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McDONALD, EDMUND MORTIMER, journaliste, homme politique et fonctionnaire, né le 29 septembre 1825 à Pictou, N.-É., fils de George McDonald, décédé le 25 mai 1874 à Halifax.

Edmund Mortimer McDonald compte parmi les nombreux jeunes gens des provinces maritimes qui firent leur apprentissage dans le journalisme sous la direction de Joseph Howe, au Novascotian, au début des années 40. En 1847, il se porta acquéreur de l’Eastern Chronicle de New Glasgow, journal qu’il mit au service du parti réformiste dans le comté de Pictou. En reconnaissance des services rendus au parti, il fut nommé, en 1860, imprimeur de la reine dans la province de la Nouvelle-Écosse, poste qu’il occupa jusqu’à la reprise du pouvoir par les tories aux élections provinciales de juin 1863.

En novembre 1863, il s’associa à William Garvie pour fonder le Halifax Citizen, qui paraissait trois fois par semaine et qui, comme l’Eastern Chronicle, appuyait les réformistes. L’expérience de McDonald dans la rédaction de journaux et la plume satirique de Garvie firent du Citizen une feuille très en vue parmi les nombreux journaux publiés à Halifax au cours des années 60. Dans l’ensemble, le Citizen était en faveur d’une union des provinces maritimes ; en 1864, cependant, il s’opposa à l’union immédiate des colonies de l’Amérique du Nord britannique, dans un système fédéral tel que proposé par les Canadiens à la conférence de Québec. McDonald se méfiait des hommes politiques canadiens et il entraîna le Citizen dans une campagne qui atteignit presque à la violence contre les Résolutions de Québec ; ce fut le premier journal important en Nouvelle-Écosse à prendre position contre la Confédération.

Le gouvernement provincial ayant contourné l’opposition qui s’était tout d’abord manifestée, McDonald et Garvie furent au nombre de ceux qui créèrent la League for the Maritime Provinces (Anti-Confederation League). En septembre 1867, McDonald posa sa candidature dans la circonscription de Lunenburg, lors des premières élections fédérales canadiennes. Il fit sa campagne électorale et fut élu comme représentant du parti de la Nouvelle-Écosse, l’aile politique de l’Anti-Confederation League. Aux Communes, il fut un important porte-parole du mouvement qui réclamait la libération de la Nouvelle-Écosse des liens de la Confédération. Au printemps de 1868, pendant que Howe était à Londres pour défendre la cause de la ligue, McDonald présenta aux Communes une série de propositions demandant l’abolition de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique pour la Nouvelle-Écosse, déclarant que « les habitants de la Nouvelle-Écosse détestaient la Confédération non seulement en elle-même ou en raison des conséquences financières qui en découlaient, mais pour la façon dont elle leur avait été imposée ».

À l’instar de Joseph Howe et de plusieurs autres, McDonald se rendit vite compte qu’il était bien inutile de combattre plus longtemps la Confédération. Quand, en 1869, Howe réussit à obtenir de meilleures conditions pour la Nouvelle-Écosse, McDonald abandonna la lutte et, par la suite, le Citizen appuya la Confédération. McDonald supporta même le gouvernement de John Alexander Macdonald* à la chambre des Communes. Sa carrière politique reçut sa récompense en 1872 quand il fut nommé percepteur des douanes dans le port de Halifax, poste qu’il occupa, sans incident, jusqu’à sa mort prématurée deux ans plus tard. McDonald s’était marié et avait eu un fils qui mourut un an environ avant lui.

McDonald avait la plume facile et une grande perspicacité politique. Son opposition à la Confédération éveilla chez de nombreux politiciens de la Nouvelle-Écosse des sentiments qui ont été exploités avec succès depuis 1867. Son changement d’attitude en 1869 prouve qu’il pouvait juger des conséquences politiques qu’aurait entraînées, pour une petite province, un refus persistant de se joindre à la Confédération.

D. A. Muise

Le Report of the PANS, 1948, app. C, 35–56, contient deux lettres de McDonald à William Garvie expliquant son changement d’attitude en 18681869. V. : Eastern Chronicle (New Glasgow, N.-É.), 18471860, et Halifax Citizen, 18631869.— On peut trouver une notice nécrologique dans le British Colonist (Halifax), 28 mai 1874, et dans le Morning Chronicle (Halifax), 26 mai 1874. La thèse de ph.d. de K. G. Pryke, Nova Scotia and confederation, 186470 (Duke University, 1962), constitue le meilleur récit de seconde main des événements qui ont marqué la lutte contre le projet de la Confédération en Nouvelle-Écosse.  [d. a. m.]

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D. A. Muise, « McDONALD, EDMUND MORTIMER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcdonald_edmund_mortimer_10F.html.

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Auteur de l'article:   D. A. Muise
Titre de l'article:   McDONALD, EDMUND MORTIMER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   2 août 2014