DCB/DBC Mobile beta
+

Nouvelles du DBC/DCB

Nouvelles biographies

Biographies mises à jour

Biographie du jour

BAXTER, AGNES SIME – Volume XIV (1911-1920)

Semaine de l'histoire du Canada 2018

La Confédération

Le gouvernement responsable

Sir John Alexander Macdonald

De la colonie de la Rivière-Rouge au Manitoba (1812–1870)

Sir Wilfrid Laurier

Sir George-Étienne Cartier

Sports et sportifs

Les fenians

Les femmes dans le DBC/DCB

Les conférences de Charlottetown et de Québec en 1864

Les textes introductifs du DBC/DCB

Les Acadiens

Module éducatif

La guerre de 1812

Les premiers ministres du Canada en temps de guerre

La Première Guerre mondiale

Contant, Joseph (baptisé Joseph Comptant, il signait parfois Joseph-Raoul Contant), pharmacien, professeur et administrateur scolaire, né le 1er octobre 1848 à Stukely-Nord (Bonsecours, Québec), fils de Jean-Baptiste Comptant, cultivateur, et de Pélagie Beaudoin ; le 10 août 1869, il épousa dans la paroisse Notre-Dame, à Montréal, Sophie Jetté (décédée le 6 décembre 1932), et ils eurent 12 enfants, dont 7 lui survécurent ; décédé le 24 octobre 1938 à Montréal et inhumé le 27 au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, dans la même ville.

Joseph Contant fait des études classiques au collège Sainte-Marie, à Montréal, au moins pendant l’année scolaire 1864–1865. Après un court séjour aux États-Unis, il entre en 1866 au service de la pharmacie du médecin Pierre-Étienne Picault, comme apprenti. Il poursuit également des études à la faculté de médecine du McGill College en 1867–1868 et au collège de pharmacie de Montréal (dénomination qui ne sera pas officielle avant 1879). Il obtient son diplôme de pharmacien à l’âge de 20 ans, puis s’associe avec Picault. À la mort de ce dernier en 1885, Contant achète l’entreprise, située au coin des rues Notre-Dame et Bonsecours et qui sera, selon un article publié le 1er octobre 1938 dans le quotidien la Presse, « l’une des pharmacies les plus considérables de la métropole ». Il la dirigera vraisemblablement jusqu’à sa mort.

Contant travaille activement à l’essor économique des Canadiens français. Impliqué dans les questions d’assurances et de secours mutuels, il préside l’Union Saint-Joseph et l’Union Saint-Pierre de Montréal au cours des années 1880. Il est l’un des cofondateurs (1892), directeurs et présidents (au tournant du siècle) de l’Alliance nationale [V. sir Hormisdas Laporte], et contribue à son développement. De plus, il est, notamment avec Laporte et Joseph-Xavier Perrault*, l’un des fondateurs de la Chambre de commerce du district de Montréal, reconnue juridiquement en 1887. Il devient membre de son conseil dès cette année-là. Le même article publié dans la Presse rapportera ces propos de Contant sur cette création : « Je descendais, un jour, la rue Bleury en compagnie de M. Laporte, lorsque j’aperçus sur une façade la pancarte suivante : Montreal Board of Trade. Pourquoi les Canadiens-français n’auraient-ils pas leur société fis-je remarquer à M. Laporte. Quelques jours plus tard, la Chambre de Commerce était fondée. » Le Bureau de commerce de Montréal existe déjà pour les gens d’affaires. Au sein de cette association bilingue, qui, en anglais, se nomme le Montreal Board of Trade, où les postes d’importance sont essentiellement occupés par des notables anglophones, plusieurs francophones ne se sentent pas bien représentés. En outre, tandis que le Bureau de commerce de Montréal s’adresse avant tout à l’élite financière de la métropole, la Chambre de commerce du district de Montréal vise un recrutement plus large. Contant joue un rôle très actif au sein de la chambre de commerce. Il en est même vice-président en 1895, et président en 1896 et en 1897. De 1897 à 1901, il la représente à la Commission du havre de Montréal.

Non seulement Contant participe au développement de sa ville, mais il travaille aussi à l’essor de sa profession. De 1889 à 1891 et de 1893 à 1895, il a notamment présidé l’Association pharmaceutique de la province de Québec [V. John Kerry*], reconnue juridiquement en 1870. Cet ordre professionnel régit l’admission au métier de pharmacien dès 1875. Les pharmaciens luttent, à la fin du xixe siècle, pour obtenir le plein contrôle de la fabrication et de la vente de produits pharmaceutiques [V. David Wesley Bole]. Devant les multiples percées dans le domaine de la chimie, qui permettent d’offrir de nouveaux médicaments parfois plus efficaces et souvent plus inoffensifs que ceux que l’on retrouve alors sur le marché, ils s’opposent à l’influence des médecines plus traditionnelles et aux maintes substances médicinales proposées par des charlatans.

De plus en plus nombreux au collège de pharmacie de Montréal, les francophones souhaitent y recevoir un enseignement bilingue. Leur insatisfaction grandissante suscite la création, en 1906, de l’école de pharmacie Laval à Montréal, où elle est affiliée à l’université Laval (elle deviendra la faculté de pharmacie de l’université de Montréal en 1942). Les étudiants en pharmacie peuvent alors suivre une formation universitaire et recevoir, pour la première fois, des diplômes universitaires. Contant, ainsi que le pharmacien Alfred-Joseph Laurence, compte parmi les fondateurs. Dès 1906, il en est nommé président et directeur, postes qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1938. Il y donne également des cours de déontologie et de jurisprudence pharmaceutique. La formation proposée est, au départ, très axée sur les aspects pratiques. Les étudiants n’ont en effet que quelques cours théoriques à suivre, alors qu’ils doivent assister à plusieurs cours de travaux pratiques et travailler pour un pharmacien durant quatre ans avant d’être admissible à l’examen de l’Association pharmaceutique de la province de Québec. Graduellement, le nombre de cours nécessaires à l’obtention du diplôme augmentera. Pendant sa carrière, Contant fait plusieurs voyages pour approfondir ses connaissances en pharmaceutique. Toutes ces initiatives font de lui l’un des piliers du développement de cette discipline dans la province de Québec.

Fort de l’expérience acquise dans la fondation de l’école de pharmacie Laval à Montréal, Contant participe aussi à la création, dans la même ville, de l’École des hautes études commerciales. En 1889, Contant et quelques autres membres de la Chambre de commerce du district de Montréal se sont penchés sur la question et ont conclu à l’insuffisance des études commerciales dans la province. En 1907, le gouvernement de Lomer Gouin* forme le bureau de direction de l’École des hautes études commerciales de Montréal, qui ouvre officiellement ses portes en 1910, et Contant en fait partie. En plus de ses fonctions administratives, il donne les cours de pratique des affaires. Il fait partie de ce groupe de fondateurs qui, à défaut de posséder une longue expérience scolaire, ont un bagage et un réseau de contacts essentiels au démarrage de cet établissement. Trop occupé par ses charges de pharmacien et de directeur de l’école de pharmacie, il n’enseigne que quelques années à l’École des hautes études commerciales de Montréal. Il démissionne du bureau en 1919.

Joseph Contant, que certains considèrent comme le père de la pharmacie dans la province de Québec, a activement travaillé à fonder et à consolider des organisations destinées à l’avancement économique et professionnel des Canadiens français, tant dans le domaine des affaires que dans celui de la pharmacie.

Jonathan Fournier

Joseph Contant est l’auteur de : l’Union Saint-Pierre de Montréal : notes sur sa fondation et ses actes jusqu’à nos jours ([Montréal ?], 1890).

BAnQ-CAM, CE601-S51, 10 août 1869.— BAnQ-E, CE502-S2, 2 oct. 1848.— Le Devoir, 25 oct. 1938.— La Patrie, 19 juin 1902.— La Presse, 9 déc. 1932 ; 1er, 25 oct. 1938.— H.-A. Bizier, l’Université de Montréal : la quête du savoir (Montréal, 1993).— Johanne Collin et Denis Béliveau, Histoire de la pharmacie au Québec (Montréal, 1994).— Pierre Harvey, Histoire de l’École des hautes études commerciales de Montréal (2 vol., Montréal, 1994–2002), 1 (1887–1926).— Roger Larose, « 100 years of pharmacy in Quebec », Canadian Pharmaceutical Journal (Toronto), 105 (1972), no 8 : 18–20.— Martin Petitclerc, « “l’Association qui crée une nouvelle famille” : l’expérience populaire de la mutualité lors de la transition à la société de marché », RHAF, 59 (2005–2006) : 259–291.— A. V. Raison, « History of pharmacy in Quebec », Canadian Pharmaceutical Journal, 100 (1967), no 11 : 2–7.— Fernande Roy, Progrès, Harmonie, Liberté : le libéralisme des milieux d’affaires francophones de Montréal au tournant du siècle (Montréal, 1988).— Robert Rumilly, Histoire de l’École des hautes études commerciales de Montréal, 1907–1967 (Montréal, 1966).

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Jonathan Fournier, « CONTANT, JOSEPH (baptisé Joseph Comptant ; Joseph-Raoul Contant) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 nov. 2018, http://www.biographi.ca/fr/bio/contant_joseph_16F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/contant_joseph_16F.html
Auteur de l'article:   Jonathan Fournier
Titre de l'article:   CONTANT, JOSEPH (baptisé Joseph Comptant ; Joseph-Raoul Contant)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2018
Année de la révision:   2018
Date de consultation:   20 novembre 2018