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GREEN, FRANCIS, officier, fonctionnaire, auteur et juge, né le 21 août 1742 à Boston, deuxième fils de Benjamin Green* et de Margaret Pierce ; le 18 octobre 1769, il épousa à Boston Susanna Green, sa cousine paternelle et maternelle, et ils eurent cinq enfants, puis le 19 mai 1785, à Halifax, Harriet Mathews, fille de David Mathews*, et de ce mariage naquirent six enfants ; décédé le 21 avril 1809 à Medford, Massachusetts.

Francis Green étudia à Halifax et à Boston ; en 1756, il entra au Harvard College, à Boston, mais n’y termina pas son cours, ayant dû, en 1757, rallier le 40e d’infanterie, dans lequel son père lui avait obtenu une commission d’enseigne. Green participa au siège de Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton), en 1758 [V. Jeffery Amherst*] ; il y demeura jusqu’à ce que son régiment reçût l’ordre, en juin 1760, de se rendre à Québec pour prêter main-forte à Murray*. Promu lieutenant en 1761, Green servit aux Antilles l’année suivante. La guerre terminée, il passa plusieurs années auprès du major général Thomas Gage*, comme l’un de ses secrétaires ; mais, en 1766, constatant qu’il n’avait guère de chances d’avancement, il vendit sa commission.

Green s’orienta alors vers le commerce d’importation, avec son père qui était à Halifax ; à titre d’associé de l’entreprise à Boston, il s’acquit la réputation d’un jeune marchand d’avenir. Au cours des controverses politiques des décennies 1760 et 1770, Green se rangea d’abord du côté des coloniaux, mais quand, en 1769, il fut exclu de leurs rangs pour avoir violé l’accord interdisant les importations, il se rallia aux partisans du gouvernement. En juin 1774, au cours de plusieurs assemblées dans les villes et villages, il conseilla d’abolir les comités de correspondance qu’on mettait alors sur pied. Ses attitudes loyalistes lui valurent d’être attaqué par la foule à Norwich et à Windham, dans le Connecticut, au cours d’un voyage d’affaires en juillet. Quand éclatèrent les hostilités, en 1775, Green se rangea du côté des Britanniques et, le 1er novembre, il fut nommé capitaine des Loyal American Associates. Il servit pendant tout le siège de Boston ; en mars 1776, au moment où les Britanniques évacuèrent cette place pour Halifax, Green les accompagna avec ses trois enfants (sa femme était morte de fièvre en novembre 1775), trois domestiques et une partie de ses meubles et marchandises.

Au printemps suivant, Green suivit l’armée britannique à New York. Parfois associé à d’autres Loyalistes, tel George Leonard*, il y arma des navires de course. Il souhaitait aider la cause britannique et, en même temps, refaire sa fortune, mais ses espoirs furent anéantis quand, en décembre 1779, cinq de ses navires tombèrent aux mains de l’ennemi ou firent naufrage. À l’automne de 1780, il partit donc pour l’Angleterre, en vue d’y obtenir une compensation pour ses pertes ; en juillet 1781, on lui octroya une pension annuelle de £100. Il fut moins chanceux quand il réclama ensuite £36 209 pour la perte de marchandises, d’argent et de vastes propriétés foncières au Massachusetts, au Connecticut et au New Hampshire : la plupart de ses prétentions furent rejetées, pour insuffisance de preuves, et il ne toucha que £295.

Green retourna en Nouvelle-Écosse en juin 1784. Il fut, en novembre, nommé shérif du comté de Halifax, en remplacement de William Shaw*. Malgré toutes ses mésaventures, sa situation financière était restée bonne, de toute apparence, si l’on en croit la sœur d’Edward Winslow, Penelope, qui en avril 1785 écrivait à Ward Chipman* : « [Green] s’adonne avec plaisir à tout le faste de cette fastueuse ville [...] il donne à dîner deux ou trois fois la semaine, et, demain soir, il recevra chez lui toute la noblesse à un bal et à un souper magnifique. » Dans l’exercice de ses fonctions officielles, Green ne fut pas sans éprouver de problèmes. En 1786, plusieurs prisonniers s’évadèrent de la prison qui, tombant en ruine, n’était pas sûre. L’année suivante, Green fut poursuivi en justice par John Stairs pour avoir laissé s’échapper un individu que Stairs avait fait emprisonner pour dettes. Green se défendit sur le piètre état de la prison, affirmant avoir maintes fois prévenu le Conseil de la Nouvelle-Écosse de cette situation, mais sans résultat. Il perdit son procès et, pour payer les frais, il dut vendre 100 acres de terre qu’il avait héritées de son père, près de Dartmouth.

On avait découvert, alors qu’il avait six mois, que Charles, le fils de Green, était sourd ; lors de son séjour en Grande-Bretagne, pendant la Révolution américaine, Green avait placé l’enfant à l’institution de Thomas Braidwood pour les sourds-muets, à Édimbourg ; Charles y apprit à parler, à lire et à écrire. Tout heureux de ce succès, Green publia anonymement une brochure intitulée « Vox oculis subjecta » ; a dissertation on the must curious and important art of imparting speech [...], en espérant stimuler le zèle d’autres établissements du même genre. Son fils se noya accidentellement en 1787, mais Green poursuivit sa campagne ; s’il fut déçu au début, ses visites en Angleterre et en France avant 1784, et les autres brochures qu’il publia entre 1788 et 1793, contribuèrent en partie à la création d’une institution de bienfaisance pour l’éducation des sourds-muets, à Bermondsey (maintenant partie de Londres).

En 1793, après la mort de Benjamin, son frère aîné, Francis Green assuma temporairement la charge de trésorier de la Nouvelle-Écosse, en collaboration avec George Thesiger. En 1794, il fut nommé juge de la Cour inférieure des plaids communs. Mais il était aux prises avec des problèmes d’argent. Persuadé que le fort ressentiment contre les Loyalistes s’était éteint aux États-Unis, il vendit en 1796 sa propriété de Preston et la belle maison qu’il y possédait aux commissaires des Noirs marrons [V. sir John Wentworth], et, l’année suivante, il retourna avec sa famille dans son état natal, s’installant à Medford. Pendant quelques années, il travailla comme assureur maritime à Boston, mais en 1798 et 1799 il subit des pertes estimées à 25 000 $. Par la suite, il se dévoua de nouveau à l’éducation des sourds-muets et publia divers écrits visant à l’établissement en Amérique d’une école à leur intention. Il devint une autorité en la matière, et on le considère comme un pionnier de l’éducation des sourds.

Phyllis R. Blakeley

Francis Green est l’auteur de « Vox oculis subjecta » ; a dissertation on the most curious and important art of imparting speech, and the knowledge of language, to the naturally deaf, and (consequently) dumb (Londres, 1783) ; publié une seconde fois en partie sous le titre de A new edition of « Vox oculis subjecta », part I [...] (Boston, 1897).

APC, MG 23, D1, sér. 1, 2 : 591–616.— PANS, MG 1, 332D (copie) ; RG 20A, 19, no 53 ; RG 39, J, 8 : 29 ; MG 100, 131, no 15.— PRO, AO 12/105 : 19 ; 12/109 : 60 ; AO 13, bundle 45 : 464–529 ; 13, bundle 73 : 714–725.— Boston, Registry Dept., Records relating to the early history of Boston, W. H. Whitmore et al., édit. (39 vol., Boston, 1876–1909), [24] : Boston births, 1700–1800, 246.— « United Empire Loyalists : enquiry into losses and services », AO Report, 1904 : 1208–1210.— Winslow papers (Raymond), 58s., 288.— DAB. Jones, Loyalists of Mass., x, xviii, 12, 83, 153s., 194.— R. H. R. Smythies, Historical records of the 40th (2nd Somersetshire) regiment [...] (Devonport, Angl., 1894), 18–38.— Stark, Loyalists of Mass. (1907), 123–125, 132–137.— P. R. Blakeley, « Francis Green – « A suffering loyalist and friend to the British government », Nova Scotia Hist. Quarterly (Halifax), 9 (1979) : 1–14.

Bibliographie générale

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Phyllis R. Blakeley, « GREEN, FRANCIS », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/green_francis_5F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
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Date de consultation:   25 avril 2014