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McLEOD, NEIL, avocat, homme politique et juge, né le 15 décembre 1842 à Uigg, Île-du-Prince-Édouard, fils de Roderick McLeod et de Flora McDonald ; le 27 juin 1877, il épousa à Vernon River, Île-du-Prince-Édouard, Isabella Jane Adelia Hayden, et ils eurent un fils et cinq filles ; décédé le 19 octobre 1915 à Summerside, Île-du-Prince-Édouard.

Après avoir fréquenté l’école à Uigg, Neil McLeod alla étudier à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, d’abord à la Horton Academy puis à l’Acadia College, où il obtint une licence ès arts en 1869 et une maîtrise ès arts en 1872. Après un stage de droit dans un cabinet de Charlottetown, il fut reçu au barreau en 1873 et s’associa à Edward Jarvis Hodgson, avec qui il exercerait quelque temps avant d’entrer dans le bureau McLeod, Morson, and McQuarrie dans les années 1880.

En mars 1879, bien qu’il ait été sans expérience et n’ait pas été député à l’Assemblée législative, McLeod se vit confier la haute fonction de secrétaire et trésorier de la province dans le gouvernement libéral-conservateur formé par William Wilfred Sullivan à la démission du gouvernement de Louis Henry Davies*. Aux élections convoquées quelques jours plus tard, il remporta la victoire sans difficulté dans Charlottetown and Royalty. Il serait réélu à chaque scrutin jusqu’à son départ de la politique en 1893. Cependant, Donald Ferguson* lui succéda à titre de secrétaire et trésorier dès mars 1880. Il est probable que la nomination de McLeod à ce poste avait été en grande partie une tactique électorale. Néanmoins, il resta au cabinet de Sullivan, en tant que ministre sans portefeuille, jusqu’à son accession au fauteuil de premier ministre de la province en 1889. Aucune grande cause, aucune grande controverse ne marqua cette étape de sa carrière. McLeod était assidu aux séances de l’Assemblée et participait aux travaux, mais il avait tendance à intervenir uniquement au besoin, sans paroles inutiles. Toutefois, il fit adopter nombre de projets de loi intéressant Charlottetown, car il était attentif aux besoins de cette circonscription.

Selon toute apparence, McLeod avait des opinions progressistes et réformistes. Déjà, avant 1879, les travailleurs de Charlottetown et de la région s’étaient mis à revendiquer des lois pour protéger leurs droits, mais le gouvernement Davies hésitait à agir en cette matière. Pendant la campagne électorale de cette année-là, McLeod et son cocandidat, George Wastie DeBlois*, négocièrent avec les travailleurs en se disant favorables à une loi sur le privilège foncier des fournisseurs de matériaux de construction, à la suppression de l’emprisonnement pour dettes et à une loi définissant les droits des ouvriers. Satisfaits, les travailleurs votèrent pour eux, ce qui les aida à gagner. Certes, le Patriot de Charlottetown se demanda comment DeBlois pouvait être un candidat des travailleurs, mais il ne mit jamais en doute la sincérité de McLeod. Au cours de la session suivante, McLeod contribua à l’adoption du Mechanics’ Lien Bill, d’une mesure législative limitant radicalement l’emprisonnement pour dettes et d’un projet de loi sur les débiteurs indigents. Le caucus de Sullivan comptait des dissidents qui s’opposèrent aux projets de loi réformistes adoptés particulièrement pendant la première et la deuxième session du gouvernement, mais McLeod ne semble pas avoir été des leurs.

Le 19 novembre 1889, Sullivan démissionna et McLeod prêta serment à titre de premier ministre. Apparemment, la succession ne souleva aucune polémique. Le sénateur Samuel Prowse, tout en admettant le bien-fondé des prétentions de Ferguson, écrivit à sir John Alexander Macdonald* : « McLeod devrait être le chef [...] Je n’entends prononcer aucun autre nom. » McLeod convoqua des élections pour le 30 janvier 1890. Les libéraux de John Yeo, qui n’avaient guère de programme à mettre de l’avant, firent plutôt campagne en dénonçant les réalisations du gouvernement, médiocres selon eux. Pour sa part, McLeod insista sur la responsabilité financière de son gouvernement et sur le succès avec lequel celui-ci avait traité avec Ottawa. La suite du scrutin fut plus fertile en rebondissements que la campagne. Le gouvernement fut réélu de justesse (avec 16 sièges contre 14) et, au cours de la session suivante, il put compter, lorsque tous les députés étaient présents, sur une majorité de 15 à 14. Cependant, en mars 1891, trois députés de McLeod démissionnèrent pour se porter candidats sur la scène fédérale. Les libéraux remportèrent deux des élections partielles convoquées pour combler ces vacances et John Theophilus Jenkins, conservateur indépendant en froid avec son parti, gagna la troisième. Même en plaçant Jenkins du côté des conservateurs, les libéraux avaient la majorité.

Le gouvernement tenta alors une manœuvre étonnante. Le 17 avril, six jours avant l’inauguration de l’Assemblée, le Conseil exécutif demanda la dissolution. Son argument était le suivant : comme les partis étaient à égalité en Chambre, il était souhaitable de consulter le peuple sur deux questions en suspens depuis longtemps – la fusion de l’Assemblée et du Conseil législatif et la présentation d’une mesure visant à augmenter les recettes pour qu’elles équivalent aux dépenses. Le lieutenant-gouverneur, Jedediah Slason Carvell*, refusa. McLeod évita la crise constitutionnelle en remettant la démission de son gouvernement le 22 avril.

En tant que chef de l’opposition, McLeod promit d’assister le gouvernement de Frederick Peters « dans tous les cas où ce sera[it] dans l’intérêt du pays ». Il ne renonça pas pour autant à promouvoir certaines de ses idées-force. Il persista à réclamer l’abolition du Conseil législatif, seul moyen selon lui de réduire le déficit. Au cours du dernier débat sur le projet de loi de fusion de l’Assemblée et du Conseil, qui portait que la moitié des députés de la nouvelle Chambre seraient élus selon l’ancien mode de scrutin du Conseil législatif, fondé sur la propriété, il présenta sans succès un amendement en vue d’éliminer le cens électoral et de faire en sorte que tous les députés soient élus selon le mode de scrutin de l’Assemblée, soit le suffrage universel masculin. De plus, il croisa encore le fer avec Donald Farquharson* au sujet du libre-échange avec les États-Unis. Opposé à la réciprocité absolue, il favorisait « les relations commerciales les plus libres possibles [...] compte tenu des exigences du dominion et [des] liens [entre le pays] et la Grande-Bretagne ». Après la défaite de l’Acte de tempérance du Canada à Charlottetown en 1891, il continua de soutenir une loi sur l’attribution de permis raisonnables plutôt que la prohibition.

Neil McLeod fut nommé juge au tribunal du comté de Prince le 9 mars 1893. Il exerça cette fonction durant 22 ans et s’y fit une réputation enviable. Il mourut en octobre 1915 après une maladie d’environ trois mois. Une brève notice nécrologique parue dans le Charlottetown Guardian résume l’essentiel de sa personnalité et de sa carrière : « [c’était] un vieux de la vieille, [un homme] instruit, bien au fait des principes de la profession qu’il avait choisie, scrupuleusement honnête et droit [...] un observateur perspicace de la nature humaine, un raisonneur juste et sans préjugés, un juge tout à fait impartial ». McLeod fut inhumé le 22 octobre au cimetière Peoples de Charlottetown.

Frederick L. Driscoll

Acadia Univ. (Wolfville, N.-É.), Registrar’s office, alumni records.— AN, MG 26, A : 238379.— PARO, P.E.I. Geneal. Soc. coll., master name index ; RG 5, minutes, 1879–1892, particulièrement le 3 mars 1880, 19 nov. 1889, 17 et 22 avril 1891 ; RG 19, sér. 3, sous-sér. 3, 27 juin 1877.— Charlottetown Guardian, 20 oct. 1915.— Examiner (Charlottetown), 29 juin 1877, 15, 18 mars 1879, 27, 29 janv. 1890, 13 mars 1893, 19 oct. 1915.— Patriot (Charlottetown), 15 mars, 5 avril 1879.— Canada Gazette, 18 mars 1893.— Î.-P.-É., House of Assembly, Debates and proc., 1879–1892, particulièrement 1879 (28e assemblée générale, 1re, session) : 179 ; 1891 : 13s., 472, 478 ; 1892 : 337–339, 368 ; Journal, 1879–1892, particulièrement 1879 (27e assemblée générale, 3e session) : 17 ; (28e assemblée générale, 1er session) : 209s. ; 1886 : 31s., 190 ; 1891 : 2s. ; 1892 : 21s.

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Frederick L. Driscoll, « McLEOD, NEIL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcleod_neil_14F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   24 octobre 2014