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HORNE, ROBERT CHARLES, officier dans l’armée et dans la milice, chirurgien, imprimeur, fonctionnaire, éditeur, juge de paix et employé de banque, né vers 1780 en Angleterre ; le 10 mai 1815, il épousa en secondes noces Isabella Leah Gamble, et ils eurent trois fils, dont l’un mourut enfant ; décédé le 26 octobre 1845 à Toronto.

Lorsque Robert Charles Horne arriva au Canada, plusieurs mois avant la guerre de 1812, il était membre du Royal College of Surgeons of London, marié et père d’une fille. Au début des hostilités, il posa sa candidature au poste d’adjoint au chirurgien des Glengarry Light Infantry Fencibles. On approuva sa nomination le 29 octobre 1812, et il rejoignit son régiment au fort George (Niagara-on-the-Lake, Ontario) au début de 1813. Lorsqu’en mai les Américains prirent le fort George, Horne perdit tout son fourniment. Il servit ensuite à Kingston, où sa femme mourut en mai 1814 ; c’est là qu’un an plus tard il épousa Isabella Leah Gamble, sœur de William* et de John William* Gamble. Le 25 août 1816, pendant qu’il était en garnison à York (Toronto), son régiment fut licencié et on mit Horne à la demi-solde. Nommé chirurgien du Regiment of North York militia en 1822, il recouvra trois ans plus tard une solde complète à titre de chirurgien d’état-major de l’effectif médical du Haut-Canada, mais il refusa de servir et le 25 décembre 1826 on le radia du rôle de l’armée.

Immédiatement après qu’on l’eut mis à la demi-solde, en 1816, Horne s’était lancé dans l’imprimerie et l’édition. En décembre, il imprima la constitution de la Bible and Common Prayer Book Society of Upper Canada, organisme qu’il avait fondé avec d’autres à York le 3 du même mois. Peu après l’impression de sa première brochure, Horne devint également imprimeur du roi et propriétaire du journal officiel de la province, la York Gazette, qui traversait une phase difficile. Les Américains avaient endommagé ou détruit la presse à la prise d’York en 1813, et les deux éditeurs précédents avaient eu des mandats brefs et improductifs. Horne ne tarda pas à demander au gouvernement d’acheter une presse moderne et un lot suffisant de caractères et de l’autoriser à hausser ses tarifs, ce que le Conseil exécutif accepta avec certaines réserves. De plus, Horne rebaptisa le journal Upper Canada Gazette.

Le fait que Horne soit passé sans transition de l’armée à l’imprimerie, tout comme son succès manifeste dans l’édition, suggère qu’il avait déjà acquis quelque expérience, peut-être en Angleterre, mais aucune preuve ne vient étayer cette supposition. Pendant les années où il fut imprimeur du roi, il publia plusieurs livres et pamphlets, dont la réplique de Charles Fothergill à l’attaque que Robert Gourlay* avait lancée en 1818 contre le lieutenant-gouverneur sir Peregrine Maitland*. L’année suivante, il entreprit la publication du périodique de John Strachan*, le Christian Recorder. Cependant, son mandat ne se déroula pas sans incidents malheureux. En 1818, il fut assigné à comparaître devant la chambre d’Assemblée pour justifier le fait de s’être « identifié lui-même comme l’auteur » dans une annonce des lois de la province qui avait paru dans la Gazette du 19 mars. Horne comparut, reconnut sa culpabilité et formula des excuses. Vers 1820, il engagea l’imprimeur Francis Collins* à qui il confia, au début de 1821, le soin de rapporter les débats de l’Assemblée dans la Gazette. Mécontent du caractère ouvertement tendancieux des comptes rendus, le gouvernement convoqua de nouveau Horne, qui comparut le 9 février 1821 et se défendit, semble-t-il, en alléguant qu’il n’avait pas rapporté lui-même les débats. Il s’excusa humblement et s’en tira avec une réprimande sévère. Peu après, Maitland lui refusa l’autorisation de publier des comptes rendus des débats dans la Gazette. Le 1er mars, Horne lança donc un supplément à celle-ci, le York Weekly Post, où il rapportait les débats. Puis, à la fin de l’année, « dégoûté d’une situation toujours particulièrement inquiétante et désagréable », il démissionna de son poste d’imprimeur du roi. Fothergill lui succéda le 1er janvier 1822 ; Collins, qui avait aussi posé sa candidature, essuya une rebuffade.

Horne se signala de diverses autres façons pendant ces années d’après-guerre. En 1817, il joua un rôle mineur dans les préliminaires du malheureux duel qui opposa John Ridout et Samuel Peters Jarvis* : il fut l’un de ceux qui séparèrent les deux hommes pendant leur bagarre dans une rue d’York. Toujours membre de la société biblique, Horne devint secrétaire de la Society of Friends to Strangers in Distress dès sa fondation à York, en octobre 1817. En février 1821, il était secrétaire de l’Agricultural Society of Upper Canada et, pendant plus de 15 ans, à compter du 3 juin 1822, il fut juge de paix dans le district de Home.

Lorsqu’il abandonna l’édition, en 1822, Horne devint premier guichetier à la Bank of Upper Canada, fondée peu de temps auparavant. Même sans aucune aptitude évidente pour cette charge, il donna apparemment satisfaction puisqu’il l’occupa jusqu’à la fin de ses jours. Il est à tout le moins possible qu’au début il ait bénéficié du fait que sa femme et celle de William Allan*, président de la banque, étaient des sœurs ; en outre, son nom figurait sur la demande de constitution de la nouvelle banque. On est peu renseigné sur ses activités au sein de l’établissement, dont l’administrateur le plus important et le plus visible était le caissier (directeur général) Thomas Gibbs Ridout*. Cependant, vu ses opinions conservatrices – faciles à prouver puisqu’il figure sur la longue liste des personnes attaquées par William Lyon Mackenzie* –, Horne devait se sentir à l’aise dans ce milieu dominé par des membres du family compact.

Horne ne semble pas avoir exercé la médecine après 1816, mais le 7 avril 1823 on le nomma au Médical Board of Upper Canada, où il joua un rôle actif pendant près de deux décennies. Il fut également trésorier du Collège of Physicians and Surgeons of Upper Canada, de sa fondation à sa dissolution, soit de mai 1839 à janvier 1841. Mackenzie s’était moqué du Medical Board en 1824 en prévenant les candidats éventuels qu’ils auraient à « subir la mâchoire d’un Sampson [James Sampson*], le quantum sufficit d’un Horne et les questions insignifiantes du docteur-juge-greffier Powell [Grant Powell], cet Hippocrate des temps modernes ».

Signe encore plus probant de son antipathie envers Horne, Mackenzie mit lui-même le feu à la maison de celui-ci pendant la rébellion de 1837. Horne, tory convaincu et militant, avait supposément refusé à Mackenzie certains des services de la Bank of Upper Canada et lui avait manifesté son mépris. Le 5 décembre 1837, Mackenzie interrompit sa marche sur Toronto pour se rendre chez Horne, rue Yonge, juste au nord de la rue Bloor ; il entra, sans être invité, maltraita les personnes présentes et, de ses propres mains, mit le feu à la maison. Mme Home dut s’enfuir dans la neige avec ses enfants et, selon l’écrivain William Canniff *, contracta alors un mal qui devait l’affecter en permanence. L’historien John Charles Dent* émet l’hypothèse que Mackenzie n’avait pas toute sa tête à ce moment. Cet acte contribua certes à tourner contre Mackenzie bien des gens qui n’avaient pas encore choisi leur camp. Le 23 février 1839, une commission spéciale recommanda que Horne touche £2 127 18s 9d pour ses pertes.

La dernière intervention connue de Robert Charles Horne est une longue lettre écrite le 26 juin 1841 au maire de Toronto, George Monro*, au sujet de sa « récente proclamation sur les conditions malsaines ». À quelques-unes de ces conditions : les tanneries installées dans les zones populeuses ; les rues sales, encombrées et mal entretenues ; la lessive jetée dans la rue, qui « dev[enait] extrêmement nauséabonde » parce qu’il s’y « form[ait] des flaques, creusées par le passage du bétail et par les porcs qui s’y vautr[aient] », Horne suggérait des remèdes. Jusqu’à la fin, il demeura un médecin préoccupé d’hygiène publique.

Charles G. Roland

AO, MS 78, John Strachan à Macaulay, 25 févr. 1819 ; RG 22, sér. 305.— APC, RG 1, E3, 10 : 99–114 ; 60 : 240–250 ; RG 5, A1 : 10565–10566 ; RG 8, I (C sér.), 84 : 209 ; 289 : 52–53 ; 1168 : 99 ; 1169 : 106.— CTA, RG 1, B, R. C. Horne au maire [George Monro], 26 juin 1841 (mfm aux AO).— Colonial Advocate, 18, 27 mai 1824.— Upper Canada Gazette, déc. 1816-déc. 1821.— York Weekly Post, 22 févr.–26 déc. 1821.— William Johnston, Roll of commissioned officers in the medical service of the British army [...] (Aberdeen, Écosse, 1917).— William Kingsford, The early bibliography of the province of Ontario [...] (Toronto et Montréal, 1892).— Canniff, Medical profession in U.C.— J. C. Dent, The story of the Upper Canadian rebellion ; largely derived from original sources and documents (2 vol., Toronto, 1885).— E. C. Guillet, « Pioneer banking in Ontario : the Bank of Upper Canada, 1822–1866 », Canadian Paper Money Journal (Toronto), 14 (1978) : 9–18.

Bibliographie générale

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Charles G. Roland, « HORNE, ROBERT CHARLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/horne_robert_charles_7F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   19 avril 2014