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Sir John Alexander Macdonald, premier des premiers ministres du Canada, fut décrit par le quatrième premier ministre, sir John Sparrow David Thompson, comme « le père et le fondateur » du pays. Les biographes de Macdonald, James Keith Johnson et Peter Busby Waite, en brossent le portrait suivant :

Macdonald avait une souplesse d’esprit et un éventail de connaissances que l’on trouvait chez peu de Canadiens et qui n’étaient pas courants non plus à l’étranger. En outre, il avait un humour formidable et irrévérencieux. Il savait exercer ses fonctions avec dignité ; il avait du style, des manières et du vocabulaire, mais tout cela n’était souvent qu’un masque derrière lequel on pouvait deviner le vrai Macdonald, surtout si l’on était l’un de ses vieux amis et que l’on croisait son regard. Avec ses amis, il s’inquiétait rarement de montrer ce que les victoriens de la dernière époque auraient appelé de la respectabilité ; de toute façon, il ne fut jamais comme eux. Quand la confusion régnait dans ses affaires, quand il était déprimé, quand la solution d’un problème ne pouvait pas souffrir de retard, il lui arrivait de s’enivrer. Plus souvent pourtant, il parlait à cœur ouvert, ce qui, constatait-il, suggérait parfois à son esprit fertile un moyen quelconque de s’en sortir.

 

Macdonald vit le jour en Écosse en 1815 et immigra dans le Haut-Canada avec sa famille à l’âge de cinq ans. Il connut une vie familiale semée de difficultés. Il épousa en premières noces sa cousine Isabella Clark, et ils eurent deux enfants, dont un seul, Hugh John Macdonald, survécut au delà de la petite enfance. Frappée d’invalidité pendant presque toute la durée de son mariage, Isabella mourut en 1857. Dix ans plus tard, Macdonald se maria avec Susan Agnes Bernard, sœur d’un ami et secrétaire particulier de Macdonald, Hewitt Bernard. Le couple eut un enfant, Margaret Mary Theodora, qui naquit affligée d’une hydrocéphalie et n’apprit jamais à marcher.

Le succès professionnel n’atténua guère ces tragédies personnelles, qui ébranlèrent la santé de Macdonald. Sa réputation de buveur invétéré persiste, et ses biographes abordent le sujet sans ambages :

Macdonald était-il un alcoolique chronique, comme le dit la légende ? Non. Il buvait plutôt par à-coups, quand les contradictions de la vie et de la politique se tournaient trop sauvagement contre lui et que les campagnes électorales se faisaient trop dures ou quand une compulsion intérieure, maintenant impossible à analyser, se faisait sentir. Les nombreuses histoires qui circulent à ce sujet sont peut-être exagérées, mais on ne peut les nier à coup sûr. Quelques exemples suffiront à faire ressortir le problème. Pendant cette période de travail intensif et de festivités que fut la conférence de Québec, en 1864, un ami trouva Macdonald debout dans sa chambre, devant un miroir, en chemise de nuit, une couverture de voyage sur l’épaule : ivre, il répétait des vers de Hamlet. Les incidents de ce genre n’avaient pas toujours des conséquences aussi bénignes. En avril 1870, durant les dernières étapes des négociations avec les délégués du Manitoba, Macdonald, au régime sec depuis plusieurs mois, se mit hors de combat un vendredi et ne put reprendre le travail que le lundi. Il était surmené, inquiet et, en plus, démoralisé par la mort soudaine d’un ami.

 

La biographie de Susan Agnes Bernard décrit également ce comportement :

Périodiquement, il se remettait à boire. Selon Charles Belford*, du Mail de Toronto, la seule personne qui avait quelque influence sur lui était lady Macdonald – et encore, elle n’arrivait pas toujours à le maîtriser. Quand il était sobre, c’est-à-dire la plupart du temps, il essayait de se conformer à ses désirs. Mais il ne la laissait jamais, même pour lui faire plaisir, influencer ses décisions d’homme politique.

 

La carrière politique de Macdonald l’éloignait de sa famille pendant de longues périodes. Si la vie politique était difficile pour Macdonald, son fils dut également endurer ses effets, lui qui fut élevé à Kingston par la sœur de son père, Margaret, et son mari, le révérend James Williamson, décrit dans sa biographie comme « un homme sympathique, généreux, distrait et bienveillant », mais intolérant et anticatholique. Comme son père, Hugh John Macdonald devint avocat et député conservateur ; plus tard, il fut pendant un court moment premier ministre du Manitoba. La vie de Hugh John révèle certains défis que soulevait le fait d’être le fils d’un grand homme :

Aux élections générales fédérales de 1891, il accepta à contrecœur l’investiture conservatrice dans Winnipeg et l’emporta dans cette circonscription par une majorité de 500 voix. Jusque-là, il était connu sous le nom de Hugh et signait Hugh J. Ensuite, les prénoms de Hugh John, utilisés dans les annonces parues dans la presse au cours de la campagne (pour mettre en évidence sa filiation avec John Alexander), lui restèrent accolés définitivement. Il quitta son siège le 4 mai 1893. Bien qu’il ait invoqué surtout des motifs financiers, plusieurs autres facteurs avaient joué. Timide et réservé, Macdonald n’aimait pas la vie publique. En outre, il entendait bien sortir de l’ombre de son illustre père […]

Sa valeur reposait surtout sur le patronyme dont il avait hérité. Or, comme il avait grandi loin de son père, il était dépourvu de la tolérance qui fut longtemps associée au nom de Macdonald. Lorsque les conservateurs firent appel à l’héritier du Vieux Chef, ils trouvèrent non pas un second John Alexander Macdonald mais un second James Williamson. Tout au long de sa vie, Macdonald avait cherché en vain à éviter qu’on le compare à son père. À la fin, par loyauté envers la mémoire de celui-ci et envers le parti, il surmonta son aversion naturelle pour la vie publique, ce qui ne servit pas toujours au mieux ses intérêts.

 

Pour en savoir plus sur la vie privée de Macdonald, veuillez consulter les biographies suivantes.

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