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Titre original :  Peregrine Thomas Hopson (?-1759).

Provenance : Lien

HOPSON, PEREGRINE THOMAS, officier, gouverneur de Louisbourg, île du Cap-Breton, et de la Nouvelle-Écosse, vraisemblablement né en Angleterre et peut-être le fils de l’amiral sir Thomas Hopsonn ; décédé le 27 février 1759 à Basse-Terre, Guadeloupe.

Peregrine Hopson était officier de carrière ; on connaît peu de chose de sa vie privée. Sa première affectation connue est celle de lieutenant dans l’infanterie de marine de lord Shannon en 1703. En 1738 il avait atteint le grade de major et servait dans le 14e régiment d’infanterie (Clayton). Il fut promu lieutenant-colonel dans le 48e régiment d’infanterie (Chomondeley) en janvier 1740/1741. Il se rendit à Gibraltar au cours du siège de 1727 et, à l’exception d’un court séjour en Angleterre de 1741 à 1743, il y demeura attaché à différents régiments jusqu’en 1745. Désireux d’obtenir de l’avancement, il fit valoir dans une lettre au duc de Newcastle qu’il avait passé plus de 35 années en service actif dans l’armée.

Au printemps de 1746, Hopson, arrivant de Gibraltar, débarqua à Louisbourg, à titre de commandant du 29e régiment d’infanterie (Fuller), qui venait apporter du renfort à la garnison. Louisbourg avait été enlevé aux Français l’année précédente à la suite d’une attaque menée de concert par la Nouvelle-Angleterre et la Grande-Bretagne, sous le haut commandement de William Pepperrell et de Peter Warren. Hopson, vraisemblablement grâce à la protection de Newcastle, assuma le commandement de la colonie en septembre 1747, à titre de lieutenant-gouverneur, succédant ainsi au gouverneur, Charles Knowles* ; il devint lui-même gouverneur par la suite. En 1747 la position des Anglais à Louisbourg était une position de surveillance, ponctuée par des raids de peu d’importance (effectués par les Français et les Indiens contre les régions périphériques) et marquée par l’inquiétude que faisaient naître ces raids quant aux approvisionnements en combustible. Ainsi, en juin 1748, un parti sous la direction de Joseph Marin* de La Malgue captura des bateaux, s’empara d’un détachement d’hommes occupés à charger du charbon à la houillère de Table Head (près de Glace Bay, N.-É.) et menaça d’y détruire une casemate en voie de construction.

Hopson fut promu colonel de son régiment le 6 juin 1748. En octobre le traité d’Aix-la-Chapelle rendit Louisbourg et l’île du Cap-Breton à la France. À la fin de juin 1749, Hopson et le commissaire français, Charles Des Herbiers de La Ratière, entamèrent les négociations en vue du retour de Louisbourg aux Français et la rétrocession eut lieu vers la fin de juillet. Hopson dirigea les troupes et le matériel anglais vers le nouvel établissement de Halifax, dans la baie de Chibouctou, puis retourna en Angleterre.

En 1752, il était de nouveau accueilli à Halifax, cette fois à titre de gouverneur de la Nouvelle-Écosse et il entra en fonction le 3 août. Il confiait au Board of Trade ne pas avoir d’autorité effective sur une bonne partie du territoire qu’il gouvernait nominalement de Halifax ; il considérait que les Acadiens et les Indiens, subissant l’influence de Québec et de Louisbourg, étaient les instruments d’une politique française délibérée d’empiètement sur le territoire anglais. Il estimait que les Acadiens étaient absolument nécessaires à sa colonie puisqu’ils étaient les seuls agriculteurs enracinés ; il réussit donc à obtenir de ses supérieurs la permission d’éluder temporairement la question du serment d’allégeance, et il s’éleva avec succès contre l’établissement de « protestants étrangers » parmi les Acadiens. Il donna des ordres pour que ceux d’entre eux qui fournissaient du bois et des vivres reçoivent un prix équitable. En maintenant une surveillance militaire, il avait espoir que les Acadiens en arrivent à accepter la domination des Anglais et prêtent même le serment d’allégeance. Une seule fois, il lui fut donné d’appliquer une politique semblable à l’égard des Indiens : ce fut à l’occasion d’un traité, qui eut la vie brève, signé en octobre 1752 avec Jean-Baptiste Cope, chef d’une petite bande de Micmacs du littoral est de la Nouvelle-Écosse.

Les rivalités dans la colonie entre les Anglais et les colons d’Amérique du Nord allaient toujours croissant à cette époque. Ainsi des discussions s’élevaient à savoir si on utiliserait devant les tribunaux le mode de procédure qui avait cours en Angleterre ou celui qui avait cours en Nouvelle-Angleterre [V. James Monk]. Hopson tenta de mettre les partis d’accord car il était d’avis qu’avec le temps et l’organisation des affaires de la colonie « l’esprit de parti » finirait bien par disparaître. Dans l’intervalle, il chercha à maintenir la paix « par le recours à des mesures très modérées et à une conduite la plus équitable possible vis-à-vis les deux partis ». Pendant qu’il occupa le poste de gouverneur, son action la plus efficace et la plus positive fut l’établissement des protestants de langues allemande et française vivant en agglomération à Halifax depuis 1750 dans des conditions de plus en plus misérables. Les instructions qu’il avait reçues ne contenaient pas de recommandations particulières quant à leur réinstallation ; néanmoins, Hopson déploya de grands efforts pour obtenir le nécessaire du gouvernement anglais afin d’être en mesure de les faire déménager dans un nouvel établissement au cours de l’été de 1753. L’endroit choisi était Mirligueche, que l’on a par la suite rebaptisé du nom de Lunenburg, empruntant vraisemblablement un des titres de George I en sa qualité d’Électeur de Hanovre. Hopson désigna le lieutenant-colonel Charles Lawrence et le capitaine Patrick Sutherland à la direction des travaux de fondation en juin 1753. Cette opération eut lieu pendant une période d’accalmie où avaient cessé les actes d’hostilité de la part des Français et des Indiens, peut-être à cause du fait que l’abbé Jean-Louis Le Loutre* était absent de la province. Hopson, pour sa part, était d’avis que les Français ne faisaient que rassembler leurs forces en vue d’une attaque décisive.

Une sérieuse maladie des yeux obligea Hopson à passer les rênes du gouvernement à Lawrence et il partit pour l’Angleterre le 1er novembre 1753. Il résigna son poste de gouverneur en 1755. Promu major général en février 1757, il débarquait de nouveau à Halifax en juillet avec des renforts pour l’armée commandée par le comte de Loudoun [John Campbell] ; ce dernier était venu de New York à la fin de juin et devait prendre la tête d’une expédition contre Louisbourg au cours de l’été. À titre d’ancien gouverneur de Louisbourg, Hopson servit partiellement comme conseiller et il appuya entièrement la décision de Loudoun de ne pas tenter l’expédition, vu l’arrivée tardive des troupes anglaises et la puissance de la flotte française à Louisbourg. Loudoun retourna à New York en août, et laissa Hopson en charge des troupes de la Nouvelle-Écosse ; il l’avait désigné pour mener une nouvelle expédition contre Louisbourg en 1758. Néanmoins, invoquant les craintes qu’on entretenait pour sa santé, le gouvernement rappela Hopson en Angleterre avant la campagne de 1758.

Le 10 novembre 1758, il s’embarqua pour aller prendre part à une expédition contre les îles sucrières françaises de la Martinique et de la Guadeloupe, en qualité de commandant des armées de terre. Après un premier débarquement à la Martinique, objectif initial de l’expédition, l’armée se retira et établit ses positions à Basse-Terre en Guadeloupe. Hopson, déjà gravement malade, mourut un mois plus tard. John Barrington, commandant en second, acheva la conquête de l’île. L’âge de Hopson, son mauvais état de santé, mais aussi la différence d’aptitudes requises pour occuper la charge de gouverneur de la Nouvelle-Écosse et celle de commandant d’expédition semblent expliquer les fortunes diverses que connut Hopson dans l’exercice des deux fonctions.

Son testament, rédigé un mois avant son départ pour la Martinique, faisait de sa nièce, Lydia Goodall, qui habitait alors avec lui à Berry, près de Gosport, Hampshire, et de ses deux sœurs, Grace Hopson et Anne Bennett, les principales bénéficiaires de sa succession.

Wendy Cameron

BM. Add. mss, 23 830, ff.168169v. ; 32 709, ff.194194v. : 32 713, ff.507–508v. ; 32 716, f.299 ; 32 733, ff.93–93v.— PRO, CO 5/44 ; 5/45 ; 5/48 ; 110/1 ; 217/13 : 217/15, ff.15–16 ; 217/17, ff.46–50 ; 217/33 ; 217/40 ; Ind. 5 432, 5 433, 5 435, 5 436, 5 437, 5 438–5 439 ; Prob. 11/847, f.204 (testament de Peregrine Hopson, oct. 1758) ; WO 34/44, 34/71, 34/101.— Army list, 1754 : 1755 : 1756 ; 1757 ; 1758 ; 1759.— Robert Beatson, Naval and military memoirs of Great Britain, from 1727 to 1783 (6 vol., Londres, 1804), II, III.— Coll. de manuscrits relatifs à la N.-F., III : 426, 430, 447.— Knox, Historical journal (Doughty).— Military affairs in North America, 1748–1765 : selected documents from the Cumberland papers in Windsor Castle, S. M. Pargellis, édit. (New York, Londres, 1936).— N.S. Archives, I.— RAC, 1905, II, {{iii}}e partie, 114116.— Bell, Foreign Protestants.— Brebner, New Englands outpost.— English army lists (Dalton), V :135 ; VI : 129.— Dalton, George the firsts army ; II : 298.— McLennan, Louisbourg.— Marshall Smelser, The campaign for the sugur islands, 1759 : a study of amphibious warfare (Chapel Hill, C.N., 1955).— W. P. Ward, The Acadian response to the growth of British power in Nova Scotia, 1749–1755, Dal. Rev., LI (1971) : 173.

Bibliographie générale

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Wendy Cameron, « HOPSON, PEREGRINE THOMAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hopson_peregrine_thomas_3F.html.

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Auteur de l'article:   Wendy Cameron
Titre de l'article:   HOPSON, PEREGRINE THOMAS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   31 octobre 2014