}}, Catholic University of America, 1935).— H. T. Manning, The revolt of French Canada, 1800–1835 : a chapter in the history of the British Commonwealth (Toronto, 1962).— M. O’Callaghan et les « Relations » des jésuites, BRH, XXXI (1925) : 256.— A. E. Peterson, Edmund Bailey O’Callaghan, editor of New York historical records, Proceedings of the New York State Historical Association (New York), XXXIII (1935) : 64–74.— Léon Pouliot, Note sur Edmund Bailey O’Callaghan (1797–1880), BRH, XLVII (1941) : 18–20.— La Quebec Mechanic’s Institute (1830), BRH, LII (1946) : 217s.— P.-G. Roy, L’auteur des « Anciens Canadiens » en prison, BRH, XI (1905) : 368s.— J. J. Walsh, Edmund Bailey O’Callaghan, of New York ; physician, historian and antiquarian, A.D. 1797–1880, Records of the American Catholic Historical Society of Philadelphia, XVI (1905) : 5–33.

Bibliographie générale

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Jacques Monet, « O’CALLAGHAN, EDMUND BAILEY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 14 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/o_callaghan_edmund_bailey_10F.html.

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Auteur de l'article:   Jacques Monet
Titre de l'article:   O’CALLAGHAN, EDMUND BAILEY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   14 septembre 2014