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EVANS, THOMAS, soldat, né le 9 mars 1777 près de Wolverhampton, Staffordshire, Angleterre, fils de Richard Evans, décédé à Québec le 11 février 1863.

Thomas Evans entra comme volontaire dans l’armée britannique en 1793 ; il se targuera plus tard d’avoir, à l’époque, par « son ardeur juvénile », suscité l’enrôlement de « plus de 150 hommes dans l’armée ». Officier exceptionnellement actif et ambitieux, il acheta une commission d’enseigne dans le 113e régiment d’infanterie puis servit dans le 93e et devint lieutenant dans le prestigieux 8e régiment (King’s Régiment), le 11 octobre 1796. Il fut en service actif aux Antilles dans le 93e régiment et participa à la prise de Demerara et de Berbice qui font maintenant partie de la Guyane. Le navire qui le ramenait en Angleterre en 1797 tomba aux mains des Français et il passa plusieurs mois au secret à Saintes, en France.

Evans rejoignit le 8e régiment au début de 1798 et se signala tout particulièrement à l’attention de ses supérieurs par sa conduite comme lieutenant et comme adjudant au cours de la campagne d’Égypte en 1801. Le 19 novembre 1803, étant en poste à Gibraltar, il acheta une commission de capitaine ; la protection du duc de Kent [Edward Augustus*] et celle de son commandant, le colonel Gordon Drummond*, ne furent pas étrangères à cet avancement. Peu de temps après la promotion de Drummond au grade de major général, le 1er janvier 1805, Evans fut détaché auprès de l’état-major de celui-ci à titre d’aide de camp. Il passa la première moitié de 1808 avec le 8e régiment, mais en août il était à Québec, toujours auprès de Drummond qui était maintenant commandant en second pour l’Amérique du Nord britannique. Evans fut, par la suite, secrétaire militaire du général Drummond jusqu’au rappel de ce dernier à l’été de 1811. Le capitaine Evans fut alors affecté au Haut-Canada en qualité de major de brigade du major général Isaac Brock*.

Promu major le 16 février 1812, Evans assuma des fonctions additionnelles lourdes de responsabilité en sa qualité d’adjudant général adjoint dans les troupes de Brock lorsqu’en juin éclata la guerre avec les États-Unis. En raison de ses doubles fonctions à l’état-major, il assuma la principale responsabilité de la préparation de l’expédition qui obligea l’armée du général William Hull à capituler le 16 août à Detroit. La brillante façon dont il manœuvra les renforts à Queenston, le 13 octobre, après la mort de Brock, contribua grandement à la victoire du major général Roger Hale Sheaffe* lors de cette bataille décisive.

À la fin de janvier 1813, Evans retourna au 8e régiment avec le grade de major même si on l’avait honoré d’un brevet de lieutenant-colonel rétroactif au 13 octobre 1812. Il commanda cinq compagnies de son régiment lors de l’opération combinée de sir George Prévost* contre la base américaine de Sackets Harbor et il subit trois blessures au cours de cette entreprise malheureuse. Il se remit toutefois assez tôt pour jouer un rôle important dans l’expulsion des Américains de Forty Mile Creek dans la péninsule de Niagara en juin et dans les autres opérations qui marquèrent le reste de la campagne de 1813.

À la fin de l’hiver de 1813–1814, Evans commanda six compagnies hors rang du 2e bataillon du 8e régiment et 230 marins affectés à l’armée navale de Kingston lors d’une marche forcée, en raquettes, du Nouveau-Brunswick jusqu’à Québec, à travers des régions sauvages. Sa mission s’acheva heureusement en mars et ensuite il continua jusqu’au Haut-Canada pour prendre le commandement du 1er bataillon du 8e régiment ; les qualités de chef dont il fit preuve lors de la bataille de Chippawa, le 5 juillet, et celle de Lundy’s Lane, le 25, lui méritèrent des éloges. Il fut blessé une quatrième fois au moment de l’attaque avortée sur le fort Erie, le 15 août, mais demeura quand même en service actif jusqu’à la fin de la guerre ; à cette époque, il avait déjà été l’objet de dix citations dans les dépêches et les ordres généraux.

Evans prit le commandement du 2e bataillon du 8e régiment à Montréal en février 1815 et il retourna en Grande-Bretagne avec le bataillon en août. Le 14 mars 1816, il échangea son poste pour une charge de major dans le 70e régiment (Glasgow Lowland) et, deux jours plus tard, il était créé compagnon de l’ordre du Bain. Il revint au Canada en 1816 et rejoignit le 70e régiment à Kingston en juillet. Pendant les 11 années qui suivirent, il servit dans ce régiment d’élite, souvent en qualité de commandant, à Kingston, York (Toronto), Québec et Montréal. De plus, il commanda la garnison au Bas-Canada de juin 1824 à septembre 1825, en l’absence du gouverneur général Dalhousie [Ramsay*].

Le 70e régiment fut affecté en Irlande en août 1827 puis tint garnison à Gibraltar pendant les années 1834–1836 et à Malte au cours des années 1836–1838. Entre temps, le 24 septembre 1829, Evans avait acheté le commandement immédiat du régiment, et on lui avait accordé le grade de colonel du même régiment le 22 juillet 1830. Il quitta le service actif lorsqu’il reçut le grade de major général en 1838. Devenu lieutenant général en 1851, il fut ensuite gratifié du grade de colonel du 81e régiment et, finalement, promu général le 18 mai 1855.

Les liens d’Evans avec le Canada devinrent plus étroits et plus permanents par suite de son mariage célébré à Montréal le 12 mars 1810 avec Harriet Lawrence, fille d’un loyaliste réputé, le juge Isaac Ogden*. Evans vécut dans cette ville de 1848 jusqu’à peu de temps avant sa mort ; six de ses huit enfants naquirent au Canada. Un de ses quatre fils, Richard John, devint un important homme d’affaires à Toronto et à Montréal, après avoir servi pendant 18 ans dans l’armée britannique, principalement en Inde ; sa fille, Catherine Maria, épousa en 1847 Isaac Hellmuth*, pasteur anglican évangélique, alors vice-principal de Bishop’s College à Lennoxville et qui termina sa carrière au Canada comme évêque de Huron ; Emily Anne épousa en 1856 Adam Crooks*, plus tard procureur général et ministre de l’Éducation de l’Ontario. Après avoir pris sa retraite, Evans appuya activement les efforts de Hellmuth en vue de promouvoir l’anglicanisme évangélique au Canada et c’est lui qui ‘offrit de contribuer au financement d’une église à Montréal dont Hellmuth serait le rector, projet qui souleva l’ire de Francis Fulford, évêque puseyiste de l’Église d’Angleterre à Montréal.

On a dit du général Evans qu’il prit part à quelque 42 opérations générales et affaires mineures et qu’on a rendu hommage à sa conduite distinguée dans près de 70 occasions différentes. Selon un journal de l’époque, au cours des sept dernières années qu’il passa avec le 70e régiment « jamais il ne fut contraint d’ordonner des châtiments corporels ou de voir ses jugements en cour martiale renversés ». Des témoignages de cette nature sont exceptionnels dans les annales de l’armée britannique.

John W. Spurr

PRO, WO 17, Monthly returns, Nova Scotia and dependencies, 1808 ; Canada, 1808–1827 ; WO 251798, no 4 479.— Select British documents of the Canadian War of 1812 (Wood).— Montreal Transcript, 17 févr. 1863.— G.-B., WO, Army list, 1794–1839.— Hart’s army list, 1840–1863, plus particulièrement 1863, 364.— Montreal directory, 1848–1862.— William Kingsford, The history of Canada (10 vol., Toronto, 1887–1898), VIII : 239.

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John W. Spurr, « EVANS, THOMAS », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/evans_thomas_9F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
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Date de consultation:   25 avril 2014