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Titre original :  St. John's Municipal Chairmen and Mayors, 1888-1988

Provenance : Lien

HOWLETT, CHARLES JOSEPH, dentiste et homme politique, né le 25 janvier 1885 à St John’s, le plus jeune fils des sept enfants de John Howlett, marchand drapier, et de Mary Byrne ; le 8 septembre 1908, il épousa au même endroit Eleanor M. Walsh, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 31 mars 1932 à St John’s.

Charles Joseph Howlett fit ses études primaires et secondaires dans les principales écoles catholiques de sa ville natale, soit à la St Patrick’s Hall School puis au St Bonaventure’s College, où il reçut son diplôme en 1901. Après avoir travaillé très peu de temps comme commis aux ventes, il fréquenta l’école du Royal College of Dental Surgeons à Toronto pendant deux ans et termina ses études au Philadelphia Dental College. Il obtint son diplôme en 1905 et ouvrit un cabinet à St John’s l’année suivante. En 1916, il devint président du Newfoundland Dental Board, poste qu’il occuperait jusqu’en 1929. Homme réservé de nature, il avait également une fibre artistique et il aida à organiser des représentations théâtrales à St John’s. Il était aussi membre du Rotary Club, qui établit à St John’s en 1921 un district dont il fut président en 1928 et 1929. Les rotariens s’intéressaient vivement aux problèmes sociaux et instaurèrent un certain nombre de projets communautaires.

Préoccupé par la nécessité d’améliorer les services municipaux, Howlett décida d’entrer dans la course à la mairie de St John’s aux élections municipales du 9 décembre 1929. Il insista sur le fait que le conseil municipal devait jouer un rôle énergique et progressiste, et battit de justesse le maire sortant, Tasker Cook. Pendant sa campagne, il avait insisté sur une plus grande indépendance financière par rapport au gouvernement de Terre-Neuve, comme l’avaient fait de nombreuses fois des réformateurs municipaux tels que William Gilbert Gosling* avant 1920. Cook, à la fois maire, membre du cabinet de sir Richard Anderson Squires et conseiller législatif, avait entremêlé politique municipale et nationale. Howlett connaissait bien l’histoire de la ville et celle d’autres gouvernements municipaux, et promit de sortir la ville d’une situation dans laquelle « St John’s [avait] été le ballon de football des hommes politiques pendant des années ».

Les conséquences économiques dévastatrices de la grande dépression forcèrent Howlett à se concentrer sur les finances de la ville, qui pouvaient difficilement se dissocier des déboires fiscaux de Terre-Neuve. En mai 1930, le conseil proposa l’adoption d’un projet de loi nationale autorisant la ville de St John’s à contracter des emprunts en son propre nom afin de rembourser sa dette au gouvernement du dominion et couvrir les frais des améliorations municipales nécessaires. Puis, en juin, Howlett visita des établissements financiers à Montréal, où on l’informa que la ville pouvait assumer un prêt de 3,5 millions de dollars. Toutefois, devant le montant ahurissant de la dette nationale, le gouvernement fut réticent à accorder à la ville une telle indépendance financière ; il n’était pas prêt non plus à renoncer au contrôle de la part des subventions de district annuelles versées à la ville, subventions retenues depuis 1888. Ils arrivèrent en quelque sorte à un accord en août, lorsque des représentants des deux districts de St-John’s consentirent à ce que le conseil contrôle l’utilisation des subventions, mais en tenant compte des priorités définies par les deux parties.

Afin d’améliorer la situation de la ville, Howlett adressa une pétition à la Cour suprême le 5 janvier 1931 pour contraindre le gouvernement à débloquer les subventions de district. Au cours de la séance de mai de la Chambre d’assemblée, le conseiller juridique de la ville, Charles O’Neill Conroy, eut l’audace d’assigner Squires et son gouvernement. Le premier ministre, stupéfait, promit de défendre la cause devant les tribunaux.

Pendant la session législative de 1931, le conseil soumit un autre projet de loi visant à donner à la ville la liberté d’emprunter de l’argent, mais le gouvernement se déroba une fois de plus. Il consentit plutôt à offrir un financement à la municipalité, intégré à ses propres besoins d’emprunt, et pour lequel la ville devrait payer sa part des intérêts. Le gouvernement, incapable de contracter son propre emprunt et forcé de s’assurer le soutien des banques canadiennes, accepta la proposition de Howlett pour que la ville tente d’obtenir un emprunt au Canada en juillet 1931. Les financiers de Montréal se montrèrent réticents, mais ceux de Toronto étaient bien disposés. Sur la base de cette promesse, Howlett fit paver deux rues de St John’s ; le travail fut achevé l’automne de cette même année. Les conditions de remboursement proposées en laissèrent plusieurs sceptiques, mais Howlett persévéra. Dès janvier 1932, comme la situation financière du gouvernement se détériorait, ce dernier fut obligé d’accepter l’idée de Howlett de présenter un projet de loi qui permettrait à la ville d’amasser jusqu’à 3,5 millions de dollars grâce à l’émission d’obligations et de mettre en place un fonds d’amortissement pour le remboursement de l’emprunt. La ville émit une première série d’obligations par l’intermédiaire de la Montreal Trust Company. Howlett lança aux habitants un appel empreint de patriotisme pour les inciter à investir comme ils l’avaient fait dans les obligations de la Victoire durant la Première Guerre mondiale. Il s’avéra encore une fois difficile d’accumuler suffisamment de fonds, problème qui s’aggrava en mars lorsque, désespéré, le gouvernement Squires confisqua les subventions de district et d’autres revenus municipaux.

Apporter de l’aide au nombre croissant de chômeurs de St John’s posa de nouvelles difficultés à Howlett. Le programme de pavage des rues ne représentait qu’une solution partielle. Une autre solution fut la formation en janvier 1932 d’un comité de secours publics qui se mit à recueillir de l’argent pour offrir du charbon et diverses formes d’assistance aux nécessiteux. Le 5 janvier 1932, Howlett lança un appel à la radio pour souligner la situation critique des pauvres et le travail du comité. Parmi les objectifs atteints pendant son court mandat de maire figurent la réorganisation des systèmes financiers et administratifs de la ville, le prolongement du système d’égout jusqu’aux quartiers pauvres, l’élimination des tombereaux pour le ramassage des déchets la nuit et l’amélioration d’un plus grand nombre de rues pour adapter la ville aux besoins de l’ère de l’automobile.

Howlett ne vécut pas assez longtemps pour constater le succès des efforts qu’il avait menés pour faire gagner de l’indépendance à la ville. Depuis le milieu des années 1930, des calculs vésicaux lui causaient des malaises. Pendant sa visite à Montréal en juillet 1931, il se rendit chez un médecin. Il passa ensuite deux mois à Londres, où il consulta un spécialiste. Pendant un certain temps, en 1932, sa santé fut mauvaise, mais il poursuivit son travail de maire. En mars de cette année-là, il « fut terrassé par une grave attaque, et ses médecins lui ordonnèrent d’éviter toute fatigue supplémentaire et de se limiter simplement à la routine ». Il continua cependant de travailler, « fermement déterminé à aller jusqu’au bout », comme le commenta un ami journaliste. Il mourut à l’hôpital dans sa ville natale.

Durant son mandat de maire, atypique à un moment critique de l’histoire constitutionnelle et politique de Terre-Neuve, Charles Joseph Howlett exerça un leadership solide et non partisan.

Melvin Baker

BAC, R4901-0-X, 30 mai 1933, 17.— Memorial Univ. of Nfld, Arch., Centre for Nfld Studies (St John’s), coll-087 (J. G. Higgins papers), Municipal Council file.— RPA, GN 2/5 (Colonial Secretary, Special subject files), file 550.— Daily News (St John’s), 1902, 1929–1931, 1932.— Evening Telegram (St John’s), 1902, 1929–1932.— Academic Year (St John’s), 1903 : 34–35.— Adelphian (St John’s), 1 (1904), no 3 : 150 ; 2 (1905), no 2 : 102 ; no 3 : 112.— G.-B., Nfld Royal Commission, Report (Londres, 1933).— T.-N., Acts, 1932 : c. 5 ; General Assembly, Proc., 1931 : 405, 469.— Who’s who in and from Newfoundland […] (St John’s), 1930.

Bibliographie générale

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Melvin Baker, « HOWLETT, CHARLES JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/howlett_charles_joseph_16F.html.

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Auteur de l'article:   Melvin Baker
Titre de l'article:   HOWLETT, CHARLES JOSEPH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2014
Année de la révision:   2014
Date de consultation:   22 octobre 2014