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FRÉMONT, CHARLES-JACQUES, médecin, chirurgien et professeur, né le 17 octobre 1806 à Québec, fils de Charles-Pierre Frémont, négociant, et de Charlotte Voyer ; il épousa à Québec le 8 janvier 1845 Cécile Panet, fille du juge Philippe Panet*, dont il eut huit enfants ; décédé en mer le 20 décembre 1862.

Charles-Jacques Frémont entreprit ses études classiques au séminaire de Québec mais dut les interrompre quand ses parents décidèrent de s’établir à Montréal. Après avoir terminé ses études dans une école anglaise de cette ville, le jeune Frémont s’initia à la pratique de la médecine, sous la direction du docteur John Stephenson, un des fondateurs de la Montréal Médical Institution en 1822. Le 16 novembre 1829, il reçut l’autorisation d’exercer la médecine et la chirurgie. Il avait l’intention de pratiquer sa profession à Saint-Thomas-de-Montmagny (Montmagny), mais finalement s’installa à Pointe-Lévi (Lauzon, Lévis).

Quelques années plus tard, le docteur Frémont quitta Pointe-Lévi et vint s’établir à Québec où sa clientèle augmenta régulièrement. Habiter la capitale lui donnait l’avantage de participer de plus en plus à la vie médicale québécoise. C’est ainsi qu’il put collaborer davantage aux activités de la Société médicale de Québec, donnant des conférences et prenant part aux discussions. En 1835, Frémont fit un court séjour à la station de quarantaine de la Grosse Île [V. George Mellis Douglas].

En 1837, le gouverneur général du pays, lord Gosford [Acheson*], qui manifestait une grande admiration pour Frémont, le nomma assistant du docteur James Douglas* à l’hôpital de la Marine, appelé alors hôpital de la Marine et des Émigrés. Mais Douglas, trouvant Frémont beaucoup trop jeune, le refusa, alléguant qu’il entendait avoir comme collaborateur un médecin aussi compétent que lui-même. Le docteur Joseph Painchaud* fut aussitôt nommé. Respectueux de l’éthique professionnelle, Douglas tint à faire connaître à Frémont les motifs de son refus ; à la suite de cette rencontre, tous deux devinrent de grands amis. Ce n’est qu’en 1847, mais pour quelques mois seulement, que Frémont devint l’assistant régulier de Douglas. Ce dernier le dépeint dans son journal comme un « gentleman à l’esprit élevé, probe et homme de bien et qui possédait une connaissance étendue de la médecine ». Redevable, comme il l’écrit, de ses « succès de chirurgien » au docteur Frémont, Douglas ajoute : « Eussé-je su que la nomination de six médecins visiteurs m’eût privé de la collaboration du docteur Frémont, j’eusse aussitôt remis ma démission à Son Excellence ! »

En 1845, Frémont participa à la création de l’école de médecine de Québec où il donna de 1849 à 1852 des cours de chirurgie théorique et pratique. La même année, il fonda, avec les docteurs Joseph Morrin et James Douglas, l’asile de Beauport dont il devint le directeur en 1849. Au tout début, lui et Douglas s’engagèrent même à supporter les déficits de cette entreprise à laquelle Frémont se dépensa jusqu’à sa mort.

En 1852, les autorités de l’université Laval invitèrent le docteur Frémont à faire partie du corps professoral de la jeune faculté de médecine qui ouvrit ses portes en 1853. Le 9 septembre 1856, il accepta de remplacer le premier doyen de la faculté, le docteur Jean Blanchet*, qui venait de mourir. Durant sept ans, il se voua au développement de la faculté, assurant en particulier la régie interne et l’établissement des règlements touchant la salle d’anatomie et de dissection, l’amphithéâtre et la clinique encore rudimentaire de l’Hôtel-Dieu. Son premier geste fut en fait d’améliorer les conditions de travail tant à la clinique de l’Hôtel-Dieu qu’à celle de l’hôpital de la Marine et des Émigrés inaugurée en 1857. En juin 1858, il fit fixer les honoraires des cours.

Sous le décanat de Frémont, les programmes d’études furent révisés, améliorés et complétés. En décembre 1858, il vit à la création d’un cours de manipulation clinique, qui fut confié au docteur François-Alexandre-Hubert La Rue*. Grâce au doyen, ce dernier put aussi s’initier au maniement du microscope, de sorte qu’en 1862 la faculté offrit à ses étudiants un cours d’anatomie microscopique. En juillet 1860, Frémont obtint pour le docteur Alfred Simard une subvention qui lui permit de suivre un cours de clinique en Belgique. Il assura de plus le développement de la bibliothèque de la faculté, fit installer une glacière, compléter le musée de pathologie et accrut le nombre des professeurs.

Charles-Jacques Frémont, dont le zèle était bien connu, fut pendant de longues années médecin de la prison de Québec et médecin visiteur de l’Hôtel-Dieu où « sa bonté et sa prévenance furent pleinement appréciées ». Débordant le cadre de ses activités médicales, il se rendit, en 1860, auprès du pape à titre de délégué des catholiques canadiens. À cette occasion, Pie IX lui octroya le titre de chevalier commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.

En octobre 1862, Frémont partit en voyage de repos en Égypte en compagnie de son épouse. Comme sa santé se détériorait, il décida de revenir, mais il mourut le 20 décembre à bord du paquebot Bohemian qui l’amenait à Portland, Maine. Il fut inhumé à Québec le 31 décembre.

Charles-Marie Boissonnault

ANQ-Q, AP-G-85/3 ; État civil, Catholiques, Notre-Dame de Québec, 17 oct. 1806, 8 janv. 1845, 20 déc. 1862.— [James Douglas], Journals and reminiscences of James Douglas, M.D., James Douglas Jr, édit. (New York, 1910).— Université Laval, Annuaire, 1852–1853.— M.-J. et George Ahern, Notes pour servir à l’histoire de la médecine dans le Bas-Canada, depuis la fondation de Québec jusqu’au commencement du XIXe siècle (Québec, 1923), 235–239.— C.-M. Boissonnault, Histoire de la faculté de Médecine de Laval (Québec, 1953), 180–183.— P.-B. Casgrain, Mémorial des familles Casgrain, Baby et Perrault du Canada (Québec, 1898).— Père Alexis [de Barbezieux], Histoire de Limoilou (Québec, 1921), 108, 111.— P.-G. Roy, La famille Frémont (Lévis, Québec, 1902), 29–34.— C.-M. Boissonnault, Création de deux écoles de médecine au Québec, Laval médical (Québec), 39 (1968) : 547–549.

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Charles-Marie Boissonnault, « FRÉMONT, CHARLES-JACQUES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/fremont_charles_jacques_9F.html.

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Auteur de l'article:   Charles-Marie Boissonnault
Titre de l'article:   FRÉMONT, CHARLES-JACQUES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   19 décembre 2014