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LANDMANN, GEORGE THOMAS, officier, ingénieur militaire et auteur, né probablement le 11 avril 1780 à Woolwich (Londres), fils d’Isaac Landmann ; décédé le 27 août 1854 à Shacklewell (Londres).

George Thomas Landmann grandit dans l’enceinte de la Royal Military Academy, à Woolwich, où son père enseignait l’artillerie et l’art de la fortification. Il entra à cette école militaire le 16 avril 1793, en qualité de cadet, et reçut une commission de lieutenant en second dans le génie royal le 1er mai 1795. Deux ans plus tard, le 3 juin 1797, il fut promu lieutenant en premier et envoyé aux Canadas. Débarqué à Halifax vraisemblablement à la fin d’octobre, il était à Québec le 31 décembre. Dans ces deux villes, il fut bien accueilli par quelques-uns des civils et des militaires les plus en vue de la société coloniale, entre autres, à Halifax, par Edward* Augustus, qui connaissait bien son père et lui témoignait de la considération. Toutefois, l’insouciance et l’immaturité du jeune Landmann devaient marquer sa première affectation aux Canadas et être la source de difficultés pour ses supérieurs.

Au printemps de 1798, Landmann fut envoyé dans l’île St Joseph, à l’extrémité nord-ouest du lac Huron, poste militaire le plus à l’ouest du Haut-Canada, avec mission de terminer les fortifications commencées en 1797. Il voyagea dans des canots de la North West Company, la première année avec William McGillivray* et la deuxième année avec McGillivray, Alexander Mackenzie* et Roderick McKenzie*. Landmann prit la direction des travaux le 24 mai 1798. Une des premières tâches qu’il accomplit, avec d’autres occupants du fort St Joseph, dont le commandant Peter Drummond, capitaine du Royal Canadian Volunteer Regiment, fut d’assister, le 30 juin 1798, à la signature de l’acte de vente par lequel les Sauteux cédaient l’île St Joseph au gouvernement britannique.

Suivant les directives de l’ingénieur en chef Gother Mann*, Landmann devait construire un quai, un corps de garde et une poudrière provisoire, et ceinturer le poste d’une palissade. Les travaux durèrent plus longtemps qu’on l’avait prévu et n’étaient pas encore terminés à la fin du deuxième été. En outre, soit en raison de sa jeunesse et de son inexpérience, soit en raison de la complexité du système de comptabilité, les livres de comptes de Landmann n’étaient pas en règle quand vint le temps pour lui de quitter l’île. Il arriva à Québec à la fin de novembre 1799 et apprit que le nouveau commandant en chef des forces armées des Canadas, le lieutenant général Peter Hunter*, refusait d’accepter ses comptes. Tous les travaux au fort St Joseph furent suspendus, et Landmann reçut l’ordre de retourner immédiatement dans l’île afin de corriger ses erreurs. Cependant, la décision de Hunter eut pour effet de prolonger davantage le délai dans la construction des fortifications de l’île, puisque le gros du travail ne reprit qu’en 1804. Bien que l’isolement du poste et les difficultés d’approvisionnement puissent expliquer certains ennuis de Landmann, ce dernier doit être tenu partiellement responsable du retard dans l’exécution des travaux. Pendant son séjour au fort St Joseph en 1799, il s’était affairé, du moins une partie de l’été, à construire un magasin et une habitation pour le compte de la North West Company. En retournant dans l’île au début de l’année 1800, il s’attarda à York (Toronto) jusqu’au printemps, rendit visite à Peter Russell*, receveur général du Haut-Canada, et acheta un terrain à Norwich. Quittant l’île au commencement de juillet 1800, il prit moins de huit jours pour se rendre à Montréal, mais ne se présenta à Québec que le mois suivant.

Après un hiver passé dans cette ville, au cours duquel on régla la question de sa tenue de livres, Landmann fut affecté aux Cascades (près de l’île des Cascades, Québec). Le jeune homme, qui avait acquis une plus grande maturité, travailla sous les ordres du capitaine Ralph Henry Bruyeres*. Suivant les directives de Mann, il nivela et prépara le terrain destiné à la construction d’un nouveau canal aux Cascades, et fit de même pour l’élargissement du canal de Coteau-du-Lac. En 1802, il surveilla le creusage du canal des Cascades sous la direction du capitaine Robert Pilkington*. Promu lieutenant-capitaine le 13 juillet de la même année, il rentra en Angleterre à l’automne.

Landmann avait mené avec ses collègues une vie sociale active, aussi bien à Québec qu’à Montréal. Bien qu’il ait adopté l’attitude plutôt condescendante d’un jeune officier fortuné ayant des relations influentes, il avait manifesté une vive curiosité à l’égard des gens et des coutumes du pays. Ses observations firent l’objet d’un ouvrage intitulé Adventures and recollections of Colonel Landmann [...], qui fut publié 50 ans après son départ des Canadas. Ce livre raconte ses déplacements de façon détaillée et montre que son intérêt ne venait pas tant d’une curiosité intellectuelle et scientifique que de la soif de connaître d’un jeune homme pour qui chaque jour constituait une nouvelle aventure. Une de ces aventures a trait au premier cas connu de vaccination contre la variole aux Canadas.

En 1798, le médecin britannique Edward Jenner avait fait connaître l’utilisation de prélèvements de cow-pox comme moyen d’immunisation contre la variole, et ce procédé fut introduit la même année à Terre-Neuve par le révérend John Clinch*. Le 28 novembre 1801, pendant qu’il était en poste à Québec, Landmann reçut d’Angleterre un colis contenant des prélèvements de cow-pox placés entre deux lamelles de verre et accompagnés du mode d’emploi et des croquis illustrant les étapes de réaction prévues. D’après les propres paroles de Landmann, « on ne perdit pas de temps » et on vaccina les deux enfants du capitaine William Backwell, un collègue du génie royal. Bien qu’on ne puisse l’affirmer avec preuves à l’appui, il est probable que d’autres enfants furent inoculés et même, comme Landmann l’a prétendu plus tard, que des médecins vinrent des États-Unis afin de prélever de la matière à vaccin sur les enfants de Backwell. Toutefois, la première campagne officielle en vue de promouvoir la vaccination dans le Bas-Canada fut entreprise par le docteur George Longmore* au printemps de 1802.

La carrière de Landmann progressa rapidement après son retour en Angleterre. En décembre 1805, il fut affecté à Gibraltar où il reçut une promotion au grade de capitaine, le 1er juillet 1806. De Gibraltar, il se rendit au Portugal à l’été de 1808, en qualité d’ingénieur en chef. Ses états de service pendant la guerre d’Espagne lui valurent la considération du roi de ce pays et des commissions au sein de l’armée et du corps de génie espagnols. Blessé en Espagne en 1811, il fut contraint de rentrer en Angleterre. Promu lieutenant-colonel le 16 mai 1814, il servit successivement comme ingénieur en chef dans les districts de Thames et de Yorkshire. Il obtint un congé en 1819, puis quitta le corps de génie après avoir vendu sa commission le 29 décembre 1824. De 1831 à 1845, il fut chargé de la préparation des plans techniques pour la construction de plusieurs lignes de chemin de fer en Grande-Bretagne. En 1835, il fut élu membre de l’Institution of Civil Engineers et le demeura jusqu’à sa mort.

C’est au cours des dernières années de sa carrière militaire que George Thomas Landmann se fit un nom en Angleterre. Au Canada, il a laissé le souvenir d’un homme exubérant, avide de connaître, dont l’une des aventures de jeunesse fut d’ouvrir la voie à la vaccination au pays.

Barbara R. Tunis

George Thomas Landmann est l’auteur de : Adventures and recollections of Colonel Landmann, late of the corps of Royal Engineers (2 vol., Londres, 1852), ouvrage basé sur un journal qui n’a pas été retrouvé. Une liste des publications de Landmann est fournie dans le DNB et quelques-uns de ses cartes, plans et dessins sont énumérés dans The British Museum catalogue of printed maps, charts and plans : photolithographic edition to 1964 (15 vol., Londres, 1967), 8 : 771.

ANQ-Q, CE1-61, 28 nov. 1801.— APC, MG 19, B1, 1 : 110–111 ; MG 23, GII, 17, sér. 1, vol. 17–18 ; RG 1, L1, 22 : 478, 531 ; RG 8, I (C sér.), 38 ; 223 ; 252–253 ; 382–383 ; 512 ; 724 ; 1207–1210 ; 1705 ; RG 10, D10, 661.— Central Library, Royal Military Academy (Sandhurst, Angl.), Royal Military Academy, Woolwich, Reg. of cadets.— Gentleman’s Magazine, janv.–juin 1855 : 422–423.— Harmon, Sixteen years in the Indian country (Lamb).— Alexander Mackenzie, The journals and letters of Sir Alexander Mackenzie, W. K. Lamb, édit. (Toronto, 1970).— La Gazette de Québec, 11 août 1803.— G.-B., WO, Army list, 1793–1803.— Roll of officers of the Corps of Royal Engineers from 1660 to 1898 [...], R. F. Edwards, édit. (Chatham, Angl., 1898).— Abbott, Hist. of medicine.— J. E. et E. L. Bayliss, Historic St. Joseph Island (Cedar Rapids, Iowa, 1938).— J. J. Heagerty, Four centuries of medical history in Canada and a sketch of the medical history of Newfoundland (2 vol., Toronto, 1928).— Whitworth Porter et al., History of the Corps of Royal Engineers (9 vol. parus, Londres et Chatham, 1889–   ; réimpr. des vol. 1–3, Chatham, 1951–1954).— Elizabeth Vincent, Fort St. Joseph (Canada, Direction des parcs et lieux hist. nationaux, Travail inédit, no 335, Ottawa, 1978), 3–7, 78–95, 279–281.— R. J. Young, A comparative report and catalogue of blockhouses in Canada (Canada, Direction des parcs et lieux hist. nationaux, Travail inédit, no 155, Ottawa, 1973).— R. C. Stewart, « Early vaccinations in British North America », Canadian Medical Assoc., Journal (Toronto), 39 (1938) : 181–183.— « Le Vaccin à Québec », BRH, 44 (1938) : 349.

Bibliographie générale

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Barbara R. Tunis, « LANDMANN, GEORGE THOMAS », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/landmann_george_thomas_8F.html.

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