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BALFOUR, WILLIAM DOUGLAS, instituteur, éditeur et homme politique, né le 2 août 1851 à Forfar, Écosse, aîné des enfants de David Balfour et de Janet Douglas ; le 17 octobre 1874, il épousa à Grosse Île, Michigan, Josephine Brodhead, et ils eurent quatre fils et quatre filles ; décédé le 19 août 1896 à Toronto et inhumé à Amherstburg, Ontario.

William Douglas Balfour avait six ans quand il arriva avec sa famille à St Catharines, dans le Haut-Canada. Il fréquenta l’école primaire locale ainsi que la Grantham Academy. Après avoir quitté l’école à 15 ans, il enseigna durant cinq ans dans les cantons de Grantham et de Louth. En 1872, il devint propriétaire des éditions quotidienne et hebdomadaire du St. Catharines News, avec Robert Matheson comme associé. Deux ans plus tard, après la dissolution de la société, Balfour s’installa à Amherstburg où il fonda un hebdomadaire, l’Amherstburg Echo, avec John Allan Auld. Ce journal de tendance politique libérale fut un ardent promoteur de la ville d’Amherstburg et constitua une importante source d’information pour les comtés d’Essex et de Kent.

En 1875, peu de temps après son arrivée à Amherstburg, Balfour fut élu commissaire des écoles publiques, poste qu’il avait déjà occupé à St Catharines. De 1878 à 1882, il exerça la fonction de président du conseil municipal d’Amherstburg. Défait aux élections provinciales en 1879 dans la circonscription d’Essex South, il remporta la victoire trois ans plus tard dans une élection complémentaire. Une fois élu député provincial, il continua à publier son journal, l’Amherstburg Echo : c’était pour lui un moyen efficace de promouvoir sa carrière politique, car il lui permettait de tenir ses lecteurs au courant de ses activités législatives. En 1885, son association avec Auld prit fin, et une société par actions y succéda, l’Echo Printing Company.

Relativement peu de temps après son arrivée au Parlement, Balfour avait été, en 1884, du nombre des députés provinciaux libéraux qu’on avait cherché en vain à soudoyer pour détourner des votes du gouvernement d’Oliver Mowat* [V. Christopher William Bunting]. Balfour contribua à dévoiler le complot en remettant au président de l’Assemblée le pot-de-vin de 800 $ que lui avait offert John A. « Big Push » Wilkinson, ancien rédacteur en chef de journal.

Tout au long de sa carrière de législateur, Balfour se fit constamment le champion des minorités et des déshérités de la société. En 1884, il présenta un projet de loi qui aida Delos Rogest Davis, du canton de Colchester, dans le comté d’Essex, à devenir le premier avocat noir du Canada. Balfour mena aussi une longue campagne contre l’octroi de primes aux fabricants par les municipalités, et parvint ainsi à faire modifier le Municipal Act en 1888, puis à faire abolir cette pratique en 1892. Il s’opposa, en outre, vigoureusement au maintien des routes à péage provinciales. Partisan du droit de vote pour les femmes, il joua un rôle majeur dans l’adoption, en 1892, d’un projet de loi qui autorisait les femmes à faire partie de la Law Society of Upper Canada et à pratiquer le droit. Presbytérien et membre des Oddfellows, il défendit avec fermeté les lois sur la tempérance.

À titre de député libéral qui soutenait Mowat, Balfour plaida résolument en faveur des droits des provinces et, en 1896, au cours du débat sur la question des écoles du Manitoba, il appuya le chef libéral fédéral Wilfrid Laurier* qui s’opposait à l’adoption d’un projet de loi qui obligeait les provinces à restaurer les privilèges des minorités en matière d’éducation. Élu président de l’Assemblée législative de l’Ontario, en février 1895, Balfour conserva ce poste jusqu’en juillet 1896, après quoi il se joignit au cabinet d’Arthur Sturgis Hardy* à titre de secrétaire de la province. À cette époque, Balfour souffrait déjà de tuberculose depuis plusieurs années et, au mois d’août, des complications précipitèrent sa mort.

William Douglas Balfour avait été propriétaire d’un prospère journal hebdomadaire tout en servant la circonscription d’Essex South comme député. Homme politique progressiste, il donna son soutien aux défavorisés. Avec ses qualités, il aurait pu connaître une carrière politique exceptionnelle, mais il en fut malheureusement empêché par la maladie et par une mort prématurée.

Ronald G. Hoskins

La notice nécrologique de William Douglas Balfour parue dans le Globe, 20 août 1896, est accompagnée d’une gravure qui le représente, et Commemorative biog. record, county York comprend une photographie.

AN, RG 31, C1, 1891, Amherstburg, Ontario, district n63, 3rd ward : 34 (mfm aux AO).— AO, MS 76, J. Wallace à Charles Clarke, 3 mars 1884.— Ontario, Legislature, Journals, 1882–1896 ; Statutes, 1884, chap. 94 ; 1888, chap. 28 ; 1892, chap. 32.— Amherstburg Echo, 1874–1896.— CPC, 1891.— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 1.— D. G. Hill, The freedom-seekers : blacks in early Canada (Agincourt [Toronto], 1981).

Bibliographie générale

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Ronald G. Hoskins, « BALFOUR, WILLIAM DOUGLAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/balfour_william_douglas_12F.html.

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Auteur de l'article:   Ronald G. Hoskins
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   20 avril 2014