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PRYOR, WILLIAM, marchand et banquier, né le 16 mars 1801 à Halifax, Nouvelle-Écosse, fils aîné de William Pryor* et de Mary Barbara Foss ; en 1840, il épousa Johanna von Schwartz à Hambourg (République fédérale d’Allemagne), et ils eurent un fils et quatre filles ; décédé le 8 juin 1884 à Halifax.

Petit-fils d’un loyaliste de New York de foi anglicane, William Pryor naquit dans une éminente famille de marchands de Halifax. Après des études rudimentaires, il entra dans l’entreprise familiale, devenant un employé de son père, d’abord comme commis et, plus tard, comme subrécargue sur les navires envoyés dans des ports étrangers. En 1828, il devint associé en second dans la firme qui s’agrandit lorsque ses deux frères plus jeunes ainsi que son beau-frère y entrèrent. La William Pryor and Sons fit œuvre de pionnier dans le commerce avec le Brésil et, à son point culminant, au milieu de l’époque victorienne, elle « maintenait la plus grande entreprise commerciale à Halifax ». En 1862, ses locaux de la rue Lower Water étaient évalués à £16 000 et la firme s’occupait essentiellement d’échanger du poisson et du bois d’œuvre de l’Amérique britannique contre du sucre, du rhum et de la mélasse des Caraïbes. Bien qu’elle se fût livrée, à une époque, au transport international des marchandises, en 1866 la firme ne possédait qu’une flotte de 419 tonneaux.

À la mort de William Pryor père en 1859, son fils aîné prit la tête des entreprises familiales, ce qui comportait un poste d’administrateur à la Halifax Banking Company. Sa carrière atteignit son point culminant en 1867, année où il suivit l’exemple de son père en devenant président de cette compagnie, le plus ancien établissement bancaire de Halifax. Auparavant, Pryor avait succédé à son père comme président de la Nova Scotia Marine Insurance Company et avait réussi à se faire élire à la présidence de la Halifax Chamber of Commerce. Comme il convenait à un homme qui a des biens, Pryor s’occupa d’œuvres philanthropiques, remplissant les fonctions fort bien vues de vice-président de la Nova Scotia Bible Society, et de membre du conseil d’administration de la Colonial and Continental Church Society et de la St Paul’s Alms House of Industry for Girls.

Malgré ses sympathies tories qui se manifestèrent dans sa vigoureuse opposition à la venue du gouvernement responsable à la fin des années 1840, l’enthousiasme de Pryor pour les chemins de fer allait l’entraîner à s’allier à Joseph Howe*, le plus important réformiste de la Nouvelle-Écosse. En 1854, le gouvernement libéral de William Young nomma Pryor au conseil chargé de surveiller la construction des chemins de fer de la province financés par les fonds publics. Il conserva le poste jusqu’à ce qu’il fût poussé à démissionner en 1858, en signe de protestation contre le congédiement par le nouveau gouvernement conservateur de l’ingénieur en chef du réseau de chemins de fer du gouvernement, James R. Forman. En acceptant de présider un congrès libéral de nomination à Halifax, un an plus tard, Pryor marquait de nouveau son manque de sympathie pour les hommes politiques conservateurs. Il s’éloignait ainsi de Charles Tupper* et ceci peut avoir influencé sa décision de s’opposer à la confédération. Ce qui contribua le plus à préciser ses opinions concernant la confédération fut probablement le fait que, traditionaliste de nature dans les questions d’affaires, Pryor s’était abstenu d’investir dans les exploitations minières et manufacturières. En conséquence, les arguments voulant que l’union des colonies industrialise la Nouvelle-Écosse ne le touchèrent pas.

William Pryor fut l’une des premières victimes du déclin qui frappa l’économie des Maritimes à la fin du xixe siècle. La prospérité que connaissait Pryor comme commissionnaire en marchandises importées et exportées lui avait donné l’illusion de la sécurité, et sa firme se retrouva incapable de remplir toutes ses obligations en 1873, un ralentissement des affaires à l’échelle internationale ayant réduit la demande des consommateurs et gelé le crédit au commerce. En décembre, Pryor hypothéquait ses immeubles, espérant ainsi se procurer des fonds de roulement additionnels. Cette combinaison échoua et, en mars 1875, la William Pryor and Sons se déclara en faillite avec un passif de $125 000 contre un actif de $70 000 tout au plus. On offrit aux créanciers 40 cents au dollar. Humilié, Pryor démissionna de son poste de président de la Halifax Banking Company et quitta sa résidence prestigieuse de la rue Hollis. Il mourut intestat en 1884 laissant des biens évalués à $8 253,83 dont la majeure partie provenait de polices d’assurance-vie. Sa faillite comme homme d’affaires ne constituait pas cependant un phénomène isolé car il appartenait à cette multitude de marchands de Halifax qui ne purent faire face à la disparition de l’« âge d’or » en Nouvelle-Écosse.

David A. Sutherland

William Pryor est l’auteur de The Halifax & Quebec railway, considered with a view to its cost, as well as the prospective business of the road (Halifax, 1851).

Halifax County Court of Probate (Halifax), no 3 246 (mfm aux PANS).— Halifax County Registry of Deeds (Halifax), Deeds, 143, 195, 197 (mfm aux PANS).— PANS, RG 1, 453 ; RG 35A, 4.— N.-É., House of Assembly, Debates and proc., 1855–1858 ; Journal and proc., 1859 ; Statutes, 1866, c.90.— Acadian Recorder, 1875, 1884.— British Colonist (Halifax), 1858.— Evening Express (Halifax), 1858–1859.— Halifax Morning Sun, 1858, 1862.— Morning Chronicle (Halifax), 1845–1848, 1858–1859.— Morning Herald, 1875, 1884.— Novascotian, 1828, 1836, 1866–1867, 1884.— Royal Gazette (Halifax), 1875.— Belcher’s farmer’s almanack, 1824–1862.— W. E. Boggs, The genealogical record of the Boggs family, the descendants of Ezekiel Boggs (Halifax, 1916).— Halifax directory, 1869–1885.— Nova Scotia registry of shipping : with standard rules for construction and classification, T. R. Dewolf, compil. (Halifax, 1866).— J. W. Regan, Sketches and traditions of the Northwest Arm (illustrated) and with panoramic folder of the Arm (2e éd., Halifax, 1909).— V. Ross et Trigge, Hist. of Canadian Bank of Commerce, I.

Bibliographie générale

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David A. Sutherland, « PRYOR, WILLIAM (1801-1884) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/pryor_william_1801_1884_11F.html.

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Auteur de l'article:   David A. Sutherland
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   1 octobre 2014