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BLAKE, DOMINICK EDWARD, ministre de l’Église d’Angleterre, né en 1806 à Kiltegan (république d’Irlande), aîné des enfants du révérend Dominick Edward Blake et d’Anne Margaret Hume ; il épousa Louisa Jones, et ils eurent deux fils ; décédé le 29 juin 1859 à Toronto.

Dominick Edward Blake appartenait à la petite noblesse anglo-irlandaise pour qui les études au Trinity College de Dublin étaient une tradition. En 1823, deux ans après la mort de son père, il entra au collège et y demeura jusqu’à l’obtention de sa licence ès lettres au printemps de 1829. Ordonné diacre par l’archevêque de Tuam le 17 octobre 1830, il remplit les fonctions de vicaire à Westport, dans le comté de Mayo, et devint prêtre le 20 mai 1832. Mais le travail ardu à Westport était néfaste à sa santé et, de toute façon, l’avenir n’était pas prometteur. C’est probablement pour ces raisons que Blake, accompagné de sa femme, se joignit au reste de la famille, dont son frère William Hume*, et à quelques amis de l’université, et qu’il s’embarqua avec eux pour le Haut-Canada à l’été de 1832. Après avoir obtenu de l’évêque Charles James Stewart* l’autorisation de servir comme ministre, il fut d’abord affecté au canton de Caradoc, dans le comté de Middlesex. Un an après son arrivée dans la province, Blake était toutefois installé avec sa femme, sa mère et ses deux sœurs célibataires dans la localité avoisinante d’Adelaide, poste qui devait originellement être confié à Benjamin Cronyn*. L’église St Anne, à laquelle il était principalement attaché, fut construite en 1833.

Pour un ministre jeune et doué, les perspectives d’avenir étaient beaucoup plus brillantes dans le Haut-Canada, mais Blake, dès son arrivée à Adelaide, se trouva aux prises avec un problème financier dont il eut à tenir compte le reste de sa vie. Au début des années 1830, le gouvernement britannique, sous des pressions de plus en plus fortes de la chambre des Communes, décida de ne plus subventionner l’Église d’Angleterre au Canada. Malgré les vives protestations de la Society for the Propagation of the Gospel in Foreign Parts, il résulta de cette décision que, dans les cas où le gouvernement d’une colonie n’était pas en mesure de combler le déficit, le salaire des membres du clergé était diminué considérablement. Blake fut l’un de ceux qui subirent cet inconvénient : ses arrérages de salaire s’élevèrent à £840 pour les 12 années qu’il passa à Adelaide. Il n’était pas vraiment pauvre, semble-t-il, mais la perte de salaire était assez grave pour qu’il sente le besoin de mener une longue campagne en vue de se faire payer. À certains moments, sa détermination embarrassa et ennuya l’évêque John Strachan*, et les résultats furent nuls : les arrérages étaient encore impayés lorsque Blake mourut.

En 1840, pour augmenter ses revenus, Blake accepta de fournir à la Society for the Propagation of the Gospel un journal détaillé de ses activités missionnaires. La société avait constaté que la publication de tels journaux dans ses rapports annuels soutenait l’intérêt que les gens portaient au bien-être spirituel des colons britanniques du Haut-Canada. Parce que la rédaction d’un journal demandait au ministre des efforts additionnels, la société était disposée à le payer pour ce travail. Blake accomplit cette tâche pendant plus d’un an ; le journal révèle qu’il était un ministre dévoué et consciencieux qui se dépensait sans compter, parfois jusqu’à l’épuisement et la maladie. Premier ecclésiastique de l’Église d’Angleterre à œuvrer dans le canton d’Adelaide, il constata que les fidèles qui étaient établis depuis peu et les gens qu’il espérait convertir étaient disséminés sur un vaste territoire. Il les regroupa en quatre congrégations qu’il visita régulièrement et, avant de quitter la région, il eut la satisfaction de voir chaque groupe ériger une église.

Au milieu des années 1840, les efforts de Blake commencèrent à être reconnus. En février 1844, il fut nommé surintendant des écoles publiques du canton d’Adelaide. Toutefois, au moment où il entreprenait ses nouvelles fonctions, la mort emporta le révérend George Mortimer*, qui desservait l’église Trinity de Thornhill ; l’évêque Strachan lui offrit de prendre la succession de Mortimer, et il accepta. La communauté de Thornhill, solidement établie et florissante, habitait rue Yonge, au nord de Toronto. L’église Trinity, dont la construction avait été achevée en 1830, était le premier temple érigé par une confession religieuse dans la région et on avait dû l’agrandir en 1840 pour accueillir des fidèles dont le nombre augmentait rapidement. À cet endroit, Blake continua de montrer qu’il était, suivant l’expression de Strachan, « un excellent ministre ». C’est pourquoi, six ans plus tard, lorsque l’évêque nomma des doyens ruraux en vue d’assurer une autorité plus centralisée dans le diocèse, Blake se vit confier le district de Home. Il conserva ce poste jusqu’à la fin des années 1850 et servit de lien entre Strachan et les autres ecclésiastiques de la région.

Cette nomination donna à Blake une expérience des particularités de l’administration du diocèse, qu’il connut également en prenant part aux activités de la Church Society, dont il fut un membre enthousiaste dès les débuts. Mais ce fut la création du synode diocésain, au début des années 1850, qui permit à Blake de s’approcher du centre de la vie diocésaine. Dès le premier jour, il participa aux débats de l’assemblée, et son intérêt et sa compétence lui valurent d’être nommé au comité exécutif du synode, qui fut créé en 1856. Blake faisait partie de ce comité à l’époque où celui-ci rédigea la constitution du diocèse et établit pour la première fois la marche à suivre au moment des élections épiscopales. En 1858, toujours à titre de membre de l’exécutif, il présenta un document controversé sur la discipline du clergé et, au cours de la même séance, il proposa un amendement qui amorça un débat sur le canon diocésain concernant les paroisses. En août, il écrivit et fit imprimer une déclaration sur la position juridique de l’Église canadienne, dans laquelle il remettait en question un rapport sur les canons de l’Église qu’avait préparé un comité du synode présidé par James Beaven*.

Au printemps de 1859, Dominick Edward Blake avait derrière lui plus de 25 années de labeur au service de l’Église d’Angleterre au Canada. Ce sont des hommes comme lui qui, par leurs efforts, ont permis de transplanter par delà l’océan les institutions complexes de l’Europe dans toute leur intégrité. Peut-être éprouvait-il un sentiment de satisfaction au sujet du rôle qu’il avait joué lorsqu’il prit la parole au dîner annuel du Trinity College de Toronto, le soir du 29 juin. Dans son discours, il déclara que cette réunion était l’une des expériences les plus agréables qu’il avait connues depuis plusieurs années. Après avoir regagné sa place à la table d’honneur, il fut soudainement accablé de douleur et quitta la pièce. On fit rapidement venir un médecin qui se trouvait dans la salle, James Bovell*, mais il ne put rien faire. Blake mourut en quelques minutes.

H. E. Turner

Dominick Edward Blake est l’auteur de : A few brief observations upon the report of the committee on canons, &c., &c., addressed to the members of synod (Thornhill, Ontario, 1858) ; une copie de l’ouvrage se trouve parmi ses papiers aux AO, MU 138, sér. A-3.

AO, MS 35, letter-books, 1839–1843, spécialement p. 63 (John Strachan à D. [E.] Blake, 26 août 1840, comprenant la lettre de l’Upper Canada Clergy Soc.) ; « to societies », 1839–1866 ; 1844–1849 ; 1854–1862 ; unbound papers, Blake, reports on the Home Rural Deanery, 9 avril 1851, 3 juin 1858 ; MU 138, sér. A–3.— USPG, C/CAN/folder 370 ; X7 : 489–492, 521–526, 580–593 (mfm aux APC).— Canadian Ecclesiastical Gazette (Toronto), 6 (1859) : 89.— J. D. Sirr, A memoir of the Honorable and Most Reverend Power Le Poer Trench, last archbishop of Tuam (Dublin, 1845), 773.— Church, 3 janv. 1850.— Daily British Whig, 15–17 sept. 1858.— Echo and Protestant Episcopal Recorder (Toronto), 28 juill. 1859.— Globe, 14 oct. 1853, 3 mai 1856, 19 juin 1857, 8 juin, 1er juill 1859, 13 juin 1860.— Dora Aitken, A history of St. Ann’s Church and Adelaide (s. l., [1967]).— D. M. FitzGerald, A chronicle of the parish of Trinity Church, Thornhill, 1830–1955, S. A. R. Wood, édit. ([Thornhill, 1955]).— D. M. FitzGerald et al., Thornhill, 1793–1963 : the history of an Ontario village (Thornhill, 1964).

Bibliographie générale

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H. E. Turner, « BLAKE, DOMINICK EDWARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/blake_dominick_edward_8F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   1 septembre 2014