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Titre original :  Scène de pêche dans la Péninsule acadienne au début du 20e siècle. Collection des Archives provinciales du Nouveau-Brunswick.

Provenance : Lien

 

Le Dictionnaire biographique du Canada/Dictionary of Canadian Biography (DBC/DCB) renferme une foule de renseignements sur les divers peuples qui ont contribué à bâtir le Canada. Dans son essai intitulé « les Acadiens », publié dans le volume IV (1980), N. E. S. Griffiths raconte les débuts d’un groupe particulier ; elle relate en effet l’implantation de pionniers de langue française dans le territoire nommé Acadie, les événements qui menèrent à leur tragique déportation à partir de 1755, ainsi que les tentatives d’un grand nombre d’hommes et de femmes pour revenir dans la colonie. Le présent ensemble thématique s’inscrit dans la continuité de leur histoire en mettant en valeur des Acadiens du xixe siècle et du commencement du xxsiècle. L’exploration des biographies qui figurent dans chacune des sections suivantes peut apporter une meilleure compréhension de cette période de l’histoire canadienne. Puisque la sélection renferme seulement des biographies déjà publiées dans les volumes imprimés ou sur le site Web, certains personnages notables, comme le sénateur Pascal Poirier, l’évêque Édouard-Alfred LeBlanc et le premier ministre Peter John Veniot, dont la biographie n’a pas encore paru dans le DBC/DCB, n’en font pas partie et certains aspects de la vie acadienne n’y sont pas abordés. Les textes retenus ayant été écrits sur plusieurs décennies, ils reflètent les hypothèses historiographiques admises à l’époque de leur rédaction et les sources dont disposaient leurs auteurs.

En 1764, le gouvernement britannique informa le lieutenant-gouverneur Montagu Wilmot que les Acadiens – dont la plupart avaient été déportés par la force entre 1755 et 1762 –, pouvaient rentrer en Nouvelle-Écosse à condition qu’ils prêtent un serment d’allégeance. Grégoire Trahan et de nombreux autres choisirent de ne pas revenir. Beaucoup de familles avaient échappé à la déportation en se réfugiant dans la forêt ; certaines d’entre elles, dont celle de Cécile Boudreau, gagnèrent Québec et s’y établirent. Les quelques Acadiens restés dans la colonie et ceux qui décidèrent d’y retourner, comme Michel Bastarache, dit Basque, n’eurent souvent d’autre choix que de s’installer sur des terres peu fertiles dans des régions isolées, puisque les terres arables que les Acadiens possédaient à l’origine avaient été reprises par des colons de langue anglaise. Ainsi, le premier thème de cet ensemble porte sur la reconstruction. Dans leurs communautés éloignées, la plupart des Acadiens gagnaient à peine de quoi vivre en pratiquant l’agriculture et en pêchant en marge de l’économie des Maritimes. La section sur l’adaptation économique illustre leurs efforts subséquents pour diversifier ces moyens de subsistance traditionnels et pour explorer différentes possibilités, dont de nouvelles industries. Au nombre de ces initiatives figurait la Société l’Assomption, mutuelle dont Rémi Benoît fut le premier président.

Comme le souligne N. E. S. Griffiths, le rôle de la religion dans la société acadienne prit de l’importance après la déportation. Initialement, beaucoup d’ecclésiastiques et de religieux catholiques provenaient de l’extérieur des Maritimes, habituellement de la province de Québec ou de la France. Toutefois, avec l’accroissement de la population locale et des conditions propices à l’éducation, des Acadiens et des Acadiennes embrassèrent la vie religieuse. Si certains choisirent de s’en tenir à des fonctions purement spirituelles, d’autres s’occupèrent des malades et des indigents. Ceux qui s’engagèrent dans l’éducation, la politique et les activités économiques, et ceux qui servirent de guides ou d’inspiration durant la renaissance acadienne entrèrent parfois en conflit avec la hiérarchie anglophone de leur Église. Un petit nombre de personnages, dont Philéas-Frédéric Bourgeois, sont présents dans plus d’une section de l’ensemble, mais leur rôle à titre de chefs religieux est exploré sous ce thème.

Comme l’illustrent les sections sur l’enseignement primaire en français et sur l’enseignement supérieur en français, la possibilité d’étudier en français à tous les ordres d’enseignement était considérée par plusieurs comme essentielle à la survie de l’identité et de la culture des Acadiens. Des laïques, y compris des parents, des enseignants et des inspecteurs d’écoles, se démarquèrent dans la lutte pour l’enseignement primaire en français et firent pression pour obtenir des lieux de formation pour les enseignants et des manuels appropriés. Cependant, la question de la religion dans les écoles les divisa parfois. Dans les années 1870, à Caraquet, au Nouveau-Brunswick, certains, comme Juste Haché, plaidèrent pour des écoles neutres, soutenues par les deniers publics, qui accueilleraient à la fois les enfants catholiques et protestants, tandis que beaucoup d’autres, comme Théotime Blanchard, protestèrent parce que l’État ne pourvoyait pas au financement des écoles confessionnelles. Dans la lutte pour obtenir des établissements d’enseignement secondaires et postsecondaires répondant aux besoins des Acadiens, le clergé fut un acteur de premier plan. Dans le but de fonder un collège, Joseph-Théophile Allard fit des efforts particulièrement remarquables.

Au début des années 1860, les Acadiens s’étaient déjà rendu compte que leur augmentation démographique leur permettait d’exercer une influence politique. La section sur l’action politique montre comment les avantages de cette situation s’affirmèrent graduellement avec l’expansion du rôle de l’État. Les subventions publiques pour les écoles, les routes, les ports et les ponts devinrent plus faciles à obtenir, et le nombre de postes attribués par favoritisme s’accrut. Plutôt que de continuer à compter sur des intermédiaires anglophones, les Acadiens se tournèrent vers des membres de leur communauté, comme David-Vital Landry, pour les représenter sur la scène municipale, provinciale et fédérale.

Ce plus grand engagement politique fut l’une des raisons pour lesquelles le besoin de tribunes diverses pour la discussion se fit sentir. Partisans et opposants fondèrent des journaux, devinrent rédacteurs en chef, écrivirent ou débattirent dans leurs pages. Les lecteurs furent bien informés et influencés, se polarisèrent et s’unirent. Les parcours de fondateurs et de propriétaires de journaux, de rédacteurs en chef et de journalistes, notamment celui de Valentin Landry, sont présentés dans la section sur la communication des idées.

À mesure que les Acadiens devinrent plus instruits, ils trouvèrent de nouveaux moyens de garder leur histoire et leur héritage. Gilbert Buote écrivit des fictions inspirées de faits historiques, tandis que d’autres recueillirent des chansons ou des œuvres folkloriques provenant de la riche tradition orale acadienne. Quelques personnes, acadiennes ou non, conscientes de l’importance de préserver les sites historiques, valorisèrent et construisirent des monuments afin de renforcer le sentiment d’appartenance et d’identité.

Même si l’identité acadienne était profondément enracinée dans l’histoire, les chefs de file du xixe siècle et du début du xxe savaient qu’ils devaient regarder vers l’avenir ; l’émergence du mouvement nationaliste, l’un des principaux événements de l’époque, en témoigne de façon éloquente. En 1880, une quarantaine de leaders acadiens, dont Gilbert-Anselme Girouard, assistèrent à Québec à un congrès de francophones des quatre coins du Canada. Ils se rendirent compte que les Acadiens constituaient un groupe unique au sein de la population francophone du pays et décidèrent d’organiser leurs propres assemblées, ce qui marqua du même coup l’aube de la renaissance de la nation acadienne. Aux congrès de 1881, 1884, 1890, 1900 et aux suivants, on discuta de questions allant de l’enseignement à la colonisation agricole, en passant par l’acadianisation de la hiérarchie de l’Église. Cela galvanisa la communauté. Des participants, notamment Stanislas-Joseph Doucet, débattirent des symboles autour desquels les Acadiens pourraient s’unir : une journée nationale, un drapeau, un hymne, un insigne et une devise. La section sur le mouvement nationaliste permet de mieux comprendre les stratégies élaborées par ceux qui l’initièrent.

Les biographies d’Acadiens du xixe siècle et du début du xxe figurant dans le présent ensemble thématique apportent un éclairage sur une période importante de l’histoire canadienne. Vous êtes invités à découvrir la vie de ces personnages et les thèmes généraux qu’elle illustre.

 
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