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COPP, WILLIAM WALTER, libraire et éditeur, né le 18 novembre 1826 à Great Torrington, Angleterre, fils de William Copp et de Frances Cock ; le 27 août 1850, il épousa à Toronto Caroline Ann Thomas, et ils eurent quatre filles et un fils qui vécurent au delà de l’enfance ; décédé le 20 août 1894 dans cette ville.

Le père de William Walter Copp était charpentier à Great Torrington, dans le Devon, et travaillait peut-être pour son beau-père, constructeur bien connu dans la région, qui érigea le nouveau clocher de l’église paroissiale en 1830. William Walter était le deuxième enfant et le fils aîné ; ses parents eurent plusieurs autres enfants avant d’immigrer dans le Haut-Canada en 1842 et de s’établir à Toronto. Peu après leur arrivée, le jeune Copp devint apprenti au magasin du libraire et éditeur Hugh Scobie*. Selon un profil de Copp, publié en 1891, le commerce du livre était particulièrement stagnant dans les années 1840. Après avoir passé des jours entiers « sans faire une seule vente », il songea « sérieusement à partir pour l’Australie ». Cependant, il resta chez Scobie jusqu’à la mort de ce dernier, en 1853, et put alors acheter une part de l’entreprise.

À Great Torrington, les Copp avaient appartenu à l’Église d’Angleterre, mais en mai 1844 les parents de William devinrent des fidèles de l’église congrégationaliste (qui allait devenir l’église Zion) [V. John Roaf*]. En décembre 1847, on y admit William à son tour ; il allait demeurer un congrégationaliste actif toute sa vie. C’est probablement au temple qu’il fit la connaissance de sa future épouse, Caroline Ann Thomas, dont la famille faisait aussi partie de la congrégation. Le frère de Caroline Ann, George Elliot Thomas, était imprimeur. Par la suite il s’associa à Copp et, au xxe siècle, ses petits-fils allaient être propriétaires de la compagnie fondée par celui-ci.

En janvier 1854, avec ses associés Thomas Maclear et William Cameron Chewett, Copp acheta de la veuve de Scobie, Justina, une partie de l’entreprise (le journal de Scobie, le British Colonist, passa à Samuel Thompson*). Il n’était qu’associé subalterne dans la Maclear and Company mais, comme il avait près de 12 ans d’expérience, ses responsabilités devaient être importantes. En 1857, Maclear quitta l’entreprise. Copp et Chewett continuèrent toutefois de l’exploiter sous le même nom jusqu’au 1er juillet 1861 puis la rebaptisèrent alors W. C. Chewett and Company. Leurs activités étaient aussi diversifiées que l’avaient été celles de Scobie : ils étaient imprimeurs, éditeurs, relieurs, papetiers et libraires. En 1869, Chewett avait pris sa retraite et Copp était devenu l’associé principal d’une nouvelle société, la Copp, Clark and Company.

Plus âgé que Copp de plusieurs années, Henry James Clark avait déjà tenu un commerce de nouveautés à Londres, sa ville natale, puis il avait tenté sans succès d’exercer le métier de libraire. Arrivé à Toronto en 1855, il fut embauché pour faire la tenue de livres à la Maclear and Company. Tout comme Copp, Clark était congrégationaliste et, peu après son arrivée, il devint membre de la congrégation de Toronto, ce qui explique peut-être son engagement chez Maclear. Durant sa longue carrière dans le commerce du livre, Clark se dévoua à de nombreuses causes, dont la tempérance (tout comme un autre éditeur torontois, George Maclean Rose), la réduction des heures d’ouverture des commerces et l’enseignement dans les écoles du dimanche. En 1867 et 1868, notamment avec Copp et George Elliot Thomas, il fonda l’église Northern Congregational. Associés en affaires et à l’église pendant plus de 35 ans, Copp et Clark devaient être très proches.

En 1873, les deux hommes vendirent leur commerce de détail pour se consacrer à l’imprimerie, à l’édition et au commerce de gros. Leur publication la plus populaire était sans doute le Canadian almanac, lancé par Scobie en 1848 et publié annuellement. D’importants ouvrages de science et d’anthropologie que signaient, entre autres, John William Dawson, Sandford Fleming*, Casimir Stanislaus Gzowski, Adrien-Gabriel Morice* et sir Daniel Wilson, parurent à la Copp, Clark and Company, peut-être parce qu’elle faisait des travaux d’imprimerie pour le Canadian Institute. La mise en valeur du nord de l’Ontario pendant la dernière partie du siècle donna une forte impulsion à l’impression et à l’édition de cartes géographiques, une spécialité de la firme depuis l’époque de Scobie. De même, l’expansion du réseau d’écoles publiques du Haut-Canada au cours des années 1860 et l’utilisation croissante de manuels scolaires produits et autorisés dans la province permirent à l’entreprise de s’imposer dans un secteur où elle avait déjà été active sous le nom de W. C. Chewett and Company. En octobre 1868, elle soumit à l’approbation du conseil de l’Instruction publique [V. Henry James Grasett*] une arithmétique adaptée aux écoles canadiennes et, bientôt, les publications éducatives – des livres de lecture pour les écoles publiques aux textes de niveau universitaire – représentèrent une bonne part de sa production. En outre, la compagnie vendait, en gros, des fournitures scolaires de toutes sortes. Solidement établie dans le domaine du manuel scolaire, elle put se lancer, dès le début des années 1890, dans la publication de littérature canadienne et étrangère. Avant la fin du siècle, elle allait éditer les romanciers Robert Barr et Horatio Gilbert Parker* ainsi que les poètes William Bliss Carman*, Emily Pauline Johnson* et Charles George Douglas Roberts*.

Selon un témoignage de l’époque, Copp « s’occupait plutôt des finances de la maison » tandis que Clark exerçait la « direction générale de l’entreprise ». Charles Fuller, lithographe chevronné dont la W. C. Chewett and Company avait acquis la firme en 1862, administrait l’atelier d’imprimerie. En décembre 1885, on constitua juridiquement la Copp, Clark Company Limited et trois jeunes hommes s’y intégrèrent, soit le fils de Copp, William, le neveu de sa femme, Arnold William Thomas, et Henry Leggatt Thompson, employé de longue date qui allait succéder à Copp à la présidence en 1894.

En 1873, William Walter Copp avait fait l’acquisition d’un lot triple, rue Isabella, où il construisit une grande maison ; il cultivait des roses qui suscitaient l’admiration de ses concitoyens. Diacre, administrateur et trésorier de l’église Northern Congregational, il fut aussi membre du National Club à compter de 1878 [V. William Alexander Foster*] ainsi que du Board of Trade. Dans les années 1880, il fit souvent des voyages d’affaires en Angleterre et, au cours d’un long séjour à Londres, en 1886, sa femme et lui furent invités au bal d’ouverture de la Colonial and Indian Exhibition, au Guildhall. En 1891, la revue spécialisée Books and Notions lui consacra le premier volet d’une série intitulée « Men of the Times » et souligna qu’il travaillait dans le commerce du livre depuis près d’un semi-siècle. Au cours de sa carrière, il avait vu l’édition canadienne passer des bureaux modestes de petits journaux à ceux d’une industrie moderne. La mort de Clark en 1892 puis celles de Fuller et de Copp en 1894 semblaient marquer la fin d’une époque. Des membres éminents de sa profession se réunirent à ses funérailles afin d’honorer la mémoire de celui qui avait été à la tête d’une importante maison d’édition canadienne et qui « ne laissait derrière lui que d’agréables souvenirs et aucun ennemi ».

Elizabeth Hulse

Les détails concernant la famille Copp ont été obtenus grâce à des souvenirs de famille actuellement aux mains de Mme Beverley Copp Alkerton d’Ancaster, Ontario, une arrière-petite-fille du sujet.

AO, RG 2, C-5 ; D-9-A.— Baker Library, R. G. Dun & Co. credit ledger, Canada, 26–27.— Great Torrington Parish Church (Great Torrington, Angl.), Reg. of baptisms, marriages, and burials, 1789–1845.— UCC-C, Zion Church (Toronto), minutes of meetings, vol. 1–2.— « The late Henry J. Clark », Books and Notions (Toronto), 8 (avril 1892) : 8.— « Men of the times : Mr. W. W. Copp », Books and Notions, 7 (juill. 1891) : 6.— Northern Congregational Church, Manual (Toronto), 1875 (copie à la MTRL).— Globe, 8 mars 1892, 21 août 1894.— Dict. of Toronto printers (Hulse).— G. L. Parker, The beginnings of the book trade in Canada (Toronto, 1985).

Bibliographie générale

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Elizabeth Hulse, « COPP, WILLIAM WALTER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/copp_william_walter_12F.html.

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Auteur de l'article:   Elizabeth Hulse
Titre de l'article:   COPP, WILLIAM WALTER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   20 avril 2014