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JADIS, CHARLES NEWLAND GODFREY, officier dans la marine et dans l’armée, marchand, né le 6 novembre 1730 à Portsmouth, Angleterre, unique enfant de John Godfrey Maximilian Jadis et d’Elizabeth Newland ; il épousa une certaine Margaret, et de ce mariage naquirent au moins sept enfants ; décédé après août 1788.

La plupart des renseignements concernant Charles Newland Godfrey Jadis ont été puisés dans les quelques pétitions et requêtes qu’il formula au cours de la dernière partie de sa vie. Fils d’un officier de la marine royale, Jadis fut affecté au Bedford en qualité de midshipman en 1741 et il servit en Méditerranée durant la guerre de la Succession d’Autriche. Il laissa la marine après la conclusion de la paix en 1748, et, sept ans plus tard, il obtint une commission d’enseigne dans le 54e d’infanterie (devenu le 52e d’infanterie en 1757) ; c’était un changement de carrière peu habituel, mais non pas unique. Lieutenant-capitaine en janvier 1762, Jadis quitta l’Irlande avec son régiment en 1765 à destination de Québec, mais son navire fit naufrage dans le Saint-Laurent. Cet accident mina sa santé, et, au bout de deux ans, il vendit sa commission et retourna en Irlande.

À la fin de la guerre de Sept Ans, on avait ouvert à la colonisation britannique le territoire de l’actuel Nouveau-Brunswick ; en 1764, à Montréal, des officiers formèrent une société en vue d’obtenir une vaste concession sur la rivière Saint-Jean [V. Beamsley Perkins Glasier]. On ne sait pas si Jadis s’était mis en rapport avec cette société avant son départ du Canada, mais, en 1768, il acheta de l’un des concessionnaires, Synge Tottenham, des terrains situés à Grimross (Gagetown). Il arriva à Halifax en août de l’année suivante, accompagné de sa famille et pourvu de marchandises destinées à la traite avec les Indiens de la vallée de la Saint-Jean. Parvenu au fort Frederick (Saint-Jean) en mai 1770, Jadis découvrit que les Malécites de l’endroit s’opposaient à la colonisation britannique et il fut plusieurs fois menacé « de destruction immédiate ». Lorsqu’il alla s’établir sur ses terres peu de temps après, Pierre Tomah et d’autres personnes le reçurent de façon analogue. Après plusieurs mois de vexations, sa maison, son magasin et ses articles de traite furent détruits par le feu en février 1771 et il retourna à Halifax avec sa famille. Jadis attribua l’incendie aux Indiens, qui, selon lui, avaient agi à l’instigation de James Simonds*, un trafiquant rival installé à Portland Point (Saint-Jean). Un employé de Simonds rédigea sous serment une déclaration suivant laquelle son patron avait exprimé l’intention de faire brûler la maison de Jadis par les Indiens. À vrai dire, on n’a pas besoin de cette allégation pour établir que la compagnie dirigée par Simonds, William Hazen* et James White exerçait le monopole de la traite à la rivière Saint-Jean avant la Révolution américaine. Ces trafiquants considéraient la vallée comme leur réserve commerciale, et l’intrusion de Jadis, comme un geste de bravade.

Temporairement retardé dans ses projets, Jadis se rendit en Angleterre où il obtint du gouvernement britannique un certain dédommagement pour les pertes qu’il avait subies. À l’hiver de 1772–1773, il revint en Nouvelle-Écosse et, avec James Burrow, il mena une enquête sur la contrebande pratiquée dans la région de la Saint-Jean et à Halifax. Il retourna sur ses terres en 1774, au moment où l’agitation de la Révolution américaine gagnait Maugerville, le principal établissement des habitants de la Nouvelle-Angleterre sur la Saint-Jean. Étant l’un des rares défenseurs de l’autorité britannique et néo-écossaise dans une région en grande partie encore sauvage, Jadis eut bientôt à subir l’hostilité des colons de Maugerville qui le persécutèrent systématiquement pour le forcer à se soumettre aux volontés du Congrès américain. En septembre 1775, il écrivait au gouverneur Francis Legge : « Je crains chaque jour pour ma vie et celle des miens [...] Ils m’ont brisé les côtes et [...] m’ont transporté dans les bois. » L’année suivante, tandis que les notables de Maugerville se préparaient à venir en aide aux rebelles qui voulaient envahir la Nouvelle-Écosse [V. Jonathan Eddy*], Jadis fut l’objet de pressions encore plus fortes et on le menaça d’emprisonnement. Il demanda l’autorisation de quitter la province, et, en juillet, il reçut de Jacob Barker, le président du comité de sécurité de Maugerville. Lin sauf-conduit pour la Nouvelle-Angleterre. Il se rendit plutôt à Halifax où il fit un rapport des événements aux magistrats ; il s’offrit à retourner dans la région de la Saint-Jean avec une troupe de soldats afin de rétablir l’autorité provinciale. mais sa proposition ne fut pas agréée.

On ignore quelles furent les activités de Jadis dans les années qui suivirent, mais, en octobre 1784, il revint à Halifax et obtint du gouverneur John Parr une concession en dédommagement pour les terres qu’il avait été forcé d’abandonner. Toutefois, Parr refusa de le remettre en possession de ses biens sur la Saint-Jean ou de lui accorder la compensation financière qu’il demandait. Jadis se rendit en Angleterre dans le but de faire valoir ses droits, et c’est en août 1788 que les documents font mention de lui pour la dernière fois.

En collaboration avec W. S. MacNutt

PRO, AO 13. bundle 92 ; CO 217/26, ff.111–113 ; 217/35, ff.2, 10–11, 191–193 : 217/48, ff.92–93.— G.-B., WO, Army list, 1756–1768.— Brebner, Neutral yankee (1969), 109n.— Murdoch, History of N.S., II : 502.— Raymond, River St. John (1910), 192 ; Brigadier General Monckton’s expedition to the River Saint John in September, 1758 [...], N.B. Hist. Soc. Coll., III (1907–1914), no 8 : 113–165.

Bibliographie générale

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En collaboration avec W. S. MacNutt, « JADIS, CHARLES NEWLAND GODFREY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/jadis_charles_newland_godfrey_4F.html.

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Auteur de l'article:   En collaboration avec W. S. MacNutt
Titre de l'article:   JADIS, CHARLES NEWLAND GODFREY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   20 décembre 2014