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TONSAHOTEN (Tonsanhoten, Tonsohoten), baptisé François-Xavier (Pierre), Huron, premier Indien chrétien de la mission Saint-François-Xavier de la Prairie-de-la-Magdelaine.

Tonsahoten avait été baptisé par le père Léonard Garreau, compagnon des Martyrs canadiens. Il fut adopté par les Onneiouts après la destruction de la Huronie. Guerrier valeureux, il était d’un tempérament assez difficile.

Vers 1656, à Onneiout, il épousa Catherine Gandeacteua. En novembre 1667, le père Jacques Bruyas*, jésuite, se rendit à leur village. Ce fut à point nommé, car François-Xavier et sa femme devaient partir pour Montréal et Québec, où ils espéraient trouver des Robes Noires. L’Indien recommanda à son épouse de bien traiter le missionnaire et de se faire enseigner les prières des chrétiens. Un peu plus tard, à la suggestion de Catherine, il décida de se rendre à Montréal dans l’intention de se faire soigner à l’Hôtel-Dieu pour un mal de jambe. D’après le père Claude Chauchetière*, jésuite, c’est comme compagnon de Charles Boquet, interprète du père Bruyas, que Tonsahoten aurait quitté Onneiout avec sa femme, sa belle-mère, son père et deux ou trois connaissances. Sitôt guéri, il quitta l’Hôtel-Dieu pour Québec. Sa femme et ses amis y furent baptisés et confirmés, et Mgr de Laval* bénit le mariage de François-Xavier et de Catherine.

Vers la fin de 1668, dès leur retour à Montréal, le père Pierre Raffeix*, jésuite, invita Tonsahoten et ses gens à s’établir à la Prairie-de-la-Magdelaine. Au printemps suivant, François-Xavier y éleva sa cabane. Peu après, avec son épouse, il conduisit plusieurs Onneiouts à Québec. Ils se convertirent au christianisme et voulurent demeurer près de lui. Ainsi débuta la mission Saint-François-Xavier.

À l’été de 1671, les néophytes élirent deux chefs : François-Xavier fut le premier capitaine. De concert avec le chef spirituel laïque, qu’on appelait « dogique », il décida que, pour faire partie du village chrétien, il fallait abandonner l’idolâtrie, la polygamie et l’ivrognerie. Avec son épouse, il devint membre de la Confrérie de la Sainte-Famille.

Un peu avant le décès de sa femme, en 1673, on apprit que François-Xavier était mort. La nouvelle était fausse, et à son retour, en action de grâces, il offrit à la chapelle un grand collier de porcelaine, qui lui servait de parure à la guerre. Quand sa femme expira, il ne voulut rien que de chrétien à son enterrement. En outre, il distribua aux pauvres tous les biens de la défunte.

En 1678, quand le village se transporta de la Prairie-de-la-Magdelaine au saut Saint-Louis, François-Xavier Tonsahoten donna son champ pour la construction de la nouvelle chapelle. Comme témoignage de son affection pour la foi, il alla guerroyer, à l’âge de 60 ans. Il mourut en bon chrétien au saut Saint-Louis pendant l’hiver de 1688 : on l’appela « le pere des croyants », parce qu’il avait été le premier Indien chrétien de la mission Saint-François-Xavier.

Henri Béchard

Charlevoix, Histoire de la N.-F.— JR (Thwaites), LXIII : 154–182.— Positio super virtutibus servae Dei, Catharinae Tekakwitha (Rome, 1940).— The Positio on the virtues of the servant of God, Katharine Tekakwitha (New York, 1940).— Félix Martin, Relation des années 1673–1674 pour faire suite aux anciennes relations avec deux cartes géographiques (Paris, 1861).— Rochemonteix, Les Jésuites de la N.-F. au XVIIe siècle.— J.-G. Shea, History of the Catholic missions among the Indian tribes of the United States, 1529–1854 (New York, 1855).

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Henri Béchard, « TONSAHOTEN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 27 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/tonsahoten_1F.html.

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Auteur de l'article:   Henri Béchard
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   27 août 2014