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Wetherell, James Elgin, éducateur, éditeur, auteur et fonctionnaire, né le 20 septembre 1851 à Port Dalhousie, Haut-Canada, deuxième enfant de James Solomon Wetherell et de Sarah Jane Hilts ; le 15 août 1878, il épousa à Weston (Toronto) Rebecca Randle Nason (décédée le 29 mai 1912), et ils eurent trois enfants, puis le 2 août 1916, à Toronto, Margaret Theresa Hübner Smith (décédée le 2 avril 1933), et le couple n’eut pas d’enfants ; décédé le 20 octobre 1940 à Toronto et inhumé deux jours plus tard au cimetière Mount Pleasant, dans la même ville.

James Elgin Wetherell s’écarta, avec sa carrière dans les domaines de l’éducation et de l’édition, des antécédents professionnels de sa famille : son père était forgeron et carrossier, tandis que le reste de sa fratrie trouva du travail dans les métiers qualifiés et la vente au détail. En 1853, les Wetherell s’installèrent à Newmarket, dans le comté de York ; James Elgin y fit ses études secondaires de 1869 à 1872. Il s’inscrivit ensuite au University College de la University of Toronto, où il étudia les lettres classiques et reçut un certain nombre de prix et de bourses.

Après avoir obtenu une licence ès arts en 1877, Wetherell enseigna le latin pendant deux ans au Canadian Literary Institute à Woodstock, remplit les fonctions de directeur du St Marys Collegiate Institute à partir de 1879, puis accepta la direction de la Strathroy Grammar School en 1883. Il conserva son poste dans cet établissement, transformé en école secondaire en 1885, jusqu’en 1906. Ses élèves gardèrent de lui le souvenir d’un travailleur acharné, partisan d’une discipline stricte, mais juste, qui ne croyait pas aux châtiments corporels et qui préférait diriger sa classe en gagnant le respect et en affichant une conduite morale irréprochable. Stephen Butler Leacock* se rappela que Wetherell lui avait donné « [sa] première leçon sur la bonté humaine comme élément nécessaire à l’humour ». Durant la période qu’il passa à Strathroy, Wetherell acquit de l’ambition : en 1891, il posa sa candidature pour le poste de directeur d’un nouvel établissement secondaire situé dans l’ouest de Toronto et, en 1895, il tenta d’obtenir une position de professeur de latin au University College. Aucune de ces candidatures ne fut retenue, mais les deux recueils de lettres de recommandation que Wetherell compila prouvent le soutien qu’il reçut de la part de nombreux collègues des écoles du sud de l’Ontario pour son travail administratif et pédagogique. Wetherell poursuivit sa relation avec la University of Toronto en 1905, à titre de représentant des enseignants du secondaire de la province au sein de son conseil universitaire. En succédant à John Seath*, il devint l’un des deux inspecteurs provinciaux des écoles secondaires en 1906, poste qui l’amena rapidement à Toronto et qu’il occupa jusqu’en 1917. Dès lors, ses autres principaux domaines d’intérêt, soit l’écriture et l’édition, déterminèrent sa carrière. Dans les années 1880, il avait commencé à préparer des livres de classe pour le département de l’Éducation et, entre 1917 et 1924, il y dirigea la publication des manuels scolaires. En 1927, la maison d’édition écossaise Thomas Nelson and Sons lengagea comme éditeur pour le Canada.

Durant les années où il fut administrateur scolaire, Wetherell – même s’il l’avait fait à titre de directeur d’école secondaire, soit d’une position privilégiée – avait participé à la croissance et au regroupement des écoles secondaires de la province. Malgré son amour pour les lettres classiques et malgré la réputation de la solide formation générale donnée à Strathroy, attribuable en grande partie à ses efforts, Wetherell fut aussi partisan du « nouvel enseignement », courant pédagogique qui aurait certains effets sur les écoles de la province [V. Clarence Bartlett Edwards* ; John Millar*]. Dans un discours prononcé en 1886 devant l’Ontario Teachers’ Association, il plaida pour un programme qui allait au delà de l’enseignement par les livres et qui avait pour mission le développement de « l’être entier, le mental, le moral et le physique ». En 1899, il écrivit à Richard Harcourt, ministre de l’Éducation et collègue réformiste, pour déplorer que des élèves des régions rurales délaissaient les écoles secondaires pour les écoles de commerce. Wetherell proposa un calendrier et un programme scolaires semblables à ceux qu’il avait instaurés à Strathroy, qui permettaient aux élèves de commencer leur année au début de novembre, après les récoltes, et d’étudier une variété de matières commerciales, ainsi que d’autres plus générales. Ce programme, observa-t-il, avait considérablement amélioré la fréquentation de cette école ; selon lui, les écoles secondaires devaient répondre « aux demandes raisonnables de toutes les classes » de la société.

Même si Wetherell croyait aux nouvelles méthodes pédagogiques, les livres restèrent au centre de sa vie. Il dirigea la publication de recueils de poèmes, dont, à Toronto, Later Canadian poems (1893) et Poems of the love of country (1905), ouvrage comprenant beaucoup d’auteurs canadiens. Au cours de la réalisation de ces projets, il correspondit avec certaines des plus grandes figures littéraires du pays, dont Archibald Lampman*, William Bliss Carman*, Duncan Campbell Scott*, Charles George Douglas Roberts* et Emily Pauline Johnson*. Outre des anthologies générales de poèmes anglais et américains récents, Wetherell fit paraître des morceaux choisis d’auteurs comme Tennyson, Wordsworth, Byron, Scott et Longfellow, et publia, parmi d’autres études de la période classique, des éditions d’œuvres de Cicéron et de Virgile. Son dévouement pour la culture canadienne embrassait l’histoire du pays, champ d’intérêt qui l’amena à publier à Toronto, en 1930, The story of the Canada Company, puis, en 1937, Three centuries of Canadian story, ouvrage illustré principalement par Charles William Jefferys*. Wetherell aimait voyager à l’étranger et visiter les « maisons et lieux de prédilection » de ses auteurs préférés. Ses comptes rendus de ses aventures, en particulier Over the sea : a summer trip to Britain, publié à Strathroy, d’abord dans un journal en 1890, puis en livre en 1892, confirment sa passion pour l’histoire et sa croyance dans le rôle important de la culture sur les plans moral et pédagogique ; ils révèlent aussi un style vivant, quoique parfois hyperbolique. Il collaborait souvent à divers journaux et revues ; à la fin des années 1890 et au début des années 1900, la Modern Language Association of Ontario publia un certain nombre de ses articles. Wetherell participa également à différents projets destinés au renforcement des capacités intellectuelles et morales et à la création d’une identité nationale : il fut l’un des fondateurs de la Champlain Society, remplit à une certaine époque les fonctions de président et d’administrateur du Strathroy Mechanics’ Institute, et fut membre du Canadian Club.

Peu d’éléments subsistent pour fournir une bonne idée de la vie privée de Wetherell. Élevé dans la foi méthodiste épiscopale, il était presbytérien à l’époque du recensement de 1891 et fréquentait déjà l’église anglicane St Paul de Toronto en 1919. Sa seconde femme, Margaret Theresa Hübner Smith, qui était sa cadette d’une vingtaine d’années, appartenait à l’Église d’Angleterre. Enseignante au secondaire quand elle se maria, elle était aussi journaliste et s’intéressait particulièrement aux questions relatives au logement. Il semble que Wetherell ait transmis son amour de la littérature, des voyages et de l’histoire à sa fille, Alice, dont les travaux parurent notamment dans Saturday Night (Toronto) ; elle publia également une courte biographie de son père dans Western Ontario Historical Notes, à London, en 1951.

La carrière de James Elgin Wetherell comportait une variété d’activités étroitement liées qui, ensemble, témoignent de sa détermination enthousiaste envers l’éducation et l’apprentissage dans la société ontarienne de la fin du xixe et du début du xxe siècle. Wetherell contribua non seulement au développement de l’enseignement secondaire, mais il fit partie d’un grand cercle d’auteurs et d’éditeurs qui définirent certains aspects de la culture littéraire et savante de la province durant cette période.

Cecilia Morgan

James Elgin Wetherell est le compilateur de Testimonials […] (s.l., 1891 ; reproduction no 28825 de l’ICMH) et d’Application and testimonials […] ([Toronto ?, 1895 ?] ; exemplaire aux UTARMS).

AO, F 5 ; RG 2-42, files 4121, 4338, 4340, 6920 ; RG 80-5-0-78, no 12736 ; RG 80-5-0-847, no 4929 ; RG 80-8-0-451, no 3838.— BAC, Déclarations de recensement du Canada de 1911, Toronto North, Ward 4 : 10 ; R233-34-0, Newmarket, Ontario, dist. 43, subdist. D : 12 ; R233-35-2, St Mary’s, Ontario, dist. 171, subdist. B, div. 2 : 36 ; R233-36-4, Strathroy, Ontario, dist. 93, Ward 1 : 22 ; R233-37-6, Strathroy, dist. 90, subdist. H, div. 2 : 4.— Univ. of Toronto Libraries, Thomas Fisher Rare Book Library, ms coll. 00028 (James Elgin Wetherell papers).— UTARMS, A1973-0026/507(72–74).— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898 et 1912).— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), vol. 3.— Famous and successful S.D.C.I. [Strathroy Dist. Collegiate Instit.] students and graduates : a history of the school and students, J. G. Sifton, compil. (Strathroy, 2007).— R. D. Gidney et W. P. J. Millar, Inventing secondary education : the rise of the high school in nineteenth-century Ontario (Montréal et Kingston, Ontario, 1990).— History of the county of Middlesex […] (Toronto et London, Ontario, 1889 ; réimpr., introd. par D. [J.] Brock, Belleville, Ontario, 1972).— Robert Lecker, « Nineteenth-century English-Canadian anthologies and the making of a national literature », Rev. d’études canadiennes (Peterborough, Ontario), 44 (2010), no 1 : 91–117.— Albert et Theresa Moritz, Stephen Leacock : his remarkable life (Markham, Ontario, 2002).— R. M. Stamp, The schools of Ontario, 1876–1976 (Toronto, 1982).— Alice Wetherell, « James Elgin Wetherell, b.a., 1851–1940 », Western Ont. Hist. Notes (London), 9 (1951) : 16–33.

Bibliographie générale

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Cecilia Morgan, « WETHERELL, JAMES ELGIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 avril 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/wetherell_james_elgin_16F.html.

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Auteur de l'article:   Cecilia Morgan
Titre de l'article:   WETHERELL, JAMES ELGIN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2017
Année de la révision:   2017
Date de consultation:   25 avril 2017