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MONTFERRAND (Montferan), dit Favre, JOSEPH (mieux connu sous le nom de Jos (Joe) Montferrand), « voyageur », « homme de chantier », homme fort et figure légendaire, né le 25 octobre 1802 à Montréal, fils de François-Joseph Favre, dit Montferrand, voyageur, et de Marie-Louise Couvret, décédé le 4 octobre 1864 dans sa ville natale.

Joseph Montferrand, dit Favre, du nom de son grand-père, François Favre, dit Montferrand, était le troisième de la lignée des Montferrand. Son grand-père, un soldat dans les troupes du chevalier de Lévis*, s’était établi à Montréal après la conquête de la Nouvelle-France, et il y avait ouvert une salle d’escrime. Taillés en hercule, réputés pour leur force musculaire, les Montferrand avaient acquis une certaine renommée dans les faubourgs populaires montréalais où les gens avaient le culte de l’adresse et de la force physiques. Le faubourg Saint-Laurent qu’ils habitaient comptait, selon Benjamin Sulte*, « une dizaine de salles de boxe et beaucoup de tavernes » où matelots étrangers et voyageurs s’affrontaient en combat singulier sous l’œil amusé des badauds et parfois des soldats et des bourgeois qui partageaient avec le peuple l’amour du « noble art ».

C’est dans ce faubourg cosmopolite, haut en couleurs, que grandit Joseph Montferrand. On a dit qu’il apprit de sa sœur Hélène – il eut aussi deux frères – le petit catéchisme et de son père l’art de la savate et de la boxe ; c’est bien à tort puisque celle-ci naquit le 9 novembre 1804 et que celui-ci mourut prématurément le 16 septembre 1808. Ses dons naturels en firent assez tôt un « boulé » (de l’anglais bully : fier-à-bras) respecté. À l’âge de 16 ans, Montferrand avait déjà presque atteint sa stature d’homme. Mesurant près de six pieds et quatre pouces, le teint clair, les yeux bleus et la chevelure blonde, il n’avait cependant rien d’une brute. Ses contemporains semblent avoir été frappés par l’harmonie de ses traits et la noblesse de sa démarche. C’est moins sa force physique qui impressionnait que son agilité et sa souplesse. Charretier de son métier, il s’imposa vers 1818 comme le coq du faubourg Saint-Laurent en rossant trois malotrus qui terrorisaient les gens. À la même époque, il releva sur le Champ de Mars, devant une foule d’amateurs, le défi d’un boxeur anglais qui se proclamait champion. D’un coup de poing, il le mit hors de combat. En 1820 ou 1821, de passage à Kingston, Haut-Canada, où l’avait amené son métier de charretier, il battit un mulâtre, instructeur de boxe, pour lequel la garnison nourrissait une grande admiration. Ces deux exploits lui valurent la célébrité. On se mit à dire que Jos Montferrand « frappait comme la ruade du cheval » et qu’il « maniait la jambe comme un fouet ».

Comme nombre de jeunes de son entourage, Montferrand entendit l’appel de l’Ouest au contact des voyageurs qui venaient dépenser leur argent dans les auberges du faubourg. En 1823, à l’âge de 21 ans, il s’engagea au service de la Hudson’s Bay Company. Nous ne connaissons rien de ses activités durant les quatre années qu’il passa à l’emploi de cette compagnie. En 1827, il entra au service de Joseph Moore qui exploitait les pinèdes de la rivière du Nord, Bas-Canada. Par la suite, il travailla pour Baxter Bowman, marchand de bois, dont les chantiers étaient situés sur le haut de la rivière Outaouais. Tour à tour contremaître, guide de « cages », homme de confiance des patrons, Montferrand allait durant une trentaine d’années mener la vie aventureuse des hommes de chantier. L’automne, il quittait Montréal avec ses hommes qu’il conduisait sur le haut Outaouais s’arrêtant à toutes les buvettes qui jalonnaient la route. Des mois durant, les hommes s’affairaient à la coupe du bois, se levant à la « barre du jour » et trimant ferme jusqu’à la tombée de la nuit. Au printemps, les bûcherons devenaient « draveurs ». Alors commençait le flottage des billots vers le bas Outaouais où ils étaient rassemblés en cages qu’on conduisait au gré du courant jusqu’au port de Québec. Les hommes s’attardaient à Québec et à Montréal où ils étaient toujours disposés à faire étalage de leur force et de leur adresse, et, l’occasion se présentant, à louer leurs talents aux organisateurs d’élections.

Montferrand se complaisait dans cette vie errante qui l’amena à passer une partie de son existence dans les « points chauds » du Bas-Canada: les chantiers, les ports et les tavernes, là où régnait la loi du plus fort et où les boulés de chaque ethnie défendaient avec vaillance l’honneur de leur race. Montferrand, parce qu’il était le plus fort et le plus souple, était roi. Mais tout roi qu’il était, il devait sans cesse défendre sa couronne. Aussi à plus d’une reprise dut-il relever des défis ou se sortir de guet-apens. Sa vie aventureuse est jalonnée d’exploits dans lesquels priment l’adresse, la souplesse et la force. En 1828, à Québec, sur le quai de la Reine, Montferrand aurait battu un champion de la marine anglaise devant une foule considérable. L’année suivante, sur le pont de chêne qui menait de Hull à Bytown (Ottawa), il aurait mis en déroute une bande de « Shiners » [V. Peter Aylen] que la légende évaluera à 150. Lors de l’élection partielle marquée par la violence qui eut lieu à Montréal en mai 1832, il mit en déroute une bande de fiers-à-bras qui tentaient de faire un mauvais parti à son ami Antoine Voyer qui, d’un coup de poing, avait tué raide un adversaire que Montferrand avait jadis rossé. En 1847, toujours à Montréal, il défit un certain Moore, champion de boxe d’origine américaine. Par la suite, ses exploits se firent plus rares.

Sans doute Montferrand ressentait-il le poids des ans : depuis 1840, il n’allait plus dans le haut Outaouais ; il se contentait le printemps et l’été de diriger les « cageux » qui descendaient les cages jusqu’à Québec. Vers 1857, il se retira à Montréal, rue Sanguinet, où il avait une propriété. Âgé de 55 ans seulement, il était diminué physiquement ; les rhumatismes qui le rongeaient, l’avaient voûté. Mais il demeurait le roi de l’Outaouais et, dans son quartier, il était adulé comme un héros. Le 28 mars 1864, Montferrand, alors veuf de Marie-Anne Trépanier, épousa Esther Bertrand qui lui donna un fils posthume, Joseph-Louis, qui atteignit la stature de son père. Montferrand s’éteignit dans sa demeure, le 4 octobre 1864.

Bien avant de mourir, Montferrand était entré dans la légende qui allait embellir sa vie et grandir ses exploits. Le héros y a connu deux destins, celui que lui assigne la tradition orale (folklorique) et celui que lui fixèrent les prosateurs. De son vivant même, peut-être avant les années 1840, Montferrand était un héros dont on grossissait les exploits aussi bien dans les tavernes et les camps de bûcherons qu’à la maison. André-Napoléon Montpetit* a écrit : « Je n’avais pas huit ans, lorsque Joe Montferrand s’installa, à plein cadre, dans mon imagination, en effaçant de sa personnalité nationale les formes fantastiques des contes de [Charles] Perrault. » Pour sa part, Wilfrid Laurier* écrivait déjà en 1868 qu’« aucun nom, après celui du grand Papineau [Louis-Joseph Papineau*], n’a été plus popularisé, partout où sur la terre d’Amérique, se parle la langue de France ». Les exploits les plus marquants que la tradition orale semble lui avoir attribués sont la mise hors de combat des plus célèbres boulés anglais, irlandais, écossais et noirs, la mise en déroute de 150 Shiners sur le pont de Hull à Bytown, l’estampillage de son talon sur le plafond des tavernes grâce à une « flippe » (culbute) époustouflante, le lever de sa charrue à bout de bras et d’une seule main. Il est impossible d’être très précis à ce chapitre, car on ne sait pas dans quelle mesure le volume de Sulte, qui a été lu partout, a influencé la tradition orale. Montpetit écrit que « les panégyristes populaires en ont profité pour mettre à son crédit une foule d’histoires et de hauts-faits du genre, qui lui sont parfaitement étrangers, pendant qu’ils défigurent ou dénaturent à plaisir, ses exploits réels ». Le Montferrand de la tradition doit beaucoup au besoin de fantaisie et de merveilleux inné en l’homme, mais il y a gros à parier que bien des traits du héros visaient à valoriser la collectivité et à exorciser les frayeurs populaires. Les héros sont aux petits groupes ce que sont les compensations aux individus.

Faute d’un corpus de légendes, il nous est impossible de suivre la tradition orale. En 1868, Laurier est le premier prosateur à tenter de populariser le héros de la tradition orale. Alors commence la troisième vie de Montferrand dans laquelle il ne sera ni un être réel ni un être folklorique, mais une figure populaire dont l’image sera véhiculée par l’imprimé d’abord (Montpetit, Sulte, etc.), puis le théâtre (Louis Guyon*) et la chanson (La Bolduc [Mary Travers*], Gilles Vigneault). Comme figure populaire, Montferrand en vint à incarner les idéaux, l’éthique et les aspirations de la collectivité canadienne-française. Les prosateurs ont retenu et accentué les éléments qui dans la tradition orale correspondaient le plus à leur vision de la société canadienne-française. Le Montferrand de Montpetit et de Sulte est le prolongement de l’idéologie cléricale, ruraliste et nationaliste des élites. Ce n’est pas un enfant de chœur, mais il aurait pu l’être. D’une grande douceur de caractère, il manifeste de la piété dans son enfance, et un sulpicien le cite en exemple quand il fait sa petite communion. Il a une grande confiance en Dieu, une profonde vénération pour la Sainte Vierge et sait d’instinct qu’il ne devra utiliser sa force que pour redresser les torts et punir les méchants. Il protège les enfants de son quartier et, plus tard, les veuves. Il quête pour les miséreux et les prisonniers. Il n’aime pas la bagarre, « mais règle son humeur d’après la justice et le droit ». Les mécréants qu’il châtie sont toujours des ennemis ou de la religion ou de la patrie ou du peuple. S’il relève un défi pour l’honneur, il remet au vaincu la recette du combat. À ceux qui lui suggèrent d’avoir sa revanche, il répond : « J’aime beaucoup mieux pardonner que me venger. » Montferrand avait un faible pour le beau sexe, mais Montpetit tait ses exploits nocturnes « pour maintenir notre héros sur un fonds de lumière et de poésie ». Sulte pour sa part n’hésite pas à faire de ce voyageur le prophète de la colonisation : sur la ferme de Bowman au lac des Sables, près de la rivière du Lièvre, Montferrand aurait prêché la conquête des terres neuves – « autrement l’Anglais nous écrasera ». Au xixe siècle, les prosateurs ont donc sanctifié et nationalisé Jos Montferrand, comme l’Église avait sacralisé les fêtes populaires, la toponymie, les associations et la société tout entière.

Tant par les récits des bûcherons que par les écrits distribués par certaines compagnies engagées dans la coupe du bois, la légende folklorique et le récit populaire ont circulé à travers les forêts nord-américaines de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique. Tantôt Montferrand équarrit les Laurentides, tantôt il passe au rouleau les plaines de la Saskatchewan, tantôt il entaille un érable de 600 pieds de haut. George Monteiro a analysé la légende de Montferrand aux États-Unis. Celle-ci serait d’abord apparue en Nouvelle-Angleterre, vers les années 1870, où des immigrants canadiens-français l’auraient importée. Ce n’est qu’au tournant du siècle qu’elle se serait répandue dans les centres d’abattage du Michigan, du Wisconsin et du Minnesota. Le héros s’appellerait Mouffreau, Mufferon, Maufree, Murphy, etc. Monteiro accepte l’hypothèse de Max Gartenberg, à savoir que ce serait W. B. Laughead de la Red River Lumber Company qui, le premier, aurait associé dans ses écrits Montferrand au célèbre Paul Bunyan, le héros légendaire américain. Cette compagnie distribuait largement ces écrits où Montferrand était réduit au rôle de cuisinier de Bunyan. Ce Montferrand assimilé ne ressemble guère au héros de la légende canadienne : « Joe Le Mufraw était énormément bas sur pattes, poilu et tout en largeur. Ses membres inférieurs bombés faisaient penser à des défenses de mammouth coupées à la racine [...] On aurait dit un homme sans cou, sa tête ne faisant qu’un avec ses épaules, telle une bosse de chameau noir. »

La légende de Montferrand pose deux problèmes aux historiens. Le premier est de savoir pourquoi la société canadienne-française a tellement valorisé les hommes forts et la force physique ? Nous pouvons avancer comme hypothèse que plus une collectivité se perçoit faible et menacée, plus elle s’accroche à des géants. Les légendes n’ont pas seulement une fonction répressive dans la société, elles en ont une aussi d’exaltation, de valorisation. Entre la situation des francophones en Amérique du Nord et leur culte des hommes forts, il y a plus qu’une simple coïncidence.

Le second est de connaître pourquoi parmi la dizaine d’hommes forts à qui on attribue des exploits souvent légendaires, Montferrand a Polarisé l’imagination populaire et l’attention des prosateurs au point d’atteindre une valeur d’exemplarité qui l’apparente par certains aspects à un mythe ? Laurier avait déjà, en 1868, formulé une réponse : « Le secret de cette popularité, c’est que Joe Montferrand réunit dans sa personne, tous les traits du caractère national et tous aussi complètement développés que le puisse comporter la nature humaine. Chez lui, la bravoure indomptée, la force musculaire, la soif des dangers, la résistance aux fatigues, – ces qualités distinctives du peuple d’il y a cinquante ans, – furent poussées à un degré presque prodigieux. En un mot, Joe Montferrand a été le Canadien le plus véritablement canadien qui se soit vu. » Pour notre part, nous y voyons trois raisons : la personnalité du héros, le lieu de ses exploits et le moment où il a vécu. Montferrand, qui était un athlète doté d’une belle prestance physique et qui ne s’est jamais exhibé dans un cirque, était de son vivant une figure attachante. Qu’il ait réalisé nombre de ses exploits contre les Shiners ou les orangistes et dans une région – l’Outaouais – qui fut durant 50 ans un no man’s land où s’opposèrent Irlandais et Canadiens, catholiques et protestants, commerçants anglais et colons francophones, le prédisposait à devenir un symbole à l’époque où s’élaborera une idéologie nationale axée sur la foi et la langue. Qu’il ait accompli ses exploits dans les décennies qui virent la disparition des coureurs de bois et des voyageurs, et l’écrasement des Patriotes par les troupes anglaises, le désignait pour servir de héros à un peuple nostalgique et inquiet, en quête d’un symbole sur lequel il pourrait projeter ses peurs, ses frustrations et ses rêves. Incapables de concrétiser leurs aspirations, les Canadiens français allaient, entre 1840 et 1880, bâtir le pays symbolique dans leur idéologie, leurs légendes, leur littérature et leur art. Dans la lutte qu’ils devaient continuer de mener contre l’Anglais et contre la nature, les Canadiens français trouvèrent dans la légende de Montferrand des raisons d’espérer et de se valoriser.

La légende ne s’est pas encore éteinte. Elle vit toujours dans les villes et les campagnes et resurgit plus vivace que jamais dans les temps difficiles. Durant la crise des années 1930, c’est peut-être lui que La Bolduc ressuscita sous les traits de Johnny Monfarleau. À l’orée de la Révolution tranquille, le poète Gilles Vigneault a fait de Montferrand un philosophe assis sur le cap Diamant. Ce nouveau Montferrand, fort différent de celui des générations précédentes en ce qu’il reflète les nouvelles valeurs de la culture québécoise, n’en continue pas moins d’être un élément du pays symbolique.

Gérard Goyer et Jean Hamelin

Jos Montferrand attend toujours son historien ou son folkloriste. Dans les conditions actuelles de la recherche, il est impossible de faire la part de l’histoire et de la légende, de restituer tant au voyageur qu’à l’être folklorique leur dimension réelle.

L’étude de Benjamin Sulte, Histoire de Jos. Montferrand, l’athlète canadien, parue à Montréal en 1899, a servi de base à la description que nous avons faite du personnage réel et du héros légendaire des prosateurs. Ce texte a connu plusieurs éditions antérieures à celle de 1899 : une première probablement en 1883, une deuxième en 1884, une troisième dans l’Almanach du peuple (Montréal) de 1896. Depuis 1899, il semble que la librairie Beauchemin de Montréal ait publié plusieurs éditions, dites populaires, du texte de Sulte. Toutefois, nous renvoyons le lecteur à l’article de Sulte intitulé « Jos. Montferrand » que Gérard Malchelosse* a annoté et publié dans le volume XII (1924) de ses Mélanges historiques (21 vol., Montréal, 1918–1934). Malchelosse y précise les dates relatives à la généalogie et à la vie du héros. Nous avons complété notre information par la lecture de l’ouvrage anecdotique d’André-Napoléon Montpetit, Nos hommes forts [...] (Québec, 1884), dont certains passages avaient paru dans l’Opinion publique du 9, 16, 23, 30 nov., 7, 21 déc. 1871 et du 25 févr. 1875, ainsi que dans le Moniteur acadien (Shédiac, N.-B.) du 3 et 10 nov. 1881. Sulte a fait des emprunts à Montpetit qui avait connu Montferrand vers 1863, sans doute par l’entremise d’Esther Bertrand, seconde épouse de Montferrand, élevée par l’oncle de Montpetit.

Vers 1866, le jeune Wilfrid Laurier avait écrit pour se distraire, alors qu’il se reposait à L’Avenir, Bas-Canada, une biographie de Montferrand. « Ces récits, note-t-il à son ami Médéric Lanctot*, roulaient sur Joe Montferrand, et un jour je m’aperçus que sans y penser, j’avais écrit presque toute la vie du célèbre voyageur. » Il confia à son ami le soin de les publier en feuilletons dans l’hebdomadaire l’Indépendance canadienne (Montréal) qui, après deux parutions- celles du 22 et du 25 avril 1868 –, serait disparu. Nous ne connaissons donc que l’introduction de la biographie qui contient une description fort pittoresque de la ville de Montréal. Dans la revue Asticou (Hull, Québec), n° 8 (déc. 1971) : 27–34, Gilles Lemieux a publié, avec une introduction, « la Vie de l’illustre Joe Montferrand par sir Wilfrid Laurier ». Il est regrettable que nous n’ayons pas en main les autres parties de l’article de Laurier qui, à notre connaissance, constitue la première biographie de Montferrand rédigée à partir de la tradition orale. À en juger par le texte de Laurier cité dans notre article, sa biographie collerait davantage à la tradition orale que celles de Montpetit et de Sulte, et n’aurait pas subi l’influence de l’idéologie clérico-nationaliste qui se développe après 1850. Le Recueil de légendes illustrées (Montréal, [1896]) de Ludger Gravel ainsi que les articles consacrés périodiquement à Montferrand dans les magazines et la presse de fin de semaine nous semblent des versions édulcorées de la biographie de Sulte. Signalons que Louis Guyon a composé une pièce de théâtre sur Montferrand en 1903.

Jean Du Berger de l’université Laval, qui a bien voulu relire notre article, a présenté quelques versions de la tradition orale de Montferrand dans son Introduction à la littérature orale (copie ronéotypée, Québec, 1971). Dans son article, « Histoire de Montferrand : l’athlète canadien and Joe Mufraw », Journal of American Folklore (Philadelphie), 73 (1960) : 24–34, George Monteiro fait une analyse intéressante de la légende de Montferrand aux États-Unis. Enfin, les dates de naissance, de mariage et de mort de Montferrand et de sa famille ont été minutieusement vérifiées aux ANQ-M, État civil, Catholiques, Notre-Dame de Montréal.  [g. g. et j. h.]

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Gérard Goyer et Jean Hamelin, « MONTFERRAND, dit Favre, JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/montferrand_joseph_9F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

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Auteur de l'article:   Gérard Goyer et Jean Hamelin
Titre de l'article:   MONTFERRAND, dit Favre, JOSEPH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   19 avril 2014