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GORHAM (Goreham, Gorum) JOHN, commerçant, officier, membre du Conseil de la Nouvelle-Écosse, né le 12 décembre 1709 (ancien style) à Barnstable, Massachusetts, fils du colonel Shobal (Shubael) Gorham et de Mary Thacter ; le 9 mars 1731/1732 il épousa Elizabeth Allyn (Allen) qui lui donna 15 enfants ; décédé à Londres en décembre 1751.

John Gorham commença sa carrière de commerçant en trafiquant dans différents ports de Terre-Neuve et en se livrant à la spéculation sur les terrains. En 1738 il tenta d’obtenir la concession d’un emplacement sur l’île de Sable (N.-É.) et en 1743 on lui accorda 400 acres à Gorham, Maine. Il semble qu’il soit entré dans la milice au Massachusetts vers 1741 ; en 1744 il avait atteint le grade de capitaine. En septembre de la même année, à la tête d’une compagnie de 50 « Indiens choisis et d’hommes rompus à courir les bois », il vint apporter du renfort à la garnison d’Annapolis Royal, N.-É., qui était à court de soldats et qui était assiégée depuis trois semaines par une troupe de Français et d’Indiens sous le commandement de François Du Pont* Duvivier. Selon le gouverneur du Massachusetts, William Shirley, Gorham utilisa ses rangers indiens, surtout des Agniers de sang pur, si bien que « la garnison [était] maintenant à l’abri des alertes ». Néanmoins, dès le début de l’année suivante, « comme le fort était alors en grand danger de tomber aux mains des ennemis », Paul Mascarene dépêcha Gorham à Boston afin de lever de nouvelles troupes pour en assurer la défense.

À Boston, Shirley et William Pepperrell convainquirent Gorham de recruter des soldats pour l’expédition, « alors embryonnaire », contre Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton). On le nomma lieutenant-colonel dans le 7e régiment du Massachusetts commandé par son père, et il mena à bon terme le débarquement de la baie de Gabarus, le 30 avril 1745. Avec le colonel Arthur Noble, on le choisit pour diriger les volontaires qui devaient attaquer la batterie de l’Îlot le 23 mai, attaque « qui se révéla infructueuse ». On convoqua un conseil de guerre pour enquêter sur la conduite des officiers lors de l’attaque, par suite des nombreuses accusations de lâcheté et de négligence dans le service portées par les volontaires, non aguerris, rebelles et ivrognes. Le conseil jugea qu’ « il ne semblait pas qu’on puisse inculper le colonel Noble et le colonel Gorham de mauvaise conduite dans cette affaire ». À la mort de son père, le 20 février 1745/1746, John Gorham fut promu colonel et lui succéda à la tête de son régiment. Il assista aux réunions du conseil de guerre de Louisbourg jusqu’à la mi-avril 1746.

Malgré la victoire anglaise, la campagne de Louisbourg n’apporta rien de bien rémunérateur à Gorham et sans doute fut-il heureux de retourner en Nouvelle-Écosse à l’été de 1746. Les efforts courageux qu’il déploya pour la défense de cette colonie constituent sa plus importante contribution militaire. Son activité militaire lui permit d’acquérir « une bonne connaissance du pays en général, du tempérament et du caractère de ses habitants en particulier » ; aussi fut-il appelé à accomplir différentes missions. D’une grande mobilité et « beaucoup plus terribles que les soldats européens », Gorham et ses Indiens patrouillèrent la province au cours de 1746 et 1747. Pendant l’été de 1746, Gorham construisit des casemates à des endroits stratégiques, tels que Cobequid (près de Truro) et Chignectou. En novembre, dans un rapport à Shirley, il écrivit : « Notre expédition par mer dans la Baie [de Fundy] est terminée pour cette année » et il insista sur le fait qu’il était « de la plus haute importance de s’assurer la possession de Minas cet hiver ou au printemps ». Des troupes sous les ordres d’Arthur Noble furent expédiées et Gorham rencontra celui-ci à Grand-Pré en janvier 1747. Deux jours après le départ de Gorham pour Annapolis Royal, un détachement français surprit les Anglais à Grand-Pré, tua Noble et obligea la garnison à se rendre.

Gorham retourna en Nouvelle-Angleterre où il discuta du problème de la Nouvelle-Écosse avec Shirley qui, à son tour, le délégua en Angleterre, en avril 1747, pour expliquer la situation au duc de Newcastle. Le rejet de la proposition de Shirley voulant que le gouvernement anglais assume les dépenses qu’exigerait « la levée de 2 000 hommes dans la baie de Massachusetts » contribua à rendre Gorham et ses rangers « plus que jamais essentiels à la préservation immédiate de la province de Nouvelle-Écosse », ainsi que le duc de Bedford en informa Newcastle. En conséquence, Gorham se vit accorder une commission de commandant et une compagnie de 100 hommes pour la défense de la province. Newcastle ordonna à Shirley d’aider Gorham de toutes les manières possibles car, disait-il, « Le cas de cet homme est si particulier et les services qu’il a rendus et rendra encore sont si grands, qu’il ne peut y avoir d’inconvénient à cause de cette marque de faveur qui lui est faite. »

À son retour en Nouvelle-Écosse, Gorham assuma seul la responsabilité de défendre la province. À la fin des hostilités, mais avant que la paix ne soit signée, Mascarene ordonna à Gorham et à ses hommes, en octobre 1748, d’exiger la soumission des colons français établis le long de la rivière Saint-Jean, dans une région que revendiquaient à la fois l’Angleterre et la France. Gorham avait reçu l’ordre « de ne pas commencer les hostilités » à moins d’être provoqué. Des assaillants inconnus ayant tué quelques-uns de ses hommes, Gorham s’empara de deux Abénaquis afin de donner aux Indiens (selon Mascarene) une chance « de se disculper de toute participation à cet outrage et de découvrir les coupables ». En dépit des protestations énergiques du marquis de La Galissonière [Barrin], le gouverneur Shirley soutint Gorham sur cette question.

À l’arrivée du nouveau gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Edward Cornwallis*, en juillet 1749, Gorham fut nommé au Conseil de la Nouvelle-Écosse. Malgré quelques divergences occasionnelles avec le gouverneur, Gorham conserva sa charge jusqu’à ce qu’il quitte la Nouvelle-Écosse, deux ans plus tard. Il continua de s’occuper activement de la défense de la province : il établit le fort Sackville au fond du bassin de Bedford pour assurer la protection du nouvel établissement de Halifax et prit part à de nombreuses escarmouches avec les Indiens ennemis. En août 1751, Gorham quitta la Nouvelle-Écosse pour l’Angleterre à bord de son propre navire, l’Osborne, premier navire construit à Halifax. Il mourut à Londres en décembre 1751, victime de la petite vérole.

Le gouverneur Shirley écrivit en février 1746 : « L’immense service que la compagnie de Rangers du lieutenant-colonel Gorham a rendu à la garnison d’Annapolis Royal est une démonstration de l’utilité d’un tel corps. » Gorham et sa compagnie de rangers brutaux semblent avoir été un élément nécessaire au maintien de la présence anglaise en Nouvelle-Écosse.

John David Krugler

Barnstable, Mass., Vital records, Mayflower Descendant (Boston), XXXIII (1935) : 119, 126.— Col. John Gorham’s « Wast Book », F.W. Sprague, édit., New Eng. Hist. and Geneal. Register (Boston), LII (1898) : 186–192.— Col. John Gorham’s « Wast Book » and his « Dayly Journal », Mayflower Descendant (Boston), V (1903) : 172–180.— Col. John Gorham’s « Wast Book » and the Gorham family, N. Y. Geneal and Biog. Record (New York), XXVIII (1897) : 133–136, 197–201.— Correspondence of William Shirley (Lincoln), I : 135.— Documentary history of Maine, XI : 315, 341, 344, 387–389, 465 ; XII : 60, 71, 74.— Documents relating to currency in Nova Scotia, 1675–1758 (Shortt), 274, 281. 294, 304, 335, 338, 342.— Gorham letters, with facsimiles, Mayflower Descendant (Boston), IV (1904) : 181–184.— The Pepperell papers, Coll. of the Huss. Hist. Soc., 61 sér., X (1899).— NYCD (O’Callaghan et Fernow).— N.S. Archives, I.— The Wyllys papers : correspondence and documents chiefly of descendants of Gov. George Wyllys of Connecticut, 1590–1796 (« Coll. of the Conn. Hist. Soc. », XXI, Hartford, 1924), 427s.— Murdoch, History of Nova-Scotia, II : 36, 104s., 124, 139, 166.— J. G. Palfrey, History of New England (5 vol., Boston, 1858–1890), V : 59, 242.— T. B. Akins, The first council, Coll. of the N.S. Hist. Soc., II (1881) : 26s.— G. T. Bates, John Gorham, 1709–1751 : an outline of his activities in Nova Scotia, 1744–1751, Coll. of the N.S. Hist. Soc., XXX (1954) : 27–77.— F.W. Sprague, Barnstable Gorhams, New Eng. Hist. and Geneal. Register (Boston), L (1896) : 32–34.

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John David Krugler, « GORHAM JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gorham_john_3F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   25 juillet 2014