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PICKARD, JOHN, marchand de bois et homme politique, né le 27 avril 1824 à Douglas, Nouveau-Brunswick, fils de David Pickard et de Hephziba Burpee ; en octobre 1851, il épousa Mary Yerxa et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé à Fredericton, le 17 décembre 1883.

Jeune homme, John Pickard travailla avec son père, propriétaire de « moulin » et commerçant bien connu de Douglas. Plus tard, il s’établit à son propre compte comme « marchand général » à Fredericton ; à partir des années 1850 jusqu’au début des années 1880, il fut un important marchand de bois du comté d’York. Pendant une bonne partie de ces années, il posséda à Fredericton, en association avec Thomas Temple*, une grosse scierie qui, dans les années 1850, produisait en moyenne 25 millions de pieds de bois par an. Entre autres entreprises, Pickard fit partie des fondateurs et des administrateurs, avec Temple, George Luther Hatheway*, Alexander Gibson* et quelques autres, de la People’s Bank of New Brunswick, ouverte à Fredericton en 1864. Il siégea aussi au bureau des administrateurs de la New Brunswick Railway Company, constituée juridiquement en 1869, et fut l’un des constructeurs du tronçon de Fredericton complété en 1871. Membre actif au sein d’organisations bénévoles, il fut maître maçon, grand maître de l’ordre d’Orange au Nouveau-Brunswick de 1875 à 1878, et vice-président de la York County Agricultural Society en 1870, 1871 et 1878.

En 1865, Pickard commença de s’intéresser activement à la politique : avec Charles Fisher*, il représenta le Nouveau-Brunswick à un congrès, à Detroit, au cours duquel on discuta d’un nouveau traité de réciprocité commerciale entre les colonies de l’Amérique du Nord britannique et les États-Unis. Après la défaite du gouvernement de Samuel Leonard Tilley*, aux élections du Nouveau-Brunswick du printemps de 1865, Pickard appuya l’attitude du gouvernement d’Albert James Smith, qui était opposé à l’entrée du Nouveau-Brunswick dans la confédération canadienne. Et quand John Campbell Allen*, procureur général dans le gouvernement de Smith, devint juge, Smith convainquit Pickard de faire la lutte à Charles Fisher à l’élection partielle tenue dans le comté d’York en novembre 1865. On considérait Pickard comme un candidat idéal, parce qu’il était bien connu et aimé dans le comté, et il semblait que Fisher, partisan de la confédération, qui avait subi une cuisante défaite aux précédentes élections générales avait peu de chances de succès. Mais, au cours de la campagne électorale, Fisher surclassa complètement Pickard, qui n’était pas bon orateur. Celui-ci avait beau affirmer que la majorité était contre la confédération, il ne pouvait pas expliquer pourquoi, et Fisher lui infligea une retentissante défaite, par plus de 700 voix. Le résultat de cette lutte, qu’on avait suivie de près, redonna courage non seulement aux partisans de la confédération au Nouveau-Brunswick, mais à leurs collègues également, partout dans l’Amérique du Nord britannique. En avril 1866, le lieutenant-gouverneur Arthur Hamilton Gordon* força le gouvernement de Smith à démissionner et, le 1er juillet 1867, le Nouveau-Brunswick devenait l’une des quatre provinces du Canada.

Pickard revint à la politique provinciale en octobre 1867, en remportant, dans le comté d’York, l’élection partielle provoquée par l’entrée de Fisher au parlement fédéral. Lors de la nomination de Fisher comme juge, en octobre 1868, Pickard fut élu sans opposition député du comté d’York au parlement fédéral et réélu en 1872, 1874, 1878 et 1882. Libéral indépendant, il appuya le gouvernement d’Alexander Mackenzie*, de 1874 à 1878, et attaqua fréquemment Tilley, le plus important membre du parti conservateur au Nouveau-Brunswick. Pickard se montra particulièrement amer après la défaite des libéraux en 1878, accusant Tilley de l’avoir dépossédé de la distribution des faveurs politiques dans le comté d’York, parce qu’il s’opposait au nouveau gouvernement. Bien qu’il attaquât avec véhémence la Politique nationale de sir John Alexander Macdonald* en 1882, Pickard se fit rarement entendre au parlement. On le décrivait comme un « législateur pratique » et, apparemment, il n’avait aucun talent particulier pour la politique. Ses réélections répétées dans le comté d’York témoignent cependant de sa réputation d’homme honnête et amical qui, comme commerçant et citoyen préoccupé de la chose publique, gagna le respect des gens.

William Arthur Spray

APNB, « N.B. political biog. » (J. C. et H. B. Graves) II : 165.— Fredericton Evening Capital, 18 déc. 1883.— New Brunswick Reporter and Fredericton Advertiser, 30 juin, 27 oct., 3, 10 nov. 1865, 21 mai, 6, 16 oct. 1868, 9 juill. 1869, 14 janv., 13 mai 1870, 31 mars 1871, 28 janv. 1874, 16 janv., 25 sept. 1878, 2, 9, 16 juill., 10 déc. 1879, 19, 22 déc. 1883.— Canadian biog. dict., II.— Canadian directory of parl. (J. K. Johnson).— CPC, 1883.— Dominion annual register, 1883.— Creighton, Macdonald, young politician ; Road to confederation.Fredericton’s 100 years ; then and now, Frank Baird, édit. (Fredericton, [1948]).— Hannay, Hist. of N.B. ; Wilmot and Tilley (Toronto, 1907).— MacNutt, New Brunswick.

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William Arthur Spray, « PICKARD, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/pickard_john_11F.html.

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Auteur de l'article:   William Arthur Spray
Titre de l'article:   PICKARD, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   23 juillet 2014