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KIERZKOWSKI, ALEXANDRE-ÉDOUARD (baptisé Alexander-Edward), ingénieur civil, seigneur et homme politique, né le 21 novembre 1816 dans le grand-duché de Poznań et baptisé à Odolanów (Pologne) le 20 octobre 1817, fils de Filip Jakub Kierzkowski, officier dans l’armée polonaise, et de Maryanna Ludwika Liebermann, décédé à Saint-Ours, sur la rivière Richelieu, Québec, le 4 août 1870.

Alexandre-Édouard Kierzkowski, à l’exemple de son père, et malgré son jeune âge, prit part en 1830–1831, à titre d’officier de l’armée nationale polonaise, à la campagne contre les Russes qui se termina par la défaite de l’armée polonaise. Comme de nombreux autres patriotes polonais, Kierzkowski trouva refuge en France tel que l’indique l’attestation du 25 août 1832, signée à Paris par un membre du comité polonais. En 1838, Kierzkowski termina ses études à l’École centrale des arts et manufactures à Paris avec le diplôme d’ingénieur civil. En 1841, il arrivait aux États-Unis et l’année suivante il s’installait au Canada. De 1842 à 1844, il fut attaché au bureau des Travaux publics comme ingénieur civil.

Le 15 mai 1845, Kierzkowski épousa Louise-Amélie Debartzch, le même jour où son compatriote et collègue de l’École centrale de Paris, Édouard-Sylvestre Rottermund*, épousa sa sœur, Caroline Debartzch, toutes deux filles de l’honorable Pierre-Dominique Debartzch*, également d’origine polonaise. Kierzkowski eut deux fils, morts célibataires. Par son mariage, il acquit une partie des seigneuries de Saint-François-le-Neuf, de Cournoyer, de Debartzch et de l’Assomption. Il s’établit alors à Saint-Marc, sur la rivière Richelieu.

Ayant constaté que dans son pays natal l’institution du crédit foncier avait contribué au développement de l’agriculture, Kierzkowski publia en 1852 à Montréal un opuscule intitulé la Question de la tenure seigneuriale du Bas-Canada ramenée à une question de crédit foncier, qui parut aussi en anglais. Il y préconisait la mise sur pied d’un système de crédit foncier pour racheter les droits seigneuriaux. La sécurité de placement, la régularité du paiement des intérêts et le remboursement du capital à l’expiration du terme étaient des garanties qui, selon lui, permettraient d’obtenir le capital nécessaire, à un taux avantageux pour les emprunteurs. Il suggérait aussi des réformes concernant le système hypothécaire. Les propositions de Kierzkowski ne semblent toutefois pas avoir été retenues par le gouvernement lorsqu’il procéda à la réforme du système seigneurial en 1854 mais le Code civil de 1866 abolit, comme il le demandait, les hypothèques « secrètes ».

Kierzkowski fut l’un des directeurs de la Société d’agriculture du Bas-Canada, notamment en 1852, et vice-président de l’Institut des artisans. Il occupa aussi le poste de juge de paix. Le 16 août 1855, il fut nommé major des troupes canadiennes pour le district de Richelieu puis lieutenant-colonel le 13 novembre 1862. Il commanda aussi le 2e bataillon de milice de Saint-Hyacinthe et fut assistant quartier-maître général du 5e district militaire du Bas-Canada. Kierzkowski s’intéressa de plus à la construction ferroviaire. Il acquit quatre actions dans le chemin à lisses du Saint-Laurent et de l’Atlantique, construit sous la direction de son compatriote Casimir Stanislaus Gzowski*.

Le 2 novembre 1858, Kierzkowski fut élu au Conseil législatif pour la division de Montarville et, le 13 juillet 1861, il fut choisi comme représentant du comté de Verchères à la chambre d’Assemblée. En ces deux occasions, toutefois, il se vit privé de son siège par décision des comités chargés de juger les contestations d’élections. Le 10 septembre 1867, il fut élu comme candidat libéral dans le comté de Saint-Hyacinthe à la chambre des Communes ; il resta député jusqu’à sa mort survenue le 4 août 1870.

Après le décès de son épouse en 1850, Kierzkowski avait épousé en secondes noces, le 21 octobre 1868, Caroline-Virginie, fille de l’honorable François-Roch de Saint-Ours et cousine de sa première femme ; l’Église leur accorda la dispense du second degré d’affinité. De son deuxième mariage, il eut une fille. Dans son Histoire de la seigneurie de Saint-Ours, Azarie Couillard-Després * a décrit Kierzkowski comme un bel homme. « II avait de beaux yeux bleus et une chevelure blonde. Doué de beaucoup d’esprit, qu’il savait mettre à profit, il était par ailleurs délicat, et toujours recherché dans les réunions familiales. » Lors d’un voyage qu’il fit en Pologne, Kierzkowski aurait rapporté quelques poignées de terre de son pays natal et demandé qu’elles fussent déposées sur son cercueil, afin de reposer en terre polonaise.

L. Kos-Rabcewicz-Zubkowski

A.[-É.] Kierzkowski, La question de la tenure seigneuriale du Bas-Canada ramenée à une question de crédit foncier (Montréal, 1852).

APC, MG 27, I, E32, 1, 2.— Canada, prov. du, Report of the commission appointed to inquire into the affairs of the Grand Trunk Railway (Québec, 1861) ; Legislative Assembly, Journals, 1863.— [F.-M.-U.-] M. Bibaud, Le panthéon canadien ; choix de biographies, dans lequel on a introduit les hommes les plus célèbres des autres colonies britanniques (2e éd., Montréal, 1891), 124s.— Canada directory, 1857–1858.— CPC, 1867.— G. Turcotte, Cons. législatif de Québec, 248s.— Wiktor Turek, Polonica Canadiana ; a bibliographical list of the Canadian Polish imprints, 18481957 (Toronto, 1958), 58.— C.-P. Choquette, Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe (Saint-Hyacinthe, Québec, 1930), 132, 287.— [Azarie Couillard-Després], Histoire de la seigneurie de Saint-Ours (2 vol., Montréal, 1915–1917), II : 99s. ; La première famille française au Canada, ses alliés et ses descendants (Montréal, 1906), 240.— Ludwik Kos-Rabcewicz-Zubkowski, Les Polonais au Canada (Ottawa et Montréal, 1968), 21–26, 47–50.— L’honorable Alexandre-Édouard Kierzkowski, BRH, X (1904) : 86.— Ludwik Kos-Rabcewicz-Zubkowski, Alexandre-Édouard Kierzkowski, patriote polonais, réfugié au Canada (1816–1870), BRH, LX (1954) : 175–180.

Bibliographie générale

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L. Kos-Rabcewicz-Zubkowski, « KIERZKOWSKI, ALEXANDRE-ÉDOUARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/kierzkowski_alexandre_edouard_9F.html.

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Auteur de l'article:   L. Kos-Rabcewicz-Zubkowski
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   22 octobre 2014