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PANGMAN, PETER, trafiquant de fourrures, né le 30 août 1744 à Elizabeth Town (Elizabeth, New Jersey) ; le 28 mars 1796, il épousa à Montréal Grace MacTier, et ils eurent neuf enfants, dont quatre survécurent à la première enfance ; décédé le 28 août 1819 à Mascouche, Bas-Canada.

On sait peu de chose des débuts de Peter Pangman dans la vie. En 1767, il faisait la traite des fourrures à partir de Michillimakinac (Mackinaw City, Michigan), ayant obtenu, cette année-là, un permis de traite pour la région du Mississippi en passant par La Baye (baie Green, sur le lac Michigan). En 1771, il entra dans une société au sein de laquelle il détint une des trois parts égales ; une autre était détenue par Joseph Fulton, et la troisième par deux trafiquants déjà associés, Forrest Oakes* et Charles Boyer. Au début de l’été de 1773, Pangman visita York Factory (Manitoba), poste de la Hudson’s Bay Company, pour étudier la possibilité d’expédier les fourrures de sa société par la baie d’Hudson, route qui eût été de beaucoup moins coûteuse que celle qui passait par Michillimakinac et Montréal. L’agent principal Ferdinand Jacobs*, ne considérant Pangman que comme un intrus sur le territoire de la Hudson’s Bay Company, « lui donna une bonne provision de vivres pour le retour et l’avertit, de même qu’un autre trafiquant indépendant, de s’éloigner du territoire de la compagnie ».

En 1774, Fulton se retira de la société pour devenir trafiquant indépendant au lac Témiscamingue ; dès lors, les trois partenaires restants possédaient des parts égales. Pangman alla s’installer à la rivière Saskatchewan ; Samuel Heame*, responsable de Cumberland House (Saskatchewan), poste de la Hudson’s Bay Company, nota en juin 1775 que Pangman s’était fixé à quelque 150 milles en amont, de même que Charles Paterson, « Francis » (François Leblanc, dit Latour, connu par les Indiens sous le nom de Shash ou Saswee) et William Holmes*. En 1777, Pangman s’était avancé davantage en direction ouest, jusqu’au fort de la rivière Sturgeon (Saskatchewan), situé sur la Saskatchewan-du-Nord, à l’embouchure de la rivière Sturgeon, où Peter Pond passa aussi l’hiver de 1777–1778.

Comme l’association de Pangman, Oakes et Boyer prenait fin en 1778, Pangman chercha à s’associer à d’autres trafiquants. Cette année-là, il participa à l’établissement du fort Montagne d’Aigle, dans les collines de l’Aigle (collines Eagle, Saskatchewan), sur la Saskatchewan-du-Nord, à neuf milles au sud de l’embouchure de la rivière Battle. Pendant l’hiver de 1778–1779, il fut membre d’une alliance de trafiquants, qui comprenait Holmes, Booty Graves, Robert Grant et Charles McCormick. C’était une des premières associations, destinées à diminuer la concurrence, qui aboutirent ultérieurement à la formation de la North West Company. De mauvais traitements infligés aux Cris locaux par John Cole* et quelques autres furent cause, le printemps suivant, du meurtre par les Indiens de Cole et d’un des hommes de Pangman, et de l’éviction des trafiquants de leur place forte. En 1779, Pangman avait pour associé John Ross, et, pendant la saison de traite de 1779–1780, la première North West Company semble avoir été mise sur pied ; la « Ross & Co. » y détenait l’une des 16 actions. Pangman passa cette saison, de même que les hivers suivants jusqu’en 1782–1783, au fort de la rivière Sturgeon, qu’il dut reconstruire après que les Indiens de l’endroit, probablement des Cris, l’eurent incendié au cours d’un été. William Tomison*, chargé de Hudson House, poste de la Hudson’s Bay Company situé à environ 30 milles en amont sur la Saskatchewan-du-Nord, le mentionna en février 1783 comme « chef de poste » au fort de la rivière Sturgeon.

Même s’il avait participé aux premières entreprises coopératives parmi les trafiquants de la rivière Saskatchewan, Pangman ne fut pas au nombre des détenteurs d’actions lors de l’accord relatif à la North West Company, en 1783–1784. Accompagné de Pond, qui n’était pas satisfait de l’offre qu’on lui avait faite d’une seule action dans la nouvelle compagnie, Pangman se rendit à Montréal dans le but de persuader John Gregory et Normand MacLeod*, associés de la Gregory, MacLeod and Company, de les appuyer dans leur opposition à la North West Company. Pond changea bientôt d’idée et retourna dans l’Ouest pour jouir des droits que lui donnait son action dans la North West Company. Pangman et Ross, son associé, lui aussi exclu de la nouvelle société, réussirent à convaincre Gregory et MacLeod, qui les admirent en 1784, en même temps qu’Alexander Mackenzie, comme associés dans l’entreprise. Cette année-là, Pangman hiverna sur la Saskatchewan-du-Sud ; il se trouvait en concurrence avec son ancien allié, Holmes. Dans l’ardeur des rivalités subséquentes avec la North West Company, Ross, qui au cours de l’hiver de 1786–1787 faisait face à Pond à la rivière Athabasca, à 40 milles au sud du lac Athabasca, fut tué par les hommes de Pond. Afin d’éviter d’autres effusions de sang, les deux compagnies s’unirent en 1787 pour créer la nouvelle North West Company, formée de 20 actions, dans laquelle chacun des quatre associés restants de la Gregory, MacLeod and Company, dont Pangman, détenait une action. Lors de la renégociation de cette entente, trois ans plus tard, Pangman obtint une action supplémentaire.

En 1790, Pangman remonta la Saskatchewan-du-Nord jusqu’à un point situé à trois milles au delà de ce qui est aujourd’hui Rocky Mountain House, en Alberta, se rendant ainsi plus loin en amont que ne l’avait encore fait aucun autre trafiquant blanc. Il célébra son exploit en marquant une épinette qui devint un repère pour les voyageurs, tels David Thompson* et Alexander Henry.

Le 1er août 1793, Peter Pangman quitta l’Ouest pour la dernière fois, partant de Grand Portage (près de Grand Portage, Minnesota) en compagnie de Robert Grant, entre autres, pour se diriger vers Montréal. John MacDonell* nota leur départ avec regret, en ajoutant que Pangman et Grant « se retir[aient] de la compagnie avec de quoi fort bien vivre ». Le 3 novembre 1794, Pangman acheta de Jacob Jordan* la seigneurie de Lachenaie, près de Montréal. En 1792, il avait souscrit cinq guinées au fonds de construction de l’église Scotch Presbyterian, à Montréal, où, le 28 mars 1796, il épousa Grace MacTier. Un de leurs fils, John, deviendra en 1837 membre du Conseil législatif du Bas-Canada. Pangman était aussi le père d’un garçon sang-mêlé, connu sous le nom de Bastonnais Pangman (Joseph était peut-être son prénom), qui joua un rôle de premier plan dans la résistance des Métis aux tentatives de lord Selkirk [Douglas] de coloniser le district de la rivière Rouge. Peter Pangman mourut à sa résidence de Mascouche le 28 août 1819.

En collaboration

Arch. privées, J. B. Pangman (Toronto), A. J. Van Den Bergh, « Pedlar Pangman of the Saskatchewan » (copie dactylographiée, 1963).— Les bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest (Masson), 1 : 10, 35, 38.— Docs. relating to NWC (Wallace).— Five fur traders of the northwest [...], C. M. Gates, édit. ([2e éd.], St Paul, Minn., 1965).— Journals of Hearne and Turnor (Tyrrell).— New light on early hist. of greater northwest (Coues).— R. Campbell, Hist. of Scotch Presbyterian Church.— Morton, Hist. of Canadian west.— A. S. Morton, « Forrest Oakes, Charles Boyer, Joseph Fulton, and Peter Pangman in the north-west, 1765–1793 », SRC Mémoires, 3e sér., 31 (1937), sect. ii : 87–100.

Bibliographie générale

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En collaboration, « PANGMAN, PETER », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/pangman_peter_5F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   23 novembre 2014