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PARAT, ANTOINE, capitaine de brûlot, gouverneur de Plaisance (Placentia, T.-N.), décédé le 8 mars 1696.

Le 13 janvier 1685, la cour nomma Antoine Parat gouverneur de Plaisance après la mort du gouverneur La Poippe. Parat prit son poste le 2 juin suivant. Tout de suite, il recensa la colonie française de Terre-Neuve, qui comprenait alors 640 âmes, dont 474 engagés. Plaisance ne comptait que 18 maisons ; le reste de la population s’éparpillait dans une douzaine de ports, le long de la côte. Ces postes servaient de refuge à une soixantaine de navires pêcheurs qui recueillaient chaque année sur les bancs environ 140 000 quintaux de morue. Avec les moyens dérisoires dont il disposait, il n’était pas facile au gouverneur d’assurer la sécurité et de satisfaire aux besoins d’une population clairsemée et turbulente. L’un des premiers soins de Parat fut de réclamer une garnison plus nombreuse et la réfection du fort. En 1687 arrivait un détachement de 25 soldats, commandés par Philippe Pastour* de Costebelle, mais le gouverneur dut se contenter de restaurer sommairement le fort à ses frais.

Il vécut en bons termes avec le gouverneur anglais de Renewse et conclut avec lui un traité de neutralité. Il commerça aussi avec Boston afin d’obtenir les vivres et les fournitures nécessaires. Une grande rivalité existait cependant entre les pêcheurs français et anglais qui fréquentaient les alentours de Terre-Neuve, et chaque nation s’efforçait de faire des prises. Parat fit libérer une caiche anglaise saisie par des marchands français, ce qui n’empêcha pas un parti de 45 flibustiers de venir attaquer et piller Plaisance. Ils maltraitèrent le gouverneur et gardèrent la population prisonnière pendant six semaines. Parat crut la colonie perdue, demanda à la cour de construire un fort solide, de grouper les habitants et d’envoyer une frégate croiser sur les côtes. Il jugeait Terre-Neuve « le plus méchant pays du monde » et demandait son rappel.

Par ailleurs, il avait provoqué des plaintes en faisant la pêche, tenant un cabaret et faisant trafic de vivres et de munitions ; il entretenait une concubine, dont l’évêque de Québec dut le séparer, et eut des démêlés avec Costebelle, les habitants et les Basques. Une affaire épineuse avec un transfuge huguenot, nommé David Basset*, le desservit aussi auprès de la cour. Son rappel était décidé depuis 1687, mais Monbeton* de Brouillan, son successeur, ne put se mettre en route avant 1690. Parat, affolé par le siège et les mauvais traitements qu’il avait subis l’hiver précédent, partit en septembre 1690 sans même attendre l’arrivée de Brouillan. Les plaintes des habitants provoquèrent une enquête dont il se tira sans grand dommage. Il mourut le 8 mars 1696.

René Baudry

AN, Col., B, 11, 13, 15 ; C11c, 1.— BN, mss, Clairambault 1 016, ff.467–468.— Sixte Le Tac, Histoire chronologique de la Nouvelle France ou Canada depuis sa découverte (mil cinq cents quatre) jusques en lan mil six cents trente deux, éd. Eugène Réveillaud (Paris, 1888), 236s.— La Morandière, Hist. de la pêche française de la morue, I : 429–437, 440–444, 447, 449, et les sources qui y sont citées.— Robert Le Blant, Philippe de Pastour de Costebelle, gouverneur de Terre-Neuve puis de lîle Royale 1661–1717 (Paris et Dax, 1935), 54–71.

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René Baudry, « PARAT, ANTOINE », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/parat_antoine_1F.html.

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Auteur de l'article:   René Baudry
Titre de l'article:   PARAT, ANTOINE
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   23 avril 2014