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Almond, John MacPherson (baptisé John), ministre de l’Église d’Angleterre et aumônier militaire, né le 1er août 1871 à Shigawake, Québec, fils de James Almond et de Mary Ann Macpherson ; le 30 octobre 1901, il épousa à Québec Nellie Estelle Beemer, et ils eurent trois fils ; décédé le 17 septembre 1939 à Montréal.

Né dans une famille d’agriculteurs sur la rive sud de la Gaspésie, John Macpherson Almond alla se préparer au sacerdoce au Bishop’s College de Lennoxville (Sherbrooke), où il obtint une licence ès arts en 1894. Il n’y terminerait sa maîtrise ès arts qu’en 1901, après son retour de la guerre des Boers. Comme beaucoup de jeunes anglicans, il était attiré par l’idéal du « christianisme centré sur la santé du corps » décrit par l’auteur britannique Charles Kingsley, et joua au rugby et au hockey pendant ses études au collège. Après avoir été ordonné diacre en 1896, puis prêtre le 5 septembre 1897, il partit à l’aventure comme missionnaire au Labrador.

En 1899, Almond exerçait déjà les fonctions de vicaire adjoint à la cathédrale Holy Trinity de Québec. En octobre, il se porta volontaire au poste d’aumônier du 2nd (Special Service) Battalion du Royal Canadian Regiment of Infantry, qui partait pour l’Afrique du Sud. Le lieutenant-colonel William Dillon Otter*, commandant du contingent canadien, ne voulait aucun aumônier dans ses rangs, mais l’opinion publique força les autorités de la milice à prendre des dispositions pour en accepter deux, un presbytérien et un catholique. Outrés du fait que leur confession ne soit pas représentée, les anglicans persuadèrent le premier ministre sir Wilfrid Laurier* d’autoriser la nomination de dernière minute d’Almond comme troisième aumônier. Mal accueilli et généralement laissé à l’écart avec les malades ou les blessés, Almond manqua la bataille de Paardeberg en février 1900, au cours de laquelle son courageux collègue catholique Peter Michael O’Leary, qui avait accompagné les hommes au combat, devint un héros national. La réputation d’Almond au sein du régiment tomba au plus bas quand on le trouva ivre après qu’il eut bu du vin de l’hôpital. Même s’il convainquit Otter de lui permettre de se racheter, la plupart des soldats rentrés au Canada avaient peu de bons mots à dire au sujet de l’un ou l’autre de leurs aumôniers, à l’exception d’O’Leary.

Almond accepta la direction d’une paroisse de Grand-Mère (Shawinigan, Québec) et y demeura jusqu’en 1904, année où il partit pour Montréal, à l’église Trinity. Dans cette ville, il devint président de la South African Veterans Association en 1908 et, l’année suivante, fut, avec Arthur Harold Douglas Hair et d’autres citoyens de Montréal, cofondateur du Last Post Fund, créé pour offrir aux vétérans démunis des funérailles et un enterrement convenable. Premier président du fonds, Almond occupa ce poste de 1909 à 1915, puis de 1932 à 1939. En 1911, il entra dans la milice canadienne à titre d’aumônier honoraire du 6th (Duke of Connaught’s Royal Canadian) Hussars. Ses qualités d’organisateur attirèrent l’attention du Bishop’s College, où il dirigea l’Alumni Association et présida la campagne de financement du Diamond Jubilee Fund en 1913. Il fut en outre membre de la Bishop’s Corporation, conseil de direction de l’établissement, de 1908 jusqu’à sa mort.

Quand la guerre éclata, en 1914, l’épisode de l’Afrique du Sud avait été soit pardonné, soit oublié ; Almond fut l’un des premiers aumôniers acceptés au camp d’entraînement du contingent canadien à Valcartier. Au front, on le promut au grade de major honoraire au début de 1915. Le 19 août, quand le révérend Richard Henry Steacy, ami politique du ministre de la Milice et de la Défense, Samuel Hughes*, fut nommé directeur, il devint lieutenant-colonel et directeur adjoint du Service d’aumônerie de l’armée canadienne. Sa gestion habile du travail religieux interconfessionnel au front lui permit de rallier de nombreux aumôniers désabusés en raison de la mauvaise administration, du sectarisme anticatholique et de l’indifférence de Steacy quant au manque d’aumôniers en première ligne. Convaincu qu’un réveil religieux s’était produit parmi les troupes, Almond exhorta ses supérieurs militaires et ses collègues catholiques [V. John Joseph O’Gorman] à faire pression pour obtenir le renvoi de Steacy. Il considérait ce dernier comme le plus grand obstacle au déploiement, au front, d’un nombre suffisant d’aumôniers pour répondre au regain de ferveur religieuse. Pendant que les préparatifs pour l’assaut de la crête de Vimy commençaient, en novembre 1916, l’administration militaire canadienne outre-mer faisait l’objet d’une réorganisation en profondeur sous la gouverne d’un nouveau ministre, sir George Halsey Perley. Le général Richard Ernest William Turner* rappela Almond du front, le nomma directeur du Service d’aumônerie de l’armée canadienne à partir du 15 février 1917 et le promut au grade de colonel honoraire le 23 août.

Au cours des deux années suivantes, Almond rétablit la réputation ternie du Service d’aumônerie de l’armée canadienne. Il organisa des activités parallèles pour les protestants et les catholiques, initiative qui résolut l’impasse sectaire créée par son prédécesseur, et renvoya discrètement les ministres incompétents ou de mauvaise réputation. Il mit sur pied une division du service au Canada ; celle-ci ayant des liens directs avec des groupes confessionnels au pays même, cela améliora les services pour les soldats démobilisés, les hôpitaux pour anciens combattants et les camps d’entraînement. Persuadé que l’influence des Églises sur les anciens combattants après la guerre dépendait de la portée globale du ministère de ses aumôniers, Almond insista pour que ces derniers accomplissent des tâches éducatives et sociales auprès des troupes, attitude qui provoqua une rivalité avec la Young Men’s Christian Association jusqu’à ce qu’un accord intervienne en 1918. Il jouissait de relations professionnelles étroites avec plusieurs membres du haut commandement canadien, dont Turner et le lieutenant-général, sir Arthur William Currie, qui aimait son esprit pratique et son dévouement. À l’approche de la victoire, Almond demanda à des subalternes de faire circuler un questionnaire parmi les aumôniers anglicans en service outre-mer pour connaître la manière dont les leçons apprises pendant la guerre pourraient être communiquées aux autorités ecclésiastiques du pays. Les recommandations furent compilées dans un rapport soumis confidentiellement aux évêques canadiens ; prophétiquement, le document critiquait le conservatisme de l’Église et son échec à s’attaquer aux problèmes de la société. Comme beaucoup d’aumôniers au front, Almond compatissait au dénuement et au désespoir des gens, en particulier les pauvres des villes. Comme d’autres collègues, il espérait que l’Église, auparavant divisée selon la richesse et les classes, serait transformée par les anciens combattants, qui avaient vécu une camaraderie inconnue en temps de paix. Almond fut déçu, sans manifestement éprouver de l’amertume, quand les évêques finirent par empêcher la diffusion du rapport et que les suggestions des aumôniers des autres confessions furent dans l’ensemble rejetées par leurs Églises respectives.

Pour souligner le travail qu’il avait accompli pendant la guerre, on nomma Almond compagnon de l’ordre de Saint-Michel et Saint-Georges le 3 juin 1916, puis commandeur de l’ordre de l’Empire britannique en juin 1919 ; de plus, le Bishop’s College lui décerna un doctorat honorifique en droit civil en 1920. Suivant les conseils de critiques au sein des Églises canadiennes qui, dans la presse anglicane, recommandaient aux aumôniers idéalistes d’oublier la guerre et de revenir à leurs tâches traditionnelles, Almond retourna à l’église Trinity. Ministre énergique et doté de bonnes relations, il serait élevé, en 1932, au rang d’archidiacre. En 1923, il encouragea la fusion de sa congrégation chancelante et dépourvue de ressources avec une autre, ainsi que la construction d’une nouvelle église dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Terminée deux ans plus tard, l’église Trinity Anglican Memorial était le monument qu’il dédiait aux soldats de la Première Guerre mondiale. Jusqu’à la fin de sa vie, Almond entretint des liens étroits avec des soldats et des anciens combattants. Au moment de sa mort, il était aumônier auprès de la Canadian Field Artillery et de l’hôpital militaire Sainte-Anne ; il avait aussi été aumônier dans les prisons de Montréal depuis 1912 environ. Il était membre honoraire du mess de presque toutes les unités militaires de la ville et soutenait l’Association des amputés de la Grande Guerre. Quand la Deuxième Guerre mondiale éclata, Almond, de même que près de 70 de ses collègues, offrit d’aider à remettre en œuvre le service d’aumônerie. Quelques jours plus tard, un dimanche matin, il mourut subitement pendant son sommeil.

John Macpherson Almond fut un pionnier dans la mise en place d’un ministère solide et actif pour les soldats canadiens de la Première Guerre mondiale. L’énergie qu’il déploya pour aider les catholiques à atteindre l’égalité confessionnelle, faire participer directement les Églises du pays au recrutement des aumôniers et assurer une présence dynamique de son clergé au front mena à la création de l’importante tradition de l’aumônerie militaire au Canada. Même si les structures qu’Almond avait si bien réussi à adapter furent remplacées par un dualisme confessionnel pendant la Deuxième Guerre mondiale et la guerre froide, les Forces armées canadiennes reviendraient, en 1997, au service d’aumônerie unique, multiconfessionnel et déployé au front qui s’était avéré si efficace sur les champs de bataille de l’Europe.

Duff W. Crerar

BAC, R611-275-6, vol. 4615, 4648, 4663–4664 ; R3902-0-7.— BAnQ-BSLGIM, CE103-S16, 1er août 1871.— FD, Cathedral Holy Trinity (Québec), 30 oct. 1901.— Canadian Churchman (Toronto), 23 nov. 1899.— Le Devoir, 18 sept. 1939.— Montreal Daily Star, 18 sept. 1939.— Quebec Morning Chronicle, 6 sept. 1897.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1912).— D. [W.] Crerar, « The church in the furnace : Canadian Anglican chaplains respond to the Great War », Canadian Church Hist. Soc., Journal (Toronto), 35 (1993) : 75–103 ; Padres in no man’s land : Canadian chaplains and the Great War (Montréal et Kingston, Ontario, 1995).— « Diocese mourns Ven. Archd. J. M. Almond », Montreal Churchman (Granby, Québec), 27 (1939), no 10 : 4, 22.— Prominent people of the province of Quebec, 1923–24 (Montréal, s.d.)

Bibliographie générale

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Duff W. Crerar, « ALMOND, JOHN MACPHERSON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 juill. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/almond_john_macpherson_16F.html.

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Auteur de l'article:   Duff W. Crerar
Titre de l'article:   ALMOND, JOHN MACPHERSON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2016
Année de la révision:   2016
Date de consultation:   24 juillet 2017