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VALLIER, FRANÇOIS-ELZÉAR, prêtre, chanoine et théologal du chapitre de Québec, promoteur de l’Officialité, procureur et supérieur du séminaire de Québec, conseiller clerc au Conseil supérieur de la Nouvelle-France, né dans le diocèse d’Apt, France, en 1707, décédé à Québec le 16 janvier 1747.

François-Elzéar Vallier débarqua à Québec en compagnie de Mgr Dosquet*, coadjuteur de Mgr de Mornay, évêque de Québec, et de Louis Bertrand* de Latour, doyen du chapitre, le 2 septembre 1729. C’est le coadjuteur qui avait incité les directeurs du séminaire des Missions étrangères de Paris à l’envoyer au Canada. Le procureur, Henri-Jean Tremblay, quand il avait annoncé la venue de l’abbé Vallier à ses confrères du séminaire de Québec, avait précisé que l’évêque comptait l’employer « à l’instruction tant des jeunes ecclésiastiques que des jeunes qu’on élève pour les destiner à cet état ». M. Vallier, écrivait le procureur Tremblay, « est un très vertueux ecclésiastique, également pieux et propre pour les sciences, d’une humeur la plus douce et ainsi je crois que vous ferez bien d’en faire un directeur ». Mgr Dosquet avait, lui aussi, la plus haute opinion de son protégé. « Il a un esprit supérieur, écrit-il en 1731, des talents extraordinaires pour les sciences et, surtout, celui de se faire aimer de tout le monde. »

L’abbé Vallier, qui n’était que diacre, reçut la prêtrise le 23 septembre 1730. Mais ses supérieurs n’avaient pas attendu son ordination pour lui confier la direction des écoliers et des séminaristes. Ils n’auraient pu, d’ailleurs, procéder à un meilleur choix puisque le jeune abbé, rapporte Mgr Dosquet, avait « fait sa philosophie à 12 ans » et « enseigné dès son enfance ». Ses conférences de théologie, au dire de l’évêque, furent accueillies « avec un applaudissement universel ». Un sujet aussi brillant et doué d’un caractère si aimable ne pouvait manquer de brûler les étapes. Élu directeur du séminaire en 1732, il devint procureur l’année suivante. Ravis de voir que l’abbé Vallier s’était gagné la confiance et l’affection de son entourage, les directeurs de Paris le nommèrent supérieur du séminaire de Québec, le 14 mai 1734.

Le séminaire traversait alors une période critique. Il ployait sous le fardeau de dettes considérables et se voyait en butte aux rivalités qui, au sein du clergé, opposaient les Canadiens aux Français. Le supérieur parvint à surmonter tous les obstacles, et les heureux effets de son administration se firent bientôt sentir. En 1736, les directeurs de Paris félicitèrent leurs collègues de Québec de la « grande paix » et « très bonne intelligence » qui régnaient entre eux. La situation financière s’améliora également. En 1742, les dettes les plus criardes furent acquittées et, quatre ans plus tard, on constata à Paris qu’au train où allaient les choses, le séminaire de Québec serait dans peu de temps en état d’envoyer des fonds en France.

Mgr Dosquet et son successeur, Mgr de Pontbriand [Dubreil], qui arrivera en Nouvelle-France en 1741, ne se firent pas faute non plus d’utiliser les talents de Vallier. Mgr Dosquet le fit nommer par le roi théologal du chapitre le 18 février 1732 ; il le désigna comme supérieur de l’Hôpital Général, charge qu’il remplit de 1734 à 1740, et le choisit pour être son procureur en 1734 et en 1737. Mgr de Pontbriand le nomma promoteur de l’Officialité, le 3 novembre 1741, et lui obtint la charge de conseiller clerc au Conseil supérieur de la Nouvelle-France en 1743.

En 1739, une grave maladie avait obligé François-Elzéar Vallier d’aller se soigner dans son pays natal. Ses confrères de Québec lui ayant exprimé leur crainte de ne plus le revoir, le supérieur répondit qu’il n’avait nullement l’intention de rester en France. Il voyait un seul obstacle à son retour. Celui-ci, écrivit-il, « pourrait venir de mes supérieurs, mais bien loin de prendre d’autres mesures que celles que votre charité vous fait désirer à mon sujet, ils sont dans la résolution la plus forte de me renvoyer le plus tôt possible ». Il revint au Canada, tel que promis, en 1741, à bord du même navire qui transportait Mgr de Pontbriand.

L’abbé Vallier devait mourir prématurément, victime de son zèle. Au début de 1747, de nombreux prisonniers anglais, atteints de maladies infectieuses, se trouvaient à l’Hôtel-Dieu de Québec. Le supérieur, qui savait un peu leur langue, et quelques prêtres du séminaire se portèrent généreusement à leur secours. Mais M. Vallier avait présumé de ses forces. Le 16 janvier, il mourut à l’Hôtel-Dieu des fièvres qu’il avait contractées en prodiguant ses soins. Sa perte fut profondément ressentie au séminaire et dans toute la colonie. Il n’est, pour s’en convaincre, que de lire l’éloge que ses confrères du chapitre lui ont consacré dans le registre de leurs délibérations : « Il était doué de toutes les vertus et avait toutes les qualités et talents qu’on peut désirer dans un parfait ministre de Jésus-Christ. Il était doux et affable, avec un esprit vif et pénétrant, un grand jugement et une prudence sans pareille qui le rendait toujours égal et tranquille. Il joignait surtout une profonde humilité à une très grande et très étendue érudition, une vraie mortification, et un mépris de soi-même à un entier détachement, une charité sans bornes envers tous les affligés à un zèle infatigable de la gloire de Dieu et du salut des âmes, qui fut toujours réglé par l’obéissance. »

Noël Baillargeon

AAQ, 12 A, Registres d’insinuations A ; 12 A, Registres d’insinuations B ; B, Chapitre de la cathédrale de Québec.— AN, Col., D2C, 222/2, p. 287 (copies aux APC).— ASQ, Brouillard, 1732–1749 ; Évêques, 179 ; Lettres, M, 67–112 ; Lettres, S, 105 ; mss 12 ; Polygraphie, IV : 74.— Provost, Le séminaire de Québec : documents et biographies.— P.-G. Roy, Inv. jug. et délib., 1717–1760, IV, passim.— Gosselin, LÉglise du Canada jusquà la conquête, III, passim.— Mgr de Saint-Vallier et lHôpital Général, 710, 712.— Henri Têtu, Le chapitre de la cathédrale de Québec et ses délégués en France, BRH, XIV (1908) : 106.

Bibliographie générale

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Noël Baillargeon, « VALLIER, FRANÇOIS-ELZÉAR », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/vallier_francois_elzear_3F.html.

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Auteur de l'article:   Noël Baillargeon
Titre de l'article:   VALLIER, FRANÇOIS-ELZÉAR
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   1 novembre 2014