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CATELLIER, LAURENT (baptisé Laurent-Justinien), médecin et professeur, né le 5 septembre 1839 à Saint-Vallier, Bas-Canada, fils de Prisque Catellier, forgeron, et de Marguerite Marceau ; le 5 janvier 1868, il épousa en l’église St Patrick de Québec Alice Taylor, puis le 21 avril 1874 en l’église Saint-Roch Odile Gauvreau, enfin le 8 mars 1887 en la basilique Notre-Dame Marie-Louise Moraud ; de ses deux premiers mariages naquirent sept enfants dont trois lui survécurent ; décédé le 17 janvier 1918 à Québec et inhumé le 19 dans le cimetière Saint-Charles.

Grâce à la générosité de son oncle Siméon-Germain Marceau, curé de Saint-Simon de Rimouski, Laurent Catellier étudia au petit séminaire de Québec de 1852 à 1859, puis s’inscrivit à la faculté de médecine de l’université Laval. Il obtint sa licence en médecine en 1863, et le Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada lui accorda l’autorisation d’exercer la même année. Il fut nommé médecin interne de l’asile de Beauport. En 1865, on le nomma médecin résidant à l’hôpital de la Marine et des Émigrés. La même année, il obtint le diplôme de docteur en médecine.

Les succès de Catellier retinrent l’attention des autorités universitaires qui lui offrirent, en 1866, d’aller poursuivre ses études à Paris. Il s’intéressa particulièrement à la chirurgie. À son retour à l’été de 1867, il reprit ses fonctions à l’hôpital de la Marine et des Émigrés. C’est là qu’il réunissait autour de lui des jeunes médecins, formés à Paris comme lui, et qu’ensemble ils élaboraient de vastes projets et cherchaient à développer l’enseignement de la médecine.

En 1870, Catellier fut nommé professeur extraordinaire d’anatomie pratique à la faculté de médecine de l’université Laval. Il agit également comme secrétaire de la faculté jusqu’en 1872, année où il prit le titre de professeur agrégé. En 1874, on le nomma professeur titulaire d’anatomie pratique et de médecine opératoire pratique, et on lui confia l’enseignement de la pathologie externe à l’hôpital de la Marine et des Émigrés. Catellier, qui savait à merveille enseigner la théorie, était reconnu comme incomparable dans l’art d’initier ses élèves à la pratique chirurgicale. À la suite de la démission du docteur Jean-Étienne Landry* en 1881, le conseil universitaire n’hésita pas à lui offrir la chaire de pathologie externe, qu’il occupa pendant un quart de siècle.

Catellier entra au conseil universitaire le 9 septembre 1895. Sa personnalité imposa le respect et il gagna la confiance de tous. L’université et le séminaire lui confièrent les missions les plus délicates. Le 16 décembre 1901, avec le docteur Michel-Delphis Brochu, Catellier procéda à l’examen des restes de Mgr François de Laval* pour le compte des juges chargés du procès de béatification. À plusieurs reprises, on lui demanda de représenter l’université et de défendre ses intérêts auprès de différents corps publics.

Le 29 septembre 1905, Catellier devenait le septième doyen de la faculté de médecine ; il succédait au docteur Louis-Joseph-Alfred Simard. Sa nomination coïncida avec le désir d’Ottawa, d’une part, et celui du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, d’autre part, d’exercer un plus grand contrôle sur l’enseignement médical et sur l’évaluation des futurs médecins ; jusque-là, les universités avaient joui d’une relative autonomie, mais sans jamais refuser de se soumettre aux exigences de la loi.

En 1907, le Parlement provincial adopta une nouvelle loi qui assura aux facultés de médecine de Laval, Montréal et McGill la présence de deux représentants au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec et reconnut la valeur des diplômes universitaires. Deux ans plus tard, la loi fut modifiée et reçut le nom de Loi médicale de Québec. Elle plaçait les « affaires du collège » sous la régie d’un bureau d’administrateurs appelé Bureau provincial de médecine, où chacune des facultés de médecine avait droit à deux représentants. La nouvelle loi portait à cinq ans la durée des études en médecine. De plus, elle déterminait les modalités d’évaluation en créant le Bureau médical d’examinateurs, formé aux deux tiers de professeurs des facultés de médecine.

Comme doyen, Catellier veilla à la consolidation des études de médecine. Non seulement il adapta les programmes aux exigences du Collège des médecins, mais il se soucia également d’intégrer les nouvelles découvertes en réclamant de l’université les moyens de satisfaire aux exigences d’un « enseignement pratique d’anatomie pathologique, de bactériologie, de physiologie et d’hygiène ». En dépit de son zèle à défendre la cause de l’hygiène, Catellier n’eut pas la satisfaction d’assister, sous son décanat, à la création d’un cours d’hygiène et à l’installation de laboratoires réclamés depuis 1907. Ce n’est que le 26 mai 1911 que le conseil universitaire, suivant en cela une recommandation du Conseil d’hygiène de la province de Québec, créa un cours d’hygiène publique destiné aux titulaires d’un diplôme de docteur en médecine. En 1910, après 40 années consacrées à l’enseignement de la médecine, le docteur Catellier prit sa retraite, et le docteur Michael Joseph Ahern lui succéda à titre de doyen. Afin de lui témoigner sa reconnaissance pour les services éminents qu’il avait rendus, l’université Laval lui décerna le titre de professeur émérite.

Catellier joua également un rôle important sur la scène municipale. De 1891 à 1913, en tant que médecin responsable du Bureau de santé de la ville de Québec, il fut un des artisans de la politique municipale de santé publique. Il dénonça les conditions non hygiéniques qui existaient et, dès le début de l’année 1893, il soumit un nouveau règlement concernant la propreté, la salubrité et l’hygiène dans la ville de Québec, lequel fut adopté à l’unanimité. Au cours de son mandat, il formula plusieurs recommandations : construction d’installations sanitaires, collecte des déchets, construction d’un système d’égouts, protection de la source d’alimentation en eau. Il encouragea l’établissement d’un abattoir à la disposition des bouchers et la nomination d’inspecteurs du lait. L’ouverture en novembre 1891 d’un hôpital civique de 20 lits, situé rue des Prairies, pour traiter les cas de diphtérie constituait la première réalisation du Bureau de santé ; la construction d’une étuve en 1883 en compléta l’installation.

Le 17 janvier 1918, le docteur Laurent Catellier décéda à l’Hôtel-Dieu de Québec, où il avait été pendant plusieurs années à compter de 1890 professeur de pathologie externe ; le lendemain, l’université Laval et la Société médicale de Québec, organisme qu’il avait contribué à fonder en 1897 et dont il avait été secrétaire et un des administrateurs, déploraient sa disparition. Ses obsèques eurent lieu en la basilique de Québec le 19 janvier en présence de l’archevêque, le cardinal Louis-Nazaire Bégin*, et de représentants du corps universitaire ; c’était, selon le Journal du séminaire de Québec, un fait sans précédent, car Catellier était le premier professeur émérite à mourir.

Monique Leclerc-Larochelle

Laurent Catellier est l’auteur d’un article intitulé « Fractures de la cuisse », l’Union médicale du Canada (Montréal), 13 (1884) : 1–10.

ANQ-Q, CE1-1, 8 mars 1887 ; CE1-22, 21 avril 1874 ; CE1-98, 5 janv. 1868 ; CE2-8, 6 sept. 1839.— Arch. de la ville de Québec, QC3-1, procès-verbaux, 1890–1916 ; QC3–2, rapports annuels, 1891–1916.— Arch. du monastère des ursulines (Québec), 1/D7 (lettre du Dr [Laurent] Catellier à mère Sainte-Marie, supérieure, 19 avril 1873).— ASQ, Fichier des anciens ; Journal du séminaire, 8–10 ; Univ., 105–106, 172, 174, 178.— Le Canadien, 17 juill., 16 oct. 1863, 1er mai 1865, 24 sept. 1866, 2 août 1867, 10 janv. 1868, 15 juin 1870, 3 juin 1882, 4 janv. 1884, 31 juill., 3 août 1885.— L’Événement, 18 janv. 1918.— Le Soleil, 18–19, 21 janv. 1918.— C.-M. Boissonnault, Histoire de la faculté de médecine de Laval (Québec, 1953), 292–327.— F.-X. Chouinard et al., la Ville de Québec, histoire municipale (4 vol., Québec, 1963–1983), 4.— Joseph Gauvreau, « le Bon Docteur Catellier », l’Union médicale du Canada, 47 (1918) : 86–92.— Denis Goulet et André Paradis, Trois siècles d’histoire médicale au Québec ; chronologie des institutions et des pratiques (1639–1939) (Montréal, 1992).— Arthur Maheux, « les Doyens de la faculté de médecine », Laval médical (Québec), 23 (1957) : 45–51.— « Société médicale de Québec : [le procès-verbal de la] séance du 5 février 1897 », l’Union médicale du Canada, 26 (1897) : 199–204.— Univ. Laval, Annuaire, 1857–1919.

Bibliographie générale

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Monique Leclerc-Larochelle, « CATELLIER, LAURENT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/catellier_laurent_14F.html.

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Auteur de l'article:   Monique Leclerc-Larochelle
Titre de l'article:   CATELLIER, LAURENT
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   1 novembre 2014