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HOBBY, SIR CHARLES, marchand du Massachusetts, fait chevalier en juillet 1705, lieutenant-gouverneur d’Annapolis Royal, en Nouvelle-cosse, de juin à octobre 1711, né à Boston vers 1665, mort à Londres en 1715.

Charles Hobby était le fils de William et Ann Hobby, de Boston. Son père était un très riche marchand et Charles embrassa la même carrière. Encore jeune, il partit à la Jamaïque et y vécut de juin 1692 au moins jusqu’à son retour à Boston au début de 1700. Il fut fait chevalier pour sa bravoure, semble-t-il, pendant le tremblement de terre qui secoua la Jamaïque en juin 1692. À son retour à Boston, il s’associa à John Coleman, son beau-frère, et fut un certain temps l’un des principaux marchands de la ville. Sa richesse et ses relations lui donnèrent un certain prestige dans la région, et il devint membre du conseil de ville de Boston, juge de paix du comté de Suffolk, capitaine de l’Ancient and Honourable Artillery Company, colonel du régiment de Boston dans la milice du Massachusetts et, finalement, directeur de King’s Chapel.

L’influence de Hobby était due en partie à ses relations avec le gouverneur Joseph Dudley ; mais, à partir de 1703, ils eurent de fréquentes discussions au sujet des récompenses et amendes réservées par le gouverneur aux vaisseaux corsaires de Hobby. Au début de 1705, Hobby soumit ses doléances à Londres, où il devint rapidement le porte-parole de nombreux groupes – les marchands de Boston, les ecclésiastiques puritains du Massachusetts, les partisans des propriétaires fonciers du New Hampshire – qui désiraient tous le remplacement de Dudley. Pendant les deux années suivantes, Hobby, de concert avec ces groupes et des courtisans amis, intrigua pour évincer le gouverneur. Il accusait principalement le gouverneur de « comploter » avec Samuel Vetch, un autre marchand de Boston, pour faire du commerce avec les Français malgré l’état de guerre. L’audition des accusations contre Dudley par le Board of Trade était prévue pour février 1706/1707 mais, au dernier instant, Hobby renonça à comparaître.

Pourquoi ? Il sentit probablement toute l’importance des relations que Dudley avait à Whitehall ; il subit également l’influence de certains amis intimes de Dudley, dont Francis Nicholson ; enfin et surtout Vetch lui avait peut-être déjà suggéré la possibilité d’une collaboration dans une attaque contre le Canada. En tout cas, Hobby revint à Boston l’année suivante et fit la paix avec Dudley. Quelques mois après la réconciliation, il offrit de participer à l’expédition de Vetch contre Port-Royal, et on le désigna en effet pour partir avec son régiment de Boston.

Après bien des retards, l’expédition prit la mer en septembre 1710, sous le commandement de Nicholson. Les Britanniques s’emparèrent de Port-Royal en octobre. Vetch fut nommé gouverneur du fort (que l’on rebaptisa bientôt Annapolis Royal) ainsi que du territoire situé dans un rayon de trois milles de la place forte ; Hobby fut commandant en second. Au mois de juin 1711, Vetch retourna à Boston pour préparer une attaque de grande envergure contre Québec et Hobby assuma le commandement d’Annapolis. La maladie et les désertions décimaient déjà les rangs de la garnison et le fort commençait à tomber en ruines. Les Anglais étaient en outre entourés de Français et d’Indiens hostiles, embrigadés sous le commandement de Bernard-Anselme d’Abbadie de Saint-Castin, et qui attendaient d’un jour à l’autre des renforts pour attaquer la place. Hobby reçut bientôt la nouvelle que Sir Hovenden Walker, chef de l’expédition contre Québec, envoyait 200 hommes de la Nouvelle-Angleterre pour renforcer la garnison d’Annapolis et lui demandait en retour de lui renvoyer 100 fusiliers marins britanniques ainsi que tous les mortiers et munitions dont il pouvait se départir. Devant cette demande, Hobby réunit un conseil d’état-major. Les officiers, qui craignaient une attaque française, jugèrent d’abord que le fort ne pouvait se priver ni d’hommes ni de munitions, et répondirent en ce sens à Walker. Néanmoins, vers la fin de juillet, Vetch incita Walker à réitérer ses ordres et, cette fois, Hobby s’exécuta.

Entre-temps, les Français et les Indiens se faisaient plus menaçants. Au début de juin, un détachement d’environ 70 hommes, envoyé d’Annapolis Royal pour harceler un campement indien tout proche et rétablir le transport des provisions de bois vers le fort, tomba dans une embuscade tendue par les Indiens, à environ 12 milles au nord d’Annapolis Royal (près de Bridgetown), et une trentaine de soldats furent tués. Peu de temps après, une troupe d’environ 200 Français et Indiens mit le siège, sans succès, devant le fort. Ce furent là les seuls événements notables pendant toute la période où Hobby assuma les fonctions de commandant. Il fit réparer le fort et parvint, malgré une grande pénurie d’approvisionnements, à conserver le moral des hommes de la garnison pendant ces quelques mois.

En octobre, après l’échec de l’expédition contre Québec, Vetch revint à Annapolis Royal en compagnie de Thomas Caulfeild, qui venait remplacer Hobby. Ce dernier retourna à Boston et reprit ses activités commerciales pendant près de deux ans et demi. À Boston, ses affaires n’étaient guère brillantes, mais il continua de s’intéresser à la Nouvelle-Écosse où il investit de grosses sommes dans les propriétés immobilières et la construction. Lorsque Vetch se prit de querelle avec Nicholson, Hobby, sur les conseils de ce dernier, se rendit en Angleterre, au printemps de 1714, dans le but de briguer le poste de gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Ils rédigèrent tous deux des accusations de malversations contre Vetch et les soumirent au Board of Trade. Mais, peu de temps après l’arrivée de Hobby en Angleterre, la reine Anne mourut et Hobby, toujours opportuniste, voyant les visées de Nicholson compromises sous le nouveau règne, se mit, une fois de plus, à cultiver l’amitié de Vetch. Celui-ci comparut devant le Board of Trade du 18 janvier au 4 février 1714/1715. Ce ne fut pas par simple coïncidence que le témoignage de Hobby contre Vetch resta sans effet et qu’immédiatement après Vetch le recommanda pour le poste de lieutenant-gouverneur. Hobby allait donc occuper encore une fois ces fonctions lorsqu’il mourut à Londres, en 1715, ne laissant à sa veuve et à son fils que des dettes.

En 1706, il avait acheté des droits sur la moitié des terres de la couronne au New Hampshire. Pendant plus de dix ans, ses créanciers de Boston et son fils John essayèrent vainement, devant les tribunaux du New Hampshire, de convertir ses droits sur les terres pour payer les dettes. On a attribué la situation financière déplorable de Hobby à son « train de vie de grand seigneur », mais elle n’était sans doute due qu’à son incompétence en affaires et à ses multiples échecs. En effet, ses navires corsaires, ses propriétés du New Hampshire et son commandement à Annapolis ne lui rapportèrent jamais les bénéfices qu’il en avait escomptés. Comme homme politique et chef militaire, il fut également malchanceux, mais dans l’une ou l’autre de ses activités il fut avant tout un personnage très opportuniste, peu scrupuleux, même si on le juge selon les critères de son époque.

Alison Olson

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Bibliographie générale

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Alison Olson, « HOBBY, SIR CHARLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hobby_charles_2F.html.

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Auteur de l'article:   Alison Olson
Titre de l'article:   HOBBY, SIR CHARLES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   1 octobre 2014