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McBEATH (McBeth), ROBERT, fermier, homme d’affaires et fonctionnaire, né le 14 avril 1805 à Kildonan (région de Highland, Écosse), cinquième des huit enfants d’Alexander McBeath et de Christian Gunn ; le 19 janvier 1832, il épousa Mary McLean, et ils eurent 11 enfants ; décédé le 20 août 1886 à Kildonan (maintenant partie de Winnipeg).

Lorsque Robert McBeath vint au Canada avec ses parents, il faisait partie du quatrième groupe de colons amenés par lord Selkirk [Douglas*] en 1815. Ils firent la traversée sur le Hadlow, de Gravesend, Angleterre, à destination d’York Factory (Manitoba), et atteignirent la colonie de la Rivière-Rouge le 5 novembre. Celle-ci se trouvait en ruine car elle avait été pillée par la North West Company, et les McBeath durent se sustenter pendant l’hiver près de Pembina (Dakota du Nord) en chassant et en pêchant. Ils retournèrent à la colonie en 1816, mais, le 19 juin, un groupe de Nor’Westers, dirigés par Cuthbert Grant*, tuèrent le gouverneur de la Hudson’s Bay Company, Robert Semple*, et 20 de ses hommes à Seven Oaks (maintenant partie de Winnipeg) et saccagèrent les maisons et les biens des colons, forçant ceux-ci à chercher refuge à Jack River House, à l’extrémité nord du lac Winnipeg. Les McBeath passèrent les deux années suivantes à Pembina et, durant cette période, les sauterelles ravagèrent la colonie.

En raison des épreuves, des pertes et des malheurs qu’avait subis Alexander McBeath, lord Selkirk lui donna, en 1817, un lot de terre arable près de Kildonan. Plus tard, Robert McBeath cultiva ce lot et, entre 1839 et 1854, il en acheta d’autres à la Hudson’s Bay Company ; à l’époque de sa mort, il possédait plus de 400 acres. À la fin des années 1850, McBeath ouvrit un « magasin général » à Kildonan et exploita une entreprise de transport de marchandises entre la colonie de la Rivière-Rouge et York Factory.

Assermenté comme membre du Conseil d’Assiniboia le 29 mars 1853, McBeath devint le premier, parmi les colons que Selkirk avait amenés, à recevoir cet honneur. Il assista à 60 réunions du conseil sur un maximum de 77 et fit partie de quatre comités avant que le conseil ne terminât son activité en 1869. En 1859, il fut appelé à devenir membre d’un comité chargé de rédiger les règlements sur l’importation des boissons alcooliques dans la colonie de la Rivière-Rouge. À la suite des recommandations du comité, on mit une limite à l’importation, on dressa une liste d’amendes et de droits à payer pour obtenir des permis d’exploitation et on interdit la vente des boissons alcooliques aux Indiens. McBeath fut aussi membre de comités formés en 1863 et 1864 pour établir le tracé des principales voies publiques de la colonie et pour étudier la question d’un traversier public. En 1865, il fit partie d’un comité constitué en vue de distribuer les semences de blé achetées à la Hudson’s Bay Company.

En sa qualité de personnage important de la colonie, McBeath se vit souvent demander de remplir les fonctions de juré et, le 19 novembre 1852, il fut nommé juge de paix. En 1863, il comptait parmi les quatre juges de paix qui envoyèrent une pétition au gouverneur en chef de la Hudson’s Bay Company, Alexander Grant Dallas ; déplorant l’insuffisance des effectifs militaires dans la colonie pour empêcher les prisonniers de s’évader et pour se mettre à l’abri des soulèvements des Indiens, les pétitionnaires exigeaient qu’on renouvelât les négociations avec les Sioux et qu’on les avertît de se tenir éloignés de la colonie. En 1866, le gouverneur reçut l’autorisation de recruter un corps de 50 à 100 hommes à cheval pour faire face aux situations critiques. McBeath remplit les fonctions de magistrat lors de 38 sessions de la Cour générale des sessions trimestrielles d’Assiniboia. Malgré une connaissance insuffisante du français, il rendit des décisions justes et impartiales. Une des questions les plus importantes qu’il eut à régler fut l’enquête, en 1870, sur la mort d’Elzéar Goulet*, un des lieutenants de Louis Riel, tué en s’enfuyant pour échapper aux adhérents du « parti canadien ». Bien que l’enquête ne fût pas concluante, on évita un conflit racial.

Membre en vue de l’Église presbytérienne, d’abord à La Grenouillère (maintenant partie de Winnipeg), ensuite à Kildonan, McBeath fut l’un des 80 habitants de cette localité qui présentèrent une pétition au Conseil d’Assiniboia pour qu’il ratifiât leur constitution et les proclamât corps constitué. Le conseil, qui prétendait ne pas avoir un tel pouvoir, rejeta la requête en 1854. Les fils de McBeath fournirent du foin aux chevaux et aux vaches du révérend John Black qui agit à titre de ministre presbytérien de Kildonan pendant plus de 30 ans. Lors du soulèvement à la Rivière-Rouge en 1869–1870, Black prêcha le maintien de l’ordre public et essaya de décourager la résistance déclarée à Riel. L’influence de Black peut expliquer, en partie, la passivité des colons de Kildonan pendant les troubles.

McBeath ne participa pas activement à l’agitation, bien qu’il assistât à la réunion du 20 janvier 1870 pour entendre parler Donald Alexander Smith*, commissaire spécial du gouvernement du Canada, et qu’il hébergeât pour la nuit John Christian Schultz* quand celui-ci s’évada d’Upper Fort Garry (Winnipeg) le 23 janvier 1870. Lors des premières élections provinciales de décembre 1870, McBeath vota contre le candidat élu, John Sutherland*, qui avait représenté Kildonan au congrès de janvier 1870 [V. Louis Riel]. Ce choix fut peut-être pour McBeath une façon d’exprimer sa désapprobation aux décisions du congrès.

Pendant les dernières années de sa vie, McBeath s’intéressa surtout à sa famille, à sa ferme, à son jardin et à son église. Il mourut à sa résidence, en août 1886, membre respecté de la communauté, qui avait donné abondamment de son temps et de ses ressources pour favoriser des projets destinés à faire progresser le bien-être de tout le monde à la colonie de la Rivière-Rouge. Smith écrivit qu’il « était un de [ses] is les plus estimés [...] qui contribua d’une manière tellement appréciable à la mise en valeur des vastes régions du Nord-Ouest ».

Barry E. Hyman

PAM, MG 2, B1, 29 mars, 6 déc. 1853, 22 juin 1854, 10 mars, 26 mai 1859, 28 avril, 19 déc. 1863, 12 mars, 3 nov. 1864, 21 mars 1865 ; C40.— Canadian North-West (Oliver), I : 68, 80, 83s.— Manitoba Sun (Winnipeg), 23 août 1886.— R. G. MacBeth, The Selkirk settlers in real life (Toronto, 1897).— F. H. Schofield, The story of Manitoba (3 vol., Winnipeg, 1913).

Bibliographie générale

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Barry E. Hyman, « McBEATH, ROBERT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcbeath_robert_11F.html.

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Auteur de l'article:   Barry E. Hyman
Titre de l'article:   McBEATH, ROBERT
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   21 septembre 2014