DCB/DBC Mobile beta
+
Titre original :  Seth Newhouse - Iroquois (Mohawk) – 1914 | People: Mohawk

Provenance : Lien

NEWHOUSE, SETH (Dayodekane), fermier, traditionaliste iroquoïen et chef onontagué, né le 27 janvier 1842 dans la réserve Six-Nations, Haut-Canada, fils de Nicholas Newhouse et d’une prénommée Catherine ; il épousa d’abord une prénommée Catherine, puis au début des années 1890, Lucy Sero, de la réserve Tyendinaga, Ontario, et de ce second mariage naquirent trois filles et un fils ; décédé le 11 juin 1921 dans le canton de Tuscarora, Ontario.

Seth Newhouse était le fils d’une Onontaguée du clan du Martinet gris et d’un Mohawk. Comme il avait eu le privilège de fréquenter le Mohawk Institute, il était plus instruit que le bon nombre de ses pairs. Il connaissait bien l’onontagué et l’anglais et s’exprimait avec éloquence en mohawk. Bien qu’il ait été élevé dans la foi des Frères de Plymouth et ait épousé des anglicanes, il renonça au christianisme en faveur de la religion de la maison longue, conformément à ses convictions politiques. Il reprit la ferme paternelle – d’une superficie de 45 acres, près de la rivière Grand – mais passa beaucoup de temps à voyager pour recueillir des éléments de la tradition iroquoise dans les réserves de l’Ontario, du Québec et de l’État de New York.

Au xixe siècle et au début du xxe, les Six-Nations se dotèrent de mécanismes politiques nouveaux et complexes. Les forces dominantes étaient le progressisme (associé au christianisme) et le conservatisme (associé à la religion de la maison longue). La manifestation la plus radicale du courant progressiste était un mouvement de réforme né dans les années 1860 et visant l’établissement d’un conseil élu. Conservateurs et progressistes avaient cependant des points communs, à savoir une solide tradition de protestation et la croyance en la souveraineté des Iroquois de la rivière Grand. L’influence de Newhouse dans les affaires de la communauté s’appuyait sur son engagement en faveur de l’indépendance politique et de la préservation de la culture iroquoise.

Dans les années 1870 et au début des années 1880, de nombreuses luttes opposèrent chefs progressistes et chefs conservateurs au sein du Conseil des Six-Nations. De par sa connaissance des structures traditionnelles et son prestige dans la communauté, Newhouse était un allié des chefs conservateurs. Il participa au conseil à titre de chef honoraire élu en 1875 puis en 1882–1883, mais non au delà de cette date, à cause de sa passion pour la cueillette d’éléments de la tradition et de son impopularité auprès des progressistes. En janvier 1875 et en août 1876, à la suite d’une scission, il signa, à l’intention du surintendant des Affaires indiennes David Laird*, des pétitions dénonçant les chefs progressistes et réclamant la reconnaissance légale de la Confédération iroquoise. Dans les années 1880 et 1890, il prit part à des protestations sur deux questions persistantes, la revendication foncière de Haldimand et les pertes subies par les Six-Nations dans la Grand River Navigation Company [V. James Winniett*]. En 1882–1883, il présida des réunions, fit du recrutement pour la Six Nations Union Association et fut quelque temps vice-président de cette société. En 1884, des critiques qui lui reprochaient d’avoir « migré aux États-Unis » le destituèrent de sa fonction de chef. En fait, cette supposée migration était l’un de ses nombreux voyages de recherche dans le nord de l’État de New York et dans la province de Québec. Dans les années suivantes, il prit part, à titre de cosignataire, de témoin et peut-être d’auteur, à la présentation de requêtes au sujet de la revendication foncière et des griefs sur les pertes, défia la politique gouvernementale et affirma le droit des Six-Nations à l’autonomie gouvernementale.

Issue de l’intérêt que Newhouse avait toujours porté à la tradition, sa transcription du récit de la fondation de la Confédération iroquoise visait à contrer la menace de réforme et à défendre le conseil héréditaire. Il avait commencé à recueillir des informations dans les années 1870 ; dès les années 1880, il avait achevé une petite édition de ce qui allait devenir sa « Cosmogony of De-ka-na-wi-da’s government ». Il en produisit des versions augmentées en 1885 et en 1910. Incapable d’obtenir de l’aide pour la publication de la part du ministère des Affaires indiennes et des chefs, qui étaient en désaccord avec son interprétation des fonctions du conseil, il envoya son manuscrit de 1910 à l’anthropologue Arthur Caswell Parker, du New York State Museum. Ce dernier le combina à d’autres documents, y compris le code préparé en grande partie par John Arthur Gibson* et accepté par le conseil en 1900, et fit paraître cette collection de textes dans son Bulletin du musée en 1916 sous le titre « The constitution of the Five Nations or the Iroquois Book of the Great Law ». La partie de Newhouse comportait deux sections : la légende de Dekanahouideh* (réputé fondateur de la ligue iroquoise) et son code de lois. En outre, Newhouse servit d’informateur aux anthropologues Horatio Emmons Hale*, Edward Sapir*, John Napoleon Brinton Hewitt, Alexander Alexandrovich Goldenweiser et Frederick Wilkerson Waugh.

Décédé en 1921, Seth Newhouse fut inhumé à l’église méthodiste Jubilee dans le lot 7, rang 4, du canton de Tuscarora. Sa vie avait été marquée à la fois par les traditions politiques et le militantisme des Iroquois de la rivière Grand et par la sereine obstination du scribe.

Scott Trevithick

D’autres manuscrits à la rédaction desquels Seth Newhouse a contribué et conservés à la Smithsonian Institution sont répertoriés sur le site Web de cet organisme (www.siris.si.edu).

Smithsonian Institution, National Anthropological Arch. (Washington), MS 1343 (Constitution of the Confederacy by Dekanawidah, collected and translated from Mohawk by Chief Seth Newhouse, 1898) ; MS 1359 (Constitution of the Five Nations Indians Confederation, févr. 1880 [version de Seth Newhouse]) (exemplaire aux AN, MG 19, F26) ; MS 2357 (Iroquoian cosmology, 1896–1897 [dictée originale de Newhouse]) ; MS 3489 (texte de Newhouse en mohawk sur la religion de Handsome Lake et exemplaire dactylographié du même document par J. N. B. Hewitt) ; MS 3490 (Mohawk version of the Constitution of the League by Newhouse, 1897).

AN, RG 10, 624, 796, 1025, 1029, 1949, 2178, 2189, 2284, 2345, 2349, 2353 ; RG 31, C1, Tuscarora Township, Ontario, 1871, div. 1 : 6 ; 1901, div. 1 : 4.— W. N. Fenton, « Seth Newhouse’s traditional history and constitution of the Iroquois Confederacy », American Philosophical Soc., Proc. (Philadelphie), 93 (1949) : 141–158.— A. A. Goldenweiser, [Recension d’A. C. Parker, « The constitution of the Five Nations »], American Anthropologist (Lancaster, Penn.), nouv. sér., 18 (1916) : 431–436 ; réédité dans The constitution of the Five Nations (Spittal), infra, 165–169.— J. N. B. Hewitt, [Recension de Parker, « The constitution of the Five Nations »], American Anthropologist, nouv. sér., 19 (1917) : 429–438 ; réédité dans The constitution of the Five Nations (Spittal), infra, 169–176 ; « Iroquoian cosmology », Smithsonian Institution, Bureau of American Ethnology, Annual report (Washington), 1899/1900 : 127–339.— A. C. Parker, « The constitution of the Five Nations », New York State Museum, Bull. (Albany, N.Y.), nº 184 (1916) ; réédité sous le titre The constitution of the Five Nations, or, the Iroquois book of the great law, W. G. Spittal, édit. (Ohsweken, Ontario, 1991).— S. R. Trevithick, « Conflicting outlooks : the background to the 1924 deposing of the Six Nations’ hereditary council » (thèse de m.a., Univ. of Calgary, 1998).— Sally Weaver, « The Iroquois : the Grand River reserve in the late nineteenth and early twentieth centuries, 1875–1945 », dans Aboriginal Ontario : historical perspectives on the First Nations, E. S. Rogers et D. B. Smith, édit. (Toronto, 1994), 213–257 ; « Seth Newhouse and the Grand River Confederacy at mid-nineteenth century », dans Extending the rafters : interdisciplinary approaches to Iroquoian studies, M. K. Foster et al., édit. (Albany, 1984), 165–182

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Scott Trevithick, « NEWHOUSE, SETH (Dayodekane) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/newhouse_seth_15F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/newhouse_seth_15F.html
Auteur de l'article:   Scott Trevithick
Titre de l'article:   NEWHOUSE, SETH (Dayodekane)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2005
Année de la révision:   2013
Date de consultation:   23 juillet 2014