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KNAUT, PHILIP AUGUSTUS (quelquefois désigné sous le prénom de George Philip ou de John Philip), trafiquant de fourrures, marchand, fonctionnaire local, né en 1716 en Saxe électorale (République démocratique allemande) ; il épousa Anna Grob à Halifax, le 30 juillet 1750, et trois des enfants nés de ce mariage survécurent ; il se remaria à Jane Brimner à Lunenburg, Nouvelle-Écosse, le 15 juillet 1781 ; décédé à Lunenburg le 28 décembre 1781.

En 1749, Philip Augustus Knaut accompagna Cornwallis dans son expédition en Nouvelle-Écosse et il ne tarda pas à obtenir un laissez-passer l’autorisant à effectuer des voyages d’affaires dans toutes les régions de la province ; comme le document fut rédigé en français, on peut croire que Knaut faisait le commerce des fourrures avec les Acadiens. Bien qu’il ne lit pas partie du groupe des protestants étrangers qui immigrèrent à cette époque en Nouvelle-Écosse, Knaut se joignit en 1753 aux Allemands qui allèrent s’établir à Lunenburg, où il gagna rapidement la faveur du gouvernement de Halifax et occupa des fonctions officielles, d’importance secondaire, comme celles de juge de paix, d’officier dans la milice et de coroner. L’un des premiers marchands de Lunenburg, il exploita également un moulin à scier dans les environs dès 1754, et, pour alimenter celui-ci, il acquit plusieurs terres boisées. En 1755, le lieutenant-gouverneur Charles Lawrence* acheta tout le bois débité par le moulin pour marquer qu’il encourageait ce genre d’entreprise.

Comme il était de nationalité allemande et qu’il parlait l’anglais, Knaut jouissait de la confiance des habitants de Lunenburg ; en 1758, lors des élections à la première chambre d’Assemblée, il recueillit la presque totalité des voix des 44 francs-tenanciers portant des noms étrangers. Il fut élu dans le canton de Lunenburg et il demeura jusqu’à sa mort le représentant de ce canton ou du comté du même nom. À l’Assemblée, il estimait qu’il avait pour tâche à peu près unique d’être le porte-parole de ses commettants. Au cours des deux premières sessions, par exemple, il s’efforça d’obtenir un ministre du culte et un maître d’école anglophones pour la communauté allemande et d’y assurer la protection des colons isolés contre les Indiens.

Lorsque Benjamin Gerrish, un marchand de Halifax, eut obtenu en 1760 le quasi-monopole de la traite avec les Indiens, il engagea Knaut pour occuper, à Lunenburg, l’un des six postes salariés de fonctionnaires en charge du commerce avec les Indiens. Cependant, comme le marché passé avec Gerrish s’avérait désastreux pour le gouvernement, le lieutenant-gouverneur Jonathan Belcher le résilia, sur ordre de Londres. Ce dernier reçut aussi instructions de prendre d’autres arrangements, lesquels devaient être néfastes à Gerrish et à son frère Joseph. Ceux-ci, voulant éviter l’exécution de semblables mesures, persuadèrent quelques députés de l’Assemblée de se mettre en grève et empêchèrent ainsi la chambre de se réunir à partir d’octobre 1761 jusqu’en mars 1762. Pour avoir participé à la grève, Knaut fut démis des charges qu’il détenait par commission. Sous le coup de l’indignation, semble-t-il, il refusa de prendre part aux réunions du comité chargé de la répartition des lots à Lunenburg et il remit finalement sa démission, en tant que membre de ce comité, « d’une manière disgracieuse ». Plus tard Knaut réintégra ses fonctions et il redevint juge de paix en novembre 1767. Bien qu’il fût, à ce moment-là, un député d’expérience, il ne joua qu’un rôle secondaire dans les débats de la chambre et dans les travaux en comités ; il n’en continua pas moins à exposer les griefs de ses électeurs, et, en 1774, il se présenta par deux fois devant le Conseil de la Nouvelle-Écosse afin de faire valoir leurs revendications à l’égard des terres.

Pendant ce temps, ses affaires avaient prospéré. Après sa mort, une dispute inconvenante, pour la possession de ses biens, éclata entre la seconde femme de Knaut, qui s’était remariée moins de six semaines après son décès, et les filles ainsi que les gendres de ce dernier. À la fin, John Newton, percepteur des impôts et des taxes d’accise à Halifax, qui avait épousé Catherine, la fille aînée de Knaut, fut celui qui obtint les lettres de régie et la tutelle de Benjamin, le troisième enfant du défunt. Les biens laissés par Knaut atteignaient une valeur nette d’environ £9 000, ce qui constituait une petite fortune au xviiie siècle et témoigne de l’une des premières réussites individuelles dans la région de Lunenburg.

J. Murray Beck

Halifax County Court of Probate (Halifax), K58 (inventaire des biens de Philip Augustus Knaut).— N.-É., House of Assembly, Journal, 1758–1781.— Bell, Foreign Protestants, 346, 483, 485n., 539s., 575n.— Brebner, Neutral Yankees (1937), 58–65.— M. B. DesBrisay, History of the county of Lunenburg (2e éd., Toronto, 1895), 110.

Bibliographie générale

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J. Murray Beck, « KNAUT, PHILIP AUGUSTUS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 27 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/knaut_philip_augustus_4F.html.

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Auteur de l'article:   J. Murray Beck
Titre de l'article:   KNAUT, PHILIP AUGUSTUS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   27 août 2014