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Titre original :  Charles Chaboillez

Provenance : Lien

CHABOILLEZ, CHARLES, trafiquant de fourrures, né le 21 mars 1772 à Montréal, fils de Charles-Jean-Baptiste Chaboillez et de Marguerite Larchevêque ; le 11 janvier 1811, il épousa à Québec, dans la cathédrale Holy Trinity, Jessy Bruce, âgée de 19 ans ; décédé le 26 décembre 1812 à Mascouche, Bas-Canada, et inhumé trois jours plus tard dans le cimetière de la paroisse Saint-Louis, à Terrebonne, Bas-Canada.

Charles Chaboillez entra en 1783 au collège Saint-Raphaël à Montréal ; fondée en 1767 par les sulpiciens, cette institution avait déjà été fréquentée par de futurs voyageurs comme Antoine Tabeau et Jean-Baptiste Cadot fils. On ne sait pas si Chaboillez y étudia plus d’un an ni s’il s’inscrivit ailleurs pour apprendre l’arithmétique et l’anglais. Le 18 mai 1791, Joseph Frobisher l’engagea à titre de commis de la North West Company pour une période de quatre ans, moyennant une rémunération totale de £25 et un habit neuf. À l’expiration de son contrat, il demeura au service de la compagnie. Il séjourna à l’Île-à-la-Crosse (Saskatchewan) durant l’hiver de 1795–1796, puis se déplaça à l’est, en direction de Cumberland House (Saskatchewan) qu’il atteignit le 1er juin suivant.

Fils d’un trafiquant de fourrures dont la réputation était solidement établie et beau-frère de Simon McTavish, Chaboillez possédait de bons atouts pour se tailler une place à l’intérieur de la North West Company ; l’expérience qu’il avait acquise comme commis de la compagnie, sur un territoire où la concurrence s’exerçait vivement, jouait aussi en sa faveur. À Grand Portage (près de Grand Portage, Minnesota), le 13 juillet 1796, il signait l’accord du 30 octobre précédent qui modifiait la composition de la compagnie. Cette convention, n’entrant en vigueur qu’au printemps de 1799, lui accordait une des 46 actions de-l’entreprise.

Après avoir signé l’accord, Chaboillez participa à l’expansion de la North West Company au nord-ouest des Grands Lacs. Dès 1796, il fut affecté dans la région de la rivière Rouge et de l’Assiniboine où il dut affronter la concurrence des marchands américains. D’après l’explorateur David Thompson*, il construisit un poste en bordure de la rivière au Rat, un affluent de la rivière Rouge. Lorsque Thompson le rencontra l’année suivante, Chaboillez était installé plus au sud, près de la rivière Pembina. Le journal relatant ses activités entre le 4 août 1797 et le 21 juin 1798 fournit de nombreux renseignements sur le commerce des fourrures et ses pratiques. En 1799, il devenait « bourgeois » du district de Lower Red River (Manitoba) et avait sous ses ordres un jeune commis. Alexander Henry.

À la direction du district de fort Dauphin de 1804 à 1807, Chaboillez tenta d’ouvrir une nouvelle aire de commerce dans le haut de la rivière Missouri. En 1804, il organisa une première expédition et en confia la conduite au commis François-Antoine Larocque*. Ce dernier, accompagné entre autres de Charles McKenzie*, se rendit chez les Mandanes dans le but d’amorcer des relations commerciales avec eux. L’année suivante, Larocque se dirigea près des Rocheuses au grand mécontentement des Mandanes et des Gros-Ventres ; ces derniers craignaient de perdre leur position d’intermédiaires si la North West Company entrait en contact direct avec les Corbeaux de cette région. De retour le 18 novembre 1805, Larocque se montra plutôt déçu des résultats. L’été suivant, accompagné de Henry, Chaboillez visita les Mandanes et les Gros-Ventres. Selon les témoignages de McKenzie et de James Caldwell, les Indiens ne furent pas très impressionnés par l’allure plutôt négligée des deux membres de la compagnie. Le succès mitigé de ces expéditions obligea la North West Company à y mettre fin.

Lors de l’assemblée annuelle de 1807, la compagnie confia à Chaboillez le soin de diriger le fort Pic, situé au nord du lac Supérieur. Lorsqu’en 1809 il se rendit au fort William (maintenant partie de Thunder Bay, Ontario), il dut répondre à de très sérieuses accusations relatives à son dernier exercice financier. L’assemblée décida d’attendre d’avoir en main toutes les preuves avant de se prononcer. Il est impossible d’en savoir plus long à ce sujet, puisque les procès-verbaux des réunions subséquentes ne mentionnent plus cette affaire.

C’est probablement à cette occasion que Chaboillez, âgé de 37 ans, décida de se retirer du commerce des fourrures, continuant toutefois d’entretenir des relations avec quelques bourgeois de la North West Company comme son beau-frère Roderick McKenzie* et David Thompson. Il demeura quelque temps à Montréal, avant de s’établir définitivement à Terrebonne vers 1810. Le 3 février 1811, il y fit baptiser ses quatre enfants naturels nés dans l’Ouest et âgés de 6 à 11 ans. À sa mort en 1812, Chaboillez laissait £1 050 à trois de ses enfants naturels, £120 à des parents et amis, et l’entière propriété du reste de ses biens à son épouse, dont £120 de rente annuelle sur un capital de £2 000.

Issu d’une famille mêlée de près au commerce des fourrures, Charles Chaboillez fut entraîné dans ce sillage dès l’âge de 19 ans. D’abord commis, puis bourgeois de la North West Company, il ne craignit pas d’affronter la concurrence des entreprises rivales et d’utiliser des moyens comme l’intimidation et le rhum. Il assistait régulièrement aux réunions annuelles de la compagnie et, à partir de 1809, était membre du Beaver Club. Ses relations avec les principaux associés de la compagnie étaient suffisamment bonnes pour lui éviter, officiellement, le sort de Jean-Baptiste Cadot fils, partenaire expulsé en 1804 pour « ivrognerie et émeute ».

Gratien Allaire

Le journal de Charles Chaboillez, rédigé en 1797 et 1798, est conservé aux APC sous la cote MG 19, C1, 1.

AC, Terrebonne (Saint-Jérôme), État civil, Catholiques, Saint-Louis (Terrebonne), 29 déc. 1812.— ANQ-M, CE1-51, 21 mars 1772 ; CM1, Charles Chaboillez, 12 févr. 1813 ; CN1-29, 18 mai 1791.— ANQ-Q, CE1-61, 11 janv. 1811 ; CN1-285, 8 janv. 1811.— Les bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest (Masson).— Docs. relating to the NWC (Wallace).— Five fur traders of the northwest [...], C. M. Gates, édit. ([Minneapolis, Minn.], 1933), 141, 158, 170s.— D. W. Harmon, Journal of voyages and travels in the interior of North America between the 47th and 58th degrees of N lat., extending from Montreal nearly to the Pacific [...], W. L. Grant, édit. (2e éd., Toronto, 1911), 98–109, 124–127.— [F.-A.] LaRoque, Journal de Larocque de la rivière Assiniboine jusqu’à la rivière « Aux Roches Jaunes », 1805, L. J. Burpee, édit. (Ottawa, 1911).— Mackenzie, Journals and letters (Lamb), 459, 479s., 483–485, 496.— David Thompson, David Thompson’s narrative, 1784–1812, R. [G.] Glover, édit. (nouv. éd., Toronto, 1962).— Raymond Masson, Généalogie des familles de Terrebonne (4 vol., Montréal, 1930–1931), 1 : 387–390.— A.-G. Morice, Dictionnaire historique des Canadiens et des Métis français de l’Ouest (Québec et Montréal, 1908).— M. W. Campbell, NWC (1957), 77, 117s.— Innis, Fur trade in Canada (1970).— Morton, Hist. of Canadian west. Rumilly, La Compagnie du Nord-Ouest. Massicotte, « Les Chaboillez », BRH, 28 : 184–188, 207–209, 241s., 274–276, 311–313, 325–332, 355–359.— E. A. Mitchell, « The North West Company agreement of 1795 », CHR, 36 (1955) : 126–145.

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Gratien Allaire, « CHABOILLEZ, CHARLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/chaboillez_charles_5F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   29 août 2014