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OSBORN, ELIZABETH (Myrick ; Paine ; Doane), sage-femme, née en 1715, probablement à Sandwich, Massachusetts, fille de Samuel Osborn et de Jedidah Smith, décédée le 24 mai 1798 à Barrington, Nouvelle-Écosse.

Elizabeth Osborn fit probablement ses études dans les écoles locales d’Eastham (Massachusetts) ainsi qu’avec son père, maître d’école en ce lieu et ministre de l’Église congrégationaliste. « Jeune lady d’une intelligence, d’une beauté et d’un caractère hors du commun », elle épousa le capitaine William Myrick, à Eastham, le 23 janvier 1733/1734. Le couple habitait Boston quand Myrick disparut en mer en 1742. Elizabeth devint l’administratrice de la succession, et une certaine somme lui fut allouée pour le loyer de sa maison, de même que pour son entretien et celui de ses trois enfants. Le 14 janvier 1744/1745, elle épousa William Paine, un marchand d’Eastham, âgé de 50 ans, qui était membre de l’Assemblée provinciale. Paine servit dans l’expédition de 1745 contre Louisbourg, sur l’île Royale (île du Cap-Breton), où il mourut à l’été de 1746, en lui laissant un fils, William. Elizabeth, qu’un ami d’enfance, Edmund Doane, avait déjà courtisée sans succès, se retrouvait, à 31 ans, veuve avec quatre enfants à sa charge ; de son propre aveu, elle crut que le sort avait décrété qu’elle devait épouser Edmund, et c’est ce qu’elle fit le 10 novembre 1749.

Quelques années plus tard, Doane décida de se joindre aux pêcheurs du cap Cod qui émigraient au cap de Sable, en Nouvelle-Écosse, endroit plus rapproché des fonds poissonneux, sans compter qu’on pouvait y obtenir des terres gratuitement par suite de la déportation des Acadiens [V. Charles Lawrence*]. En 1761, Doane fit démonter sa maison, en chargea la charpente et les madriers sur un bateau loué, en même temps que des meubles, des grains, des légumes et quelques animaux. Le jeune William Paine fut laissé sur place pour lui permettre de continuer ses études, et Elizabeth, accompagnée des sept enfants issus de son dernier mariage, s’embarqua pour la Nouvelle-Écosse. Un coup de vent jeta le navire sur la côte, et les Doane, sauvant ce qu’ils purent, durent s’embarquer sur un autre bateau.

Une tempête d’automne poussa leur navire au delà de Barrington, jusqu’à Liverpool, où il leur fallut passer l’hiver dans un entrepôt rudimentaire. Au printemps de 1762, ils firent voile jusqu’à The Passage (Barrington Passage, Nouvelle-Écosse). Dans la maison de bois qu’ils y construisirent près du port, ils ouvrirent un magasin, y vendant à quelque 50 clients des marchandises telles que farine, grains, sel, mélasse, rhum, sucre, drap, clous et souliers, que leur fournissait John Homer, beau-frère d’ Elizabeth, marchand à Boston et propriétaire de navires. Mais, pour les habitants de Barrington, les temps étaient durs en ces premières années, et l’argent bien rare. Songeant à retourner au cap Cod, Edmund Doane vendit sa propriété.

Elizabeth avait cependant comblé une importante lacune parmi les pêcheurs dispersés de cet établissement. Comme il n’y avait pas de médecin et qu’elle était habile à tirer parti des racines et des herbes et à soigner les malades, elle agit bientôt comme infirmière, médecin et sage-femme. À la demande de ceux mêmes qui comptaient sur ses services, elle prit en 1770 la décision peu commune de s’adresser aux propriétaires de Barrington afin d’obtenir une « terre pour y construire une maison ». Sa requête fut endossée par 38 propriétaires mâles – « celle-ci étant une [...] sage-femme experte ainsi que cela est affirmé par les femmes [...] et [...] d’une habileté peu commune en médecine et en chirurgie ». On lui accorda une acre et demie, et les Doane restèrent en Nouvelle-Écosse. Elle exerçait encore son métier alors qu’elle avait dépassé ses 70, puis ses 80 ans ; requérait-on ses services à une certaine distance, des hommes accouraient qui, dans les endroits difficiles, la transportaient dans un panier.

Sur sa tombe, à Barrington, cette pionnière eut l’honneur d’une plaque commémorative, non pas à cause de son rôle dans le domaine de la médecine, mais parce qu’elle fut la grand-mère de John Howard Payne, l’auteur de Home, sweet home.

Phyllis R. Blakeley

Barrington Municipal Clerk’s Office (Barrington, N.-É.), Barrington Township records, The proprietors book of records of their divisions and measurements of their lands and meadows, 1768–1803, pp.76s. ; A record of births & deaths pr. Samuel O. Doane.— Edwin Crowell, A history of Barrington Township and vicinity [...] 1604–1870 (Yarmouth, N.-É., [1923] ; réimpr., Belleville, Ontario, 1973).— The Doane family [...] and their descendants [...], A. A. Doane, compil. (2e éd., [Trenton, N.J.], 1960).

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Phyllis R. Blakeley, « OSBORN, ELIZABETH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/osborn_elizabeth_4F.html.

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Auteur de l'article:   Phyllis R. Blakeley
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   1 octobre 2014