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HAYDON, ANDREW, avocat, organisateur politique, homme politique et auteur, né le 28 juin 1867 à Pakenham, Haut-Canada, fils de James Haydon et d’Eleanor (Ellen) Sadler ; le 24 septembre 1902, il épousa Euphemia Macdonald Scott de Stafford Springs, Connecticut, et ils eurent un fils et une fille, qui ne survécut pas jusqu’à l’âge adulte ; décédé le 10 novembre 1932 à Ottawa et inhumé au cimetière Beechwood, dans la même ville.

Andrew Haydon fit ses études primaires et secondaires à Pakenham et Almonte. Il fréquenta ensuite le Queen’s College à Kingston, où il reçut la mention très bien en anglais, en histoire et en science politique, et où les professeurs Adam Shortt et John Watson l’influencèrent profondément. Après l’obtention d’une maîtrise en 1893 et d’une licence en droit en 1896, Haydon étudia à l’école de droit Osgoode Hall à Toronto, qui lui décerna un diplôme en 1897. Il ouvrit d’abord un cabinet à Lanark, puis s’installa deux ans plus tard à Ottawa, où il devint, en 1902, associé dans la firme McGiverin, Haydon and Ebbs. Lorsque Harold Buchanan McGiverin, associé principal, se présenta comme candidat libéral dans la circonscription d’Ottawa City aux élections fédérales de 1908, Haydon dirigea sa campagne. Le talent de ce dernier pour les relations publiques et le travail d’organisation attira l’attention d’autres libéraux, dont le premier ministre sir Wilfrid Laurier*, avec qui il se lia d’amitié.

À peine dix ans plus tard, Haydon accepta de relever un défi de taille pour le Parti libéral, que la question de la conscription avait divisé pendant la Première Guerre mondiale. Des libéraux conscriptionnistes de premier plan au Canada anglais s’étaient joints au gouvernement d’union de sir Robert Laird Borden ; aux élections du 17 décembre 1917, les libéraux anti-conscriptionnistes de Laurier n’avaient fait élire que 82 députés, dont 62 représentaient des circonscriptions de la province de Québec. En août 1919, après la mort de Laurier, on tint un congrès national des libéraux à Ottawa pour apaiser les différends et choisir un nouveau chef. Haydon, qui organisa l’événement avec le député Charles Murphy, agit à titre de secrétaire général. Ne cherchant pas la célébrité, il travailla principalement dans l’ombre et obtint la gratitude et le respect de beaucoup de membres influents du parti, particulièrement de William Lyon Mackenzie King*, qui succéda à Laurier.

De 1920 à 1922, Haydon fut secrétaire général du Comité national d’organisation libérale, qui effectua des travaux préparatoires et recueillit des fonds pour les élections fédérales du 6 décembre 1921, à l’issue desquelles le parti forma un gouvernement minoritaire. Ses conseils amicaux, francs et judicieux, appuyés sur son aptitude exceptionnelle à discerner des changements dans l’opinion publique et à recommander les ripostes appropriées, en firent un conseiller précieux de King, aussi bien qu’un émissaire clé dans ses négociations avec la deuxième formation la plus importante à la Chambre des communes : le Parti progressiste [V. Thomas Wakem Caldwell]. Haydon quitta le poste de secrétaire général en 1922. Il demeurerait toutefois, selon le politicologue Reginald Whitaker, « le seul [à diriger] l’organisation nationale [du parti] tout au long des années 1920 ». Même après sa nomination au Sénat le 10 mars 1924, Haydon trouva le temps de s’intéresser à une grande variété d’activités culturelles et littéraires. Fervent anglican, il apporta un solide soutien à la Queen’s University et rédigea deux ouvrages historiques.

À titre de principal collecteur de fonds du parti, Haydon entra en relation avec d’importants dirigeants d’entreprises susceptibles de verser des contributions. Son cabinet juridique s’occupa de certains dossiers de la Beauharnois Light, Heat and Power Company (qui deviendrait une filiale de la Beauharnois Power Corporation Limited après le 31 octobre 1929) et du président de son conseil d’administration, le sénateur libéral Wilfrid Laurier McDougald*. La compagnie envisageait de détourner le cours du fleuve Saint-Laurent par un canal vers une gigantesque centrale électrique, et son président, Robert Oliver Sweezey*, fit des dons politiques substantiels afin d’obtenir l’aval des gouvernements du Canada et de la province de Québec. Haydon et le sénateur Donat Raymond*, cotrésoriers des libéraux fédéraux, recueillirent plus d’un demi-million de dollars de Sweezey au nom de leur parti, dont un paiement de 50 000 $ à la firme de Haydon, possiblement lié à l’approbation fédérale des plans de la compagnie. Le gouvernement de King émit le décret requis le 8 mars 1929 et la construction du projet débuta le 12 octobre, après une grande cérémonie à laquelle assistèrent Haydon et d’autres figures notoires, dont le gouverneur général du Canada, lord Willingdon [Freeman-Thomas*].

Au printemps de 1930, Narcisse Maxime Cantin, concurrent en affaires aigri de Sweezey, commença à révéler des informations accablantes sur la Beauharnois Light, Heat and Power Company à deux députés des Fermiers unis de l’Alberta, Robert Gardiner et Edward Joseph Garland. À leur tour, ceux-ci portèrent le sujet à l’attention de la Chambre des communes et, en juin 1931, on créa un comité spécial chargé d’enquêter sur ce qu’on appellerait le scandale de Beauharnois. King, dont le parti était dans l’opposition depuis sa défaite aux élections du 28 juillet 1930 au profit des conservateurs de Richard Bedford Bennett*, nia catégoriquement que son gouvernement avait approuvé le projet de canal en échange de contributions politiques, et insista sur le fait qu’il ignorait même l’identité des donateurs du parti. Aucune preuve incriminante ne fut produite. Le rapport du comité jugea toutefois durement Haydon, McDougald et Raymond, et l’on mit sur pied un comité spécial du Sénat afin de déterminer leurs sanctions disciplinaires. Puisque Haydon souffrait d’une maladie du cœur et ne pouvait se présenter devant le comité, ses membres le rencontrèrent chez lui. Dans son témoignage, il refusa d’impliquer son chef ou le parti : « Je n’ai donné ni explications ni renseignements concernant les fonds de la campagne à M. King, ni à aucun de ses ministres ni à personne d’autre. » Haydon reconnut avoir reçu des dons de Sweezey, mais affirma : « Il n’a passé aucune entente avec moi […] Aucune promesse n’a été demandée, et aucune n’a été faite. Il n’y a pas la plus petite relation entre ses contributions et l’adoption du décret. » Il nia avoir conservé une partie de l’argent pour lui-même, soutenant que « le travail d’organisation général » du parti l’avait récolté en entier. « Toute cette question des fonds de campagne, ajouta-t-il, en est une où le public tend à s’indigner facilement. Tout le monde sait que les élections coûtent de l’argent – et beaucoup d’argent – pour des dépenses parfaitement légitimes. L’électeur ordinaire ne donne rien. »

Rétrospectivement, le témoignage de Haydon, selon lequel il n’existait aucun lien entre les énormes contributions de Sweezey et l’approbation gouvernementale du projet de la Beauharnois Light, Heat and Power Company, semble peu crédible. Haydon avait apparemment pris, en connaissance de cause, le blâme à la place du premier ministre, vraisemblablement bien plus informé au sujet des dons qu’il ne l’admettait. Quant à l’attitude du public devant la collecte de fonds politiques, Haydon avait par ailleurs dit la vérité : tout le monde savait que les partis acceptaient régulièrement de l’argent de particuliers et de sociétés en échange de faveurs. Dans le cas de Sweezey, le rapport entre l’importance du projet et celle de la contribution versée aux libéraux sortait toutefois de l’ordinaire.

Le compte rendu du comité du Sénat, terminé en avril 1932, critiquait durement McDougald, qui dut démissionner ; Raymond s’en tira avec une sévère réprimande. Les membres du comité rendirent un jugement plus nuancé sur la situation d’Andrew Haydon. Celui-ci ayant certainement reçu des sommes substantielles de Sweezey, ils qualifièrent sa conduite « [d’]inconvenante et [d’]incompatible avec son poste et son prestige à titre de sénateur ». Toutefois, ils ne conclurent pas qu’il avait personnellement profité de ces paiements ou fait pression sur le premier ministre pour l’approbation des plans de la compagnie ; en considération de sa maladie, de ses années de service dévoué et de son honorabilité, on ne lui imposa aucune sanction. Cette affaire jeta néanmoins de l’ombre sur un homme que King considérait comme un saint, selon son journal intime. Haydon mourut d’un arrêt cardiaque le 10 novembre 1932. Les éloges funèbres qui suivirent insistèrent sur son intégrité et son honnêteté exceptionnelles, mais le Globe, important journal libéral, admettait tacitement que le scandale de la Beauharnois avait terni sa réputation et lui avait apporté « une notoriété qu’il n’avait jamais recherchée ».

T. D. Regehr

Andrew Haydon est l’auteur de Pioneer sketches in the district of Bathurst (Toronto, 1925) et de Mackenzie King and the Liberal Party (Toronto, 1930). Il a également écrit, en collaboration avec W. L. M. King et John Lewis, le Message du libéralisme : y compris les résolutions adoptées à la convention libérale nationale d’août, 1919 (Ottawa, [1919]).

BAC, « Journal personnel de William Lyon Mackenzie King », 12 nov. 1932 : www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/politique-gouvernement/premier-ministres/william-lyon-mackenzie-king/Pages/journal-mackenzie-king.aspx (consulté le 17 mai 2017).— Globe, 11 nov. 1932.— Canada, Chambre des communes, Comité spécial sur l’entreprise d’énergie électrique de Beauharnois, [Procès-verbaux et témoignages] (Ottawa, 1931) ; Sénat, Special committee appointed for the purpose of taking into consideration the report of a special committee of the House of Commons […] to investigate the Beauharnois power project […], Report and proc. (Ottawa, 1932).— R. MacG. Dawson et H. B. Neatby, William Lyon Mackenzie King : a political biography (3 vol., Toronto, 1958–1976), 1, 2.— T. D. Regehr, The Beauharnois scandal : a story of Canadian entrepreneurship and politics (Toronto et Buffalo, N.Y., 1990).— Reginald Whitaker, The government party : organizing and financing the Liberal Party of Canada, 1930–58 (Toronto, 1977).

Bibliographie générale

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T. D. Regehr, « HAYDON, ANDREW », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 sept. 2021, http://www.biographi.ca/fr/bio/haydon_andrew_16F.html.

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Auteur de l'article:    T. D. Regehr
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Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2021
Année de la révision:    2021
Date de consultation:    20 septembre 2021