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BALLENDEN, JOHN, trafiquant de fourrures, juge de paix et fonctionnaire, né vers 1812 à Stromness, Écosse, fils de John Ballenden, ancien fonctionnaire de la Hudson’s Bay Company, et d’Elizabeth Gray ; le 10 décembre 1836, il épousa dans la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba) Sarah McLeod, et ils eurent huit enfants ; décédé le 7 décembre 1856 à Édimbourg.

John Ballenden est un représentant de cette classe de jeunes gentlemen instruits, pour la plupart originaires d’Écosse, que la Hudson’s Bay Company recruta au début du xixe siècle afin de gérer son vaste empire du commerce des fourrures. Il entra au service de la compagnie en 1829 à titre de commis débutant et, la même année, James Hargrave*, de York Factory (Manitoba), le décrivit comme « un jeune homme excellent, modeste et intelligent ». Le gouverneur George Simpson trouva que Ballenden avait des aptitudes particulières pour le « bureau de comptabilité ou [pour] les affaires de dépôt de provisions ». Ainsi, après avoir travaillé à York Factory et à la Rivière-Rouge, il fut promu comptable à Upper Fort Garry (Winnipeg) en 1836.

En décembre de cette année-là, le mariage de Ballenden avec Sarah McLeod, fille du chef de poste Alexander Roderick McLeod*, constitua un événement mondain d’importance à la Rivière-Rouge, puisqu’il signifiait que les fonctionnaires de la Hudson’s Bay Company considéraient encore les femmes sang-mêlé acculturées comme des épouses désirables, malgré l’arrivée récente de femmes britanniques dans la communauté des trafiquants de fourrures. En 1840, Ballenden alla s’installer avec sa famille à Sault-Sainte-Marie (Sault Ste Marie, Ontario) où il devint responsable du dépôt de la Hudson’s Bay Company ; en 1844, il fut promu chef de poste et assuma en même temps la responsabilité du district du lac Huron. En plus d’approvisionner les districts du lac Supérieur et du lac Huron, le dépôt de Sault-Sainte-Marie comprenait un magasin de provisions pour les colons dont le nombre augmentait dans la région. Ballenden participa au développement de Sault-Sainte-Marie dont il fut le premier maître de poste de 1846 à 1848. Il exerça également les fonctions de juge de paix du district de Western, dans le Haut-Canada, à partir d’avril 1844. Au milieu des années 1840, il plaça de l’argent dans une société dont il fut aussi représentant, la Compagnie de Montréal pour l’exploitation des mines, qui exploitait certains emplacements miniers situés sur la rive nord du lac Supérieur. Il investit aussi dans la Compagnie du chemin à rails de Montréal et de Lachine, comme le firent le gouverneur Simpson et d’autres fonctionnaires de la Hudson’s Bay Company.

En 1848, en plus d’être promu agent principal, Ballenden fut chargé du district du bas de la rivière Rouge, dont le quartier général était à Upper Fort Garry. Pendant qu’il s’y rendait en canot, au mois d’août, il eut une attaque qui le laissa partiellement paralysé. Il se rétablit, mais sa santé affaiblie le désavantagea lorsqu’il dut faire face aux problèmes de la colonie de la Rivière-Rouge où le monopole de la traite des fourrures de la Hudson’s Bay Company était sérieusement menacé par un mouvement de plus en plus grand en faveur de la libre concurrence. Ballenden sentit qu’il devait prendre position ; il ordonna l’arrestation du trafiquant métis Pierre-Guillaume Sayer* et de trois autres personnes, sous l’accusation de traite illégale de fourrures. Sayer fut jugé et trouvé coupable, mais aucune sentence ne fut prononcée contre lui ; la population métisse prit cette décision pour une justification de la libre concurrence [V. Adam Thom*]. De son côté, Ballenden reconnut que la meilleure façon pour la compagnie de neutraliser ses rivaux et d’assurer son commerce était d’offrir des prix concurrentiels. Mais à peine avait-il commencé à mettre de l’ordre dans les affaires de la compagnie qu’il se trouva impliqué dans un scandale touchant principalement sa femme.

En juin 1850, Ballenden avait quitté la colonie pour participer à la réunion annuelle du conseil du département du Nord, et pendant son absence Mme Ballenden fut mise au ban de la société de la Rivière-Rouge parce qu’elle aurait commis un adultère. Ballenden revint pour assister à un procès sensationnel à l’issue duquel on déclara les calomniateurs de sa femme coupables de conspiration diffamatoire. Toutefois, la tension était telle qu’il abandonna temporairement sa charge et prit un congé à l’automne de 1850. Parce que le scandale persistait autour de sa femme qui était restée à la Rivière-Rouge, Ballenden ne reprit pas ses fonctions, mais fut plutôt envoyé au fort Vancouver (Vancouver, Washington), en 1851, afin d’administrer ce qui restait du district de la Colombie de la Hudson’s Bay Company. Sa santé continua de se détériorer, et, après avoir subi une nouvelle crise – il s’agissait probablement d’une crise d’apoplexie –, il reprit un congé en 1853. Cet automne-là, il rejoignit toute sa famille à Édimbourg, peu avant la mort de sa femme en décembre. L’année suivante, il redevint responsable du district du bas de la rivière Rouge où la compagnie faisait alors face à un « essaim » de trafiquants de fourrures indépendants ; toutefois sa mauvaise santé le força à retourner en Écosse à la saison de traite suivante. Il prit officiellement sa retraite le 1er juin 1856 et mourut à Édimbourg le 7 décembre suivant. Au fil des ans, Ballenden avait envoyé tous ses enfants se faire instruire en Écosse, et, à sa mort, les cinq plus jeunes furent placés sous la tutelle de leur tante Eliza Bannatyne. Du vivant de Ballenden, la plus âgée de ses filles avait épousé un fonctionnaire de la Hudson’s Bay Company, William McMurray.

Homme intègre et loyal, John Ballenden fut bien aimé par ses contemporains et on le plaignit dans son infortune.

Sylvia Van Kirk

APC, MG 19, A21 ; RG 68, General index, 1841–1867 : 80, 265.— GRO (Édimbourg), Heriot and Warriston, Reg. of baptisms, marriages, and burials, 13 déc. 1856.— PAM, HBCA, D.5.— PRO, PROB 11/2257/667.— HBRS, 3 (Fleming) ; 19 (Rich et Johnson).— Van Kirk, « Many tender ties ».

Bibliographie générale

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Sylvia Van Kirk, « BALLENDEN, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ballenden_john_8F.html.

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Auteur de l'article:   Sylvia Van Kirk
Titre de l'article:   BALLENDEN, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   1 octobre 2014