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Titre original :  Hon. Irving R. Todd, Milltown, N.B. From: CANADA LUMBERMAN AND WOODWORKER February 1, 1919. 
https://archive.org/stream/canadianforjanjun1919donm/#page/n202/mode/1up

Provenance : Lien

TODD, IRVING RANDALL, marchand de bois, manufacturier, homme d’affaires et homme politique, né le 15 décembre 1861 à Milltown (St Stephen-Milltown, Nouveau-Brunswick), aîné des enfants de Charles Frederick Todd et d’Anna Maria Porter ; le 21 juin 1883, il épousa à St Stephen (St Stephen-Milltown) Frances Esther Boardman (décédée le 25 février 1936), et ils eurent un fils ; décédé le 27 décembre 1932 à Milltown.

L’arrière-grand-père d’Irving Randall Todd, William Todd*, quitta le Maine en 1811 pour s’établir à St Stephen, de l’autre côté de la rivière Sainte-Croix. Son grand-père, également nommé William Todd, éminent homme d’affaires et homme politique, déclina le poste de sénateur qu’on lui offrit en 1867. Après ses études à la Milltown High School, le jeune Irving Randall s’inscrivit au Hallowell Classical Institute, école préparatoire au Bowdoin College, dans le Maine. Son père, Charles Frederick, avait fréquenté ce collège, mais Irving Randall, décrit dans une histoire de la famille comme « un garçon plein d’énergie », en fut exclu après avoir jeté d’une fenêtre un bol de purée de pommes de terre sur la tête du directeur. Sa scolarité s’étant terminée prématurément, il retourna à Milltown où, en 1879, il entra dans l’entreprise familiale de production et d’expédition de bois d’œuvre. Huit ans plus tard, il devint associé de la C. F. Todd and Company et, pendant l’hiver de 1891–1892, son père, gravement malade, lui confia la gestion de l’entreprise. À la mort de ce dernier, l’année suivante, on découvrit l’insolvabilité de sa succession en raison de mauvais investissements. Pour payer les dettes dont il avait hérité, Irving Randall dut vendre l’entreprise à une firme du Maine.

Todd repartit à zéro et occupa pendant une décennie un poste de direction à la St Croix Log Driving Company, puis fonda une nouvelle industrie dans la région en 1903, l’Eastern Pulpwood Company. Ce type de production se servant de petits rondins de toutes sortes, Todd pouvait exploiter les ressources forestières appauvries de la vallée de la rivière Sainte-Croix, inutilisables par les bûcherons. Le bois à pâte était également essentiel à la fabrication du papier journal, industrie en plein essor, et l’Eastern Pulpwood Company prospéra si bien qu’en 1911 Todd se départit de ses intérêts dans l’entreprise et renonça complètement à la production manufacturière. Pour le reste de sa carrière d’homme d’affaires, il siégerait à des conseils d’administration, faisant aisément la transition entre son statut d’industriel à celui de capitaliste d’entreprise.

Ami proche du premier ministre conservateur George Johnson Clarke, Todd accepta à contrecœur le poste de président de la Saint John and Quebec Railway Company, accablée de scandales, après que la province en eut acquis les actions en août 1915 [V. James Kidd Flemming*]. Ne souhaitant pas être lié ni identifié à cette entreprise discréditée plus longtemps que nécessaire, il n’assuma ses fonctions que jusqu’à la fin de décembre. Quatre ans plus tard, il devint président de la New Brunswick and Canada Railroad Company ; il dirigea également les Fundy Fisheries et fit partie du conseil d’administration de la Ganong Brothers [V. Gilbert White Ganong*], ainsi que, à partir de 1918, de la New Brunswick Telephone Company Limited. Nommé vice-président principal de cette dernière société en 1923, Todd laissa sa place à Howard Perley Robinson* en 1928 et se retira du monde des affaires.

Les Todd étaient d’allégeance libérale. Malgré ses doutes sérieux quant au bien-fondé du libre-échange avec les États-Unis, Irving Randall appuya loyalement le premier ministre sir Wilfrid Laurier* et le parti fédéral jusqu’aux élections générales de 1911. L’opposition de Laurier à la conscription pendant la Première Guerre mondiale dépassa toutefois ce qu’il pouvait supporter. En 1917, non seulement Todd se rangea-t-il du côté des unionistes du premier ministre sir Robert Laird Borden, mais il présida leur organisation au Nouveau-Brunswick ; de plus, il mena avec succès leur campagne dans la circonscription de Charlotte, où son cousin William Frederick Todd, candidat libéral de Laurier, ne réussit pas à regagner le siège qu’il avait perdu en 1911. L’engagement d’Irving Randall dans la politique du gouvernement Borden sur la main-d’œuvre militaire était profondément personnel, plutôt que partisan. Même s’il siégea au comité de recrutement provincial et au Belgian Relief Fund, et dirigea deux campagnes pour les obligations de la Victoire, « son travail le plus important en temps de guerre fut sans aucun doute les nombreux gestes d’aide et de sympathie non consignés envers les familles dont les fils servaient outre-mer », selon un nécrologue. Quand Todd et sa femme, surnommée Fannie, apprirent que leur fils unique, Charles Frederick, avait été grièvement blessé au combat, ils ne tinrent pas compte du risque d’une attaque de sous-marins allemands et traversèrent l’Atlantique pour se rendre à son chevet dans un hôpital militaire, à Londres. Leur navire heurta une mine à 20 milles des côtes de l’Angleterre, et Todd et sa femme passèrent une nuit extrêmement pénible dans des canots de sauvetage séparés avant de se retrouver à Liverpool.

Le soutien indéfectible de Todd au gouvernement d’union fut récompensé en mars 1918 quand, apparemment à l’instigation du représentant du Nouveau-Brunswick au cabinet, son collègue libéral unioniste Frank Broadstreet Carvell*, Borden le nomma au Sénat, au poste vacant réservé à la province. Après la guerre, Todd compta parmi les sénateurs que le nouveau groupe parlementaire progressiste tenta en vain de recruter [V. Thomas Wakem Caldwell]. Il siégea à cette assemblée pendant 14 ans, avant de succomber à un cancer inopérable à l’estomac, moins de deux semaines après son soixante et onzième anniversaire.

Irving Randall Todd fut un entrepreneur astucieux issu de la région frontalière du sud-ouest du Nouveau-Brunswick. Après avoir dû tout recommencer, il réussit remarquablement en affaires, et exploita ce succès pour s’imposer dans les milieux de l’élite commerciale et politique auxquels il n’aurait pas eu accès autrement. Héritier de deux générations de marchands et manufacturiers bien en vue, il misa adroitement sur le prestige de son nom, mais seulement après avoir rebâti la fortune de la famille.

Barry Cahill

APNB, RS63 A, 1932, Irving Randall Todd.— Calais Times (Calais, Maine), 1903–1911.— Eastport Sentinel (Eastport, Maine), 1903–1911.— Saint Croix Courier (St Stephen [St Stephen-Milltown, N.-B.]), 1893–1932 ; 29 déc. 1937.— Canada, Sénat, Débats, 1918–1932 ; Journaux, 1918–1932.— Canadian annual rev., 1915–1932.— H. A. Davis, An international community on the St. Croix, 1604–1930 (Orono, Maine, 1950 ; réimpr. 1974).— A. T. Doyle, Front benches & back rooms : a story of corruption, muckraking, raw partisanship and intrigue in New Brunswick (Toronto, 1976).— I. C. Knowlton, Annals of Calais, Maine and St. Stephen, New Brunswick […] (Calais, 1875 ; réimpr. St Stephen, [1977]).— N.-B., Legislative Assembly, Journal, Interim and final report of commissioner J. M. Stevens, k.c., re Saint John and Quebec Railway Co., 1918.— William Todd, Todds of the St. Croix Valley (Mount Carmel, Conn., 1943).

Bibliographie générale

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Barry Cahill, « TODD, IRVING RANDALL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 sept. 2020, http://www.biographi.ca/fr/bio/todd_irving_randall_16F.html.

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Auteur de l'article:    Barry Cahill
Titre de l'article:    TODD, IRVING RANDALL
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2020
Année de la révision:    2020
Date de consultation:    25 septembre 2020