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WETHERALD, WILLIAM, éducateur, administrateur scolaire, prédicateur de la Société des amis (quaker) et ministre congrégationaliste, né le 26 septembre 1820 à Healaugh (près de Reeth), Angleterre, fils de John Wetherald et d’Isabel Thistlethwaite ; le 17 mars 1846, il épousa Jemina Harris Balls, et ils eurent 11 enfants, dont Agnes Ethelwyn* ; décédé le 21 août 1898 à Banbury, Angleterre.

La mère de William Wetherald, qui mourut quand il avait cinq ans, venait d’une famille quaker du nord de l’Angleterre. On le plaça donc, à l’âge de neuf ans, dans une école quaker de Pontefract, Ackworth. Plus tard, il déclarerait que l’école était formaliste et froide, mais qu’il y « avait appris à apprendre ». L’expérience d’une routine sans âme et d’un régime disciplinaire appliqué sans la moindre tendresse allait l’amener à avoir des principes pédagogiques plus libéraux, quoique stricts. En février 1834, son père, boucher de son métier, immigra dans le Haut-Canada avec deux de ses huit enfants et s’établit dans une ferme du canton de Puslinch. William, en compagnie d’une de ses sœurs et de deux jeunes frères, quitta l’Angleterre 13 mois plus tard pour le rejoindre. Une fois arrivés, les enfants durent aider leur père à défricher. William, de constitution plutôt délicate, décida de devenir instituteur. Lecteur vorace, surtout autodidacte, il passa sept ans à établir des renvois dans la Bible, le plus souvent la nuit, à la lueur d’une bougie.

À l’âge de 23 ans, Wetherald trouva une place d’instituteur dans le canton voisin, Eramosa, et sept ans plus tard, en 1850, il ouvrait un pensionnat pour garçons à Rockwood, village situé près de Guelph. La pension et les frais de scolarité étaient de £13 par an pour les élèves de moins de 12 ans, de £16 pour ceux de 12 à 16 ans et de £20 pour les plus âgés. Pour être admis, il fallait « connaître l’anglais et être déterminé à étudier ». Wetherald, qui dispensait la plus grande partie sinon la totalité de l’enseignement, offrait des cours de « grammaire, orthographe, arithmétique, tenue de livres, histoire, géographie, latin, géométrie, théorie de l’arpentage et algèbre ». En décembre 1855, « la pension, la blanchisserie et les frais de scolarité » étaient de 12 $ par mois, et les élèves pouvaient avoir des leçons de français, de latin et de grec (ces deux dernières langues servaient à développer la « discipline mentale ») moyennant 1 $ de plus par matière mensuellement. La « Commercial and Classical Academy », logée à compter de 1853 dans un imposant immeuble de trois étages « capable d’accueillir de 50 à 60 élèves », se tailla vite une solide réputation dans le Haut-Canada.

Même s’il ne badinait pas avec la discipline, Wetherald gagna la loyauté et le respect de ses élèves par sa puissance intellectuelle et sa conviction morale. Il punissait avec affection, ce qui d’ordinaire amenait une amélioration marquée de la conduite du coupable. Il inspirait confiance et, avec l’aide de sa femme, cherchait à créer dans l’école une atmosphère familiale équilibrée. Brillant joueur d’échecs, il encourageait la pratique des sports, auxquels il participait d’ailleurs. Sa sensibilité naturelle lui permettait de discerner rapidement les besoins profonds de chacun, et il avait un tel magnétisme qu’il pouvait, disait-on, instruire un élève par hypnotisme. Selon lui, le secret de sa réussite était qu’il « connaissait] chaque élève, non pas en tant que membre d’une classe ou d’une communauté, mais en tant qu’individu », et qu’il partageait les peines de tous, soutenait leurs efforts et priait non pas pour eux mais avec eux. Plusieurs élèves de l’école devinrent illustres, dont l’homme d’affaires sir Adam Beck*, l’homme politique Arthur Sturgis Hardy*, l’éducateur Archibald MacMurchy, le magnat du rail James Jerome Hill* et le chirurgien Alexander Hugh Ferguson*.

En 1864, Wetherald abandonna la direction de la Rockwood Academy (qui périclita par la suite à cause de l’expansion de l’instruction publique et ferma ses portes en 1882) pour accepter la surintendance d’un collège quaker situé non loin de Philadelphie, à Haverford. La Société des amis traversait alors une période d’agitation, et les administrateurs du collège comptaient sur lui pour restaurer la discipline et le respect des traditions quakers. Selon le rapport annuel de 1865, les mesures disciplinaires qu’il avait instituées avaient beaucoup amélioré la situation, mais Wetherald sentait qu’elles lui avaient aliéné les étudiants. Il revint dans le Haut-Canada en 1866 et s’établit avec sa famille dans une ferme, Tall Evergreens, près de Fenwick, dans le canton de Pelham. C’est alors qu’il embrassa une deuxième vocation.

Avant son départ du Haut-Canada en 1864, Wetherald, tout comme d’autres membres de sa famille, avait été étroitement lié à la branche orthodoxe (évangélique) de la Société des amis à Rockwood, et « son don pour le ministère avait été reconnu » par l’assemblée mensuelle du canton de Pelham. Après son retour, il se dévoua tout entier au ministère et parcourut sans relâche le Canada, les États-Unis et la Grande-Bretagne. Un hommage écrit ultérieurement dirait : « Le compte rendu de ces voyages sans nombre, de ces innombrables sermons n’a jamais été fait, sauf dans le cœur de ceux qui l’ont entendu et l’ont aimé. » Il participa activement à l’assemblée mensuelle de Pelham et, à compter de 1867, à l’assemblée annuelle du Canada ; il fut secrétaire de celle de 1879. À la première assemblée annuelle du Canada, tenue à Pickering en 1867, il prêcha devant une foule débordante. Comme le rapporta par la suite une femme âgée de 13 ans au moment de l’événement : « Il était debout dans un chariot et, avec la douceur qui lui était propre, indiquait aux gens le chemin du salut. » L’incident suivant, survenu à la même époque, révèle le calme qui caractérisait Wetherald. Il était chez lui, absorbé dans une partie d’échecs ; non loin de là se tenait une bruyante assemblée en plein air. Un jeune de l’endroit, particulièrement gagné par l’émotion du moment, fit irruption dans la maison en criant : « M. Wetherald, levez-vous ! Nous allons tout droit à la perdition ! » Pince-sans-rire, il répondit : « Eh bien, si c’est le cas, aussi bien y aller en silence. »

En 1880, Wetherald quitta la Société des amis et commença, en avril, à servir à titre de pasteur (même si son ordination n’eut lieu que le 1er août) au Congregational Tabernacle de St Catharines. Le 30 décembre 1885, après un ministère « paisible et fructueux », il annonça qu’il partirait à la fin de juin. Il retourna ensuite à la Société des amis et, le 15 décembre 1887, à l’assemblée mensuelle de Toronto, on le « reconnut comme ministre de l’Évangile ». Il se remit à participer aux assemblées mensuelles et annuelles et, dans ses dernières années, nombreux étaient ceux qui venaient le voir pour lui demander conseil et se confier à lui. En 1898, tandis qu’il exerçait son ministère en Angleterre, il mourut subitement d’une pneumonie à Banbury, où on l’inhuma.

Pionnier de l’éducation, William Wetherald tenait le savoir pour essentiel au bien-être terrestre et le développement religieux pour essentiel à celui de l’âme. À titre de chef religieux, il se distingua par sa connaissance approfondie de la Bible, son obéissance à l’appel du sacerdoce et l’intense conviction qui émanait de lui.

Kathleen M. S. Hertzberg

AO, Hist. plaque descriptions, « Rockwood Academy, 1850–1882 », 21 juin 1962 ; MS 99, William Wetherald, letter-bock, 1859–1862.— Haverford College Arch. (Haverford, Pa.), Haverford College, faculty minutes, 4 avril 1865 ; report of managers to Haverford School Assoc., 5 mai 1865.— Haverford College Library, Quaker Coll., « Dictionary of Quaker biography ».— Pickering College Library (Newmarket, Ontario), Arch. of the Religious Society of Friends in Canada, B-1-1–2 ; B-2-43, 1856 1864 ; B-2-82, 7 sept. 1887–2 févr. 1889 ; D-2-15 (3 copies of A memorial concerning William Wetherald, an esteemed minister of Pelham Monthly Meeting of Friends (s.l., [1899]) (mfm aux AO).— UCC-C, Ontario histories, St Catharines, Congregational Tabernacle [Tabernacle Congregational Church], Lucas to Rannie Pub., 24 mai 1967.— American Friend (Philadelphie et Richmond, Ind.), 15 sept. 1898 : 864.— Canadian Congregational year book (Toronto), 1880–1881 : 47, 51 ; 1881–1882 : 13, 22, 44 ; 1886–1887 : 33.— Guelph Herald, and Literary, Agricultural and Commercial Gazette (Guelph, Ontario), 9 juill. 1850.— Society of Friends, Philadelphia Yearly Meeting, Philadelphia Quakers, 1681–1981 : a tercentenary album, R. H. Wilson, compil. ([Philadelphie, 1981]).— A. G. Dorland, A history of the Society of Friends (Quakers) in Canada (Toronto, 1927).— Hugh Douglass, « The story of Rockwood Academy » (copie dactylographiée, Guelph, 1962 ; copie aux AO).— A history of Haverford College for the first sixty years of its existence, A. C. Garrett, édit. (Philadelphie, 1892).— R. M. Jones, The later periods of Quakerism (2 vol., Londres, 1921).— K. M. Richards, « William Wetherald : a biography with footnotes and bibliography » (communication non publiée, Toronto, 1986 ; copie consultée par la collaboratrice).— Hugh Douglass, « The history of the Rockwood Academy », Historic Guelph : the Royal City (Guelph), 23 (1983–1984) : 4–25.— S. Silcox, « Early schools and teachers : William Wetherald and the Rockwood Academy », School (Toronto), 19 (1930), nº 4.— A. E. Wetherald, « My father as I knew him », Canadian Friend (Toronto), 10 (1914–1915), nº 8 : 6–9.

Bibliographie générale

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Kathleen M. S. Hertzberg, « WETHERALD, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wetherald_william_12F.html.

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Auteur de l'article:   Kathleen M. S. Hertzberg
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   1 septembre 2014