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MOORE, FRANCES (Brooke), auteur, baptisée le 24 janvier 1724 à Claypole, dans le Lincolnshire, Angleterre, fille du révérend Thomas Moore, curate de Claypole, et de Mary Knowles ; elle épousa vers 1756 le révérend John Brooks, et ils eurent un fils et probablement une fille ; décédée le 23 janvier 1789 à Sleaford, dans le Lincolnshire.

Frances Moore passa son enfance et son adolescence, à la campagne, dans divers presbytères dont le ministre lui était apparenté. En effet, à la mort de son père, en 1727, elle déménagea avec sa mère et sa sœurs cadette, Sarah, dans le presbytère de ses grands-parents maternels, à Peterborough, et, après la mort de leur mère, les deux sœurs vécurent chez une tante et un oncle, dans le presbytère de ce dernier, à Tydd St Mary, Lincolnshire.

En 1748, Frances Moore avait quitté ce foyer, et, au cours des années 1750, elle écrivit de la poésie et des pièces de théâtre ; elle évoluait, semble-t-il, dans le cercle littéraire du romancier Samuel Richardson. Elle attira d’abord l’attention, dans le domaine littéraire, par la direction qu’elle assuma, sous le pseudonyme de « Mary Singleton, Spinster », d’un hebdomadaire, The old maid, qui parut du 15 novembre 1755 au 24 juillet 1756. Tout comme le Spectator d’Addison et Steele, le journal publiait, entre autres, des essais et des lettres, écrits dans un style vivant, sur des questions relatives au théâtre, à la politique, à la société et à la religion. The old maid devait être réimprimé à Londres, sous forme d’un livre, en 1764. En 1756, Frances Moore publia un bon nombre de poèmes et une pièce de théâtre, Virginie, jamais jouée. À l’été de cette année-là, elle était déjà mariée à John Brooke, rector de Colney, dans le Norfolk, et de plusieurs autres paroisses de Norwich ; Brooke partit pour l’Amérique du Nord en 1757, en qualité d’aumônier militaire.

Trois ans plus tard, Frances Brooke publiait, toujours à Londres, The letters of the Lady Juliet Catesby, to her friend Lady Henrietta Campley, une traduction du roman épistolaire de Marie-Jeanne Riccoboni, d’abord publié en français en 1759. Au moins six éditions de cette œuvre populaire parurent du vivant de Frances Brooke. Le premier roman de son cru, The history of Lady Julia Mandeville, roman épistolaire lui aussi, parut en 1763 et connut huit réimpressions du vivant de son auteur. Cet ouvrage se distingue du type de roman fondé sur la sensibilité en faisant, du personnage d’Anne Wilmot, l’amie de Julia, le portrait d’une féministe intelligente et pleine d’esprit. Il permet également de percevoir l’influence du mari de Frances Brooke, aumônier à Québec depuis 1760, en s’opposant à ce que les Britanniques laissent le Canada à la France en retour de la Guadeloupe, de même qu’en énonçant les principes qui devaient guider le gouvernement de cette colonie. « Le Canada, écrit-elle, du simple fait que sa possession apporte la sécurité à nos colonies, est pour nous d’une plus grande importance nationale que toutes les îles sucrières du globe ; et si ses habitants actuels sont encouragés à y rester, par la douceur de nos lois et par cette entière liberté de conscience à laquelle tout être raisonnable a droit ; si on leur apprend, par tous les moyens honnêtes, à aimer cette constitution qui les rend libres et à développer un attachement personnel pour le meilleur des princes ; s’ils sont attirés vers notre culte religieux en le voyant dans sa pure beauté, aussi éloignée de la surcharge de leurs futiles cérémonies que des formes trop dépouillées des dissidents ; si la population est stimulée et si les terres incultes sont colonisées, et si une industrie de pêche de la baleine est mise sur pied, nous le regarderons, à tous égards, comme une acquisition dépassant nos plus optimistes espoirs ! »

En 1763, Frances Brooke avait acquis quelque notoriété comme écrivain et elle appartenait à un cercle littéraire regroupé autour de Samuel Johnson. En juillet de cette année-là, elle fit voile vers Québec, pour y rejoindre son mari. Si elle a fait au moins un voyage en Angleterre en 1764, revenant à Québec à la fin de 1765, on pense qu’elle vécut à Québec jusqu’au départ de son mari pour l’Angleterre, trois ans plus tard. Frances Brooke et sa sœurs Sarah, qui l’avait accompagnée au Canada, prirent part à la vie sociale de l’entourage du gouverneur Murray et d’hommes comme le procureur général Francis Maseres*, qui la décrivait en 1766 comme « une femme très sensée, agréable, d’un esprit très cultivé et sans aucune pédanterie ni affectation », Henry Caldwell*, l’agent des terres de Murray, plus tard receveur général du Bas-Canada, Adam Mabane, membre du Conseil de Québec, que l’on croit apparenté à James Thomson, l’auteur de The seasons, et George Allsopp*, l’un des chefs de file du groupe des marchands adversaires politiques de Murray. Le gouverneur, qui trouvait John Brooke irascible, porté à l’intrigue politique et sociale, avait espéré que la présence de sa femme et de sa belle-sœurs « eût opéré un changement » chez l’aumônier, mais il jugea qu’ « au contraire elles intriguaient plus que lui ».

Pendant son séjour au Canada, Frances Brooke écrivit The history of Emily Montague, publié en Angleterre en 1769. Ce roman, qui adopte également la forme épistolaire de Julia Mandeville, rend compte de l’expérience vécue par l’auteur à Québec et de ses observations sur la société, la politique, la religion et le milieu environnant. La plupart des lettres sont écrites par le colonel Ed Rivers, amant d’Emily Montague, et par l’amie et confidente de cette dernière, Arabella Fermor. On prétend que Henry Caldwell a fourni le modèle du colonel Rivers, et Anna Marie Bondfield, la femme de George Allsopp, celui d’Arabella Fermor qui est aussi le nom de la jeune femme à laquelle Alexander Pope dédicaça The rape of the lock. Belinda, le personnage central du poème de Pope, est une belle et frivole coquette ; l’Arabella de Frances Brooke est aussi une coquette, mais intelligente et spirituelle. L’intrigue d’Emily Montague, sentimentale et romantique, se résume tout entière dans la cour que se font deux êtres et à ses complications. La disparité des deux protagonistes – l’homme conventionnel, à la sensibilité plutôt prosaïque, et la femme spirituelle, pleine de vie et de finesse – contribue à imprimer au roman une certaine tension. L’action se déroule en grande partie à Sillery, plus particulièrement à Mount Pleasant, où les Brooke vivaient, dans une ancienne maison de la mission des jésuites. Le Canada est d’abord perçu par les personnages anglais comme un pays sauvage. Celui qui le domestiquera, cependant, participera à une création, car il « verra l’ordre et la beauté sortir graduellement du chaos ». La romancière donne des descriptions détaillées des chutes Montmorency en été et en hiver, de la débâcle sur les rivières au printemps, de l’immensité du Saint-Laurent, de Québec et de ses environs vus du fleuve. L’hiver est une saison de gaîté et de festivités, dont les bals, les promenades et les courses en carrioles sur la neige contrebalancent le froid piquant.

En général, les personnages anglais de Frances Brooke trouvent les Canadiennes belles, pleines de vie et charmantes, mais manquant plus ou moins de cette importante vertu anglaise qu’est la sensibilité – jusqu’à ce qu’une jeune veuve de Kamouraska démontre que la sensibilité n’est pas une vertu uniquement britannique. Les filles de la campagne sont, elles aussi, charmantes, mais les hommes sont souvent présentés comme « indolents », bien que courtois et hospitaliers. On note que les Indiens ont du dédain pour les distinctions de rang et les richesses, et, à un moment donné, la forme de gouvernement des Indiens et leur mode de vie sont longuement décrits. Les femmes indiennes sort traitées avec plus de sympathie que les hommes, et le rôle qu’elles jouent dans le choix des chefs est mis en opposition avec le manque d’influence des Européennes.

La religion des Canadiens est un sujet de grand intérêt pour les Britanniques ; on note aussi l’austérité respective des différents ordres religieux et le côté attrayant de leurs costumes. On admire grandement certains membres de ces ordres religieux. La supérieure des ursulines, un personnage rappelant la mère Esther-Marie-Joseph de l’Enfant-Jésus [Esther Wheelwright], est décrite par Rivers ; il dit d’elle : « l’une des femmes les plus aimables que j’ai jamais connues et d’une attitude si bienveillante qu’elle inspire de l’affection à tous ceux qui la voient ;j’aime beaucoup sa conversation, bien qu’elle ait soixante ans et qu’elle soit religieuse ».

Une série de 13 lettres, dans le roman, écrites par sir William Fermor à un membre important du gouvernement britannique, porte sur la religion, la politique et le caractère des Canadiens. Fermor prévoit et approuve leur assimilation grâce à l’enseignement de l’anglais et à une éducation libérale qui diminuerait l’influence d’une religion « superstitieuse ». Il recommande que, même si la liberté de culte leur était accordée, « les habitants soient doucement amenés par la raison à une religion qui non seulement est préférable parce qu’elle est celle du pays auquel ils sont maintenant annexés, mais qui est beaucoup plus propre à faire leur bonheur et leur prospérité comme peuple ». Les Brooke étaient eux-mêmes perçus comme adhérents au « parti des bureaucrates », composé majoritairement de marchands britanniques qui faisaient affaire depuis Québec et Montréal, et qui, dans l’intérêt de leur commerce, demandaient l’assimilation politique, sociale et économique de la colonie à l’Empire britannique. Frances Brooke observe, dans son roman, que la politique n’est pas du domaine des femmes ; selon Mabane, toutefois, le parti des bureaucrates « accorde une attention particulière à Mme Brookes, soit par crainte de sa mauvaise langue, soit par gratitude pour les bons offices » qu’elle pouvait rendre « autour des tables de the de Londres ». Vraisemblablement, néanmoins, John Brooke s’avéra la principale source pour les renseignements contenus dans les lettres de William Fermor, comme des attitudes adoptées.

Les personnages anglais de Frances Brooke quittent le Canada avec regret. Arabella, qui en novembre voyait Québec «comme une ville de campagne de troisième ou de quatrième ordre en Angleterre », en avait décidé autrement en juin : « Je préférerais vivre à Québec, tout considéré, plutôt que dans n’importe quelle ville d’Angleterre, Londres exceptée ; la manière de vivre ici est agréable à un degré peu commun ; le paysage tout autour de nous est ravissant, et les façons de s’amuser nous le font goûter parfaitement. » Frances Brooke retourna en Angleterre avec son mari à la fin de 1768. Fanny Burney, un auteur contemporain de la romancière, plus jeune qu’elle et membre du cercle littéraire de Johnson, la rencontra en février 1774 ;elle note dans son journal sa première impression à savoir que Frances Brooke « est de très petite taille et grasse, qu’elle louche, mais a l’art de rendre la laideur agréable. Elle est très bien élevée et s’exprime avec beaucoup de modestie sur tous les sujets ;chez une femme auteur, d’une intelligence reconnue cela fait extrêmement plaisir. »

Pendant les 20 années qui suivirent son retour en Angleterre et la publication d’Emily Montague, Frances Brooke publia deux traductions, écrivit une tragédie et les livrets de deux opéras comiques, dont Rosina qui, représenté à Cavent Garden en 1782, obtint un succès immédiat tant sur la scène que sous sa forme imprimée. Vers 1773, Frances Brooke était devenue, conjointement avec son amie intime, la grande tragédienne Mary Ann Yates, directrice de la Haymarket Opéra House ; cette entreprise dura plusieurs années, mais semble n’avoir pas été, financièrement parlant, un franc succès. Frances Brooke publia au moins deux autres romans, The excursion, en 1777, sur un thème semblable à celui d’Evelina de Fanny Burney, qui paraîtra l’année suivante, et The history of Charles Mandeville, publié en 1790, après sa mort, et qui est une suite à Julia Mandeville. Peut-être est-elle aussi l’auteur de All’s right at last ; or the history of Miss West, publié en 1774, un roman épistolaire dont l’action se passe en grande partie au Canada. Bien qu’écrit à la hâte et comportant plusieurs faits erronés, le roman présente des thèmes, des attitudes et des éléments stylistiques qui font penser à Frances Brooke comme auteur possible ; le roman contient un bon nombre de lettres, d’un style vivant, de correspondants du Canada, absents d’Emily Montague, et constitue une autre source de renseignements, qui inclut cette fois Montréal et Trois-Rivières, sur la haute société britannique du Canada au {{xviii}}e siècle. En 1787, Frances Brooke était installée à Sleaford avec son fils, John, alors vicar de Helpringham et rector de Folkingham. Elle y mourut le 23 janvier 1789, deux jours après son mari, apparemment « d’une maladie spasmodique ».

Frances Brooke fut un membre renommé du cercle littéraire de Londres, respectée pour ses talents de romancière, d’écrivain de théâtre, de traductrice et d’essayiste. Dans le domaine de la fiction, elle apporta une contribution au roman du xviiie siècle, fondé sur la sensibilité, et renouvela l’intérêt pour le roman épistolaire tout en collaborant au mouvement plus nouveau qui entraînait le roman vers un plus grand réalisme. Sa meilleure réussite dans le domaine de l’opéra, Rosina, conserve encore de l’intérêt et ses romans, Julia Mandeville et Emily Montague, ont été réimprimés au xviiie siècle. Frances Brooke laisse voir ses convictions féministes à travers la finesse, l’humour et l’indépendance d’esprit des principaux personnages féminins de ces deux romans. Son apport le plus important à la littérature canadienne reste Emily Montague, le premier roman à être écrit en Amérique du Nord, qui exprime avec grâce, esprit et intelligence ce que cela représentait de vivre au Canada au xviiie siècle.

Lorraine McMullen

Frances Moore a écrit plusieurs romans publiés à Londres ; son ouvrage le mieux connu au Canada est The history of Emily Montagne, in four volumes, by the author of Lady Julia Mandeville (1769). Il a été réédité à Londres en 1777, 1784 et 1800, et au Canada, d’abord à Ottawa en 1931, avec une introduction et des notes de Lawrence Johnston Burpee* et un appendice de Frederick Philip Grove*, puis à Toronto, en 1961, avec une introduction de Carl Frederick Klinck. Ce roman a aussi été publié sous le titre Histoire d’Émilie Montague, par l’auteur de « Julie Mandeville », J.-B.-R. Robinet, trad. (4 tomes en 2 vol., Amsterdam, 1770), et Historie van Emelia Montague, door den schryver van « Lady Julia Mandeville » (2 vol., Amsterdam, 1783). À Paris, paraissait, en 1770, l’Histoire d’Émilie Montague, par MBrooke, imitée de l’anglois par MFrenais, suivie, en 1809, d’une nouvelle édition s’intitulant Voyage dans le Canada, ors histoire de Miss Montaigu, T. G. M., trad.

All’s right at last ; or the history of Miss West (2 vol., Londres, 1774), un autre roman dont le récit se situe en grande partie au Canada, a été attribué à Frances Moore. Il a été traduit sous le titre Histoire de Miss West, ou l’heureux dénouement, par Mme ******, auteur de « L’histoire d’Émilie Montagu » (2 vol. en 1, Rotterdam, 1777).

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Bibliographie générale

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Lorraine McMullen, « MOORE, FRANCES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/moore_frances_4F.html.

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Auteur de l'article:   Lorraine McMullen
Titre de l'article:   MOORE, FRANCES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   2 septembre 2014