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LAVIGUEUR, CÉLESTIN (baptisé Jean-Célestin), musicien et compositeur, né à Québec le 19 janvier 1831, fils de Jean Delage, dit Lavigueur, et de Marguerite Douglass, décédé à Lowell, Massachusetts, le 11 décembre 1885.

Célestin Lavigueur manifesta très tôt des dons pour la musique. Il semble s’être livré entièrement à l’étude de cet art après avoir interrompu ses études classiques au petit séminaire de Québec, à la fin de la syntaxe. Les leçons de violon qu’il reçut d’un amateur, le notaire François Huot, l’initièrent à l’art musical, mais il acquit rapidement par lui-même l’essentiel de son métier de musicien. Lavigueur donna des auditions dans des salons et des cercles musicaux, et il avait à peine 22 ans quand sa réputation lui valut d’être invité à enseigner la musique au petit séminaire de Québec. De 1853 à 1881, il y fut professeur de piano, de violon et d’instruments à vent. Il faisait aussi des arrangements de pièces de clavier ou d’orchestre pour la fanfare du séminaire.

Lavigueur connut beaucoup de succès comme concertiste. Le public était gagné d’abord par sa stature et son élégance, et par la sorte de magnétisme qu’il exerçait dès que son archet se posait sur les cordes du violon. Les critiques n’hésitaient pas à qualifier de génie ce musicien qui était arrivé à jouer de façon si vibrante et si prenante. Avec Marie-Hippolyte-Antoine Dessane*, il organisait des concerts où tous deux participaient comme exécutants. Son répertoire devait se composer surtout, comme à l’habitude dans le Québec de ces années-là, de transcriptions d’airs d’opéra de Rossini, Donizetti ou Meyerbeer, auxquelles il joignait parfois des œuvres de son cru.

Comme compositeur, Lavigueur écrivit surtout des chants de circonstance, tels la Huronne et Au Canada, beau pays, ma patrie, qui sont destinés à des fêtes patriotiques. Donnez est une invitation à venir en aide aux sinistrés de l’incendie qui ravagea, en 1866, les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur de Québec. Pas de Thibault, c’est Laurier qu’il nous faut est une chanson politiquement engagée pour la cause de Wilfrid Laurier* aux élections fédérales de 1877, dans le comté de Québec-Est. On connaît une romance de Lavigueur, Soyez les bienvenus, dédiée au marquis de Lorne [Campbell*] et à son épouse la princesse Louise, et diverses chansons : Amour, Thérèse la blonde, le Petit Ramoneur, le Nom de sa sœur, la Fauvette du canton. Il a signé trois opéras, qui connurent la faveur du public québécois : la Fiancée des bois, sur un texte de Léon-Pamphile Le May*, Un mariage improvisé et les Enfants du manoir, deux œuvres dont il écrivit aussi le livret.

À l’invitation de l’un de ses fils, Lavigueur s’établit, en 1881, à Lowell, avec sa famille. Sans doute espérait-il trouver là plus d’occasions de faire valoir ses dons et peut-être y recherchait-il une sécurité matérielle comme tant d’autres musiciens québécois émigrés à cette époque. Ses compatriotes franco-américains eurent l’occasion de l’applaudir, mais la mort le surprit en pleine activité alors qu’il mettait la dernière main à son opéra, les Enfants du manoir.

Lavigueur avait épousé, le 19 janvier 1863, Mary Childs, de Québec ; quatre enfants naquirent de cette union, dont un, Émile, devint violoniste et un autre, Henri-Edgar*, fut maire et député de Québec. Les contemporains de Lavigueur l’ont dépeint comme un être impressionnable, tendre, un véritable artiste, avant tout sensible à la beauté de la nature et à la poésie des choses. C’est sans doute l’enthousiasme et la sincérité de son art qui valurent à cet autodidacte un grand succès auprès du public et l’honneur d’être élu, en 1885, à l’Académie des muses santones de France.

Antoine Bouchard

ANQ-Q, État civil, Catholiques, Saint-Roch (Québec), 20 janv. 1831, 19 janv. 1863.— ASQ, Fichier des anciens ; {{mss}}, 433 ; Séminaire, 183, nos 5e, 5j, 6b, 10a.— Canadian Music Library Assoc., A bio-bibliographical finding list of Canadian musicians and those who have contributed to music in Canada (Ottawa, [1961]).— Catalogue of Canadian composers, Helmut Kallmann, édit. (2e éd., Toronto, 1952 ; réimpr., St Clair Shores, Mich., 1972), 151.— Dictionnaire biographique des musiciens canadiens (2e éd., Lachine, Québec, 1935).— Grove’s dictionary of music and musicians (5e éd., Eric Blom, édit., 9 vol. et 1 suppl., Londres, 1954–1961), V : 89.— Helmut Kallmann, A history of music in Canada, 1534–1914 (Toronto et Londres, 1960), 93.— Nazaire Levasseur, « Musique et musiciens à Québec », La Musique (Québec), 1 (1919) : 111 ; 2 (1920) : 47, 50, 186 ; 3 (1921) : 98–100 ; 4 (1922) : 143.— Antoine Roy, « Célestin Lavigueur », BRH, 38 (1932) : 710–712.

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Antoine Bouchard, « LAVIGUEUR, CÉLESTIN », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/lavigueur_celestin_11F.html.

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Auteur de l'article:   Antoine Bouchard
Titre de l'article:   LAVIGUEUR, CÉLESTIN
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   30 septembre 2014