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OHQUANDAGEGHTE (Atquandadeghte, Kointaguettez, Kouategeté, Otkwande, Otqueandageghte), guerrier onontagué de la région du haut Saint-Laurent ; il se maria le 10 mai 1760, à La Présentation (Oswegatchie ; aujourd’hui Ogdensburg, New York) ; circa 1757–1773.

En 1701, les Six-Nations déclarèrent leur neutralité dans le conflit qui opposait Français et Britanniques en Amérique du Nord, mais des rumeurs de conspiration et de double jeu de leur part coururent fréquemment parmi les Européens, particulièrement pendant les périodes de crise. La difficulté d’évaluer le bien-fondé de ces rapports n’a pas diminué avec le temps. Selon Pierre Pouchot*, Ohquandageghte fit de l’espionnage pour le compte des Britanniques et leur servit d’intermédiaire dans le trafic illégal qu’ils entretenaient avec les commandants français du fort Frontenac (Kingston, Ontario). L’amitié qu’on lui supposait à l’égard des Britanniques ne l’empêcha pas, cependant, d’accepter du gouverneur Vaudreuil [Rigaud], en 1757, une commission de chef de guerre d’Oswegatchie, village de la mission de La Présentation, poste stratégique fondé par François Picquet. En avril 1758, il mena une attaque sur German Flats, une partie de la vallée de la rivière Mohawk sise près de l’embouchure du ruisseau West Canada. Vers le même temps, sir William Johnson, le surintendant britannique des Affaires des Indiens du Nord, fut avisé qu’on avait trouvé le cadavre d’Ohquandageghte, avec un couteau portant une inscription : « Otqueandageghte le Camera [camarade] de Jeanson ». Le nom onontagué est écrit à l’anglaise, et les dessous de cette histoire restent obscurs ; le corps n’était pas celui d’Ohquandageghte.

Pouchot crut que la prise du fort Frontenac par Bradstreet, en août 1758, avait à ce point choqué Ohquandageghte qu’il se donna à la cause française. L’enthousiasme du guerrier à combattre les Britanniques s’était cependant refroidi quand, en mars 1760, Pouchot vint prendre le commandement du fort Lévis (à l’est de Prescott, Ontario), à peu de distance de la mission. Ohquandageghte ne devait plus prendre part à des expéditions militaires, à cause, disait-il, de scrupules religieux qui lui venaient de sa récente conversion. « Il n’entendait aucune de nos distinctions », ajoutait Pouchot. Celui-ci ne paraît pas avoir pensé que la toute nouvelle attitude pacifique d’Ohquandageghte eût pu lui être dictée par les victoires britanniques de l’année précédente. Mais Ohquandageghte voulait bien agir comme informateur pour les Français. Tôt à l’été de 1760, il alla à Oswego, New York, pour chercher à savoir ce que les Six-Nations entendaient faire concernant la descente imminente des Britanniques sur le Saint-Laurent avec Montréal pour objectif. Là, il mit les Indiens en garde contre l’intention des Britanniques de les exterminer ; à son retour, il raconta à Pouchot qu’il avait parlé avec Amherst, et lui fit un rapport sur l’importance des effectifs britanniques qui y étaient réunis.

En 1762, Ohquandageghte collabora à des projets de guerre contre les Britanniques. Sir William Johnson chargea son adjoint, Christian Daniel Claus, de le mettre en garde contre une telle attitude. On ignore si le message parvint à Ohquandageghte, mais, peu après qu’il fut envoyé, l’Onontagué alla voir le commandant du fort William Augustus (autrefois fort Lévis), Henry Gladwin, l’entretint des tentatives des Français pour pousser les Indiens à la guerre et lui donna les noms des Indiens qui, à Oswegatchie, s’étaient prêtés à ces manœuvres. Il affirma regretter sa propre attitude, et renonça à la commission qu’il avait reçue de Vaudreuil. Plus tard, toutefois, quand le major général Gage voulut examiner cette histoire plus à fond, Ohquandageghte se montra peu empressé à affronter les gens qu’il avait dénoncés.

À l’automne de 1763, selon certains rapports, il vivait à Cataracoui (Kingston, Ontario) et avait projeté, avec certains Mississagués et quelques autres Indiens, de paralyser le mouvement de troupes et de marchandises sur le Saint-Laurent. L’automne suivant, il fut fait prisonnier et envoyé à Montréal pour avoir tenté de passer, sans permis nécessaire, au poste de contrôle des Cèdres, situé près de Montréal – le soulèvement de Pondiac* en 1763 avait avivé, chez les Britanniques, la crainte d’une conspiration des Indiens. Il fut, semble-t-il, accusé de nouvelles intrigues en 1766, mais il nia toutes les allégations rapportées contre lui. « Abandonné par les Indiens Swegachy », il vivait en 1769 à Saint-Régis. Il reçut une commission britannique à titre de chef, de même qu’une médaille ; mais il était, au rapport de Claus, « si abattu et si conscient de ne pas la mériter qu’il ne voulait pas la porter ».

En 1773, Ohquandageghte se rangea du côté du missionnaire dans une bataille pour le pouvoir (dont on ne connaît pas la nature exacte) à Saint-Régis. Il alla voir Johnson au sujet de la dispute et, à son retour, il déforma la réponse de ce dernier, de manière à ce que lui-même et ses partisans parussent avoir l’appui du surintendant. Les chefs iroquois de Caughnawaga, qui avaient quelque autorité sur Saint-Régis, se plaignirent à Claus des gestes et prétentions d’Ohquandageghte. Ils affirmèrent ne pas approuver sa nomination comme chef, ajoutant que c’était « un Indien qui n’avait pas de domicile fixe ».

En collaboration

Inv. des papiers de Léry (P.-G. Roy), III : 10.— Johnson papers (Sullivan et al.).— [Pierre] Pouchot, Memoir upon the late war in North America, between the French and the English, 1755–60 [...], F. B. Hough, trad. et édit. (2 vol., Roxbury, Mass., 1866).— W. L. Stone, Life of Joseph Brant – Thayendanegea [...] (2 vol., New York, 1838).

Bibliographie générale

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En collaboration, « OHQUANDAGEGHTE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ohquandageghte_4F.html.

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Auteur de l'article:   En collaboration
Titre de l'article:   OHQUANDAGEGHTE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   30 juillet 2014